QUE ME VEUX-TU
Que me veux-tu, douce pensée, Source si fraîche à mon désert?
Corde que mon arae blessée N’ose éveiller en son concert,
Qt'E ME VEirX-TU...
Que me veux-tu?.,. Mon espérance A tant de fois trompé mon cœur...
Non ! je ne crois plus au bonheur.
Mais quelle paix, quelle innocence !
Quel parlüm pur de foi, d’amour !
Quel soir serein après le jour !
Quel repos après la souffrance !
Kh quoi ! mon cœur ici serait-il consolé?
Sentirais-je soudain sur mon front désolé Comme une main qui le soulève...
Ces pleurs que, tant de fois, je répands à genoux, Mon Dieu, font-ils éclore entre mon ame et vous Quelque doux écho sur ma grève ?
Oh! je n’ose appuyer mon Iront si lourd d’ennui ! Je tremble de briser ce trop fragile appui:
De ressentir froid, sur fa .terrp..,.,
Si je me laisse aller 4ou,cchrâ,du sommeil.
J’ai peur de retrouver le matini,au réveil,
.Mon ame encor ,pLMS. solitaire.
QUB ME VBI)\-TV...
Seigneur, Ikut-il aimer, espérer ici-bas?
Faut-il, au sable rouge où se brûlent nos pas.
Laisser trace sainte et bénie ?
Faut-il, au faible esquif battu des flots amers.
Jeter loin et perdu dans la vapeur des mers Parfum de douceur infinie?
Faut-il croire au regard qui se voile de pleurs?
Au silence limpide, où pleine de langueurs L’ame rêve ici son image?
Faut-il croire à la main qui vous presse la main?
A ce ciel étoilé qui, plus pur, plus serein.
Rayonne au-dessus du nuage?
Hélas !... faut-il donc croire k cette douce voix Qui s’éveille dans l’ame, et la berce pai'fois Comme une liane la brise...
Qui la laisse flotter, languissante d’amour,
Lui sourit d’espérance, et relève à son tour Chaque fleur que son aile brise ?
O mon Dieu ! je crois en vous seul ;
Ql'B VE VF.l'l-Tl'...
Et pâle, devant le linceul Qui couvre mes jeunes années,
J’attends que votre main le déchire en lambeaux; Qu’elle éteigne d’un coup ces lugubres flambeaux !
Qu’un souffle, en ces feuilles fanées.
Passe, et remue encore un son plaintif et doux ;
Et qu’un peu consolé, j’adore k deux genoux De moins funèbres destinées !