SCÈNE Ille
LATOUCHE, LAJoIE, D'ARBANT, WATERSPOUT.
D'Ars.—Bonjour, M. Lajoie, toujours florissant de santé ?
Las.—Oui, toujours bon pied, bon æi', bon estomac, pas de rai: sons de changer.
D'Ans.—Laissez-moi vous présenter mon cousin, M. Waterspout, revenu dernièrement des Etats. (7! sort.)
WarT.—Glad to make your acquaintance, sir.
Las.—Monsieur est Américain ?
WaT.—By option, sir, but a Canadian by birth.
Las.— Vous parlez français, je pense, je le comprends mieux que l'américain. Avez-vous été longtemps aux Etats, monsieur ?
WarT.— les, sir, j'ai été trois ans à Boston, (Massachusetts).
Las.—Et vous venez pour rester au pays ?
WaT.—0h ! No, sir. Quand on a vécu trois ans aux Etats, on ne peut plus se faire au Canada, you know.
Las.—En effet, ce sont deux pays si différents. Les Canadiens réussissent-ils un peu par là-bas
WarT.—0f course, they do; ceux qui sont smart, you know. + Las.—Vous, vous avez réussi, of course, monsieur ...?
War.—Waterspout. C'est mon nom.
Las, —Comment épelez-vous cela ?
WT. (épèle). ;
Las.—Et cela se prononce Waterspout ?
WarT.— Yes, sir.
Las.—C'est curieux !
WarT.—Mon nom canadien était Jedeau, mais je ne pouvais pas! garder ce nom:là aux Etats, you know.
Las.—Oh ! non, bien sûr.
WarT.—J'ai changé Jedeau en Waterspout. C'est la façon là-bas} parmi les Canadiens. Ainsi là, M. Boisvert s’appellera M. Green-
ut, a la jaunisse des 4 fâcher avec un ètre
me qui revient avec 1&
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TERSPOUT.
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me a la jaunisse, vas- % wood ; MM. Jolicœur, Bonenfant, Beaucent se nommeront MM.
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Jollyheart, Goodfellow, Fairblood. Tenez, j'ai connu en Canada un bar-keeper du nom de Boileau, mais à Boston il se faisait appeler M. Drinkwater.
Las. (riant)—M. Drinvkwater ! un beau nom chez les Yankees qui sont tous, dit-on, de la tempérance. Je voudrais bien que les Auglais prissent ici la mème mode. M. Blackbird deviendrait M. I'Oiseau Noir et M. Whitehead se nominerait M. Tèteblanche. Ce serait bien joli n'est-ce pas? Vaus étiez dans les fuctries. M. Waterspout ?
War.— les, sir, j'étais foreman dans une grande factrie à Boston, Massachusetts. J'avais à manager trois cents hands. C'était une rude job, you know. Mais on s’en tire avec du pluck.
Las.—Avec du quoi ?
WarT.—Du pluck, vous comprenez !
Las,—Pas très bien. Qu'est-ce que c'est en canadien ?
War.— Voyons; j'ai presque tout oublié mon canadien... Mais tenez, c’est quelque chose comme çà. (Pantomine.)
Laï.—Ah ! Oui, je comprends C'est ce que vous appelez du pluck ! Nous autres canadiens, nous n'avons pas beaucoup de cà. ({ répète lu pantomine.)
WarT.—Non, c’est vrai, les Canadiens manquent de pluck. Ils n'osent pas se lancer dans les spéculations. Ils ont toujours peur de failer.
Las.— Vous autres Américains, vous n'avez pas peur de failer, hein ?
War.—Not at all, sir! Tenez, j'ai connu un Prussien à Boston, Massachusetts, il avait FA failé dix fois et cela ne le décourageait pas ; a true spunky devil that prussian was indeed.
Las.—Ah ! ah! A force de failer, ce Prussien finira bien quelque jour par faire fortune.
WaT.—1 bet you, he will.
Las.— Voilà un Prussien qui ne manque pas de pluck. Mais ditesmoi donc, M. Waterspout, les femmes dans ce pays-là, sont-elles aussi avancées que les hommes ?
War.— Yes, my dear sir... Aux Etats-Unis les femmes ont la pos: office, le télégraphe et presque toute la politique entre les mains Elles font des speechs sur les hustings tout comme des hommes: Et voilà qu’elles veulent devenir avocates et députées aux deu: chambres.
LAs.—Des femmes avocates et députées! Ce sera curieux, j'aime. rais à voir çà! Mais pendant que ces femmes-là plaideront en cour, qui soignera les bébés à la maison ?
WarT.—Never mind that! Les petits yankices sont smart, the: know how to take câre of themselves.