‹ Expédition du Mexique, 1861-1867;Chapitre 13 sur 58 · O COMMANDEMENT DE VERA-CRUZ · texte numérisé non relu

O COMMANDEMENT DE VERA-CRUZ

M. Durand Saint- Amand, capitaine de vaisseau, commandant supérieur.

Compagnies de matelots noirs des Antilles (253 hommes).

Détachement de marins (91 hommes).

, Une compagnie d'infanterie de marine (40 hommes vavera-Cruz. /

hues) .

Section de volontaires de la Martinique (oO hommes).

Fraction de la contre-guérilla de Figuerero.

Deux compagnies et demie d'infanterie de marine. La Tejeria. \ La compagnie du génie colonial (moins 25 hommes).

Fraction de la contre-guérilla Figuerero.

Quatre compagnies d'infanterie de marine.

25 hommes du génie colonial.

La Soledad. j Les auxiliaires de Tampico (c'étaient des gens de Tampico, compromis pendant l'occupation de la ville par les Français, et qui avaient été ramenés par l'escadre).

Douze cavaliers du 12" chasseurs.

Le poste de Medelin et celui d'Alvarado relevaient aussi du commandement

244 l" PARTIE. — CHAPITRE V.

<863. pièces de canon mexicaines furent placées à la Soledad, au Chiquihuile et à Orizaba.

Chaque bataillon du corps expéditionnaire, à l'exception des bataillons de chasseurs, fournit une compagnie pour la garde des postes ; cette mesure, prise dans le but de donner également à tous les corps la satisfaction de participer aux opérations actives , présentait l'inconvénient de constituer partout des détachements sans homogénéité : aussi n'était-elle que provisoire et devait-elle durer seulement jusqu'à l'arrivée de la brigade de réserve, qui serait plus particulièrement affectée à ce service, il n'avait pas été possible de laisser des détachements de cavalerie mexicaine à la Soledad et au Fortin, les officiers ayant déclaré que tous les soldats déserteraient. Le général en chef, ne voulant pas se priver de sa cavalerie française, en la disséminant sur ses derrières, s'efforça d'y suppléer en développant l'organisation des contre-guérillas. Il avait déjà pres-

deVera-Cniz. A Mcdelin furent cantonnées une section d'infanterie de marine et la conlre-guérilla Stœcklin, récemment placée sous les ordres du colonel Dupin.

A Alvarado, il se trouvait seulement une cinquantaine d'hommes des volontaires de la Martinique.

COMMANDEMENT d'oRIZABA.

M. Waïsse de Roquebrunne, lieutenant-colonel du 81<^ de ligne, commandant supérieur.

, „ 1 1 »c 1 ( Ijne compagnie de tirailleurs algériens. A Paso del Macho. \ ^ " , , ^ ,

Douze cavaliers du 12'^ chasseurs.

Au Chiquihuite. | Deux compagnies du 81'= de ligne. / Deux compagnies du 1"'' zouaves.

Cordova et Rio Seco. ' Deux compagnies du 2" zouaves. ( Douze cavaliers du 12* chasseurs.

Au Fortin. | Une compagnie du 3" zouaves.

!Une compagnie du 3* zouaves.

Deux compagnies du 99' de ligne.

Deux compagnies du 95* de ligne.

I Deux compagnies du 51° de ligne.

/ Deux compagnies du 02'' de ligne.

\ n.jvize cavnliers du 12'" chasseurs.

LE GÉNÉRAL FOREY. 2io

crit d'en porler l'effectif à quatre cents hommes. Au mois i863 de février, M. de Stœcklin, qui offrit sa démission, fut remplacé par le colonel d'état-major Dupin, alors en nonactivité et nominalement attaché à l'état-major du général Almonte. Le corps de Slœcklin se composait de quarantecinq fantassins, et de quatre-vingts cavaliers aventuriers de toutes les nations du monde , armés de façons diverses, mal équipés, mal montés, sans munitions, mais presque tous gens intrépides et à ne reculer devant aucune entreprise.

Le colonel mexicain Figuerero commandait environ quatre-vingts hommes à cheval.

Le 23 février, arrivèrent en outre à Vera-Cruz quatre Arrivée

. . .à Vcra-Cruz

cents Egyptiens destmés spécialement au service des d'on bataiiioa

1 1 , ,T^ -1 , . • • d'Egyptiens.

terres chaudes. L empereur avait demande au vice-roi d'Egypte de mettre à sa disposition un bataillon de noirs du Soudan dans l'espoir que ces hommes résisteraient mieux que les Européens au climat de la côte. Ce bataillon avait été secrètement embarqué à Alexandrie, pendant la nuit du 7 au 8 janvier, sur le transport la Seimi'^).

Il était composé de :

Un chef de bataillon, un capitaine, un lieutenant;

8 sergents, 15 caporaux, 359 soldats, 39 recrues, 22 enfants de dix à quinze ans.

Les soldats étaient habillés et bien équipés ; les recrues, enlevées parla police du vice-roi la veille du départ, étaient presque nues. Un fonctionnaire de l'intendance, qui avait été envoyé à bord de la Seine, s'occupa d'organiser celte troupe qu'il divisa en quatre compagnies et dont il compléta les cadres par des promotions immédiates.

(') Rapport du commandant de la Seine, '23 février.

246 l'® PARTIE. — CHAPITRE V.

-1863. Pendant la traversée, sept hommes moururent à la suite

de fluxions de poitrine ou de fièvres typhoïdes. On en perdit encore une quinzaine peu après leur débarquement, et l'on craignit un instant qu'ils ne fussent pas à l'abri des influences pernicieuses des terres chaudes. Il était presque impossible de s'en faire comprendre ; on ne savait comment les utiliser; plus tard des interprètes choisis dans le bataillon de tirailleurs algériens parvinrent à entendre leur langue ; lorsque l'on sut connaître leurs besoins, soigner leurs maladies, tirer parti de leurs aptitudes, ces soldats noirs se disciphnèrent, s'acclimatèrent rapidement et rendirent les plus grands services dans les postes, où les troupes françaises se fondaient en quelques jours. Énergiques et braves au feu, on pouvait sans crainte les opposer aux bandes de guérillas qui ne cessaient de battre le pays, épiant l'occasion de surprendre un convoi insuffisamment escorté ou un petit poste trop faiblement gardé. Jusqu'alors le succès avait presque toujours couronné le courage de nos soldats, mais les fatigues les affaiblissaient. On s'efforça de rendre moins pénible le service dans les terres chaudes, en faisant continuer les travaux du chemin de fer destiné à en abréger la traversée. Une subvention fut accordée à la compagnie, des ouvriers furent amenés d'Amérique, des rails et du matériel envoyés de France, mais les difficultés étaient grandes, les courses incessantes des bandes ennemies entravaient les travaux, et dans cette première partie de la campagne, on ne put utiliser que la section déjà ouverte entre Vera-Gruz et la Tejeria.

Reprise Toutcs Ics dispositions pour une nouvelle offensive étant

dfs oi)ér;itions

contre Puebia. arrêtées, Ic général Forcy transporta son quartier général

LE GÉNÉRAL FOREY. 24 i

à Quetcholac. Il y arriva le 27 février ; le lendemain, il réunit un conseil de guerre dans lequel furent discutés les moyens d'investir Puebla ; le choix du point d'attaque fut

réservé.

La caisse de l'armée manquant de numéraire, on attendit jusqu'au 9 mars un convoi d'argent venant de la Havane. Les troupes profitèrent de ce délai pour s'organiser complètement et se rapprocher encore de quelques lieues. Le général en chef avait alors sous sa main : 18,000 hommes d'infanterie.

1,400 — de cavalerie.

2,150 — d'artillerie.

450 — du génie.

2,300 — de troupes d'administration. 2^000 — de troupes mexicaines.

Total : 26,300 hommes environ et 56 bouches à feu, parmi lesquelles deux mortiers mexicains ; les canons étaient approvisionnés à 300 coups , les mortiers à 150 coups. On avait une réserve de 2,400,000 cartouches.

Avant son départ d'Orizaba, le général Forey annonça au corps expéditionnaire la reprise des opérations contre Puebla par l'ordre du jour suivant :

« Soldats,

« Voici bientôt neuf mois qu'un petit nombre d'entre vous, marchant avec une confiance aveugle sur Mexico, a rencontré devant Puebla un obstacle que vous n'avioz pas les moyens matériels de renverser.

« Vous dûtes alors différer l'accomplissement de la grande et noble mission que l'Empereur vous avait confiée, jusqu'à ce que vous eussiez reçu tout ce qui vous manquait pour cela; mais il a

248 l'' PARTIE. CHAPIIRE V.

<8G3. fallu du temps, parce que la France est loin et qu'elle a voulu vous

" donner tous les moyens de vaincre.

« Ce temps du reste n'a pas été perdu, et un séjour prolongé dans vos cantonnements vous a fait apprécier par le peuple mexicain, qui a pu reconnaître à l'ordre, à la discipline qui n'ont cessé de régner parmi vous, que vous n'êtes pas les instruments d'une politique d'oppression, comme s'efforcent de le lui faire croire ceux qui ont intérêt à le voir courbé- sous leur pouvoir arbitraire, mais que vous êtes bien les soldats de la France, de cette France qui marche à la tête de la civilisation, portant haut et ferme son drapeau dans les plis duquel peuvent se lire, à côté des noms de tant de victoires qui l'ont illustré, ces mots : Ordre et Liberté.

ï Cette patience que vous avez mise h préparer vos moyens d'action, les soldats abusés du gouvernement qui règne encore pour quelques jours ;\ Mexico ont pu, dans la présomption que leur a donnée leur facile triomphe du 5 mai, l'imputer h la crainte qu'ils vous inspiraient. S'ils se sont endormis dans cette pensée, que leur réveil soit terrible !

t Soldats, le temps du repos est passé; reprenez vos armes, et marchez à la victoire que Dieu vous donnera, parce que jamais cause n'a été plus juste que la vôtre. Vous avez à venger vos compatriotes soumis depuis longues années, par le gouvernement de ce pays, à des injures, à des excès de tout genre. ; vous avez en outre à rendre le Mexique h lui-même. Quelle plus belle mission que celle-là !

« Animés de cette noble ardeur qui vous a rendus si redoutables sur tant de champs de bataille, vous allez renverser tous les obstacles qui se présenteront devant vous.

« Comme je vous l'ai déjà dit, soyez humains après la victoire,, surtout envers les êtres faibles et désarmés ; mais soyez terribles pendant le combat, et bientôt vous planterez le noble étendard de la France sur les murs de iMexico, au cri de : Vive TEmpereur !

« Orizaba, Iv 17 février 1863. »

Le 4 mars, la tête de colonne du général Bazaine s'avança jusqu'à Acajete, celle du général Douay jusqu'à San Bartolo ; l'une et l'autre étaient ainsi à une petite journée de marche d'Amozoc, point sur lequel devait s'opérer la concentration des troupes avant l'investissement de Puebla.

Le 9 mars, le général Douay occupa Amozoc après avoir ^863. échangé quelques coups de feu avec un avant-poste mexicain, tandis que le général Bazaine envoyait des reconnaissances dans la direction d'Huamantla afin de donner le change à l'ennemi sur ses projets ultérieurs. Ayant reçu l'ordre définitif de concentration, le général Bazaine réunit sa division près d'Acajete le 15 mars.

Le 16 mars, le général Douay partit d'Amozocet s'établit à l'hacienda de Manzanilla en face des cerros de Guadalupe ; le général Bazaine, traversant Amozoc sans s'y arrêter, vint camper sous Puebla, entre le cerro Amalucan et l'hacienda de Alamos.

L'investissement commençait.

Le gouvernement mexicain n'avait cessé d'augmenter ses pisposUions

^ ^ '-' défensives prises

éléments de résistance et de faire venir des hommes et du ma- par ic

gouvernement

lériel des provinces éloignées. Il cherchait à exalter le sen- mexicom. timent national en ravivant la haine de l'étranger et en rappelant la victoire du 5 mai. Des médailles commémoratives étaient distribuées à tous ceux qui avaient pris part au combat des Gumbres et à celui de Puebla ; le congrès mexicain déclarait qu'ils avaient bien mérité de la patrie, des pensions étaient promises à ceux dont les parents succomberaient dans la guerre. D'autre part, on cherchait à obtenir des Français résidant au Mexique, des déclarations désavouant les griefs présentés par M. de Saligny ; des embaucheurs s'efforçaient d'entraîner les soldats français à la désertion , en leur promettant des concessions de terre dans l'intérieur du pays. «Les soldats français, » disait une des nombreuses brochures répandues par l'ennemi dans les rangs de l'armée, « comprendront enfin la vérité, et au Ueu de continuer à verser leur sang pour asservir un peuple

250 l'* PARTIE. CHAPITRE V.

libre, en se forgeant des chaînes pour eux-mêmes, ils abandonneront le rôle de tristesse et d'infamie qu'on leur fait jouer, pour venir parmi nous où ils trouveront toute espèce de protection. »

« Qu'ils viennent donc ; amis, ils trouveront ici la richesse et la liberté (*). »

Le général Ortega avait déployé une grande activité dans la mise en état de défense de Puebla ; un matériel de guerre considérable s'y trouvait réuni et des fortifications continues avaient été élevées autour de la ville. Si Puebla succombait, le gouvernement mexicain pensait avoir encore une armée de 15 à 20,000 hommes pour défendre Mexico, et lorsque la capitale tomberait aux mains de l'ennemi, il se retirerait de ville en ville jusqu'aux confins du territoire en éternisant la lutte. On intimait aux habitants l'ordre d'abandonner leurs maisons et de détruire leurs récoltes à l'approche de l'armée envahissante. Dans plusieurs endroits déjà, cet ordre avait été exécuté sous la pression des guérillas.

A Puebla, le général Ortega expulsait les religieuses des couvents qu'elles possédaient encore (10 décembre) et transformait ces bâtiments en hôpitaux et en magasins. Le gouvernement, pour accentuer de nouveau sa politique de réforme, étendit bientôt cette mesure au pays entier.

L'ancien président Comonfort rentra au Mexique et offrit son concours à Juarez, pour lequel il avait témoigné jusqu'alors peu de sympathie. Il reçut de M. Yidaurri, gouverneur ad |)erpeîMWw des états de Nuevo-Léon et de Coahuila,

(') Extraits de la préface d'une brochure imprimée en fran(;ais à, Mexico, contenant les discours prononcés au Corps législatif sur la question mexicaine par MM. Ernest Picard et Jules Eavre. (îclte brocliure était répandue par l'ennemi dans les rangs de l'armée française.

le commandement des contingents de ces provinces, et Jua- 4863. rez lui ayant confié la mission spéciale de protéger Mexico, il vint prendre position à San Martin-Texmelucan, à la tête d'un corps de trois mille hommes environ (2 février).

Lorsque l'on sut à Mexico que le général Forey avait quitté Orizaba et que la reprise des opérations contre Puebla était imminente, le président .Juarez se rendit dans la place, passa la revue de la garnison, distribua de l'argent aux troupes et les exhorta à une défense énergique. Il rentra ensuite dans la capitale, et l'armée mexicaine se prépara avec une confiance et un calme réels à soutenir l'effort que l'armée française allait tenter contre elle.

Le 10 mars, l'état de siège fut déclaré par le général Ortega; le 14 mars, toutes les bouches inutiles et les résidents français reçurent l'ordre de sortir de la place (*).

(») Pièces officielles mexicaines.

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