‹ Expédition antarctique française (1903-1905) commandéeChapitre 32 sur 67 · LES ILES DU SECTEUR AFRICAIN · texte numérisé non relu

LES ILES DU SECTEUR AFRICAIN

Un certain nombre de petits groupes d'îles, perdues dans l’océan, se rencontrent au sud de l'Afrique, aux confins de la zone polaire. Ce sont :

Les îles Heard et Mac-Donald, par 55° de latitude et 71° de longitude est de Paris environ.

Les îles Kerguelen, les plus importantes, par 50° latitude et 68° de longitude est. Découvertes en 1771 par le capitaine français de Kerguelen- Trémarec, elles furent une des premières conquêtes de l'exploration antaretique. Elles ont été visitées dans ces dernières années par le « Challenger », la « Valdivia » et le « Gauss ». Découpées de fJords profonds, elles sont constituées par un basalle riche en zéolites.

Un peu plus au nord, le petit groupe des îles Saint-Paul et Amsterdam, par environ 38° de latitude et 75° de longitude est. Ce sont des îles hautes, essentiellement volcaniques.

M. le professeur Ch. Vélain, qui les a visitées en 1875, en a donné une description géologique complète. Saint-Paul présente une constitution

assez complexe; elle est formée surtout de trachytes et de basaltes, ces derniers prédominant de beaucoup. La forme de l’île est tout à fait caractéristique et rappelle celle de l’île Déception, dans les Shetlands du Sud. «Cest, dit M. Ch. Vélain, une montagne triangulaire, très étalée, tronquée à son sommet par un vaste cratère qui la traverse de part en part et qui communique directement avec la mer par une large brèche (1). » Cette île est encore le théâtre de phénomènes volcaniques importants; en particulier, de nombreuses sources thermales et des dégagements gazeux abondants (fumerolles) se font jour dans l’intérieur du cratère.

La Nouvelle-Amsterdam, d’origine également volcanique, a une forme différente. Une multitude de cônes et de cratères étagés les uns au-dessus des autres ont édifié une grande terre conique qui s'élève à 900 mètres. Les roches principales y sont des labradorites à augite et des basaltes.

Au sud-ouest de ce groupe, on rencontre les îles Crozet, par 46° de latitude et 50° de longitude est; puis les îles Marion, par 48° de latitude et 35° de longitude est. Leur découverte remonte à la même date que celle des Kerguelen, 1772.

Enfin, par 54° 26 de latitude sud et L° de longitude est de Paris, se trouve la petiteîle Bouvet. Sa découverte, due à l’amiral français Pierre Bouvet, remonte au 1” janvier 1739 ; elle constitue la première conquête inscrite dans l’histoire antaretique. Son existence fut longtemps mise en doute ; Cook, entre autres, était passé dans son voisinage sans la voir; elle fut enfin retrouvée en 1898 par la « Valdivia». Elle est recouverte de neige et présente un cratère en son centre. La glaciation y atteint une grande intensité; des falaises de glace, sous lesquelles on aperçoit le rocher, lui font une ceinture continue.

(4) Cu. VéLain, Recherches géologiques faites à Aden, à La Réunion, aux îles Saint-Paul et Amsterdam, Paris, 1876, p. 296.

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