LA TERRE DE L'EMPEREUR GUILLAUME II
Découverte en 1902 par l’Expédition Allemande dirigée par le professeur von Drygalski, la Terre de l'Empereur Guillaume IT est entièrement noyée sous un immense inlandsis ; cet énorme glacier, terminé à la mer par un front de glace vertical, monte à perte de vue en pentes douces vers l'horizon. Un seul pointement rocheux en émerge, le Gaussberg (1), situé au nord, sur le bord de la mer, par 66° 48 de latitude sud et 88° de longitude est de Paris.
Le Gaussbergestun cône volcanique isolé, de 370 mètres de haut, dont les pentes, en grande partie dépouillées de neige, sont assez unies malgré les restes des moraines qu'elles présentent. Le sommet est arrondi et couvert de blocs erratiques.
La roche principale est presque exclusivement un intéressant basalte à leucite, qui a été étudié par M. Reinisch (2). C’est une lave de couleur foncée, parfois très vitreuse, souvent poreuse ; la croûte de verre qui
(4) E. Puirpri, Geologische Beschreibung des Gaussbergs. Deutsche Südpolar-Expedition, 1901- 1903, Bd. IT : Kartographie und Geologie.
(2) R. Rerniscu, Petrographische Beschreibung der Gaussberg Gesteine. Deutsche Südpolar-Expedition, 1901-1903, Bd. Il: Kartographie und Geologie.
enduit les espaces bulleux présente des squelettes d’anomite. Le fer titané y est assez fréquent.
Les tufs ne jouent au Gaussberg qu’un rôle effacé.
La période solfatarienne est représentée par du soufre natif. Sur l’âge de l’éruption, on n’a aucun renseignement; M. Philippi pense pouvoir placer l’édification du Gaussberg à la fin du tertiaire. Aucun autre centre éruptif n’a été trouvé dans le voisinage, mais 1l faut rappeler que les échantillons de fond ramenés par le « Challenger », la « Valdivia », le « Gauss », la « Scotia » comprennent de nombreuses roches volcaniques qui montrent la puissance volcanique de cette région.
Sur les icebergs voisins, il a été recueilli des granites, des gneiss, des diorites, des porphyrites et quelques quartzites.
Au-devant de la Terre de l'Empereur Guillaume IT, à l’ouest de ses quartiers d'hiver, l’Expédilion Allemande à rencontré une formation glaciaire rappelant beaucoup la Grande Barrière de Ross et à laquelle M. Drygalski a donné le nom de West-Eis. Ii en sera question plus loin.