‹ Expédition antarctique française (1903-1905) commandéeChapitre 50 sur 67 · GRANITES · texte numérisé non relu

GRANITES

Les granites sont, avec les diorites, les roches les plus fréquentes de cette région de l'Antarctique. Ce sont eux qui forment la plupart

des îles basses échelonnées devant la côte. Ce sont en généraldes granites à amphibole.

PÉTROGRAPHIE. 143

a. Graniles à amphibole à grain moyen. — La roche est généralement d’une grande fraîcheur, en particulier sur l'ile Wandel, dont elle forme toute la partie ouest, c’est-à-dire la colline du Cairn, haute de 60 mètres, et Loutes les roches moutonnées qui l'entourent. C’est là que nous allons prendre le type de notre description.

Examinée à l’œil nu, cette roche (180) (1) se montre holocristalline, grenue à grains moyens, d'aspect clair. On y distingue : de l’orthose, d’un gris violacé à cassure miroitante, en plages atteignant jusqu’à ! centimètre de longueur, un plagioclase blanc, du quartz, enfin de la biotite et de l’amphibole disséminés régulièrement dans la masse ; il existe en outre de petites enclaves à grains fins dans lesquelles prédominent les éléments colorés. |

L'examen microscopique permet d'ajouter des éléments accessoires : de l’apatite, du sphène, du zircon et de la magnésie.

L’orthose forme des plages à contours irréguliers, Loos suivant Îa loi de Carlsbad, souvent faculées d’albite.

D'un développement au moins égal à l’orthose, de grandes plages de plagioclases, maclées suivant les lois de Carlsbad, de l’albite et plus rarement de la péricline ; la mesure du maximum d’extinction dans la zone perpendiculaire à g'(010) est d'environ 18°, ce qui range ce plagioclase dans les andésines à 35 p. 100 d’anorthite.

Le quartz se montre en grains de dimensions très variables, sans formes propres, moulant les autres éléments.

Le mica est de la biotite, dont le pléochroïsme varie du jaune clair au brun foncé ; des inelusions de zircon y déterminent des auréoles pléochroïques.

Un autre minéral qui tient une place importante dans cetteroche, c’est l’'amphibole, qui appartient à la hornblende commune; sa couleur est le vert d'herbe, à marbrures plus ou moins foncées et à pléochroïsme net mais faible ; les cristaux sont à contours très irréguliers ; l’angle d’extinction dans la plage g'{010) est de 22°. Elle renferme des inclusions de magnétite.

(4) Ces chiffres se rapportent aux numéros des échantillons de la collection déposée au Muséum d'Histoire Naturelle.

144 PÉTROGRAPHIE.

L'ordre de consolidation des différents minéraux est celui du granite normal : d’abord les minéraux lourds, apatite, sphène, zircon, magnétite, puis le mica et le plagioclase, le tout moulé par les grandes plages xénomorphes de quartz et d'orthose; ce dernier présente assez fréquemment des inclusions quartzeuses.

Cette roche est d’une fraîcheur remarquable: seuls les feldspaths présentent quelques traces d’altération; le centre de certains cristaux est alors constellé de paillettes fines de mica {damourite). Sur leterrain, aux affleurements, les parties exposées au contact de l’air et de l'humidité ont une teinte de rouille due à un commencement d’altération des éléments ferro-magnésiens et de la magnétite.

L'analyse chimique, faite par M. Pisant, donne :

Si02 Al203 Fe?03 FeO Mg0 Ca0 Na20 K20 Ti02 pi. Total. P205 7110 1450 0,31 310 1,17 2,59 3,25 402 0,46 0,25 100,75 0,08

Si l’on soumet cette analyse au calcul, on obtient lacomposition minéralogique virtuelle suivante :

LE D D AM OR DER AO A ANNE AU SR an Ne 27,18 | OFthosB :: 2.1: 23,01 | 91,65 Feldspatls. Alpes. his, TT Ga tr 0) ADertHite a) 42179 a ati Nan 2,90 :

RL .. La Magnétite....... 0,46 } 8,89 RSR no hui nor Périe au delire tant 025 pare A RUN EReR EE rat 100,79

Dans la notation de M. Michel Lévy, cette analyse donneles paramètres magmatiques suivants :

Den 4 D = 2,19 (alcalino-syénitique), r = 1,25 (mégapotassique). C'= 0,047 (méga-alumineux), w — 2,8 (magnésien). Det

Cette roche se rapporte au type, #4, 2, 3 de la classification chimicominéralogique américaine : c’est une foscanose.

PÉTROGRAPHIE 145

Si l’on calcule la composition du plagioclase d’après les données ci-dessus, on obtient :

Albiie Lit Non ht 68 p. 100 AOL NUS ENS a Ass 32 —

Le rapport est donc 2 : {, ce qui correspond à andésine-oligoclase et concorde sensiblement avec le résultat de l’examen minéralogique.

Ilest intéressant de rapprocher de cette analyse a. celles des deux granites identiques, provenant l’un : 6. de Conanicut Island (Rhode Island) donné par M.L. V. Pirsson ; l’autre c. de Kortfors(Orebro) en Suède, donné par M. Backstrôm ; j y ajouterai un « andengranit » d. de Juncal Valley (Argentine) de M. Stelzner, qui est extrêmement voisin; enfinun granitee. de Puerto Angosto (Patagonie) de M. O. Nordenskjôüld, qui montrent l’analogie des granites antarctiques avec ceux de l'Amérique du Sud :

(2 be ei a. ei 10 CARE MA AE AE A 71,10 11,89 70,05 69,43 68,0 Fan SE AA net 14604904 (4478 0 ATE 10 LAS ENS Ent 0,51 4,70 9 97 0,93 0,7 174 0 ONE CHDPE LEE 3,10 1,00 3,35 »

Nadar ii Le 1,17 0,75 0,44 1,35 0,8 Ai ten reste 2,99 ROÉ: Nr 04 2,07 2,0 US" PURES ANS eee 3,25 3,55 3,10 4,56 4,6 D ain 4,02 3,79 4,18 2,99 27 RP ie De NUS 0,46 0,21 0,19 » »

RU NN a 0,25 3,19 0,42 0,10 »

A côté de ce granite typique de l’île Wandel, je dois signaler un échantillon (150) provenant d’un bloc recueilli à marée basse sur la grève de la côte ouest de cette île. On n’en peut indiquer le gisement, ce bloc ayant pu être apporté de loin par des glaces flottantes ; mais 1l mérite cependant d’être noté.

Il diffère essentiellement du granite précédent tant par les dimensions des éléments, qui sont plus grandes, que par la coloration rose de l’orthose. Les cristaux de feldspath rose atteignent 3 centimètres de côté, sans pour cela donner la structure porphyroïde, et les grains de quartz ont 1°,5 de diamètre. On voit aussi des cristaux d’assez erandes dimensions d’un plagioclase blanc laiteux en partie altéré, qui

donne à la cassure un aspect poussiéreux. Le mica est très rare. Expédition Charcot. — Gourpox. — Pétrographie. 49

146 PÉTROGRAPHIE.

L'élément coloré, en très pelite quantité, est formé de hornblende, soit en grains irréguliers dans les interstices, soit en prismes idiomorphes.

L'examen microscopique montre de grandes plages d’orthose plus ou moins trouble, sans contours géométriques : elles présentent la macle de Carlsbad et renferment des bandelettes pertitiques d’albite et d’anorthose ainsi que des granules de calcite et de mica dus à l’altération ; elles contiennent quelques inelusions de mica et de plagioclase.

Le plagioclase est de l’oligoclase montrant de fines macles de l'albite ; il est trouble, imprégné de calcite ; il montre quelque tendance à la structure zonée.

Le quartz est en grains xénomorphes plus ou moins arrondis ou moulés dans les intervalles des feldspaths.

Le mica est rare, c’est de la biotite dont la coloration brune a été remplacée par une coloration verte due à l’altération ; elle a perdu en partie son pléochroïsme. On reconnaît enfin de la hornblende commune verte, pléochroïque, s’éteignant dans lés sections longitudinales sousdes angles très faibles.

b. Grantte à amphibole à-grain fin. — Le granite que l’on rencontre sur l'île Hovgaard, située au sud de l’île Wandel, est encore un granite à amphibole. Il forme toute la pointe nord de l’île et sans doute aussi le grand dôme de 400 mètres de hauteur qui couronne la partie sud, mais dont l’épaisse couverture de glace ne permet pas d'atteindre le sol.

La roche (139) est d’aspect moins clair que sur l’île Wandel, étant plus riche en éléments ferro-magnésiens ; le grain est aussi plus fin, et les plages violacées d’orthose qui donnaient à celui-ci son aspect caractéristique ont entièrement disparu.

Le microscope montre la rareté des grandes plages d’orthose, tandis que le plagioclase est en grande abondance. Ce dernier, en grains xénomorphes, est une oligoclase présentant les macles polysynthétiques suivant la loi de l’albite et s’éteignant sous- un angle maximum de 6°; ce feldspath est souvent zoné et présente au centre un commencement de damouritisation. Le quartz est de la biotite brune en plages déchiquetées, avec inclusions pléochroïques de zircon.

L'amphibole est beaucop plus abondante qu’à l’île Wandel ; c’est encore

PÉTROGRAPHIE. 147

de la hornblende commune verte, pléochroïque ; le centre des cristaux est généralement presque incolore et moins pléochroïque que les bords qui atteignent le vert foncé ; la macle 2° (100) est constante ; les cristaux sont très rarement idiomorphes et leur angle d'extinction dans g° (010) est de 20°. |

Les grains de magnétite sont un peu plus nombreux que dans le granite de Wandel.

Le même granite se retrouve dans la partie méridionale de l’île Lund, située elle-même au sud de l’île Hovgaard et formant avec elle et Wandel, les trois plus importantes unités de ce long chapelet d'îles alignées devant la côte de la Terre de Graham et parallèlement à elle. Ces échantillons (281) provenant de l’île Lund sont généralement altérés et déjà, à l’œil nu, on perçoit quelques reflets verdâtres de chlorite.

L’orthose et le plagioclase, qui est une oligoclase-andésine à 25 p. 100 d’anorthite, sont piquetés de damourite. Le zonage est très net. Le quartz est en très petits grains. La biotite et la hornblende sont extrêmement déchiquetées, parfois réduites à l’état de paillettes ; l’amphibole est d’un vert-mousse et criblée d’inclusions de toutes sortes ; feldspath, mica, chlorite, zircon, magnétite; son angle d'extinction dans g° (010) est d’une vingtaine de degrés.

Les îles Moureaux, dans la baie des Flandres (Terre de Danco), sont constituées par un granite identique à celui de l'île Wandel. Ce sont ces mêmes roches moutonnées, légèrement rosées, avec de nombreux nodules amphiboliques, qui leur donnent un aspect caractéristique.

Certains blocs de ce granite se distinguent par la finesse de leur grain (19). C’est une forme aplitique du granite précédent.

L'examen microscopique montre une structure micropegmatitique, surtout en ce qui concerne le quartz et l’orthose. Le plagioclase est postérieur à ces deux minéraux; il est zoné; c’est une andésine à 32 p. 100 d’anorthite. Cette roche est remarquable par la rareté du mica, qui est en général jeune et mouleles feldspaths, et surtout par l'absence de l'amphibole. Maïs on rencontre un certain nombre de sphérolites verts de chlorite, remplissant de petites cavités miarolitiques. Le zircon, A la magnétite, ponctuent la roche de petits cristaux.

1418 PÉTROGRAPHIE.

c. Aplite. — À l'extrémité nord de l’île Wandel, se dresse un magnifique sommet, le mont Lacroix, haut de 641 mètres. Son profil est celui d’une demi-lentille placée de champ. Il est complètement isolé et se trouve dans l’axe de la chaine montagneuse de l’île. Je n’ai pu atteindre la montagne elle-même, dont la base est défendue par un piedmont-glacier s’élevant sur un front vertical d’une vingtaine de mètres de hauteur. Mais J'ai recueilli au pied du glacier, quelquefois encastrés dans la muraille de glace, de nombreux blocs détachés du mont Lacroix.

Ils sont tous constitués par une aplite très riche en cristaux de pyrite ; aussi, étant donnés le grand nombre de ces blocs et l’absence de roches d'autre nature, est-il permis de penser que la montagne est entièrement formée par cette aplite. Les longues'traînées couleur de rouille, dues à l'oxydation de la pyrite, qui descendent sur les flancs de la montagne, corroborent encore cette opinion.

C’est le seul gisement d’aplite que j’aie rencontré dans cette région.

C’estuneroche(126)finement grenue, de couleur gris clair. Les éléments blancs, qui sont prépondérants, sont quelquefois bien cristallisés ; les éléments colorés, très altérés, ne forment que de petites plages grisâtres sans contours nets. La roche est criblée de cristaux de pyrite; aussi les surfaces à l’air et toutes les fissures sont enduites d'oxyde de fer.

Vue au microscope, elle est essentiellement formée par des feldspaths et du quartz associés à quelques paillettes de mica et d’amphibole.

L’orthose estpeuabondante. Le plagioclase est une andésine-oligoclase, dont l’angle maximum d'extinction dans la zone de symétrie est d’environ 14. Ces feldspaths sont souvent zonés ; 1ls sont assez profondément altérés et sont piquetés de mica blanc.

Ils sont en cristaux relativement automorphes et sont moulés par du quartz formant de petites plages granulitiques; de sorte que la roche a une tendance à la structure à deux temps, sans la réaliser cependant, parce que le quartz est en trop gros cristaux.

Par sa richesse en quartz et sa très grande pauvreté en éléments colorés, cette roche est une aplite. Mais ce n’est pas une aplite ordinaire; la rareté de l’orthose et l'abondance des plagioclases la rapprochent magmatiquement des diorites bien plus que des granites, comme c’est le

PÉTROGRAPHIE. 149 cas général. Le gisement se trouve d’ailleurs dans l’axe d’une chaîne dioritique. Je dois signaler cependant que les feldspaths sont moins zonés que dans les diorites étudiées précédemment.

d. Filons de pegmatite. — Le granite à amphibole de l’ile Wandel est traversé par des filonnets d'une pegmatite à grains moyens, composée de plages d’orthose et d’andésine, qui ont la même disposition réciproque que dans le granite, ainsi que de grains de quartz abondants non seulement contemporains des minéraux précédents, mais aussi postérieurs.

On y rencontre assez fréquemment des cristaux de chlorite. Elle s’y présente sous deux formes : tantôt c’est un produit de décomposition du mica, et alors elle en a pris l'orientation (pennine); tantôt c’est une chlorite, positive en long, quis’est formée dans les places laissées par l’amphibole, et en ce cas elle a tendance à prendre la structure sphérolitique.

De petits cristaux de pyrite ponctuent quelquefois la roche.

Dans cette pegmatite, l’altération est plus avancée que dans le granite qui l’englobe, et l’on y rencontre fréquemment de la caleite secondaire.

2° DIORITES

Les roches de cette famille sont beaucoup plus répandues que les granites dans toute la région que nous avons parcourue. On les rencontre en effet d'une façon presque générale depuis l’île d'Hoseason par 63°45' de latitude jusque dans les îlots situés au sud de l’île de Lund par 65° 25' de latitude. Ce sont elles qui constituent, semble-t-il, la plupart des chaînes de l’archipel de Palmer, de l’île Wiencke, de l’île Wandel ainsi que la bordure occidentale de la Terre de Graham. Elles sont donc extrémement abondantes.

Malgré la variété des roches de cette famille, on peut leur assigner un certain nombre de caractères communs : abondance des feldspaths, existence de la biotite et du quartz : ce sont des diorites quartzifères leucocrates ou tout au plus mésocrates. Elles diffèrent des granites précédents par la disparition de l’orthose et, dans certaines d’entre elles, par la raréfaction de la biotite ; le quartz reste toujours abondant ; on y observe des quantités notables de titanomagnétite. Les

150 PÉTROGRAPHIE.

plagioclases cependant sont plus basiques, avec zonages concentriques de plus en plus calciques.

Le feldspath moyen renferme de 40 à 45 p. 100 d’anorthite ; il est donc intermédiaire entre l’andésine et le labrador et assez proche de ce dernier; mais les extrêmes varient de 60 p. 100 d’anorthite au centre à 28 p. 100 à la périphérie. |

Je les diviserai en deux groupes, suivant ” elles contiennent ou non du pyroxène :

a. Diorites quartzifères micacées. — Le type des diorites peut être choisi à l’île Wandel à cause de la fraîcheur des roches que l’on y trouve. C’est une diorite quartzifère micacée.

Cette roche (202) est holocristalline, grenue, à grains moyens ; elle est grise, légèrement verdâtre sur les parties exposées à l’air. A l'œil nu, on voit du feldspath blanc, un peu de quartz et de l’amphibole à clivages brillants d'un noir verdâtre; enfin quelques paillettes hexagonales de biotite.

Les éléments colorés, régulièrement ie ne dépassent pas 5 millimètres de plus grande dimension.

L'examen microscopique permet de rapporter le feldspath au labrador. Il se présente en larges plages, souvent automorphes, maclées suivant la loi de l’albite, rarement suivant celle de Carlsbad, quelquefois suivant celle de la péricline. Le maximum d’extinction dans la zone perpendiculaire à g' (010) est voisin de 30°; c’est donc un labrador 46, An,. Ce plagioclase est très fréquemment zoné.

Le quartz est assez abondant, sans formes propres.

L'amphibole appartient à la hornblende commune verte; elle forme de larges plages déchiquetées vert pâle ou vert jJaunâtre, avec macle k° (100) fréquente; l'angle maximum d'extinction dans la zone d’allongement est de 20°. | |

Presque aussi abondante, la biotite se présente en lames déchiquetées.

Comme éléments accessoires, notons la titanomagnétite en quantités notables, la pyrite, le zircon.

La structure est grenue. Les seuls éléments automorphes sont les minerais lourds et parfois les plagioclases, Ceux-ci, lorsqu'ils n'ont pas

PÉTROGRAPHIE. 451

de formes propres, sont en grains ; les cristaux sont sensiblement isométriques, mais sans donner lieu à la structure ophitique.

La cristallisation de l’amphibole et celle du labrador sont contemporaines, car, sil’amphibole enveloppe souventle plagioclase, inversement, le plagioclase renferme des inclusions d’amphibole. La biotite remplit les interstices laissés entre eux par les autres minéraux. Le quartz est le dernier élément consolidé.

L'analyse chimique, faite par M. Pisani, donne :

SiO? Al203 Fez0® Fe0 MgO Ca0 Na?20 K20 F0? pf. Total P205 59.85 16,90: 1,92:.5,82::322 6,63 8,45 128 0,84 0,87 100,08 0,06

Soumise au calcul, cette analyse donne la composition minéralogique virtuelle suivante :

CL LEA ARC ER DNA PE RE ER 14,92 | Crphibse de re 7,178 ) Tri Meldspaths. Alpes ns 29,34 ( 63,53 | A ROBIN Sue 26,41 \ DSL eee 2,55 Dyrosohes.: 2: 010 Mau 7,80 16,95 | TEE ON D A 6,60 | 21,25 ABLE AU UHNTEN) a a 15) 420 | | ROLE AU FOUR SN A ess Re Ne 0,87 GE NC AR Ne SPA 99,87

Dans la notation de M. Michel Lévy, les paramètres magmatiques sont les suivants :

2 = 16,4, d — 2,78 (svénitique), r — 0,37 (mégasodique). C' — 0,07 (méso-alumineux), W — 2,2 (magnésien). Cette roche se rapporte au type IT, 4, 3, 4 de la classification chimicominéralogique quantitative : c’est une fonalose. Si l’on calcule la composition du plagioclase d’après les données ci-dessus, on obtient :

Le rapport est donc sensiblement 1 : Î correspondant au labrador et en concordance avec le résultat de l’examen minéralogique.

Afin de bien mettre en relief le consanguinité des roches dioritiques dans toute la chaîne andine, depuis les plus hautes latitudes boréales, dans l'Alaska, jusque dans son prolongement antarctique de la Terre de Graham, en suivant la bordure occidentale des deux Amériques, je vais mettre en regard de l’analyse de notre roche les analyses de plusieurs diorites prises à des latitudes différentes :

a. Diorite quartzifère micacée de l’île Wandel ;

b. Diorite de Capitain’s Bay, Alaska (G.-F. Becker);

c. Quartz-diorite de Spanish Peak, Californie (H.-W. Turner);

d. Quartz-mica-diorite de Yaqui-Creek, Mariposa County, Californie (H.-W. Türner) ;

e. Andendiorite du Cuesta del Cuzco, San Antonio Valley, Argentina (A. Stelzner).

Do 59,85 58,63 59,68 58.09 59,06 A nn En 16.00. 16291 4100 (17400 4770 Dee RAP 1,92 1,91 2 85 1,12 3.47 do di 5,22 4,20 2,75 5,08 A,81 1 SU Et 3,12 4,28 3,54 4,06 8,00 nd no ue 6,63 6,59 6,62 6,24 5,22 de oi 3,45 3,51 3,87 2 94 4,60 A homo ot 1,28 2.09 1,31 2.02 2,79 DD) a LE 0,84 0,74 0,65 0,95 »

DU dd 0,87 1,17 1,00 1,45 0,9%

nent es ee meet es

On voit la presque identité de composition chimique de ces roches, qui appartiennent toutes au type tonalose, sauf la dernière, qui est une akerose, type très voisin; elle contient une proportion un peu plus grande d’alcalis que les quaire premières.

Cette diorite, provenant de l’île Wandel, a été recueillie en place sur le sommet Guéguen, à environ 400 mètres d'altitude, où elle forme d'assez larges espaces à découvert; le flanc sud de la montagne tombant à pic sur un glacier escarpé, on ne peut suivre le gisement de ce côté ; mais le flanc nord, garni en certains points de talus d’éboulis, permet de se rendre compte que toute la hauteur est constituée par cette diorite quartzifère que l’on retrouve encore à son pied même, au bord de la mer. Cette hauteur s’adosse d’ailleurs à l’est à un massif dioritique, le pic

PÉTROGRAPHIE. 153 Louise et se prolonge à l’ouest par la colline Jeanne, qui est également dioritique.

Sur ce même sommet Guéguen, un pointement rocheux, faisant saillie sur quelques mètres carrés seulementhors de la neige, est formé par une roche (201) d'aspect gris foncé, à grain fin : elle est traversée par des trainées presque linéaires de titinomagnétite noire brillante. Au microscope, on constate qu’elle n’est qu’une modification mésocrate de la roche précédente, avec un grain beaucoup plus fin. Les plagioclases sont automorphes, l’'amphibole très abondante, le quartzrare ; elle-contient de très nombreux crains de titanomagnétite ; beaucoup de grainsirréguliers de sphène sont répandus dans la masse, où ils sont même par place visibles à l’œil nu; ils sont jaunes de miel.

La neige qui environne ce pointement n’a pas permis de préciser les rapports de cette roche avec la diorite précédente; mais il est probable qu’elle y forme une enclave basique ou qu’elle constitue un filon; son analogie avec les nodules amphiboliques que l’on trouve dans toutes les roches de cette région vient à l’appui de la première hypothèse.

Une diorite quartzifère (169) constitue les contreforts du pic Louise; la biotite y est abondante; le plagioclase, qui est encore le labrador, est très zoné etrarement automorphe. La roche est constellée de nodules amphiboliques et micacés de toutes dimensions, qui donnent un aspect caractéristique aux rochers. Vus au microscope, ces nodules (167) rappellent en tous points l'échantillon à grain fin dont il vient d’être question plus haut. Les minéraux ne présentent pas de formes propres, et tous les angles sont arrondis; ils se pénètrent mutuellement à la façon des fragments d’un jeu de patience. Le plagioclase, quelquefois en grandes plages zonées, renferme des inclusions d’amphibole, etinversement lahornblende contient de petits cristaux de feldspath.

C’est une diorite identique qui semble constituer sur battre rive du chenal de Lemaire les chaînes montagneuses de la Terre de Graham. Je lai retrouvée au delà du cap Renard, au fond de la baie des Flandres (34), où elle est également très riche en enclaves amphiboliques.

La partie septentrionale de l’île Lund, située au sud de l’île Wandel, est

constituée par une diorite quartzifère altérée, à grain fin et constellée de Expédition Charcot. — Gourpon. — Pétrographie. 20

154 PÉTROGRAPHIE.

petits cristaux de pyrite (253). Elle est caractérisée par l'abondance du quartz et d’une amphibole verte en plages dentelliformes. De nombreuses enclaves basiques sont disséminées dans la roche.

Beaucoup plus au nord, sur un petit îlot situé entre les îles Diont et Liége, on rencontre encore une diorite quartzifère (507). Elle est à grain un peu plusfin que celles de l’île Wiencke. Les éléments colorés sont régulièrement distribués. A l'examen microscopique, on reconnaît de grandes plages de labrador, à macles de l’albite très fines, quelquefois légèrement incurvées ; la macle de la péricline est fréquente. L’amphibole, très pléochroïque, allant du brun au vert intense, avec un maximum d'extinction de 28”, est une hornblende commune verte ; la macle 4 (100) est souvent répétée. Le centre des cristaux est fréquemment incolore. La biotite remplit les intervalles des grands cristaux. Le quartz n’est pas très abondant.

L'île Hoseason, située au nord de l'archipel de Palmer, est encore constituée par une diorite quartzifère (513). Le grain est un peu plus fin que dans la précédente, le feldspath très blanc, l'élément ferro-magnésien bien développé, en cristaux de 4 à 5 millimètres de plus grandes dimensions. À l'examen microscopique, on distingue un labrador 46, An, tantôt en grandes plages, tantôt en petits cristaux automorphes. L’amphibole forme des plages à contours nets, vert jaunâtre. IL y a peu de quartz, un peu de mica vert, quelques grains de magnétite et de sphène.

b. Dhorites quartzifères micacées à pyroxène. —— Les diorites de l’île Wiencke, située ou nord de l’île Wandel, à l’entrée méridionale du détroit de Gerlache, ne diffèrent essentiellement des précédentes que par l’addition du pyroxène. Ce sont des roches à grain moyen, d'aspect gris moucheté de noir, rappelant tout à fait les précédentes par leur aspect extérieur (35). Le plagioclase est presque constamment zoné; ses cristaux sont mal délimités, maclés suivant les lois de Carlsbad et de l’albite ; ils varient du labrador à l’andésine ; le maximum d'extinction dans la zone perpendiculaire à g' (010) est voisin de 24°.

L’amphibole est encore la même hornblende commune

Le pyroxène est incolore ou vert très pâle, maclé suivant #' (100), et présente des plans de séparation suivant p (001).[l appartientàundiopsidedont l'angle maximum d’extinction est de 42. Il est presque constamment

PÉTROGRAPHIE. 455

enveloppé par la hornblende, qui s'oriente sur lui : il est fort possible que cette disposition soit d’origine primaire.

La biotite est abondante, le quartz en assez grande quantité.

La structure est la même que le type normal.

Cet échantillon provient de la côte est de la presqu'île Lécuyer. Sur la côte ouest de cette même presqu'île, se retrouve une diorite à pyroxène (387) très semblable à la précédente. Elle est traversée de diaclases tapissées ou remplies par des cristaux aciculaires noirs de tourmaline mélangée à de la pyrite. Ces cristaux sont généralement couchés sur la paroi de la roche et ont une tendance à se grouper en étoiles. Ce fait, qui n’est d’ailleurs pas sans analogue, présente ici cet intérêt de se produire dans une diorite ; il est beaucoup moins rare dans le granite.

M. A. Lacroix a rencontré, dans les Pyrénées, de magnifiques exemples de ce remplissage drusique des fentes par de la tourmaline (en particulier dans les éboulis des vallées de Rabassolès, de l’Estagnet, de Valbonne, de Barbouillères, de Laurenti, de Baxouillade), et voici comment il les explique : « Il n’est pas douteux, dit-il, que la formation de ces minéraux remplissant incomplètement des fentes ne soit le dernier écho du phénomène qui a produit le remplissage complet de fentes similaires actuellement occupées par des roches filoniennes : cette opinion est rendue fort probable par ce fait que les minéraux qui y ont été observés sont précisémentau nombre de ceux qui constituent ces filons aplitiques (1). » De même M. G.-H. Williams a signalé, près de Baltimore, des phénomènes analogues qu'il attribue à. « une infiltration secondaire dans les fissures existantes ». « De longs cristaux de tourmaline noire formant des groupes radiés de quelquefois 2 pieds de diamètre se trouvent inclus dans le quartz à Gwynn’s Falls, près du pont de Windsor Road et près de Wetheredville ; de même à Jones Falls, un peu au nord de Woodberry ; de même aussi dans le gabbro-diorite du mont Hope (2). »

En suivant la même côte ouest de la presqu’ile Lécuyer, en se dirigeant vers le sud, on constate que la diorite devient plus foncée, plus riche en

(1) A. Lacroix, Le granite des Pyrénées et ses phénomènes de contact (1°* mémoire) (Bufl. Carte géol., n° 64, t. X, juin 1898).

(2) G.-H. Wacciaus, The gabbros and associated hornblende rocks occuring in the neighborhood of Baltimore (Bull. of de U.S. Geol. Surv., n° 28, 1886, p. 25, 28).

156 __ PÉTROGRAPHIE.

éléments ferro-magnésiens, plus pauvre en quartz (376). Le plagioclase passe au labrador Ab, An,. Au microscope, on distingue de grandes plages de pyroxène, quadrillées, jaunes en lumière polarisée, à bordure d’amphibole ; cà et là, des amas formés de petits cristaux d’amphibole, de grains de quartz et de felsdpath. |

. Dans l’île Doumer, qui n’est séparée de la presqu'île Lécuyer que par un étroit chenal, c’est encore une diorite quartzifère, mais d'aspect un peu plus clair ; le pyroxène y est plus rare, l'amphibole plus abondante.

Je ne ferai que signaler un blocroulé de diorite quartzifère à pyroxène provenant des îles Moureaux (21), car il n'appartient certainement pas à ces îles, qui sont granitiques ; il a été apporté là par les glaces flottantes.

Cette roche est d’ailleurs très altérée ; les feldspaths sont d’un blanc laiteux caractéristique. La silicate ferro-magnésien, en petits cristaux noirs, est d’une abondance telle qu’il est vraisemblable que nous avons affaire à une enclave.

À l'examen microscopique, on observe des feldspaths peu zonés, troubles, piquetés de muscovite, quelquefois en dentelle dans lamphibole. Le pyroxène est presque entièrement ouralitisé. La pennine remplace un ancien mica. A noter de l’épidote franche, de la zoïsite ainsi que du sphène autour de la titanomagnétite.

Ces diorites quartzifères à pyroxène existent également plus au sud. Je les ai retrouvées sur de petits îlots situés à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de l’île Wandel. Elles ne diffèrent d’ailleurs de celles de l’île Wandel que par l’adjonction du pyroxène. Mais ce qui caractérise ces échantillons (39), outre l'abondance du quartz et du mica, c’est la présence d’un peu d’orthose, ce qui en fait un terme de passage aux granites à amphibole; la grande prédominance des plagioclases les fait cependant classer dans les diorites. |

L’'orthose joue le même rôle que le quartz, c’est-à-dire qu'il moule le plagioclase.

Les cristaux d’amphibole ont pour centre un cristal de pyroxène ouratilisé; mais l’amphibole est en dentelle dans le pyroxène. La macle 4 (100) est postérieure au pyroxène ; elle traverse en effet toute l’amphibole. mais ne touche pas le pyroxène.

PÉTROGRAPHIE. 157 … ©. Microchorites. — Un petit îlot, d’une centaine de mètres de long sur une trentaine de large, situé dans le chenal qui borde à l’est l’île Doumer, et remarquable par son aspectruiniforme, fournit une microdiorite (491). C’est une roche d'aspect gris foncé, à grain très fin. Au microscope, on constate qu'elle est formée d’un agrégat de petits cristaux xénomorphes de plagioclase, d'amphibole et de quartz entourant quelques cristaux plus grands et altérés de plagioclase et d’amphibole. On remarque de nombreux îlots de calcite et d’un minéral vert très pâle, pléochroïque, donnant parfois du bleu comme teinte de polarisation ; ce doit être de la pennine, provenant de l’altération soit delabiotite, soit de l’amphibole ; de nombreux petits grains de pyrite secondaire sont répandus dans la roche.

Signalons en passant que cette roche est traversée de filonnets blancs feldspathiques dans lesquels se montrent des cristaux hexagonaux de biotite brune, atteignant 7 à 8 millimètres de diamètre.

ALTÉRATIONS. —- l° Afférations chimiques. — Toutes nos roches ne sont pas aussi fraîches que celles qui viennent d’être décrites.

Des échantillons, comme ceux rapportés du pic Jabet (île Wiencke) par le guide Dayné (469), présentent une altération profonde. Les plages de feldspath sont remplies d’ilots de calcite, et l’amphibole est en partie transformée en chlorite. Les fentes et la surface extérieure sont tapissées d’un minéral d’un beau vert de cuivre, soluble dans les acides sans effervescenceet donnant les réactions du cuivre et du chlore : c’est del’atacamite.

Toute la masse est imprégnée d’un produit blanchâtre avec de petits points bleus de sels de cuivre. L'origine du cuivre doit être cherchée dans la chalcopyrite qui accompagne la pyrite dans toutes les roches de cette région; celle du chlore, dans le chlorure de sodium qui imprègne l'atmosphère au voisinage si immédiat de la mer.

2° Déformations mécaniques. — Tandis que l’une des caractéristiques de presque toutes nos diorites réside dans l’état intact de la structure, il existe des régions où la roche présente des traces d'actions mécaniques intenses. Nous avons déjà vu que la diorite recueillie sur un petit îlot situé entre les îles Brabant et Liège présentait des macles légèrement incurvées. Un échantillon (520), provenant de l’île Hoseason et récolté sur un talus d’éboulis, offre un exemple plus net. C’est une diorite d'aspect

158 PÉTROGRAPHIE.

sénéralement verdâtre ; le plagioclase est d’un blanc laiteux quelquefois teinté en vert; le silicate ferro-magnésien est vert foncé. À l’examen microscopique, on constate que les plages de plagioclase sont brisées; souvent leurs fragments ont glissé les uns sur les autres, en sorle que les macles sont disloquées et disposées en escalier.

Le mica et l’amphibole sont transformés en épidote, laquelle présente des plissements sans rupture qui leur donnent un aspect fluidal. Il y a eu écrasement, sans toutefois que la structure de la roche ait été bouleversée, et l’on peut très bien la reconstituer par la pensée. |

3° GABBROS OURALITISÉS

Les gabbros n’ont été rencontrés en place qu’en un point, au cap Tuxen, où ils forment, depuis le niveau de la mer jusqu’à plus de 800 mètres d'altitude, la masse imposante qui domine le cap. Ils représentent la roche la plus méridionale recueillie jusqu’à ce jour sur la Terre de Graham. |

C'est une roche holocristalline grenue, à gros grains, mélanocrate, d’un vertfoncé (258). Elle est dépourvue de quartz. A l’œil nu, onremarque comme éléments prédominants de grands cristaux d’un vert foncé, à reflets chatoyants, de diallage, des grains de magnétite et un feldspath blanc laiteux ou grisätre. Elle est très magnétique.

À l'inverse des granites et diorites qui précèdent, le SR n’est pas zoné. Il se présente en larges plaques irrégulières maclées suivant les lois de lalbite, de Carlsbad et de la péricline. Le maximum d'extinction dans la zone perpendiculaire à g! (010) est de 37° ; c’est donc un labrador basique Ab, An. |

Le pyroxène est une augite à facies diallagique, jaune très pâle en lame mince, d’un pléochroïsme très faible. Ses larges plages n’ont pas de formes géométriques. Elles présentent les plans de séparation répétés suivant L'(100) et les inclusions caractéristiques du diallage avec leur disposition habituelle. Le maximum d'extinction dans lazone L'g'est de 38°.

La titanomagnétite mérite une mention particulière par le nombre et la grosseur de ses grains ; ils forment en lame mince des plages irrégulières opaques d’une étendue égale à celle des feldspaths.

PÉTROGRAPHIE. 159

Le plagioclase est généralement peu altéré, mais ilest souvent fendillé avec un commencement de saussuritisation ; 1l montre en effet cà et là de fines mouchetures d’albite, d’actinote et d’épidote.

Le pyroxène présente fréquemment un commencement d'ouralitisation ; elle débute parles bords ; l’'amphibole secondaire est verdâtre, légèrement pléochroïque ; tantôt elle est orientée sur l’augite et tantôt elle forme des aiguilles enchevêtrées. |

Cette même amphibole de couleur claire se développe aussi au voisinage de la titanomagnétite, à laquelle elle constitue une ceinture de petites aiguilles enchevêtrées.

Le plagioclase est en général isométrique, mais parfois il s’aplatit ; le pyroxène, qui lui est en moyenne postérieur, l'enveloppe alors plus complètement, et la roche manifeste une tendance à la structure ophitique, qui n’est pas complètement réalisée, car on trouve aussi des plages de pyroxène englobées dans le feldspath.

L'analyse chimique, faite par M. Pisani, donne :

Si0? AL03 Fe203 FeO MgO Ca0 Na?20 K20 Ti0? pf. Total. PF05

Les paramètres magmatiques, dans la notation de M. Michel Lévy, sont les suivants:

D = 00,9, D — 5,38 (tonalitique), r = 0,22 (mégasodique). C'— 0,12 (micro-alumineux), w — 3,5 (ferro-magnésien). Ha

La composition minéralogique virtuelle, obtenue par le calcul, nous

donne :

(DEA uts PIRE 1,11 Feldspaths... 4 Albite..... a es NE 8,38 34,51 | ( ADOBE Et 29,02 | CaO.Si0?.. 123 X< 116 14,16 | Diopside .. MgO.Si0?. 400100 10,00 Re FeO.Si0®.. 23x132 3,04 | | j MgO....… 48%<100 4,80 Ni Lite , PARA ERS | Fo0 Ha 11x132 1,45 068 | a ne Ma: 31% 70 217 a | Olivine....144 A 7 x 102 0,71 O0 | | 64,53 t'a ( Magnétite........... 20,69 | i Mere rer ee 7,45 mo),

Perte au feu..,... Se AU ee AU ne k 100,40

160 PÉTROGRAPHIE.

D'après ces données, la composition du plagioclase serait :

le rapport est 1:3 correspondant à la bytownite.

Ce résultat est un peu différent de celui obtenu par l'examen minéralogique qui nous a donné du labrador ; ceci tient à ce que, Je calcul ne tenant pas compte de l’alumine que peut renfermer l’augite, cet excès d'alumine est employé à former de l'anorthite, et l’on obtient non seulement plus de feldspath virtuel qu’il n’en existe réellement, mais 1l est en même temps un peu plus basique.

Par sa teneur élevée en minéraux ferro-magnésiens virtuels, cette roche est à rapporter à la IV° classe.

On sait que dans la classification chimico-minéralogique, pour les subdivisions des deux dernières classes, les principes de classification sont différents de ceux qui président à l'établissement des divisions secondaires des roches, où les éléments blancs virtuels sont dominants (classes I et IT) ou tout au moins à égalité avec les éléments colorés (classe IIT).

L'ordre est déterminé par le rapport des éléments ferro-magnésiens aux minerais ; Or, Ce qui caractérise cette roche, c’est une très grande teneur en minerais ; aussi se range-t-elle dans l’ordre 3, dont les représentants connus sont d’une extrême rareté, puisque, dans le recueil d'analyses de M. Waschington (1), on n'y voit figurer que trois FOCRES : la bergenose, l’avezacose et un mélilite-basalt.

La roche du cap Tuxen appartient à un subrang dont les représentants n'ont pas encore été rencontrés dans la nature ; je propose de le désigner sous le nom de fuxenose.

Il est intéressant de comparer sa composition chimique avec celles des roches qui en sont les plus voisines :

a. Gabbro du cap Tuxen :

b. Iémnite-norite de Storgang, Soggendal, Norvège (C.-F. Kolderup) ; c. Avezacite d’Avezac-Prat, Pyrénées (A. Lacroix);

(1) H.-S. Wascnixeron, Chimical analyses of igneous rocks, 1903, p. 365.

PÉTROGRAPHIE.

d. Melilite-basalt de Randen, Hegau, Baden (U. Grubenmann).

«. Eu À €; d.

BIOS IC a 36,70 31,59 31,80 35,84 ATOS ea RSS 11,00 8,54 10,96 10,48 HéDeiiia 4uit ot 14,21 2,36 12,238 7,25 ed. 14 enr 12,24 24,52 9,79 6,62 MO, LIENS 7,55 10,70 8,40 12,95 C0. |. MAIS 11,90 2,26 17,34 10,90 Na ...R CURSUS 0,95 1,03 0,66 3,53 RON UN ARE 0,20 0,15 0,27 1,51 SD 0 ARR CRE LEUR 0 3,85 18,49 3,25 8,85 plis a sue ie Dress 1,36 » 1,50 »

PQ ne OA ». 10.02 ga »

La tuxenose «a est caractérisée par sa richesse en fer, en magnésie et surtout en chaux et par sa pauvreté en alcalis, d’où l'abondance des minerais et des pyroxènes et la rareté des feldspaths ; nous avons affaire à une pyroxénite presque autant qu à un gabbro; nous lui conserverons cependant ce dernier nom, car certains échantillons du même gisement, plus riches en feldspaths, se rangent nettement dans les véritables gabbros.

La roche à, qui est une bergenose, a une teneur très élevée en fer, en magnésie et en titane, faible en chaux et en alcalis. Elle se rapproche de la tuxenose par sa richesse en fer, en magnésie, sa pauvreté en alcalis : elle s’en distingue en ce que le fer y est presque entièrement à l’état de protoxyde et en ce qu’elle contient beaucoup plus de titane et beaucoup moins de chaux. La conséquence de cette composition chimique est, au point de vue minéralogique, la constitution d’une norite riche en ilménite et hypersthène.

L’avezacite c est riche en fer eten magnésie, mais surtout en chaux : c'est elle qui contient le plus de chaux des quatre roches, d’où, étant donnée la présence d’acide phosphorique, la production d’uneassez grande quantité d’apatite. C’est la roche qui se rapproche le plus de la tuxenose par sa composition chimique ; elle s’en distingue par l’apatite et par sa teneur en fer, qui est un peu moindre. Au point de vue minéralogique, l'absence de feldspath en fait une hornblendite.

La quatrième roche est beaucoup moins ferrugineuse que les précé- Expédition Charcot. — Gourpon, —- Pétrographie, NE |

162 | PÉTROGRAPHIE.

dentes ; elle contient à peu près autant de chaux que la tuxenose, mais beaucoup plus de titane et de magnésie, et la notable proportion des alcalis en fait un type tout à fait différent.

En résumé, nous avons là une roche d’un type peu banal, qui vient compléter à l'extrémité basique la série des granites et diorites étudiés précédemment.

Un autre échantillon (259) recueilli sur le flanc nord du cap Tuxen est également constitué par un gabbro qui ne diffère du précédent que par l'aspect plus clair de la roche dû à une plus grande abondance de feldspaths et par un grain plus fin. Le feldspath est d’un blanc laiteux, et, au microscope, on constate qu'il présente un état de décomposition assez avancé ; il est moucheté par de petites lamelles de calcite. Le pyroxène est fortement ouralitisé; parfois il est transformé sur place en un cristal d’amphibole de même orientation ; mais souvent il est remplacé par un enchevêtrement de fines aiguilles d’un vert pâle d’amphibole ; celle-ci forme ainsi des houppes irrégulièrement distribuées dans la masse.

D'autres échantillons (268), tout en présentant un grain fin, gardent l’aspect foncé qui domine dans les roches de ce gisement; le pyroxène, très abondant, est encore ici fortement ouralitisé, mais conserve en général un noyau intact.

En dehors de ce gisement, nous ne rencontrons legabbros qu’en un seul autre point. Encore n’est-ce qu’un blocerrant(363), recueilli surla grève à Port-Lockroy, dans l’île Wiencke; mais il présente un intérêt spécial par ce fait que M. Arctowski a récolté un gabbro en place sur un nunatak d’une île très voisine, l’île Brabant. C’est une roche altérée formée en parties à peu près égales d'éléments blancs laiteux, ternes, et d'éléments vert foncé. Le feldspath est un labrador en plages irrégulières constellées de petites lamelles de damourite et de fines aiguilles ou de grains d’épidote. L’augite est presque entièrement ouralitisée, etl’amphibole secondaire est elle-même en partie épigénisée par de l’épidote. On rencontre fréquemment comme produit d’altération le clinochlore, soit en fines houppes dans le feldspath, soit en petites plages plus importantes dans l’amphibole ; elles sont d’un vert clair, avec allongement négatif est biréfringence voisine de celle du quartz. C’est un fait intéressant à noter, la chlorite

PÉTROGRAPHIE. 163

secondaire des autres roches étant généralement la pennine. À signaler, en outre, du sphène, qui se présente soit en cristaux à formes nettes sans doute primaires, soit en grains nettement secondaires (leucoxène), qui épigénisent l’ilménite ; dans ce cas, il est associé à du rutile.

IT. — ROCHES MICROLITIQUES.

1° RHYOLITE A QUARTZ GLOBULAIRE

La famille des rhyolites n’est représentée dans la collection des roches rapportée de cette région que par un bloc errant (213) trouvé sur le bord de la mer, à marée basse, à la pointe nord de l’île Hovgaard ; il a dû être apporté là par les glaces flottantes.

Il est à remarquer que les seuls échantillons de rhyolites que l’on ait rencontrés dans la région du cap Horn sont aussi des blocs errants, gisant parmi les galets de l’anse de la Mission et sur les plages de la baie Orange. « Il nous paraît probable, dit M. le D' Hyades, que ces blocs ont été charriés par les bancs de glace détachés des terres du pôle sud (1). » Il y aura donc lieu de chercher leur origine du côté de la Terre Alexandre ["”, située au sud-ouest de la Terre de Graham.

Ce fragment de rhyolite trouvé sur l’île Hovgaard est une roche de couleur claire, formée d’une pâte légèrement violacée, veinée de minces filonnets verdâtres et renfermant des phénocristaux d’orthose de 8 à 9 millimètres de diamètre et riche en cristaux bipyramidés de quartz atteignant la grosseur d'un pois. C’est une roche à facies ancien (porphyre).

L'examen microscopique montre de grandes plages d’orthose, corrodées, maclées suivant la loi de Carlsbad, renfermant des inclusions de quartz et des inclusions vitreuses. Les cristaux sont parfois groupés, associés suivant des lignes très sinueuses.

Le quartz tantôt présente des formes géométriques, tantôt est corrodé, creusé de fjords plus ou moins profonds remplis par la pâte. Il renferme de nombreuses inclusions vitreuses et quelques rares inclusions liquides. Beaucoup de ces quartz sont entourés d’une auréole de même compo-

4) Dr Hyanes, Mission scientifique du cap Horn, t. IV, 1887, p. 186. q P

164 PÉTROGRAPHIE.

sition englobant des éléments de Îa pâte, avec une sorte de structure sphérolitique (quartz auréolé).

La pâte, presque entièrementeristalline, est constituée par des éponges de quartz globulaire de formes et de dimensions très variées, au milieu desquelles il reste encore un peu de verre et du feldspath.

Certaines grandes éponges de quartz globulaire ont une structure remarquablement pœcilitique.

Des filonnets d’épidote, ayant moins de { millimètre d’épaisseur, serpentent dans la roche, qui contient en outre un peu de magnétite.

Antérieurement à la quartzification de la pâte, qui ne présente pas de modifications mécaniques, la roche a subi des actions dynamiques puissantes, quiontbrisé les phénocristaux dequartzetdefeldspath; ces cristaux présentent en effet très souvent la structure cataclastique sans que les fragments constitutifs aient été déplacés.

2° TRACHY-ANDÉSITES A HORNBLENDE ET MICA

Lorsqu'on a gravi la colline Jeanne, dans l’île Wandel, et que l’on se dirige vers le sommet Guéguen, l’on rencontre un espace jonché de blocs de toutes tailles, pouvant atteindre un cinquième de mètre cube, dont la surface, attaquée par les agents atmosphériques, est brunâtre et creusée de petites cavités ressemblant souvent à des empreintes digitales. Briset-on l’un de ces blocs (185), apparaît une roche assez fraîche, compacte, eris clair, rude au toucher. Dans une pâte grise mouchetée de petits points bruns, sont noyés des cristaux aplatis, généralement ternes, de feldspaths dont la plus grande dimension est de 6 à 7 millimètres et de prismes noirs, allongés, atteignant quelquefois 1 centimètre, de hornblende, plus rarement de biotite.

Quoique je n’aie pu atteindre sous les débris la roche en place, l’abondance de ces blocs sur une aire étroite et nettement limitée, à une altitude de 200 mètres, écarte l'hypothèse de blocs charriés. La dépression formée en cet endroit par l’arête montagneuse permet de songer à l'existence d’un filon dans la diorite qui constitue la montagne.

L'examen microscopique montre une roche microlitique, holocristalline, à phénocristaux de plagioclase, d'amphibole et de mica.

PÉTROGRAPHIE. 165

Le plagioclase forme de grands cristaux automorphes maclés suivant la loi de l’albite et généralement zonés avec passage d’une variété plus basique au centre à une plus acide sur les bords. L’angle maximum d'extinction dans la zone de symétrie perpendiculaire à g° (010) est de 15° environ ; ce feldspath est donc voisin de l’andésine. Ces cristaux présentent la structure en cassette indiquant une fusion suivie de recristallisation. rappelant celle décrite par M. A. Lacroix dans les enclaves du basalie de Saint-Anthème (Plateau Central de la France) : « Leur fusion se produit fréquemment suivant des surfaces curvilignes rappelant les solides limités par les cassures perlitiques de pechsteins. Ces parties fondues recristallisent sous forme de feldspath limpide, orienté sur le cristal ancien qui est trouble et riche en inclusions vitreuses (1). » Ces cristaux s’éteignent sous un plus grand angle dans les parties cicatrisées que sur les bords. Ils contiennent en inclusions un peu de hornblende et de biotite. Leurs fentes sont remplies par de la calcite, de la dolomite et de la limonite secondaires.

L’amphibole est une hornblende commune très pléochroïque, allant du vert jaune pâle au brun clair ; elle se présente en prismes nets, allongés suivant l’axe vertical, souvent maclés suivant 4° (100). L’angle d’extinction dans g° (010) ne dépasse pas 18°.

Le mica est une biotite brune pléochroïque.

Je n’ai observé que des traces de phénomènes de résorption, ce qui s'accorde bien avec l'hypothèse filonienne.

De petits grains de magnétite sont répandus dans la masse.

La pâte est constituée par des microlites de feldspath en forme de baguettes serréesles unes contre les autres avec tendance à un alignement.

Elles sont de grande taille, plus allongées suivant pg° qu'aplaties suivant g'. Les angles d'extinction sont très faibles. Les cristaux sont généralement maclés suivant la loi de Carlsbad, mais présentent en outre de fines macles de l’albite. Ils appartiennent soit à l’anorthose, soit à une oligoclase à très petits angles d’extinction. Ils sont associés à des cristaux aciculaires, beaucoup plus petits, de hornblende. Les intervalles des microlites feldspathiques sont çà et là remplis par de petites plages xéno-

(1) A. Lacroix, Les enclaves des roches volcaniques, Mâcon, 1893, p. 79.

4166 PÉTROGRAPHIE.

morphes de quartz. Enfin 1l faut signaler en petite quantité de la calcite et de la limonite, qui remplacent un minéral disparu qui est peut-être de l’augite.

L'analyse faite par M. Pisani conduit aux résultats suivants :

Si02 AL0O3 Fe203 FeO MgO Ca0 Na£0 K?20 TiO? pf. Total 9,5 4119 70e Lu 20 bu OT diTu 10n

Les paramètres magmatiques dans la notation de M. Michel Lévy sont les suivants :

D 10 D — 2 16 (alcalino-syénitique), r — 0,58 (mésopotassique). C'= 0,063 (méso-alumineux), w — 4,18 (ferrique). ère 152

Le calcul conduit à la composition minéralogique virtuelle qui suit :

SJ TA A ES RER A ARR ARE 12,24 | Grihese. su 18,90 90,07 Feldspaths. . ÆAlbrle 0, 0n 45,59 77,83 Anorthite ........ 15,94 : ds Gi POP rNE 2:40 Sn de oo oi Ve Magnétite........ 3,94 h Hs ; faste id Lot cet | A 1 ,70 100,48

Cette roche se rapporte au type [, 4, 2, 4 de la classification chimicominéralogique quantitative : c’est une lassenose.

Un terme de passage entre ces trachy-andésites et les andésites franches est fourni par un bloc errant (68) trouvé sur la côte de Port- Charcot, dans l’île Wandel, au pied même de la colline où j'ai rencontré la roche étudiée ci-dessus. Comme aspect extérieur, cette roche diffère complètement de la précédente : elle est de couleur sombre, les phénocristaux y sont rares, altérés et de petite taille ; la pâte est compacte et d’un gris foncé verdâtre.

L'examen microscopique permet d'y reconnaître quelques plages d’un plagioclase très acide, peut-êtremême d’orthose, en cristaux automorphes aplatis suivant g' (010), maclés suivant la loi de Carlsbad. Ils sont parfois corrodés et souvent épigénisés d’épidote, de mica blanc et de calcite.

PÉTROGRAPHIE. 167

La pâte, à très fins microlites, est essentiellement feldspathique; le plagioclase présente des extinctions longitudinales, très difficiles à mesurer à cause de l’altération de la pâte et de la présence de quartz globulaire secondaire. Il n'existe pas d'éléments colorés dans la pâte. Une analyse micro-chimique met en évidence une grande abondance de potasse. |

La magnétite forme des grains très disséminés. On rencontre aussi un peu de chlorite secondaire.

La structure marque quelque tendance à la fluidalité.

3° DACITES ET ANDÉSITES

a. Dacites. — Ce n’est que comme blocs errants que nous avons rencontré ce type pétrographique caractérisé par l'abondance de phénocristaux de quartz associés à des plagioclases. Ces blocs rares (147) et de petit volume, trouvés sur la grève occidentale de l’île Wandel, y ont pu être apportés par les glaces flottantes; nous ne pouvons rien dire sur leur gisement.

C’est une roche à structure porphyrique très riche en phénocristaux blanc laiteux de quartz et de feldspath semés dans une pâte gris foncé. Les phénocristaux ont en movenne 3 millimètres de plus grand diamètre et ne dépassent pas 5 millimètres. On remarque dans la roche des enclaves de couleur sombre, à peu près dépourvues de cristaux porphyriques ; elles varient de la grosseur d’un pois à celle d’une grosse noix.

Les phénocristaux de feldspath, maclés suivant la loi de l’albite et s’éteignant sous des angles très faibles, appartiennent à l’oligoclase ou à une andésine acide. Ils sont très corrodés, etsouvent leurs contours sont arrondis. Leurs plages sont marbrées de traînées sombres et sont piquetées de damourite.

Les phénocristaux de quartz rappellent ceux des rhyolites; ils sont bipyramidés, généralement très corrodés et plus ou moins arrondis, avec golfes profonds remplis par la pâte.

Quant à la pâte, qui est à grain fin, elle est envahie par des plages extrêmement fines de quartz. Il existe aussi du feldspath, mais si mal individualisé que je n’ai pu le déterminer avec précision; j'ai dû recourir

168 PÉTROGRAPHIE.

à l'examen micro-chimique pour m’assurer qu'il est constitué par un plagioclase et non par de l’orthose. |

A noter une assez grande abondance de petites lamelles chloriteuses, vertes, disséminées dans la pâte ou groupées avec des grains de magnétite sur le squelette d’un ancien silicate ferro-magnésien.

On rencontre quelques zircons et un peu de calcite secondaire.

Cette roche, par l’abondance du quartz et du plagioclase, correspondrait assez bien à nos diorites quartzifères, dont elle serait la forme microlitique. |

Les noyaux de couleur sombre qui constituent les enclaves (147 bis) ont une composition analogue, mais contiennent très peu de phénocristaux et, dans la pâte, les microlites sont plus distincts; nous avons donc là une variété de dacite plus microlitique. La roche n’est pas moins altérée que la précédente, mais le quartz y forme des îlots composés de gros grains seuls ou associés avec de la chlorite. Ces îlots sont entourés par une zone jaunâtre criblée de petits grains de magnétite, ce qui indique la présence ancienne d'un cristal disparu ou d’une cavité.

La pâte est riche en verre, parsemée de microlites altérés d’andésine et de petits grains de quartz; elle est toute ponctuée de lamelles chloriteuses et de grains de magnétite.

b. Andésites. — Je réunis dans ce groupe une série de roches assez différentes les unes des autres, qui présentent toute la caractéristique commune d’être microlitiques et dont, en outre, les microlites feldspathiques sont constitués par des plagioclases acides.

Elles offrent des degrés de fraicheur extrêmement irréguliers. Les unes, âpres au toucher, possèdent des feldspaths vitreux et offrent tous les caractères de roches volcaniques d'âge récent. Lesautres, aucontraire, sont plus profondément altérées, avec des feldspaths à aspect terne, piquetés de produits secondaires, mica, épidote, etc. ; elles ont un facies ancien. Malheureusement, aucuue observation géologique sur le terrain ne permet de déterminer l’âge relatif de ces différentes roches. La seule donnée précise que J'ai recueillie à cet égard est qu’une partie des roches à facies ancien forment des filons dans les granites et les diorites, tandis que je n'ai trouvé en place aucune des autres, qui constituent des blocs

PÉTROGRAPHIE. 169 roulés, forme sous laquelle d’ailleurs j’ai recueilli aussi plusieurs types comparables à ceux rencontrés en filons hi

Je décrirai d’abord les roches recueillies en place sous forme de filons, etj y Joindrai les roches analogues trouvées uniquement en blocs, mais pouvant, par analogieavecles précédentes, être considérées comme provenant de gisements voisins. | |

Dans une deuxième catégorie, je m’occuperai des échantillons qui n’ont été recueillis qu'en blocs. |

Je n’attache à cette division qu’une valeur purement descriptive.

J'ai mis à part ci-dessus une roche qui, bien que n’ayant été rencontrée qu'exceptionnellement et non en place, offre un intérêt spécial par son acidité beaucoup plus grande et sa richesse en quartz, etquiconstitue une véritable dacite.

Première catégorie : Roches en place. — Ces roches se présentaient généralement à l’état de filons assez étroits d’une coloration verdâtre plus ou moins foncée, dans les massifs de granite ou de diorite. Elles sont toutes très altérées; aussi ai-je pensé qu’une analyse chimique ne serait, dans ces conditions, que d’un médiocre intérêt. J’ai préféré faire analyser un échantillon, qui, bien que provenant d’un bloc errant, était dans un état de fraîcheur relative et pouvait ainsi donner des indications magmatiques de quelque valeur. Cette analyse se trouvera donc avec les roches de la deuxième catégorie.

Andésite micacée. — Sur l’île Lund, située au sud de l'ile Wandel, devant la Terre de Graham, de nombreuxlilons d'aspect foncé, gris ou verdâtre, traversent le granite à amphibole.

De la partie sud de l’île, nous avons rapporté deux échantillons de ces roches filoniennes. Ce sont des andésites micacées.

Le premier (280), d’une couleur gris de fer, possède une texture compacte, à facies basaltique, dans laquelle, même à la loupe, on ne distingue aucun phénocristal.

(4) Notons qu’une difficulté du même ordre a été rencontrée dans l'étude des roches du cap Horn par M. le Dr Hyades, qui s'exprime ainsi : « Les données stratigraphiques nous faisant défaut pour déterminer l’âge géologique de ces roches, la pétrographie ne nous fournit également aucun document positif qui permette de trancher la question » (Mission scientifique du cap. Horn, t. IV, Géologie, p. 37).

Expédition Charcot. — Gourpox. — Pétrographie. 24

170 PÉTROGRAPHIE.

Au microscope, on voit que cette roche consiste uniquement en une pète holocristalline àéléments fins. Les microlites deplagioclaseont leurs bords irréguliers, et leurs angles d'extinction les rapportentau groupede l’oligoclase ; peut-être même existe-t-il un peu d'orthose. Ce feldspath est accompagné de biotite et d’une amphibole vert pâle. La biotite constitue des lamelles extrêmement petites, présentant parfois des contours arrondis et ressemblant plus à un mica de schiste micacé que de roche éruptive. Ce minéral se trouve aussi bien englobé dansles feldspaths qu’accolé sur leurs cristaux. Il en est de même de l’amphibole, qui est d’un vert très pâle, offrant un aspect actinolitique et constituant des nodules ou des filaments d'apparence secondaire.

La titanomagnétite est en grains fort nombreux.

Cette rocheprésente des affinités lamprophyriques extrêmement nettes et doit peut-être être considérée comme une variété de kersantite à grain très fin et relativement pauvre en mica. |

Le second échantillon (279) est constitué par une roche plus compacte encore, dans laquelle on distingue des microlites de feldspath à contours vagues, à extinction longitudinale, envahis ainsi que la pâte par une ponctuation très fine de mica secondaire.

La roche est très riche en petits grains de titanomagnétite. Elle est traversée par des veinules remplies par du quartz et de l’amphibole actinolitique.

Andésite à labrador. — Dans l'archipel des îles Argentina, situé à hauteur du cap Tuxen, sur la Terre de Graham, nous avons campé sur un îlot formé par une andésite à labrador (277). Ici la roche est altérée, débitée en prismes à faces planes; elle est compacte, d’une coloration vert-olive, avec des traînées blanches de feldspath altéré ; la cassure est cireuse.

Au microscope, les phénocristaux de feldspath apparaissent décomposés, transformés en partie en mica blanc et en calcite ; ils sont constitués par du labrador. Ils sont accompagnés de grands cristaux à formes nettes qui sont celles d’un pyroxène allongé suivant l’axe vertical. Le minéral orioinel a disparu; il est transformé en une sorte de bastite verte, à extinction longitudinale, presque unipaxe, dont la bissectrice np est perpendiculaire à une face de la zone d’allongement.

PÉTROGRAPHIE. 174

La pâte est méconnaissable par suite d’altérations; elle est imprégnée de produits secondaires, ponctuée de quartz et d’épidote.

Les grains de titanomagnétite sont transformés en sphène secondaire. Des essais micro-chimiques démontrent l'abondance de la chaux et de la soude en même temps que la très grande rareté de la potasse, de telle sorte que je rapporte cette roche au groupe des andésites.

Andésite augitique à hornblende. — Certains filons qui traversent la diorite de la baie de Biscoe, dans l’île d'Anvers, sont constitués par de l’andésite. Au cours d’un débarquement effectué sur une pointe basse, au fond de cette baie, j'ai pu recueillir un échantillon en place (495). C’est une roche compacte, de coloration verdâtre, tachetée de petits cristaux d’un blanc terne de plagioclase et de prismes noirs miroitants de hornblende, pouvant atteindre Î centimètre de longueur. |

L'examen microscopique en fait une andésite augitique à hornblende et plagioclase. |

Le feldspath des phénocristaux se présente en Dhs corrodées, à bords peu nets. Il montre la macle de Carlsbad et celle de lalbite et semble appartenir à un plagioclase voisin du labrador. Le petit nombre de ces cristaux et le peu de visibilité des macles laisse de l’incertitude dans cette détermination.

L’amphibole est une hornblende commune brunâitre, en | prismes bien formés, allongés suivant l’axe vertical; l’angle d'extinction dans #» (110) est de 15°, ce qui porte à estimer l'angle maximum d'extinction dans q' (010) comme compris entre 20 et 25°; la macle 4’ est fréquente; la biréfringence et le pléochroïsme sont faibles. Elle n’est pas résorbée.

La pâte est constituée par des microlites de plagioclase (andésine) et d’augite. Ils sont enchevêtrés, sans structure fluidale.

La roche est imprégnée d’épidote avec un peu de quartz. L'épidote s’observe soit dans les plagioclases, soit dans la pâte. Elle forme à elle seule des veinules dans la roche.

M. A. de Romeu (1) a étudié toute une série de roches analogues qui constituent de nombreux filons dans les terrains anciens et dans le granite des Pyrénées. Elles s’y présentent uniquement en filons; leur teinte foncée

(4) A. ne Romev, Les roches filoniennes paléozoïques non granitiques des Pyrénées, p. 67:

172 PÉTROGRAPHIE.

permet de les reconnaître immédiatement sur le terrain ; elles sont d’âge paléozoïque.

Notre roche constituerait dans cette série un type très net de passage entre les deux types que M. de Romeu a appelés type Lac Bleu et type Vallée du Lys. Le type Lac Bleu est une diabase intersertale; c’est une roche à cristaux de plagioclase basique (labrador) allongés suivant pg' et comprenant entre eux des plages ou des grains d’augite. Le type Vallée du Lys est une microdiorite à labrador et hornblende. Par son premier temps, notre roche est à rapprocher de cette dernière, tandis que par son deuxième temps elle est comparable à certains échantillons intersertaux du Lac Bleu.

Andésite feldspathique. — Sur la côte ouest de l’île Wandel, le granite à amphibole est traversé par un certain nombre de filons andésitiques plus ou moins épais : l’un d’eux, large de 0",90 environ, nous a fourni une andésite augitique (234). Ce filon, malheureusement dans un état de décomposition déjà avancée, est débité en prismes rectangulaires par une série de fissures perpendiculaires et parallèles aux salbandes.

C'est une roche noirâtre, légèrement teintée de jaune, d'aspect fine-

ment cristallin, sur la cassure de laquelle on voit miroiter de très petites lamelles feldspathiques ; l’on aperçoit aussi quelques rares phénocristaux de feldspath altéré, colorés en brun foncé.

L'examen microscopique montre que laroche est presque entièrement feldspathique. Les phénocristaux de feldspath sont automorphes; les formes observées sont g' (010), p (001), a"? (201), m (110), # (110) ; elles sont aplaties suivant g', un peu allongées suivant l’arête pg'. L’extinction est de 11° dans 9; c’est donc une andésine basique. Ils renferment souvent des inclusions vitreuses disposées par zones.

Les microlites de la pâte sont d'assez grande taille, à formes nettes, très aplatis suivant g'. Les lamelles g' sont limitées par les faces p et a! ou a'”. Ils s’éteignent sous un angle maximum de 18°; c’est donc de l’andésineoligoclase, mais avec une zone extérieure plus acide.

Ces cristaux ont pu prendre leurs formes nettes grâce à l'existence d’un verre actuellement presque exclusivement transformé en ponctuations de chlorite. Il existe en outre une pelite quantité de calcite.

PÉTROGRAPHIE. 173

On trouve enfin des traces d’un métasilicate entièrement chloritisé.

La magnétite est en petits grains noirs peu abondants.

Andésite à structure fluidale. — Dans la baie de la Salpétrière(île Wandel), les roches moutonnées, qui émergent sur la côte en bordure de la calotte de glace et qui sont constituées par un granite à amphibole, sont coupées par des filons peu épais d’une roche compacte, de couleur vert clair, piquetée de points d’un vert plus foncé (198) ; elle se détache en feuillets légèrement conchoïdaux et fait effervescence aux acides.

Examinée au microscope, elle montre des microlites de feldspath altérés, allongés suivant pg', maclés suivant la loi de l’albite ; leur maximum d'extinction est d'environ 16° ; ils appartiennent donc à l’andésineoligoclase.

Tous les éléments de la roche sont imprégnés d’épidote, de caleite et d’une chlorite appartenant au groupe de Ia pennine. Ces minéraux, distribués uniformément dans la roche, épigénisent un verre entièrement disparu et probablement aussi des éléments colorés aujourd’hui tout à fait méconnaissables.

Il n'existe plus actuellement dans cette roche aucune trace de magnétite. |

Brèche ignée. — La région septentrionale de l'île Lund, formée par une diorite quartzifère, est traversée par un certain nombre de filons d'aspect sombre constitués par une roche volcanique, qui, malgré son état de décomposition avancé, paraît être une brèche ignée (254). Des masses plus considérables, d’un aspect analogue, forment quelques falaises de cette ile; elles semblent appartenir à la même roche ; mais je n’ai pu m'en procurer des échantillons.

C'est une roche noire, dans laquelle on distingue à la loupe des phénocristaux de petite taille de feldspath et de fines piqüres brillantes de magnétite.

L'examen microscopique montre qu’elle est constituée par une pâte dont les divers fragments présentent des structures différentes.

La plus grande partie de la roche est formée par une andésite originellement très vitreuse, à microlites filiformes ; d’autres fragments sont formés encore par une andésite, mais plus cristalline, à structure pilotaxitique,

174 PÉTROGRAPHIE.

variable de types. D’un point à un autre, cette roche offre des différences de structure notables, alors que les variations de composition minéralogique sont minimes. | |

Toute la roche est ponctuée de nombreuses paillettes trop petites pour qu’on puisse les déterminer par l’examen en lumière convergente ; mais un essai microchimique montre l’abondance de la potasse et permet de penser que l’on est en présence de biotite verte et non de chlorite.

La roche contient en outre du quartz secondaire et une assez grande quantité de magnétite en grains ou en cristaux. |

Cette roche ne paraît pas être une brèche de friction produite dans un filon. Les fragments sont comme fondus dans la masse qui les englobeet donnent l’impression de portions du même magma consolidées dans la profondeur, puis brisées par l’ascension et ressoudées postérieurement.

Deuxième catégorie: Roches en blocs. — Andésite à hornblende. — Parmi les blocs errants recueillis sur la grève près de Port-Lockroy, dans le chenal de Roosen, j'ai rencontré un fragment de roche, à angles émoussés, semblant provenir d’une moraine (464). La cassure fraîche, rude au toucher, montre une pâte gris clair semée de fines baguettes noires d'amphibole, sur lesquelles on distingue les faces # (110) et g' (010), et de quelques cristaux d’un blanc jaunâtre, aplatis, de feldspath. Les surfaces exposées à l’air sont légèrement Jaunâtres.

Au microscope, on constate que la roche est une andésite à hornblende. Elle est microlitique, sans fluidalité apparente, et contient un peu de verre.

Les phénocristaux de feldspath sont aplatis suivant 4° (100) et atteignent 3 millimètres de diamètre ; ils présentent parfois la macle de Carlsbad ainsi que celle de l’albite; l'extinction maxima dans la zone de symétrie est d'environ 26°; c’est doncun labrador. Ils possèdent souventen grande abondance des inclusions originelles vitreuses, actuellementtransformées en une chlorite vert pâle à structure sphérolitique ; elles sont souvent régulièrement orientées, occupant tantôt le centre des cristaux, tantôtdes zones extérieures. Certains cristaux sont faculés d’une zéolite indéterminable.

L'amphibole est une hornblende commune, en cristaux généralement

PÉTROGRAPHIE. 175

allongés suivant l’axe vertical ; leurs dimensionssont très variables, allant depuis les plus fines aiguilles jusqu’à des baguettes de 6 millimètres de longueur. La macle À (100) y est fréquente. La biréfringence est faible : le pléochroïsme est peu intense :

ñn, = jaune brun;

#, =1Jauneé brun :

ñn, — jaune grisâtre, avec

Le ir NAS

Ce minéral ne présente pas de traces de résorption.

Les microlites de plagioclase ont une extinction maxima de 22° dans la zone de symétrie ; ils sont donccompris entre l’andésine et le labrador. Ils sont entremêlés de quelques microlites de hornblende, qui paraît ainsi non seulement dans le premier temps de consolidation, mais aussi dans le deuxième, et de magnétite qui existe aussi en cristaux plus gros.

Comme produit secondaire, 1l n’y à à signaler que la chlorite, dont il a été question plus haut; elle forme des rosettes à allongement positif, possédant la biréfringence de la delessite. Elle se développe non seulement sur le plagioclase, mais aussi dans la pâte de la roche.

- Cette roche, bien que présentant des phénomènes d’altération, doit être considérée comme assez fraîche et comme ayant le facies d’uneroche volcanique récente. Toutefois, l'absence complète de phénomènes de résorption dans l’amphibole laisse à supposer qu'elle doit provenir d’unfilon. L'analyse, faite par M. Pisani, donne ;:

Si02 AL2O3 Fe203 FeO MgO* Ca0 NaO K20 TiO? pf. Total P205 DA.61 1910305 3,7 9,06 6,91 1484127 11,08,2,095 "100 96 0,32

Les paramètres magmatiques, dans lanotation de M. Michel Lévy, sont les suivants : a De AAae D — 2,72 (syénitique), r — 0,30 (mégasodique),

C'= 0,05 (méga-alumineux), w — 2,46 (magnésien). U — 1,14.

La composition minéralogique virtuelle qui en découle est la suivante :

Quarter A D M a 3,04 ) (iinose is 7,178 76,38 Feldspaths :;,,< AIbITe,.. 2, 36,15 72,84 Anorthite : 17,4 28,91

176 PÉTROGRAPHIE.

SO Me us 7,60 ) | PYroxenes ; Va LE (De MAN | 1,39 } 10,57 | Ve LUE aù SUR EE A 0 1,58 19,10 do Magnétite....... 5,34 } Le | Minerais...... Hinénite. 3,19 | ie / os 2,63 98,11

Cette roche se rapporte au type If, 5, 3, 4 de la classification chimicominéralogique américaine : c’est une andose.

Le plagioclase moyen, calculé d'après les données ci-dessus, est déterminé par le pourcentage :

c’est-à-dire environ 2,5 : 2; il est donc compris entre l’andésine et le labrador.

On trouve des roches de composition chimique analogue sur toute la longueur de l’axe montagneux de l'Amérique, tant dans Îles chaînes de l’ouest de l'Amérique du Nord que dans les Andes de l'Amérique du Sud.

Cest ce que montrent les quelques analyses suivantes de roches qui, bien que possédant des compositions minéralogiques différentes, appartiennent toutes au type andose. C’est un excellent exemple de la consanguinité des roches de toute cette province pétrographique, et une preuve de plus que cette province s'étend sur la Cordillère antarctique :

a. Andésite à hornblende de l’Antarctique ;

b. AndésiteduCotopaxi(Équateur), éruptionde 1885 (M. J.-W. Mallet);

c. Andésite à hornblende de l’île Bogoslof (Alaska) (M. G.-P. Merrill);

d. Dioritequartzifère de Sweet Grass Creek, Crazy Mountains (Montana) (M. J.-E. WolfF);

e. Basalte du mont Washburn (Yell. Nat. Park) (M. J.-P. Iddings).

'e 2 D, Fa d. e.

Mb do as HAL 6080 | E0.07- 58: (IES 7x A Un 19,10 4979 1906 4925 490% HO Net 3,65 406 | 590 or 4,50 à Rte 0180 Sr) oige | LOTS Mo or hr 3.06 1,91 di apr eus CD rer 6,51 5,87 270 te 7,18 LE à NN AUE ARRNEr A RAA MURS ddr ue

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PÉTROGRAPHIE. DOM ru:

US A en Le 1,66 tr. der h0n ) 1 PNR ec TE 2,03 0,62 0,99 0,80 1,55 100,56 99,82 99,25 98.67 100,55 ge EN 0,92 0,16 0,62 Andésite quartzifère. — À côté des andésites proprement dites, que

nous venons d'étudier, se placent des types plus acides contenant une certaine proportion du silice libre et qui font le passage aux dacites.

Un de ces types nous est fourni par un bloc errant, de petit volume, rencontré sur la côte occidentale de l’île Doumer, dans le chenal de Roosen (476). C’est une roche à structure porphyrique, formée par une pâte d’un blanclaiteux, légèrement verdâtre, dans laquelle sont noyés de grands cristaux feldspathiques atteignant 5 à 6 millimètres de plus grande dimension et de fines baguettes d’amphibole de 2 à 3 millimètres de longueur ainsi que quelques cristaux de pyrite.

L'examen microscopique montre une roche altérée, à deux temps de consolidation. Au premier temps appartiennent des cristaux automorphes de plagioclase et d’amphibole. Le plagioclase, remarquable par la netteté de ses formes, est richeeninclusions d’épidote. Il est maclé suivant la loi de l’albite, plus rarement suivant la loi de Carlsbad ; l'angle maximum d'extinction dans la zone de symétrie est d’une dizaine de degrés; c’est donc une andésine-oligoclase à 30 p. 100 d’anorthite.

L'amphibole est une horblende commune maclée suivant k' (100) et s'éteignant sous un angle très faible; ses teintes de pléochroïsme soni :

12 We brun clair ;

hs 6ron clair ;

n, = brun pâle, avec nn eu Le deuxième temps de consolidation est représenté par une pâte à peu près holocristalline, formée par des microlites de plagioclase associés à des grains de quartz. Le plagioclase est une oligoclase s’éteignant sous un angle très faible. Le quartz se présente en plages pœcilitiques moulant les microlites feldspathiques ; c’est du quartz globulaire typique. On rencontre aussi des nids de quartz et d’épidote. La chlorite épigénise

un métasilicate disparu. Le sphène secondaire (leucoxène) épigénise la

Expédition Charcot. — Gounbox. — Pétrographie, 23

178 PÉTROGRAPHIE.

titanomagnétite. Enfin çà et là on aperçoit de la caleite secondaire et des cristaux de pyrite

Andésite amphibolique et micacée à labrador (passage aux maicrodiorites). — Cette roche provient d'un bloc errant trouvé sur la grève d’une petite presqu'île voisine de Port-Lockroy, dans l’île Wiencke (463). Le gisement n’a pu être trouvé ; mais la roche est intéressante en elle-même par sa composition, qui la rapproche des microdiorites.

Elle est d'aspect sombre, gris de fer. A l’œil nu, on reconnaît, dans une pâte grise compacte, de petites taches d’un blanc laiteux de feldspath altéré et des prismes allongés d’un silicate ferro-magnésien, atteignant 4 millimètres de longueur. De petits amas de chalcopyrite font çà et là des mouchetures jaune d’or.

Au microscope, la roche est caractérisée par ses grands cristaux de plagioclase (labrador) noyés dans une pâte holocristalline, où les microlites de feldspath (andésine) sont peu nombreux, tandis qu'abondent la biotite et l’'amphibole, un peu de quartz secondaire moulant le tout. C’est donc une andésite amphibolique et micacée à labrador.

Le feldspath des phénocristaux est un labrador s 'éteignant sous un angle maximum de 28°; les cristaux sont rarement idiomorphes ; leur accroissement semble avoir continué pendant la consolidation de la pâte ;ils sont maclés suivant la loi de l’albite et celle de Carlsbard et sont généralement zonés; le centre est clair, mais entouré d’une couronne d’altération formée de minuscules cristaux de calcite et de mica.

Le silicate ferro-magnésien est une amphibole verte, fibreuse, très pléchroïque, s’éteignant sous un angle voisin de 20°; elle présente la macle L'(100); les bords sont déchiquetés, et elle renferme en inclusions des paillettes de mica et des produits chloritiques ou serpentineux. Cette hornblende est vraisemblablement le produit d’ouralitisation d'une augite qui a complètement disparu.

Le feldspath de la pâte se présente en microlites allongés à bords irréguliers, maclés suivant la loi de l’albite, s’éteignant sous un angle maximum de 29° ; c’est une andésite en bon état de conservation.

Ces petits cristaux sont enchevêtrés, et les intervalles sont occupés par des cristaux plus ou moins idiomorphes d’une hornblende verte sem-

PÉTROGRAPHIE. 179

blable à celle des grands cristaux de la biotite brune. On rencontre aussi un peu de quartz à l’état interstitiel, moulant le feldspath.

La magnétite est peu abondante.

La structure a une tendance à devenir bite. la cristallisation du feldspath a précédé celle du métasilicate.

L'abondance des éléments ferro-magnésiens dans cette roche la fait évoluer du côté des lamprophyres, dont elle se distingue cependant par le grand nombre des phénocristaux de plagioclase. Cette roche semble devoir être attribuée à un filon, et il est très probable, d’après sa composilion, que ce filon est apparenté aux diorites.

Brèche andésitique. — Sur la petite grève laissée à découvert, à marée basse, dans la baie de la Salpêtrière, à l’île Wandel, j'ai rencontré une brèche andésitique (182). Elle formait un bloc roulé de 25 centimètres de diamètre, dont je n’ai pu retrouver le gisement; celui-ci ne peut cependant être éloigné, car, à défaut d'arguments géologiques, l’examen minéralogique montre que ce bloc appartient à celte région ; il contient en effet de nombreuses enclaves de granite identique à celui qui constitue la colline du Cairn.

Cette brèche est constituée par un assemblage de gros fragments de granite d’un blanc rosé, atteignant la grosseur d’une noix, et de morceaux de petite taille d'une andésite, de couleur vert foncé; le tout est cimenté par une pâte d’un gris verdâtre.

La roche est toute imprégnée de pyrite.

Examinée au microscope, l’andésite présente des aspects variables. Tantôt ce sont des fragments presque entièrement feldspathiques, constitués par de fins microlites d’andésine, serrés les uns contre les autres avec une apparence fluidale; c’est la structure pilotaxitique de Rosenbusch. Tantôt c'est une andésite très vacuolaire, dont les cavités sont remplies par de la chlorite. Certains fragments enfin appartiennent à une andésite à quartz globulaire. |

À côté des fragments de granite, on rencontre également des débris des minéraux du granite.

Quant au ciment de cette brèche, il est très altéré, imprégné d’épidote, de ponctuations de chlorite et de quartz. On y rencontre en outre des

180 PÉTROGRAPHIE.

cristaux brisés de plagioclase et des filonnets ou des boutonnières d’épidote, enfin du sphène secondaire, des cristaux de magnétite et de pyrite.

IL est possible que la pâte soit formée elle-même par une roche très vitreuse ; la chlorite occuperait la place du verre disparu; on aurait alors une brèche ignée ; mais l’état de décomposition est tel qu’il serait téméraire de l’affirmer.

Brèche andésiique. — Dans l’île Wandel également, sur le bord de la baie de Port-Charcot, au pied du pic Louise, j'ai trouvé un autre bloc bréchiforme (75) contenant des fragments d’andésite qui se rapprochent de ceux que nous étudions plus haut (182). Mais ici les fragments sont beaucoup plus petits, et l’on ne rencontre pas de débris granitiques. La roche a un aspect foncé produit par le grand nombre de petits fragments noirs d’andésite soudés par une pâte gris verdâtre, elle-même semée de grains de quartz et de phénocristaux feldspathiques à cassure miroitante.

Le microscope montre le grand nombre des variétés d’andésite qui constituent les fragments, les unes à microlites d’andésine fins, serrés, à structure fluidale marquée, presque holocristallines, les autres vacuolaires, riches en matière amorphe chloritisée, les cavités étant remplies souvent par de la chlorite et entourées d’une auréole de grains de magnétite ; d’autres enfin riches en quartz globulaire.

Le ciment est constitué par de très fines ponctuations de quartz, d'épidote, qui épigénise peut-être du verre, et de produits chloriteux assez biréfringents, se rapprochant du groupe de la délessite. Il contient en outre des phénocristaux de plagioclase corrodés, ployés par efforts dynamiques, et des débris de quartz.

La chlorite se trouve aussi en traînées plus ou moins régulières. La magnétite et la pyrite se montrent soit en pointillé très abondant, soit en cristaux.

Brèche ignée. — Les brèches que nous venons d’étudier sont tellement décomposées que l’on ne peut préciser leur origine. Sont-ce des brèches de projections, c’est-à-dire des agglomérations de produits rejetés et plus ou moins remaniés, cimentés par des actions secondaires ? Ou bien sont-ce des brèches ignées, produites par un magma ayant coulé, qui a englobé des

PÉTROGRAPHIE. 181

fragments de roches étrangères? On ne peut répondre de façon certaine.

Cependant nous avons un exemple de véritable brèche ignée. Il provient d’un bloc, d’un quart de mètre cube environ, trouvé sur la côte ouest de l’île Wandel (129). La roche a l'aspect scoriacé. Les vacuoles qu’elle renferme sont remplies par une matière terreuse brune.

Cette roche est essentiellement constituée par une pâte brune altérée (éléments très fins de quartz et de feldspath), mais dans laquelle, à l’œil nu, on distingue une structure fluidale très nette, due à la distribution originelle de grains très petits d’une véritable poussière de magnétite. Le verre originel (il a entièrement disparu)semble avoir été très visqueux. Les traînées fluidales contournent les nombreux grands cristaux de plasioclase, qui appartiennent à une andésine assez acide (angle maximum d'extinction dans la zone de symétrie, 15°). Il existe en outre des moules d’un élément ferro-magnésien actuellement remplacé par de la calcite et des filonnets de magnétite.

Il est impossible de voir aucun élément feldspathique dans la pâte, et je ne rattache cette roche aux andésites que par analogie avec celles qui sont étudiées dans ce mémoire et parce que les grands cristaux de feldspath sont uniquement des plagioclases.

Il existe des boutonnières de quartz secondaire, des taches de limonite. Enfin cette roche englobe un nombre considérable de débris andésitiques : andésites plus ou moins quartzifères de structures variées.

Brèche andésitique à éléments fins. — Au fond de la baie de Port- Lockroy, nous avons recueilli un petit bloc constitué par un tuf andésitique très altéré (364).

La roche est d’un vert pâle, bulleuse par endroits, semée de petits noyaux jaunâtres. Examinée au microscope, elle montre des fragments de roche andésitique décomposée, quoique les microlites soient encore visibles, et des phénocristaux épigénisés de chlorite et d’épidote, ayant appartenu sans doute à cette même andésite ; les formes parfois bien conservées permettent de reconnaître des feldspaths et des pyroxènes. Les fragments présentent de nombreuses variétés tant par leur richesse plus ou moins grande en phénocristaux ou en microlites que par la proportion de matière amorphe qu'ils renferment ou l’alignement fluidal des microlites.

182 PÉTROGRAPHIE

Tous ces fragments sontsoudés par une matière tantôt vitreuse, tantôt colloïde, légèrement verdâtre par serpentinisation, au milieu de laquelle nagent des microlites d'oligoclase, de petits grains de quartz, des produits secondaires, chlorite, épidote, calcite. On rencontre de petits débris de quartz microgranulitique à grains fins.

Les vacuoles des régions bulleuses sont remplies par de la chlorite, de l’épidote et quelquefois par du quartz.

4° LABRADORITES

Les labradorites que j'ai rencontrées appartiennent, au point de vue géologique, à deux types : les unes proviennent de filons; les autres formaient des blocs errants; mais je n’ai aucune indication qui permette d’en faire des roches d’épanchement. |

Je les diviserai en deux groupes :

1° Des roches à deux temps de consolidation, à facies volcanique ; elles se montrentsoit en filons, soit en blocs : |

2° Desrochesn’ayant pas ou ayant peu de phénocristaux, avec des microlites plus gros que les précédentes, c’est-à-dire présentant un seul temps de consolidation ; elles évoluent vers les diabases; elles forment uniquement des filons.

a. Labradorites à deux temps de consolidation. — Tai pris pour type de ce groupe un échantillon récolté dans les filons qui traversent la diorite quartzifère du Port-Lockroy, dans l’île Wiencke (36).

v'est une roche de couleur sombre, gris de fer, dont la cassure miroite, constellée d’une quantité de cristaux de plagioclase noyés dans une pâte compacte ; on y voit aussi à l’œil nu quelques cristaux d’amphibole.

Au microscope, on reconnaît une roche holocristalline, à structure porphyroïde, et l’examen en fait une labradorite augitique.

Les phénocristaux de plagioclase ont des formes nettes et atteignent 4 à5 millimètres de plusgrand diamètre. Ils sont zonés et maclés suivant les lois de l’albite, de Carlsbad et de la péricline ; les deux premières macles sont visibles à l’œil nu. Ils sont aplatis suivant g' (010), et souvent plusieurs individus sont accolés les uns aux autres avec la même orientation. Le maximum d'extinction dans la zone perpendiculaire à g° est

PÉTROGRAPHIE. 183

d'environ 30° ; on doit donc rapporter ce feldspath au labrador Ab,An,. Ces cristaux sont frais en général, mais quelquelois présentent des zones dans lesquelles se sont développés quelques minéraux secondaires, quelques micas, mais qui sont très nettement d’anciennes zones riches en inclusions vitreuses transformées ; en effet, dans ces zones, on rencontre fréquemment de petits grains de magnétite. Le feldspath contient parfois un peu d’amphibole en inclusions.

L’amphibole est une hornblende vert très pâle, presque incolore, très peu pléochroïque. Les cristaux sont corrodés, souvent bordés par une zone brune. Ils présentent la macle L° (100) souvent à l’état polysynthétique et sont épigénisés par des lamelles de biotite tantôt orientées régulièrement, tantôt disposées de façon quelconque. Cette amphibole donne l’impression d’une amphibole d’ouralitisation ; en effet, les sections transversales qu'on rencontre ont des formes de pyroxène, sans que J’aie cependant jamais trouvé ce minéral lui-même ; de plus, les propriétés de cette amphibole sont quelque peu anormales et la portent vers la variété actinolitique. La pâte est composée d'éléments très fins, microlites de plas1oclase, grains de pyroxène et d’amphibole, lamelles de biotite. Le plagioclase est en petites baguettes allongées, à bords irréguliers, présentant la macle de l’albite; l’angle maximum d'extinction dans la zone d’allongement est voisin de 28°; c’est donc un labrador Ab,An,, comme le feldspath porphyrique, mais il est un peu plus acide. Le pyroxène est de l’augite, d’un vert pâle, non pléochroïque, en grains ou en petits cristaux. L’amphibole est la même que celle des phénocristaux. La biotite est disséminée en fines lamelles, mais on rencontre aussi des nids de ce même minéral. Il faut ajouter à ces éléments des grains extrèmement petits de magnétite et quelques grains de quartz.

L'analyse, faite par M. Pisani, a donné : |

SiO? APO3 Fe?203 FeO MgO Ca0 Na?0 K20 Ti0? pf. Total P205 66,10 1984 207 646, 8,44 7,20 9,55: 10810,70 0,79 9998 tr.

Dans la notation de M. Michel Lévy, les paramètres magmatiques

sont les suivants :

L'== LOR D — 3,0 (alcalino-granitique), r = 0,3 (mégasodique). C'=— 0,02 (méga-alumineux), W = 2,12 (magnésien). Ds:

184 \ PÉTROGRAPHIE.

La composition minéralogique virtuelle qui découle de ces données est la suivante :

DRE à AA RAA A EN OR EE FRE SP { Orthose +. 6,67 Hire Feldspathes VO MbHeN LIEN 30,301 7183 | { AnOTR IDE, à 00 34,47 | SiO'Mg 8,60 PyYPORONÉS CE, TAOPOM OA SAUUNE 0,58 15,65 mi RAR qu / 20 19 RU agnétite....... ,02 :

ADR 2 a | Timénite.…....... MN Le A a 0,76

100,09 Cette roche se rapporte au type II, 5, #, 3 de la classification chimicominéralogique américaine : c’est une hessose. Le plagioclase moyen calculé donne le rapportde l’anorthite à l’albite :

AUDE LE à 1 CASA IA ART ARE RU M D A A 46,8 p. 100 PE D à NE DE Ne APN ARS ANNE AT LR RES 53,2 —

c'est-à-dire 0,35 : 1 ; c’est donc un labrador, ce qui est confirmé par l'examen minéralogique.

Il est intéressant de mettre en regard de ces chiffres deux analyses qui, quoique se rapportant à des roches de compositions minéralogiques assez différentes, ont une composition chimique très voisine :

a. Labradorite à hornblende de l’île Wiencke ; ;

b. Andésite à hypersthène de Franklin Hill, Plumas County, Californie (H.-W. Turner);

c. Andésite à hornblende de Kosona, Methana, Grèce (H.-$.

Washington).

0 NAS NEUES Me pe PAR 96,10 06,88 00,83 AAC Li nine quue 19,81 18,25 18,96 Fe205....... a ans 2,07 2,35 5,64 à OUR MO ARMES PU RS ISA 0,19 4,45 3,29 de PE GRO RE IN Ne Pt 9,44 4,07 2, 10 LE NN EE nt 7,20 7,58 7,40 DRE ANA AR NRA NS 3,55 3,29 3,12 401 RMOINE NAN RSS 1,08 1,42 1,17 ELU SRE ta 0,76 0,45 0,32 D D RP NE eo 0,75 0,50 1,20

NL EPA RP NE di 0,30 »

no

Dans la classification chimico-minéralogique américaine, les deux O , premières roches se rapportent au type IT, 5, 4, 3 dénommé hessose, la troisième au tvpe IL, 4, 4, 3 ou bandose : celle-ci diffère donc par le J 9 9 9

chiffre de l’ordre ; mais il faut remarquer que le rapport : du quartz aux

feldspaths, qui détermine l’ordre, est ici très voisin de la valeur limite 0, F4:

| a — 0,10, b — 0,18, e = 0,19; il suffit d’une faible variation de la teneur en SiO* libre pour faire passer la roche d’un ordre dans l’autre.

Si l’on calcule la place occupée par ces roches dans la classification américaine, non plus avec le procédé de calcul complet, mais à l’aide de la méthode abrégée de M. Michel Lévy, on obtient un résultat différent du précédent : les trois roches rentrent dans le type bandose (IT, 5, 4, 3). Il est facile de voir quelle est la cause de cette différence, qui ne se rencontre que dans le cas réalisé ici, où les roches se trouvent à des limites de divisions. [ei, ce sont les valeurs de Q (silice libre calculée) qui se distinguent des précédentes, par Île fait que l’on ne lient pas compte de l’état du fer tel qu’il est donné par les chiffres de l’analyse ; on assigne aux oxydes de fer un rapport fixe donné par une formule empirique. Or, pour les deux premières roches, le pourcentage de protoxyde estinférieur à celui du sesquioxyde ; pour la troisième, ce rapport est renversé.

Dans cette première catégorie de labradorites, je rangerai un {type un peu différent du précédent, mais qui, bien que provenant d’un bloc errant, présente une structure nettement microlitique, un facies volcanique (333). :e bloc ayant été trouvé dans un iceberg échoué près de lîle Wiencke, on ne peut rien préjuger de son gisement.

C’est encore une roche mésocrate, grise ; un état de décomposition déjà avancé la creuse de petites géodes remplies de limonite et bordées d’une matière verte, qui est de la chlorite.

Cette roche diffère de la précédente par une plus grande abondance de phénocristaux de plagioclase ; mais ils y sont moins gros ; ils sont difficilement visibles à l’œil nu. Il n’y a pas de distinction nette entre les phé-

Expédition Charcot, — GOURDON, — Pétrographie. 94

186 PÉTROGRAPHIE.

nocristaux et les microlites ; on trouve des individus de toutes tailles faisant le passage des uns aux autres. Ce qui frappe aussi dans cette labradorite, c’est une quantité considérable de grains de magnétite, bien supérieure à celle de l'échantillon précédent.

Les phénocristaux de plagioclase sont automorphes, zonés, et leur angle maximum d'extinction dans la zone de symétrie atteint 35° ; c’est donc un labrador à 50 p. 100 d’anorthite. Ils sont souvent très corrodés, originellement riches en inelusions vitreuses; actuellement, ils sont dévitrifiés comme la pâte, et l'on y rencontre de l’augite et de la magnétite comme produits secondaires. | |

Le pyroxène, qui forme des phénocristaux assez nombreux, est une augite d’un jaune verdâtre très pâle, presque incolore, avecde fins clivages ; elle présente parfois le macle L° (100); langle maximum d’extinction dans la zone d’allongement est voisin de 43°. Cette augite est parfois transformée en une chlorite à très faible biréfringence, probablement de la délessite ; mais les plages sont trop petites pour être déterminées.

La pâte est composée d'éléments très fins, microlites allongés de labrador, grains d’augite et de magnétite.

Toutes les cavités sont remplies par de la chlorite en très fines rosettes, et le verre transformé est probablement aussi remplacé par ce même minéral.

Les labradorites décrites ci-dessus sont presque entièrement holocristallines. Sur l’île Doumer, j'ai recueilli un échantillon au contraire très vitreux (453) ; malheureusement, il provient d’un bloc errant rencontré dans les éboulis d’une moraine, et il ne m'a pas été possible d’en préciser le gisement. C’est une roche extrêmement bulleuse, qui présente les caractères extérieurs des produits d’épanchement. Sa couleur est d'un rouge-brique intense dû à l'oxydation du fer. La pâte est semée de cristaux blanchâtres de plagioclase et de cristaux noirs de métasilicate.

L'examen microscopique montre nettement une roche à deux temps de consolidation; cependant, comme dans le cas précédent, les phénocristaux de plagioclase offrent des dimensions très diverses passant par degrés aux microlites. Ces cristaux sont tantôt automorphes, tantôt irréguliers ; ils sont maclés suivant les lois de l’albite et de Carlsbad et quel-

PÉTROGRAPHIE. 187

quelois suivant celle de la péricline. Ils appartiennent au labrador basique A6, An, (à 57 p. 100 d’anorthite).

Ils sont quelquefois zonés et presque toujours fendillés. Les inclusions vitreuses et ferrugineuses sont nombreuses et disposées soit au centre, soit en zones concentriques.

Ce qui caractérise cette roche, c’est la présence de nombreux phénocristaux d’olivine ; elle se présente ordinairement en plages irrégulières, avec les fentes habituelles à ce minéral; on reconnaît cependant quelquefois les anciennes faces bordées d’hématite et le profil caractéristique à pointements aigus. Elle est en général presque incolore, légèrement jaunâtre ; quelques taches jaunes sont dues à des produits de décomposilion; mais certains individus sont entièrement rubéfiés ou présentent le long de leurs fentes un dépôt d’un brun rouge intense.

La pâte se compose de bâtonnets de labrador, de grains d’augite et d'olivine. Ce labradorest plus acide que celui des phénocristaux et correspondrait à la formule A4, An, (50 p. 100 d’anorthite) ; les microlites sont allongés suivant pg' avec la macle de l’albite; ils présentent souvent quelque tendance à l'alignement marquant un certain degré de fluidalité de la pâte. Les grains d’augite sont petits; ceux d’olivine, plus volumineux, sont fréquemment rubéfiés.

Le tout est cimenté par un verre en partie décomposé, coloré en rouge brun par l’oxyde de fer, ce qui donne à laroche sa coloration caractéristique.

b. Labradorites évoluant vers les diabases. — Sur l’île Berthelot, le point le plus sud où nous ayons pu aborder et recueillir des échantillons, nous retrouvons de nombreux filons de labradorite (274). La roche est d’une couleur gris foncé avec un léger reflet verdâtre dû à l’altération. Elle est très compacte, et aucun élément cristallin n’est visible à l'œil nu; on aperçoit seulement çà et là quelques grains jaunes de pyrite.

Le microscope montre une roche holocristalline microlitique, à un seul temps de consolidation; les microlites sont gros et enchevêtrés, donnant le facies diabasique, quoique sans présenter la structure ophitique.

La roche est caractérisée par des phénocristaux peu nombreux d’augite se transformant en amphibole peu pléochroïque et peu biréfringente, La

188 PÉTROGRAPHIE pâte est composée de microlites allongés de feldspath et de nombreux cristaux d’amphibole d’origine secondaire, dus probablement à l’ouralitisation du pyroxène. Le plagioclase, très altéré, est du labrador, comme le montrentles quelques cristaux restés intacts, dont le maximum d’extinction est d'environ 35°. On rencontre aussi dans la pâte du mica verdâtre d’origine secondaire et beaucoup d’épidote. La titanomagnétite originelle est presque entièrement transformée en sphène secondaire.

Un type de labradorite (111) plus voisin des diabases se rencontre sous forme de filons minces affleurant dans le granite à amplubole de l'île Wandel, non loin du point où était mouillé le « Français ».

La roche ressemble tout à fait à la précédente; elle est, comme elle, d’un gris verdàtre, compacte, sans phénocristaux apparents.

Examinée au microscope, elle montre de grands cristaux de substance colloïde, absolument monoréfringente, verte, cloisonnée, imprégnée de produits ferrugineux opaques; ce sont très probablement d'anciens cristaux d’olivine. |

La pâte est constituée par un enchevêtrement de microlites feldspathiques enveloppésophitiquement par de petites plages irrégulières d'amphibole d’ouralitisation. |

Le plagioclase, en microlites allongés, fins et bien formés, estun labrador s’éteignant dans la zone d’allongement sous un angle maximum d'environ 50°.

L’amphibole est une hornblende vert pâle, peu pléochroïque.

La roche est imprégnée de calcite. On y rencontre en outre quelques filonnets de quartz et de petits nodules renfermant des grains de quartz et de l’épidote secondaire, ainsi qu’un peu d’actinote fibreuse. La titanomagnétite est assez fréquente.

La structure est franchement ophitique et, par sa haute cristallinité,

cette roche se rapproche beaucoup des diabases.

5° DIABASE

La famille des diabases n’est représentée dans nos roches que par un

échantillon recueilli (145) dans un glaçon échoué sur la côte ouest de l’île

Wandel ; nous ne pouvons donc en connaitre le gisement.

PÉTROGRAPHIE. 189

C’est une roche holocristalline à grain fin, de coloration gris très clair, avec un pointillé vert de très petits grains de silicate ferro-magnésien. On y distingue à l’œ1l nu quelques phénocristaux de plagioclase à cassure miroilante, montrant les stries des macles et mesurant parfois | centimètre de plus grande dimension.

L'examen au microscope montre une roche essentiellement feldspathique. Le plagioclase est une andésine en cristaux généralement aplatis suivant 9' (010) etenchevêtrés formant le réseau caractéristique dela structure intersertale. On y voit les macles de Carlsbad et de l’albite. L’angle maximum d'extinction dans la zone perpendiculaire à 4° (010) est d’environ 20°. Les cristaux sont bien formés, marbrés par des inclusions noires nombreuses avec quelques inclusions d’épidote; ils ont une tendance à la structure zonée. Les grands cristaux visibles à l’œil nu semblent appartenir à ce même plagioclase.

Le métasilicate originel, peu abondant, est constitué par du pyroxène actuellement entièrement transformé soit en amphibole vert clair, par ouralitisation, soit un épidote. Il est en général en petits grains isolés et moule le feldspath.

Les cavités interstitielles de la roche sont remplies par du quartz, de la calcite, de l’épidote, remplissant individuellement à eux seuls une cavité ou au contraire associés de façons différentes en petits grains arrondis. Les feldspaths sont souvent eux-mêmes imprégnés de quartz.

Le magnétite se présente en petits cristaux peu abondants.

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