‹ Exil et patrieChapitre 73 sur 78 · QUE ME VEUX-TU · texte numérisé non relu

QUE ME VEUX-TU

Que me veux-tu, douce pensée, Source si fraîche à mon désert?

Corde que mon arae blessée N’ose éveiller en son concert,

Qt'E ME VEirX-TU...

Que me veux-tu?.,. Mon espérance A tant de fois trompé mon cœur...

Non ! je ne crois plus au bonheur.

Mais quelle paix, quelle innocence !

Quel parlüm pur de foi, d’amour !

Quel soir serein après le jour !

Quel repos après la souffrance !

Kh quoi ! mon cœur ici serait-il consolé?

Sentirais-je soudain sur mon front désolé Comme une main qui le soulève...

Ces pleurs que, tant de fois, je répands à genoux, Mon Dieu, font-ils éclore entre mon ame et vous Quelque doux écho sur ma grève ?

Oh! je n’ose appuyer mon Iront si lourd d’ennui ! Je tremble de briser ce trop fragile appui:

De ressentir froid, sur fa .terrp..,.,

Si je me laisse aller 4ou,cchrâ,du sommeil.

J’ai peur de retrouver le matini,au réveil,

.Mon ame encor ,pLMS. solitaire.

QUB ME VBI)\-TV...

Seigneur, Ikut-il aimer, espérer ici-bas?

Faut-il, au sable rouge où se brûlent nos pas.

Laisser trace sainte et bénie ?

Faut-il, au faible esquif battu des flots amers.

Jeter loin et perdu dans la vapeur des mers Parfum de douceur infinie?

Faut-il croire au regard qui se voile de pleurs?

Au silence limpide, où pleine de langueurs L’ame rêve ici son image?

Faut-il croire à la main qui vous presse la main?

A ce ciel étoilé qui, plus pur, plus serein.

Rayonne au-dessus du nuage?

Hélas !... faut-il donc croire k cette douce voix Qui s’éveille dans l’ame, et la berce pai'fois Comme une liane la brise...

Qui la laisse flotter, languissante d’amour,

Lui sourit d’espérance, et relève à son tour Chaque fleur que son aile brise ?

O mon Dieu ! je crois en vous seul ;

Ql'B VE VF.l'l-Tl'...

Et pâle, devant le linceul Qui couvre mes jeunes années,

J’attends que votre main le déchire en lambeaux; Qu’elle éteigne d’un coup ces lugubres flambeaux !

Qu’un souffle, en ces feuilles fanées.

Passe, et remue encore un son plaintif et doux ;

Et qu’un peu consolé, j’adore k deux genoux De moins funèbres destinées !

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