‹ Exil et patrie [microforme]Chapitre 16 sur 37 · HENRI, CHARLES · texte numérisé non relu

HENRI, CHARLES

Henri s'est mis au chevalet et commence à peindre. Il s'arréte et pppuie la téle sur la main.

ACH.—Qu'as-tu donc, Henri, est-tu malade ?

Hex—Un peu fatigué, mais ce n'est rien, Je vais reprendre Mou travail tout à l'heure.

À Cu.—Repose-toi donc, Après avoir passé la journée à la manuture, peindre encore pendant trois ou quatre heures, c'est trop DL

ŒHEN—Que veux-tu Charles ? Ne sommes-nous pas ici pour dguer de l'argent ?

ACH.—Notre père parait avoir bon espoir dans sa sj éculation.

HEN.—Charles, veux-tu savoir ma pensée ? Je suis sûr que not père va achever de se ruiner et de nous ruiner avec lui. CH.—Commet cela ?

HEN.—Le voici: nous autres Canadiens nous ne sommes pas € taille à lutter ici avec ces Yankees pour des spéculations. Not sommes trop naïfs et trop crédules. Les spéculateurs s'empare de nous et nous grugent. Mon père sait peu l'anglais, il ne conna pas le pays. Il croit tout ce qu'on lui dit, Justement l’homm pour être dupe, S'il a mis quelqu'argent dans ces entreprises, | verras, Charles, nous perdrons tout,

CH.—Allons donc, Henri, te voilà encore avec tes idées sombre Après tout, pourquoi ne réussirions-nous pas aux États comm tant d’autres Canadiens ?

HEx.—Et pourquoi n'y péririons-nous pas aussi de misère comm tant d’autres Canadiens ? D'ailleurs le malheur semble nous pou suivre, [1 y a un an notre frère Gustave abandonnaït sa religio et sa famille. Il y a six mois notre mère mourait de chagri d'avoir quitté le Can ‘da et vu apostasier son fils aîné. Te rappelle tu, Charles, comme elle avait l'air triste, quand assise près d cette fenêtre, elle ne voyait devant ses veux que les briques ronge et les hautes cheminées des manufactures, qu’elle ne respira qu'un air empesté par le charbon ? Comme elle regrettait not: ferme du Canada, l'air de nos campagnes et la vie tranquille qu nous menions au milieu de nos amis, et de nos compatriotes!

rappelles-tu, Charles, comme elle aimait nos vieilles chansor canadiennes ? Eh bien! l’astu entendu une seule fois chant depuis que nous sommes venus aux Etats? Non, jamais, la pauvi mère avait le cœur trop triste pour chanter, Au contraire je l'i entendue gémir bien souvent, j'ai vu bien souvent les larmi couler le long de ses joies, Elle nous cachait ses peines pour 11 pas nous attrister davantage, Le chagrin l’a tuée comme il tuei notre sœur Marie, comme il me tuera moi-même si je ne reva pas bientôt le Canada, Et pourtant un de nos compatriotes la dil ‘Le Canadien meurt mal à l'aise loin de son pays!” Tien Charles, tu n'as pas encore examiné ce tableau. Regarde et | dans mon cœur, Cu.— Notre ferme du Canada !.….

HEN.—Qui, mou frère, le vieux manoir de la famille : la maiso où nous sommes nés, où nous avons si longtemps vécu heureu Ah! mou frère, pourquoi donc avons-nous quitter notre patrie

Pourquoi avons-nous rêvé la fortune quaud nous avions le bo heur :

Cu.—Allons, allons, Henri, pas de découragement, De l'énerg et de la patience! Dans quelque temps nous pourrons retour riches au Canada,

HEn.—Je le souhaite, mais je ne l'espère guère. Cn.—Ce que tu m'as dit de la spéculation de notre père m'i

? Je suis sûr que notre ner avec lui.

ions De sommes pas de s spéculations. Nous:

éculateurs s'emparent l'anglais, il ne connait

Justement l’homme ans ces entreprises, tu

avec tes idées sombres.

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Regarde et liMi serve Dieu selon sa conscience, cela suffit.

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Henri se remet au travail. Chante ‘ Un Canadien errant...” On frappe à la porte.

* HEn. (se lève). —Qui peut venir à cette heure ? Comment, Gustave, est toi !.…

aux infor-

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