LES ILES DU SECTEUR AFRICAIN
Un certain nombre de petits groupes d'îles, perdues dans l’océan, se rencontrent au sud de l'Afrique, aux confins de la zone polaire. Ce sont :
Les îles Heard et Mac-Donald, par 55° de latitude et 71° de longitude est de Paris environ.
Les îles Kerguelen, les plus importantes, par 50° latitude et 68° de longitude est. Découvertes en 1771 par le capitaine français de Kerguelen- Trémarec, elles furent une des premières conquêtes de l'exploration antaretique. Elles ont été visitées dans ces dernières années par le « Challenger », la « Valdivia » et le « Gauss ». Découpées de fJords profonds, elles sont constituées par un basalle riche en zéolites.
Un peu plus au nord, le petit groupe des îles Saint-Paul et Amsterdam, par environ 38° de latitude et 75° de longitude est. Ce sont des îles hautes, essentiellement volcaniques.
M. le professeur Ch. Vélain, qui les a visitées en 1875, en a donné une description géologique complète. Saint-Paul présente une constitution
assez complexe; elle est formée surtout de trachytes et de basaltes, ces derniers prédominant de beaucoup. La forme de l’île est tout à fait caractéristique et rappelle celle de l’île Déception, dans les Shetlands du Sud. «Cest, dit M. Ch. Vélain, une montagne triangulaire, très étalée, tronquée à son sommet par un vaste cratère qui la traverse de part en part et qui communique directement avec la mer par une large brèche (1). » Cette île est encore le théâtre de phénomènes volcaniques importants; en particulier, de nombreuses sources thermales et des dégagements gazeux abondants (fumerolles) se font jour dans l’intérieur du cratère.
La Nouvelle-Amsterdam, d’origine également volcanique, a une forme différente. Une multitude de cônes et de cratères étagés les uns au-dessus des autres ont édifié une grande terre conique qui s'élève à 900 mètres. Les roches principales y sont des labradorites à augite et des basaltes.
Au sud-ouest de ce groupe, on rencontre les îles Crozet, par 46° de latitude et 50° de longitude est; puis les îles Marion, par 48° de latitude et 35° de longitude est. Leur découverte remonte à la même date que celle des Kerguelen, 1772.
Enfin, par 54° 26 de latitude sud et L° de longitude est de Paris, se trouve la petiteîle Bouvet. Sa découverte, due à l’amiral français Pierre Bouvet, remonte au 1” janvier 1739 ; elle constitue la première conquête inscrite dans l’histoire antaretique. Son existence fut longtemps mise en doute ; Cook, entre autres, était passé dans son voisinage sans la voir; elle fut enfin retrouvée en 1898 par la « Valdivia». Elle est recouverte de neige et présente un cratère en son centre. La glaciation y atteint une grande intensité; des falaises de glace, sous lesquelles on aperçoit le rocher, lui font une ceinture continue.
(4) Cu. VéLain, Recherches géologiques faites à Aden, à La Réunion, aux îles Saint-Paul et Amsterdam, Paris, 1876, p. 296.