‹ Expédition et naufrage de La Pérouse [microforme]Chapitre 11 sur 41 · RE EP PE · texte numérisé non relu

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‘ 14 ; = # Levée des plans.

. Cette intéressante Diane retint quelque temps le général d'Entrecasteaux sur ces bords. Il entra dans le canal, le parcourut dans toute son étendue : : il élait large, offrait sur, ses deux rives des ports nombreux et spacieux, et débouchait au N, vis-àvis la presqu’ île Tasman. On s’aperçut par-là que la terre sur up est située la baie de l'Adrentugg, et que Cook lui-même

cru appartenir à celle de Diémen, n’est qu’une grande île qui ‘en est séparée par ce nouveau détroit, nommé à juste titre canal d’Entrecasteaux.

Les plans qui ont été levés, dus, ainsi que toutes les cartes dressèes daus ce voyage, aM. Beautemps-Beaupré (2), sont d’une exactitude et d’une preqitipn si grandes, que tous les marins qui furent depuis à portée de s’en assurer sur les lieux, en ont été frappés d'admiration; tous demeurent d'accord qu'ils n’ont jamais rien vu de si parfait en ce genre, même, dansles moindres détails.

{a A Beautemps- Beaupré, lngénieur géographe de l'expédition, a été

püissadiment secondé dans ses travaux par le zèle et les talèns des autres ofciers/;: ‘sürtout de MM: de Rossel, WAldomer ‘Raoul frères et LS Dés” touches. 13 un ft >-110 i )

1 DANGERS AMENER. 4e ei ne UE

cp dr terinitié èn D sé à la dévouverte ‘ducunat d'Entrécastennt; 1e : Géhéruf, voyant qu'ithuirestait envôre! beaucoup de 4 ps avant le cormente-" ment dé lamoüéson d'E.; qui devai@iäconduifé aux îles de l'Amirauté ,iréslat d’allét préalablement “découvrir là côte'S. 0! de” la: Nouvelle: Calédonie’, que ‘Cook n'avait :pasivue ét que 183 instructions donnes à lu: Pérouse lui presértraene dé: visiter : outre uñe nouvéile découverte à faire dans cette” céntrée’, on avait donc encore l'espoir d’y apprendre de ses nouvelles. Dans ce double but , l’expéditjon quitta la terre de Diémen le 28 mai, et fit route au . Le 16 du mois suivant, elle atteignit l'île des Pins, et commença de ce point à longer, le plus près possible , la côte encore inconnué ‘de la Nouvelle- Calédonie, Ce fdt là que, le ao juin, & Recherche faillit se perdré. Cétte côte est enviroñhée de toute part d'une ceinture de récifs qui Ta indccésbiblé. Lés deux bâtimens furent portés sur ces écueils pi la violénce des courans, ét s’en trouvèrént si inopinément eo ptéchés, qu'or ne pouvait trop sé hâter de révirer pour s'en el gnér. L’Espérance exécutéiéelle mariœuvré assez prompten mais La” Retherche eésaya trbis fois inutilement d’en fliré auta déjA elle n'était pl'‘s qu'à dèux encablures des brisauis , et, sa por semblait inévitable , lorsqu'une quatrième tentative lui réussit en . filant l'écoute de rhishthie, aû moment 6ù élle énvoyäit ventdevant, cé fut son capitaine Jé pavillon, M. d’Auribeau, qui vint luimêmié cotimander la manœuvre et sauva la frégate.

On continua , malgré le danger sans cesse renuissant que présentait célle nurigétion, à suivre la côte de la Nouvelle-Calédonie eb temontant au N. : on là trouva ; daiis toute sôn étendue , bordée d’une chaine d’écueils qui ne pertnirent d'y aborder nulle part; mênmie lo“squ’on.eut atiéint l'extrémité N. de cette grande ile , on. vit que dans cette direction les récifs se prolongenient au lsège dans une étendue de près de 5a lieues; on en fit une reconnais«:

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sance: exaçle , an en délermina la position et les. lipoitess el ce service n'est pas. un des moindres que l'expédition de d'Entrecasteaux.:a rendus à l'h je Gette suite de,réoifs et d'ilois piste récifs d'Enfrecçasteaux et

| de d'Æspérance.

La. saison favorsble 29908 ant, on-fit voile pour:les Îles de l'Amigaulé, On reconaut en passant celles des Arsacides, la partie Q..de l'ile de Bougainville et l'on:relächa le 17 juillet au port Corterg , dans la Nouvelle-Irlande. Les pluies çontinuelles-qu'on ee dévelappant.panmi les équipages des germes de.sporon n'yséjourna que jusqu'au 24; le 38, an arriva en:vue des

îles de ii lt si)

risanes pique.

0 approcha. de srèsrprès de ces petites îles , et l'on n'y vitrien

qui annonçit la :présence des naufragés qu’on y cherchait. Les

courans, ilest vrai, empéchèrent d'y moniller;:mais on commuuiqua avec.leurs .babitans : on leur fittoutes les questions possibles pour savoir d'eux: si des Eurppéens étaient réfugiés:sur leurs. îles ;

Jeurs réponses furent unanimemenl négatives, .et.de plus on ne vit en leur possession aucun objet de fabrique française. Dès-lors.

M, d'Entrecasteaux demeura convainou: que. Je rapport des capitaines de commerce. qu'on Jui avait fait parvenir au.Gap: élait absolument faux ; et qu’il n'y avait aucune apparence de retrouver

Mans ces parages des vestiges de l’expédition-do;M. de la Pérouse. I ne lui restait plus, pour y parvenir , qu’à reprendre l'exécution

du plan de son voyage dans l’ordre qui lui avait été prescrit par ses iastructiqns ; muis aranttout . il fallait procurer, dans une re-

Jûche commode et abondante, quelque repos à,s08 équipages

épuisés par Les fatigues et les privations d'une novigation.déjà bien

Jangue : dans cette intention, le général ftronte pour l'ile d’Am-

haine ; il visita l’extrémité occidentalu de la Nouvelle-Guinée, iraversa Le détroit de Pitt, et arrira à Amboine le 6 septembre. Unséjour:d’'un mois dans ceite fertile colonie, chef-lian des établissement hollandais aux Moluques , permit à nos voyageurs Là

ah Qi Ro k à

d'y prendre un repos salutaire , et pourvut-les bâtimens de tous les rüfraîchissethens nécessaires. Li le d’Amboine ; si riche ‘en productions variées, offrit aux nat et de décrire tine foule d'objets rate Weau:

Rumpbius, cette île n'avait'pafell É" de personnes: versées dans 4’histôire ‘naturelle ; malheurë®#eMent , les mombreux mcmoites et les dessins'de M. Riche ; chargé de la partie z001ügique! ,

ont presque tous été perdus, et li science à êté prie du fruit: de ses trivaux assidus. ‘ou

Le général d’'Entrecasteaux quitta Awbéiné le 13 octobre , x | l'intention de faire , du côté du S.! 0. , le tour de lé Nouvel Hollande, dont les côtes, dans cette partie, étaient encore incôtrnues depuis la terre découverte par Nuyts, en 1692 , jusqu’à celle de Diémen. On cofhmerça cé nouveau’ travail géographique au cap Leewin , sur lequel on attérit le 5 décembre. On suivit la côte ‘de fort près pénanr quatre jours. Le 9, uñeternpêteengagéa là Recherche'et l'Espéraïicenu inilien d'un groupe d’ilots etde rüchéers, ët mit ces deux bâtimens dans la position la plus dangereuse. Voyant l'imposgibilité de regagner le large, et jugeant sa perte prochaine, le capitaine Huon de Kermatlec voulut tenter dû moins de sauver son équipage en se jetant À la côte : M. Legrand, enseigné sur l'Espérance , monte au grand perroquet » Chargé de reconriaftre‘de là un éndroit dui rivagé favorable à l'exécution de cette triste et dernière ressource ; par un bonheur i inespéré » il découvre , entre une petite île et un banc de roches , uh abri qui lui paraît sûr ;"et vers lequel le bâtiment se dirigeait. Il avértit le pilote du haut du mât , et le fait parvenir au mouillage , qui se trouve bon et où on laisse tomber l'ancre.

Pendant ce temps , {a Recherche, qui avait it quelque süpésionté sur sa conserve ; essayait, ‘en louvéyant à force de voiles , de regagner la haute mer; mais bientôt ses écoutes sont brisées et ses voiles mises en lambeaux; et il ne lui reste d'autre parti à prendre que celui qu’elle croyait avoir été déjà embrassé par l'Espérance. Avec quel plaisir on l’aperçut en sûreté dans un bon mouillage , et qui par ses signaux , inviluit le général à ve 8 "y refugier |

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Les deux bâtimens , réunis dans cet abri , y firent quelque séjour pour reconnaître les productions de la grande terre. Cette partie de la Nouvelle-H -n'offrait qu'une côte basse, couverte de dunes, de sabl de*broussailles ; on n’y vit aucune apparence de rivière , ee ou enfoncement remarquable. Ce fut sur cette terre dés ue M. Riche , se livrant avec trop d’ardeur à des recherches d'histoire naturelle , et s’étant enfoncé assez avant dans l’intérieur du pays, s’y égara pendant deux jours entiers, précisément au moment où l'on songeait à se remettre en mer sans délai. La disette d’eau se faisait sentir, et plusieurs personnes étaient d'avis d’appareiller au plutôt, persuadées que ée naturaliste avait été rencontré et massacré par quelque horde de sauvage ; le général d'Entrecasteaux ne fut heureusement pas de cette opinion. Par ses ordres, divers détachemens furent envoyés à terre, à sa recherche ; on lança des fusées et l’on tira des coups de canon de quart d'heure en quart d'heure. Le troisième jour'on retrouva enfin M. Riche, qui fut ranené à bord à demi

mort d'épuisement et d'inanition.

On partit le 17 décembre , et l’on continua la découverte de la côte jusqu'au à janvier 1793. On avait parcouru une étendue de 9" en longitude , sans apercevoir le moindre ruisseau où l’on pût faire de l’eau; il n’en restait plus que trente barriques sur chaque bâtiment; et quoique les équipages fussent réduits à la plusmince ration , il était impossible de cotoyer plus long-temps cette terre pour atteindre celle de Diémen, n'ayant pas la certitude de trouver, dans l'intervalle qui restait encore à découvrir, un lieu propre à une aiguade. Laissant donc cette partie de la Nouvelle - Hollande dans l'obscurité où elle avait été jusqu'alors, M. d’Entrecasteaux se décida à faire route directement et le plus promplement possible pour la baie des Tempêtes, où l’on avait déjà séjourné l'année précédente, et où l’on arriva le 21 janvier,

On traversa de nouveau le détroit de d'Entrecasteaux, On mouilla le a1 février dans la baie de l” Adventure; on se procura

pendant ce temps l’eau et'le' bois nécessaires ; et le 27 l'expédition reprit la mer ; faisant roûte au N. E. pour se rendre aux îles des Amis. C'était là qu’on avait le plus ir d'apprendre des nouvelles de M. de la Pérouse, puifgemärvait da s’y rendre en quittint Botanÿ-Bay. "AS

Dès qu’on y fut arrivé, on s’ 'eifflessa de prendre à son sujet tous les renseighemens péssiblés: : ils furent, hélas ! trop infructueux. Les natrels firent l’énumération de. tous les bâtinens européens qu’ils avaient vus depuis Cook, en indiquant les époques par le nouibre des récoltes d’ignaines. On reconnut très-bien: dans cette énumération le passage de la Pérouse aa N, des îles des Amis, quand il se rendait des îles des Navigateurs à Botany-Bay. Nous avons vu qu’alors il communiqua même avec les pirogues de pêcheurs de Tongatabou; mais depuis on ne l'avait, pas revu dans ces parages (1). |

L'espoir de retrouver leurs malheuruux compatriotes s’affaiblit dès-lors de‘jour en jour dans l'âne’ de nos navigateurs, M. d'Ea: trecasteaux voulut faire encore une tentative vers la Nouvelle-

Calédonie , où la Pérouse avait aussi dû passer. Comune les récifs qui entourent la côte occideutale de cette île n'avaient pas permis d'y débarquer lorsqu'on l'avait visitée l’année précédente, qu’on n'avait mêine jamais pu s'en approcher assez près pour distinguer les hommes, s'il s’en était trouvé sur le rivage, le-général se détermina à aller relâcher dans un havre de la côte orientale, beau-

O) M. Dumont-d'Urville, qui commande en ce moment une expédition de découvertes, assure , dans sa dernière lettre au ministre de la marine, datée de Tongataboo, qu’une femme de cette île lui affirma qu'avant l’arrivée de M. d'Entrecasteaux, duquel elle se souvenait parfaitement , deux navires pareils aux siens, mais portant le pavillon tout blanc, avaient relâché et séjourné assez long-temps aux îles des Amis. 11 est bien étonnant que M. d'Entrecasteaux, pendant trois semaines de séjour et d'informations ; n’ait pas appris celte nouvelle, qui devait être, en 1795, encore toute fraîche dans la mémoire des insulaires, et qu’elle soit affirmée par une seule personne trentequatre ans plus tard, Nous croyons que la femme de laquelle M. d’Urville tient ce renseignement l’aura trompé, en répondant à ses questions sur la Pérouse de la manière qu'elle aura cru lui être la plus agréable , et, selon l'usage des sauvages, dans l'espoir d'une récompense plus forte. (M. de Fréminuille.)

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coup plus accessible. Il quitta les îles des Anis le 23 mars, et arriva le 29 avril dans la baie ‘dé Balade, à la Nüuvelle-Calédonie , après avoir découvert, chemin faisant , quelques petites îles.

On chercha à retrouver à Balade des traces du passage de {4 Boussole et de l'Astrolabe. On questionna les naturels : plusieurs d’entre.eux, assurèrent que du haut de leurs montagnes, ils avaient aperçu précédemment deux grands navires européens de l’autre côté de leur île ; mais ils ne purent déterminer à quelle époque ; ou du moins, s'ils en parlèrent , la difficulté de s'entendre avec eux fit qu’on ne put les comprendre. M, de Rossel pente que ces deux bâtimens sont ceux de M. d'Entrecasteaux > qui, l’année d'avant, avaient paru sur cette côte. Cependant, si les derniers renseignemens qu’on a eus sur la fin déplorable. de l’expédition de la Pérouse sont vrais, s’il a réellement péri sur l’une des Nouvelles-Hébrides, il est infiniment possible que ce soient effectivement ses deux bâtimens que les Calédoniens ont désignés dans leurs réponses aux questions qu'on leur fit sur son sort; car sa

route alors dut naturellement l’amener en vue de la Nouvelle- Calédonie.

Ce fut dans cette relâche que mourut le chevalier. Huon de Kermadec, capitaine de /’Esperance. Son tempérament usé ne put résister plus long-temps aux fatigues de cette campagne. Il fut enterré sur la petite île où l’on avait dressé l'observatoire, M. d'Hesmiry d’Auribeau lui succéda dans le commandement de son bâtiment. EL

Le général, renonçant à toute recherche ultérieure sur le sort de la Pérouse, et ne doutant plus de sa perte absolue , songea à revenir en Europe. On fit d'abord route pour l'archipel 4% Santa- Cruz, dont on fit une nouvelle exploration : la carte qu’en a dressée M. Beautemps-Beaupré est infiniment supérieure à celle qu’en avait faite le capitaine Çarteret, lors de son voyage autour du monde.

LA

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