‹ Exil et patrieChapitre 9 sur 78 · AU BORD DE LA MER · texte numérisé non relu

AU BORD DE LA MER

L’heure esl calme, et le soii' a déployé son voile, Et la brise s’est lue... et la première étoile Se lève vacillante à l’horizon serein ;

El la mer toute pleine, arrondissant ses vagues,

Ai: BORD DE I.A ME B.

Laisse à peine exhaler quelijues murmures vagues, Comme des voix dans le lointain.

Et la grève est déserte... et les rochers plus sombres Dressent silencieux leurs pyramides d’ombres, Immobiles témoins qui semblent contempler;

Bardes majestueux aux cent harpes divines Qui s’éveillent soudain dans leurs vastes poitrines, Quand l’Océan daigne parler.

Pas un vestige humain, nulle trace de vie.

Nul oiseau, nulle voile à la vague assoupie; Solitude partout, silence, immensité;

On dirait, au lointain, et l’homme et la nature Redoutant de troubler du plus léger murmure L’ame devant l’éternité.

O mer, qui te créa? qui creusa tes abîmes ?

Qui sema tes déserts, et tes élans sublimes Comme ces voix de peuple emplissant le saint lieu? J’entends, j’entends déjà les vents et les tempêtes ,

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Léviathan, les Ilots qui hérissent leurs crêtes Pour répondre à la fois ; C’est Dieu!

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C’est Dieu! ..Qu’à ce {,uand nom tout tremble, tout adore! Son souille anéantit, son regard fait éclore;

La foudre est sous le trône où vainqueur il s’assied ; C’est sa main qui suspend surl’atôme où nous sommes Ces insectes d’un Jour, générations d’hommes Qu’il va broyer d’un coup de pied.

A lui rhymne sans lin, mais à moi le silence.

Un espoir, un regard dans l’azur où s’avance. Comme pour écouter, l’astre mystérieux :

C’est si léger, si pur, un parfum de prières!

Un soupir dans le cœur, une larme aux paupières. C’est assez pour percer les cieux.

O Seigneur, devant vous ma langue est sans parole, Mais je sens tout à coup une blanche auréole Qui vient ceindre mon front incliné de respect;

Je sens comme un torrent déboi der les louanges,

*i: BOBB DR I.A MRB.

Et mon cœur se mêler aux multitudes û auges Qui tressaillent à votre aspect.

Où sont-ils, où sont-ils mes frères de ce monde?

Ils ont labouré l’air, ils ont semé sur l’onde;

Ils cueillent chaque jour de l’écume et du vent...

Que dis-je? ils ont aussi leurs sublimes pensées;

Voyez leurs noms, leur or, leurs gloires encensées. Sur le digne autel du néant.

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