‹ Exil et patrie [microforme]Chapitre 36 sur 37 · SCÈNE Ve · texte numérisé non relu

SCÈNE Ve

Les MÊMES, LaJoiE.

D'Ans. (rentre avec un paquet de journaux.}—Voyons les nouvelles..… politique... élections, meetings à Montréal. Bon, bon! Nous n'avons pas encore besoin de tout cela par ici.

: Hex.—Non, grâces à Dieu.

D’Ars.—Ah! voilà la bonne nouvelle : ‘ Nous accusons réception d’un pamphlet publié par le rév. messire Labelle, sur la colonisation de la vallée de l'Ottawa.” 7

Gus.—Bon ! voilà enfin l’idée dehors. Il y a longtemps que le curé de St. Jérôme la roulait dans sa tête. (Entrent Lajoie et les habitants.)

Las.—Venez entendre cela vous autres! C'est’une fameuse affaire pour nous. Ecoutez, écoutez. (Monte sur une table et lit.)

VALLÉE DE L'OTTAWA ET LE NORD DU DIOCÈSE.—Pour le théâtre de nos opérations colonisatrices, nous avons choisi la vallée de l'Ottawa parce que c’est dans cette direction que la colonisation se porte avec plus de vigueur, que notre population doit naturellement s'écouler, que les bonnes terres sont plus à notre proximité et en plus grand nombre. Tout le commerce de ces nonveaux cantons devra nécessairement converger à Montréal. Il n’est que juste de recueillir le fruit de nos sacrifites. Outre les cantons déjà en voie de formation qu’il faudra protéger, on ouvrira un grand chemin qui partira de la rivière Rouge, près de la chute aux Iroquois, lequel passera au sud du lac Nominingue jusqu'à l'embouchure de la rivière Kiamika et de là jusqu’à Notre-Dame du Désert.

Dans ce projet nous avons trois rivières considérables et leurs affluents qui nous aideront merveilleusement à développer cette colonisation, en utilisant les chemins de chantier qui longent leur littoral. En été, le canot est un précieux secours pour le colon, Que l'on se rappelle que la rivière aux Lièvres traverse, au milieu, cette grande zône de bonnes terres et plusieurs pénsent qu'avec

une déperise d'environ 825,000, elle devient navigable jusqu'à une distance de cent mille dans l'intérieur. Le colon ambitionne tou-

Pret be ft Æ d'A Me dans be à

écolte vendue d'a- 18 faisons bon méle soir on jase, on plans; puis fais ta pour dormir.

ntrépide celui-là !

de sapin, ni pour à bout de ma terre che nous est déjà ois elle sonnera la ngue. (On entend éal qui arrive.

—Voyons les nouréal. Bon, bon!

"ici.

ns accusons récepabelle, sur la colo-

longtemps que le entrent Lajoie et les

st’une fameuse afne table et lit.) «—Pour le théâtre oisi la vallée de ue la colonisation ation doit naturelà notre proximité de ces nouveaux réal, Il n’est que Outre les cantons er, On ouvrira un , près de la chute iningue jusqu'à qu'à Notre-Dame

dérables.et leurs développer cette qui longent leur rs pour le colon, verse, au milieu, pénsent qu'avec able jusqu'à une ambitionne tou-

Les Mlises seront placées, autant que les circonstances le permettront, Mr les bords d’un beau lac ou d’une rivière.

"2D'Ars—Bien dit !

DPLas. (continue.}—QUALITÉS NÉCESSAIRES AUX COLONS.— N'est pas Co-

#ûrs de fixer son habitation près d’une rivière ou d’un lac.

b qui veut. Pour suivre cette carrière, il faut être courageux, Sfme dans ses convictions, robuste et façonné d'avance par une wie dure-et pénible aux travaux des champs, ou bien être un aran dont le métier a toujours exigé un fort exercice corporel. La nme doit être d’une constitution vigoureuse et initiée à tous les Mrets de la vie agricole. Sur une terre neuve, la femme vaut Pomme par son travail et son industrie.

ÆGus.—C'est cela. Pas d'avortons par ici. Le fôine est plein de bon sens.

MÉLas. (it)—Nous sommes convaincu que grand nombre d’ou- “Mers et de journalliers de nos villes sont qualifiés pour faire Pxcellents colons comme l'expérience l'a prouvé. "Nos enfants de cultivateurs, par leurs habitudes, sont admirament propres à ce genre de vie. Ce sont en général les dls qui résistent aux rigueurs du travail et de la misère. Avec M peu de secours de leurs parents, ils peuvent fonder. en peu Énnées un bon établissement agricole. Ilest du devoir de ces bles qui ont une nombreuse famille d'explorer ces terres, de éMbisir de bons lots, de commencer les défrichements pour y pla- 6 définitivement ces enfants quand ils auront atteint l’âge de se Srier. Pourquoi subdiviser la propriété, la surcharger de ren- 8, d'hypothèques. d'obligations, lorsque la Providence a été si todigue à notre égard en livrant à notre activilé un vaste terrie pour y établir nos enfants à si peu de frais: L’éloignement est rien pour le Canadien quand les routes sont bonnes pour fil puisse visiter les vieux parents. Pourquoi se presser les uns P les autres, comme les poussins sous la poule, lorsque des ess immenses se déroulent devant nous pour nous recevoir. Il trop de préjugés même parmi les pauvres contre les montaés. Tout territoire qui ne ressemble pas à la plaine du St. Laufehit, selon un grand nombre, est très défavorable pour la culture. Bt encore une illusion. On vit aussi bien dans les montagnes M6 dans la plaine qui n’est que l'exception, puisque le globe est Mésque tout couvert de montagnes. Quand on est chez soi, on eMioujours près. L'air, la chaleur, le pain, la viande sont aussi s là qu'ailleurs. L'eau y est meilleure. C'est l’appétit qui fait able et le travail est un excellent stimulant. On y élève des aux, on fait du beurre, du fromage et en adaptant l'élevage bétail pour vivre, on suit la méthode la plus profitable de !: table agriculture. Quand la terre se couvre de moissons, elle se sa vitalité ruur nous noumir et nous enrichir. Il faut donc tretenir pa: une culture intelligente.: Que ferait l’homme s’il éparait pas, par le pain quotidien, ses forces affaiblies? La > est soumise à cette loi. Or, son pain, pour conserver ou ré. r sa fertilité, c'est le fumier. Voilà la bâse de l’agriculture,

uré de St. J6-

comme deux et deux font quatre sont la bâse de l'arithmétique, C’est une vérité qui n’est pas assez comprise par les cultivateurs. Quand elle sera pratiquée dans toute sa perfection, le reste viendra par surcroit en agriculture. Par le fumier, les champs poussent le double, le triple a’herbe, de foin, de paille, de grains, on peut élever le double et le triple d'animaux et faire le double et le triple d'argent. Si on néglige les engrais, c’est le contraire qui double et triple et puis nos champs sont luxuriants de pauvreté. .

CONTRIBUTION ET DESTINATION DE L'ARGENT.—Afin que chacun puisse participer à cette grande œuvre, la contribution annuelle sera de dix centins. Nous sommes au-delà de 300,000 catholiques dans ce diocèse. Que l’on donne, par tête, cette légère offrande, voilà $30,000 par année pour la colonisation. Peut-on dire qu'avec un peu de bonne volonté, si on aime réellement son pays, on ne pourrait pas facilement recueillir cette somme? Cet argent sera destiné au soutien du missionnaire, à construire la chapelle et le logement du curé, (qui couteront environ $500 d’après un plan approuvé par l'Evêque), à ouvrir une route, entre chaque église, à faire les ponts nécessaires et toutes les améliorations qui devront tourner au bien général de la colonisation d’'après la décison du conseil d'administration.

D’Ars—A la bonne heure. Le plan réussira. Les citoyens comprendront cette belle œuvre, et le patriotique clergé du Canada la soutiendra. C'est lui qui a fait notre puys. Ce sera lui encore qui donnera cette belle vallée de l'Ottawa à Dieu et à la patrie !

Las.— Allons, enfants, commençons la fète. Donnez-nous avec entrain le chant ‘ des colons du Nriainingue.” Envoyez!

JES COLONS DU NOMININGUE.

Hardi colon, vite à l'ouvrage !

Fais voler les pins en éclats !

: Marche en avant ! avec courage, Taille une terre au sein du bois.

Réfrain : Tout seul on s'ennuie à l'ouvrage. Pour l’abréger on le partage A ton aide chacun viendra.

Chœur : Du courage (bis) bis. } Les amis sont toujours là.

Page 1