QITEST-CE QUE L’AME
Allez, mon arae, allez, volez loin de la terre, Perdez-vous par delà les sources du tonnerre, Comme un aigle égaré sur l’aile des autans !
Comme l’oiseau de la tem[)ète.
01 K i.’amf.?
.raime à voir se hereer ma lèlc,
Au milieu des flols et des vents !
Allez, allez!... où donc?... qu’importe?
Quand des forêts la feuille morte Tombe emportée à l’aquilon,
Qu’elle plane aux plus hautes cimes,
Ou tournoie au fond des abîmes.
Qu’importe à l’écho du vallon?
Mon amc est la feuille (jui tombe Et roule en un profond désert , *
Qu’un souille sorti de la tond)c A flétrie avant son hiver.
Comme un pâle soleil d’automne.
Elle jette sur sa couronne l’n rayon triste et languissant ;
Et quand on lui demande encore ('.e qu’elle a fait de son aurore :
« Le Seigneur, dit-elle, est puissant ! »
L’aurore en ses doigts est une onde
Or’EST-r.E Ql'E I.’\»IF,7 n
Qu’il verse en flols de pourpre et d’or,
Et sous son pied la nuit profonde Rayonne plus splendide encor;
Pour lui les mers, les cieux, la terre,
Pèsent comme des grains de verre,
Qu’il berce en sa main comme un jeu.
Ma vie est un éclair d’orages,
Qui passe dans la nuit des âges En laissant sa trace de feu.
IMon ame est comme une ombre vainc Qui tombe froide à l’horizon ,
Ou comme une brûlante haleine Qui sèche les fleurs du gazon ;
C’est un fleuve fier de son onde Roulant tous les débris du monde Qu’on entend de loin murmurer ;
D’un esquif hardi c’est la rame ;
C’est un météore, une flamnie,
Qui voudrait toujours dévorer.
Eh ! qu’importe à moi, mon aurore.
1 4 Ol’FRT-r.K 01 E i.’amk?
Trompeuse lueur d’un malin?
Quand elle aurait dû faire éclore Mille perles sous son carmin !
Quand plus brillante que l’étoile,
Mais plus rapide que la voile,
Elle eût scintillé sur les mers, Qu’eût-ce été, quand tombe la brume.
Qu’un trop léger flocon d’écume Emporté par les flots amers!
Aux rameaux la brise odorante Balance encore mon berceau.
Et tout auprès ma main brùlanle A déjà creusé mon tombeau;
Sur mon gazon mes belles roses, Toutes brillant à peine écloses.
Me caressent de leurs parfums;
Mais un souffle étranger les glace,
Et dans mon printems rien n’efl'ace La neige sur mes cheveux bruns.
Et je suis malheureux, peut-être,
Si, toujours brûlé de soleil,
Pas un seul midi, sous le hêtre.
Je ne puis trouver de sommeil ?
Si Je porte au désert de sable Toujours ma soit’ intarissable.
Comme un Arabe vagabond Qui, lassé de dresser sa tente,
Lui jette une voix insultante A laquelle rien ne répond.
Oh! non! tout répond dans mon ame :
C’est un écho sonore aux célestes accens ;
C’est sur un autel une flamme Qui monte et tourl)illonne avec ses flots d’encens.
Seigneur, Seigneur, c’est l’ombre des portiques Qui, touchant le fidèle au seuil des basiliques. Incline son front de respect.
Ou c’est peut-être au soir, quand finit la prière. Lorsqu’au temple désert tout est paix et mystère. De ta lampe éteinte un reflet ?
J’ignore ce que c’est... Mais c’est (bi’ce, espérance.
)C QIi’eST-CE Ol'E
Foi dans la vie et dans la mort ;
C’est un bras nerveux qui balance L’ancre avant qu’il la jette au port 1 C’est sur la montagne un grand arbre ;
C’est dans les mers un pic de marbre Où couvent les oiseaux du ciel ;
C’est un vaste éclat de tonnerre ;
C’est sur les brouillards de la terre Un resplendissant arc-en-ciel.
O mon ame ! toujours élève ta pensée Comme l’hymne sans fin de la création :
Vole, vole toujours dans ta course pressée,
Comme un cygne habitant une autre région.
Comme un coursier fumant d’écume et de poussière, Qui, d’un œil inquiet dévorant la carrière,
Hennit, bondissant sous la main.
Quand tu sens tout à coup une main frémissante. Hérisse avec fierté ta crinière flottante,
Car c’est Dieu qui saisit ton frein.