ILES DES GOLFES D’ARGOS ET D’ÆGINA
Ce n'est que sous la faible autorité de Pline que nous donnerons aux trois lies , Makronisi , Platia et Ilypsili , situées dans le golfe Argotique , les noms anciens de Pityusa , Irine et Epkyre. Ephyre et Ilypsili semblent à peu près synonymes, et s’appliquent bien ù l'ile élevée, placée en face de la baie de Vourlia. On peut encore croire ù quelque rapport
• Celle expression est employée très fréquemment par Thucydide* , * et toujours avec la même acception. On ne peut douter que ce ne fut un terme technique; il voulait dési gner le genre de construction que nous avons employé pour élever nos signaux sur les montagnes de la Morée . sans le secours d'aucun instrument pour l'extraction ou pour la laillr. On rassemblait les blocs épars qui recouvrent partout le sol et on les choisissait de manière A les adapter les uns aux autres. C’est en petit l’architecture eyclopéennc, partout où les pierres se divisent naturellement en blocs irréguliers.
• Thucyd., IV, 3*0, «8: VI, 430.
d'origine entre le uom d’/rw et celui d’ïri que porte la plage et le village en face de l’ile Platia.
Tiparenus n'est connue que par Pline,' et ou est dans l’usage de l’appliquer k Spetzia. Ne serait-il pas possible que ce ne fût qu’une altération do Tp/*p«t,« rï^oc , He que Pline lie nomme pas, et que Pausanias place avant Apcropia , comme Pline le fait de Tiparenus f
Tricrana (•' TfiKçar*).* Il nous semble que Pausanias, pour se rondre du Scyllæum à Hormione, passe au sud d’Hydrea, et désigne par Tricrana Hic do Trikeria.
Apcropia vwU). Pline et Pausanias nous conduisent également
à attribuer ce nom k l’ile Doko, qu’un passage étroit sépare du mont Mouzaki (Buporthmus), en face duquel était situéo Apcropia.
Hydrea aujourd’hui llydra, et les trois petites îles du cap,
Skyli, Haliusa, Pityusa etAristerre, précèdent l’ouverture du golfe d’zEgina. Il est k remarquer que Pline et Pausanias , d’apres l'ordre qu’ils suivent, donnent l’un et l’autre kl’ile Aristcræ la position la plus orientale par rapport aux lies des eûtes de ITIermionis.
Retbina (f' b»xCi»«). Ile avec une ville, située entre les caps Scyllaeum et Sunium suivant Scylax,1 vers la haute mer, suivant Slrabon/ne peut être que Saint-George d’Arbora.
Pclopis insuite.1 Groupe de neuf petites îles, situées devant la cûle de Methana, suivant Pausanias; ce doit être l’amas d’ilols ou de rochers dont on n’a figuré que sept sur notre carte, entre Methana et Ægina. Chandler dit les avoir visitées.
Cecryphalos , selon Pline,6 ou suivant les Grecs doit être
file Kyra, où nous avons vu, sur le sommet oriental, un Pakro-Kaslro qui toutefois, de loin, nous a paru dater du moyen âge.
* PJin., IV, 10 (12), $ 5.
* Pau*. , Cor., 34, S 8-
* Scylac., Ptripl., f SJ.
* Slrab., VIII, cap. 0, S IG. p. I2H ; IX. C- I. 5 21. p. 102. cl. Corjy.
1 Paus., loc. laud., $ 4.
6 Plin., IT, 10, $ 5.
1 Thucyd.,1, 10S, p. 71. od. lîekkcr: LHod. Sic- XI, 7H. roi. I. pari. Il, p. 108, ed. Dindorf.
Pityonews. L'île Angistri , renommée encore de nos jours pour le bois de construction qu’elle fournit à la petite marine des Grecs.
Ægina (* xîjir* * a conservé son nom sans altération chez les Grecs modernes. Slrabon, Pline et Agathcmère * donnent des nombres qui conviennent avec assez d'exactitude à sa position dans le golfe et à sa circonférence. Cette dernière est évaluée par Strabon à 180 stades, chiffre qui ne diffère que de 10 à <5 stades du contour réel, eu employant le stade olympique. La ville n'était pas placée au sud-ouest, comme le dit le même auteur,1 mais U r<mcsl. Ses ruines, ainsi que celles desjetées qui formaient les ports, sont encore très apparentes. Il y avait au moins doux bassins séparés sur la cùte orientale , comme les jetées sous-marines l’indiquent. Peut-être Pausanias et Scylax, en parlant des deux ports , n’entendent-ils mentionner que ces deux bassins. Cependant il existait en face de l’Altiquc et au-dessous du temple dit de Jupiter Panbcllcnien un second port nommé aujourd’hui Ilagia-Marina , et près duquel nous avons vu quelques ruines. Le temple que l’on doit regarder comme celui de Jupiter Panhellénien, bâti â ce dieu par Æacus, est dans U partie nord-est, sur une colline de 180 mètres d’élévation. Nous avons visité dans la partie méridionale de l’île, au pied du pic Oros, les ruines d’un sanctuaire construit en Irachytes; mais rien n’y annonce l’existence d’un temple; celui d’Hercule, mentionné parXénophon,4 doit se trouver versl ouverture de la principale vallée de l’île, qui se dirige au nord, peut-être au lieu où Dodwell signale des ruines très anciennes. La colline Tripyrgi a est probablement la chaîne duCondomÿlo. Plusieurs savans, entr’autres M. de Stackclbcrg, regardent au contraire le mont Oros , sommet le plus remarquable de l’tlc , comme le mont Panhellénien, et supposent que le temple visité par Pausanias existait sur le sommet du pic. On ne peut douter qu’il n’y ait eu un édifice antique
* Voyei la description que nous avons donnée de cette Ile dans les Annale* det Vcyaçt*. pour 1834.
* Agatlim., I, C. V.
* Si l’on veut prendre S la rigueur les mois «;*iç AtCa, dont Strabon se sert
lib. VIII, C.6, $t«.
* Xenoph., Ilist. Grœc., V, C. 1, J 10.
sur l’emplacement de U chapelle; mais il ne pouvait avoir, comme elle , que quelques pieds de surface. Dans cette hypothèse » l’enceinte ao pied de la montagne serait l’hiéron d'Aphæa, et le temple si remarquable de la partie nord-est de l’ile pourrait être le temple d’IIercules, mentionné par le seul Xénophon. Mais comment aurait-il échappé à Pausanias, aussi curieux des beaux-arts que des origines, surtout lorsque l’on voit qu’il sacrifia à Datuia et Auxésia, dont les statues étaient au lieu dit Œa, dans le centre de l’ile, et qu’il lit, par conséquent, en grande partie le chemin du temple? La ville vénitienne occupe un pic qui s’élève également au contre de l'Ile; c’est le canton désigné par Hérodote sous le nom d’OEa, lieu de retraite des anciens habilans après l’invasion des Dorions.
Pline nomme neuf petites lies situées en face du promontoire Spiræum. Celte mer contient, en effet, neuf à dix lies principales et un grand nombre d’tlots. L’ordre suivi par Pline n’est, probablement pas l’ordre géographique, et nous n'essaierons pas ici d’établir la correspondance des noms anciens et modernes; nous remarquerons seulement que Pile Laoussa , que nous avions même entendu nommer Læousa, rappelle YEleusa de Pline.
CTNUBIA (« ictnotpi'a >»).
La Cynuria Argotique ou Thyréatis, possédée alternativement paj* les Argiens et les Lacédémoniens, appartenait aux premiers sous la domination romaine. Les poètes et les rhéteurs en ont beaucoup parlé à l’occasion" du combat célèbre d’Otliryadas . niais sans rien dire sur sa topographie, et les géographes et historiens sont si sobres de détails, qu’il nous est impossible de nommer avec quelque probabilité les ruines nombreuses que nous y avons découvertes. D’après cela, nous croyons devoir nous borner à décrire le pays et la position des ruines laissant à de plus habiles le soin d’établir leur synonymie avec les noms anciens.
La chaîne du Znvitsa se soutenant, depuis le mont Pnrthénius jusqu'à la mer, à une hauteur de 800 a 900 mètres, forme la limite la plus natu-
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relie de l’Argolide. Trois routes partant de Lerne la traversaient dans l'antiquité comme de nos jours. La plus occidentale remonte la vallée, passe à Andrilséna, ville du temps de Fourmont, petit village aujourd’hui, et conduit à Doliano , dans l’ancien dème de Tégéc, nommé Garéate s. La seconde, route directe d’Argos à Sparte, franchit la chaîne dans un col très élevé. Les rochers ont été taillés en plusieurs endroits, et au sommet de la montée on trouve un petit plateau artificiel. Après un quart d’heure d’une descente peu rapide on voit , sur la crête d’un contrefort qui domine la route un Pakeo-Kaslro en blocs presque bruts, et, sans aucun doute, d'uue haute antiquité; la porte du côté du col est construite en forme de tambour , comme celle des nionumens pyramidaux. Ce château-fort pouvait être regardé comme la porte de la Thyréatis. Etant descendu an bas de la montagne, nous trouvâmes, sur un petit plateau qui domine le torrent, les ruines d’un bourg antique, et de l’autre côté de la vallée, le monastère de Loukou , que Fourmont nomme Mctamorplioseos, ou de la Transfiguration, placé au confluent du grand torrent d'Hagios-Pctros (le Tonus), et de celui qui descend d’ilelléniko. Les .ruines de Loukou sont romaines : on y remarque des colonnes en granité, des pavés en porphyre vert antique x«0oc), des caryatides, etc. (F. la Description de la Morée, section d’architecture, toine IL) La position de ces ruines près du torrent destructeur de Saint-Pierre rappelle le vers de Stace :
Quæque pavet lon^a spumantem valle Cltaradron
• Kern.'
Pausanias ne suivit pas cette route, car il n’eut pas passé sous silence des ruines si remarquables. Les Caloyers nous dirent que* c’était un temple de Neptune ( norti/Jria»), idée qu’ils ont prise dans Mélélius et qui ne repose que sur une erreur de ce géographe, qui, quoiqu’archcvêque d’Athènes, n’avait aucune idée de la topographie du Péloponnèse. En continuant à suivre la roule directe de Sparte on arrive par une gorge au Pakeo-Kastro dit llelléniko, à -45 stades d’Astros. C’est une enceinte flanquée d’un grand nombre de tours carrées, dont l’ar-
* JMwrf., IV. y. 46.
ehitecture militaire, quoique plus brute, est analogue à celle de Mantinéc ; les murs ont été évidemment rasés au niveau du rocher qu’ils enveloppent, et non renversés par l’effet du temps. Au pied des murs, sur la route d'Astros à Saint-Pierre, on voit les premières assises d’un monument pyramidal, tel que ceux de la plaine d* Argon et de Ligotirio; au-delà de MéligOU et d’Hagios-Ioannis , nous trouvons le Kastroo-Tis* Orias ou Horæas, qui, vu de la route, nous a paru moderne; mais, comme sa position est très forte et qu’elle ferme l’entrée de la Thyréatis, il est probable qu’on y trouverait des subslructions antiques. Les habitans du village d’Hagios-Petros, situé au-dessus du fleuve Tanus, nous ont indiqué d'une manière vague, dans le sud, une ville ancienne que nous n’avons pas vue. Enfin, au sommet de la montée, à 3 kilomètres au sud du village, et à la séparation des eaux du golfe d’Astros, de la plaine de Tripolitsa et de la Laconie, on voit? des tumulus que les Grecs désignent comme des tombeaux , et que nous croyons remplacement des hernies dont parle Pausanias î ‘ ces hennés, qui appartenaient à la fois à la Tliyréatis, à la Laconie et au territoire de Tégée, ne pouvaient être placés d’une manière plus convenable qu’au [joint de partage des eaux commun à ces trois régions.
La troisième route part de Kivéri et suit le bord de la mer dans un défilé étroit, dangereux et tellement aride, qu’on a été obligé de construire une citerne à moitié chemin. Toutes ces circonstances conviennent parfaitement à la route Anigræa de Pausanias.* Après un trajet de 9 kilomètres, entre les rochers du Zavitsa et la mer, on arrive au-dessus des sources sous-mariues de l’Anavolo ( Dxne ) , que Pausanias place près de Généthliuui. Eu sortant du défilé, on voit la plage dessiner les contours du seul golfe qui put porter le nom de golfe Thyréate ; ‘ puis on
1 Cor., C. 38 . § 7 , vol. t , p. 376, édit. SirbelU.
* Ci TiiOtv AdOcuet-» Atrj paît nxÀO'jurn, bfiv zù 'üt,ï, zsi Alu; aûriarvr. [Cor., C. 38, § 4, p. 37S). Ce passage nous semble indiquer le défilé prés de la mer; ce n’est pas ainsi que Pausanias sc fût exprimé s'il avait franchi le col élevé de 000 & 700 mètres qui se trouve sur l’antre route. Le Génésium, dont l'auteur grec parle nu commencement de ce paragraphe, parait être la même localité que celle qu’ailleurs il appelle Généthlium. {Arc. , C. 7, $ 2, vol. ni , p. 292). Laquelle de ces deux orthographes est la bonne?
* Pans., Arc., C. 3, § 1, vol. ni, p. 277.
arrive à la plaine ei au village d’ÀstroB situé sur un rocher triangulaire. Un mur de construction polygonale couronnait ce rocher du côté de la terre. Nous ignorons s’il se trouve d’autres ruines à sa surface, mais on ne peut douter qu’il n' existât ici dans l’antiquité une ville avec un port.
Plus au sud, on voit l’ancien lit du torrent qui se jette aujourd'hui au nord du rocher; de là, en se dirigeant vers les sources saumâtres elle lac de Mousto, on trouve quelques grandes tailles; elles appartiennent', suivant le dire des habitans, à une ville qui s'étendait jusqu'à la chapelle d’Hagia-Triada, ville dont nous n’avons pas d’ailleurs vu d’autres ruines.
M. de hagarde, auquel on doit une topographie très exacte du littoral d’Astros à Monembasie , a reconnu prés de la chapelle d’Hagios- Andréas, située au bord de la mer, à l’extrémité méridionale de la plaine d’Astros, les ruines d’une ville considérable. L’enceinte de l’acropole subsiste : sa construction est à la règle droite et rappelle celle de Manlinée. En outre, en descendant vers la plaine, à l’ouest, il vit des murs cyclopéens; malheureusement, les seules médailles qu’il ait trouvées dans cct emplacement ne remontent pas au-delà du règne de Justinien.
La distance du port de cette ville antique au sommet de l’acropole convient bien aux 1 0 stades mentionnées par Thucydides dans le récit de la priso’de Tbyrée, tandis qu’il n’en serait pas ainsi pour la position d’ Astres. Remarquons, eu terminant cet article, une de ces bizarres traductions du moyen-âge : le changement d’Astros en Stella.
Avec ces seules données et les renseigoeinens si obscurs que nous fournit l’antiquité , * nous regardons la détermination des positions de Thyrea ("««?».*), Anthana (» ou ’Ah»», suivant Pausanias) ,
Néris ( N*çî,- ) et Ëva comme line question insoluble jusqu’au
moment où elle aura été éclaircie par des découvertes archéologiques.
On «toit consulter, pour l’élude de U Thyrdatis: Thucyd , IV, fitt et S7; V, 41 $ Herod., lib. I, § 82; Paus., Cor., C. 38; Diod. .Sic., XII. 44; Mal., Thtb.. IV, v. 48; Niger, Mêlai us et Manocrt, Geofrafhic dtr G ne eh en und Aimer, t. VIN , p. 837-830. Nous reprenons beaucoup que M. krusc, dans son excellent travail sur la Grèce, ne soit pa« encore arrivé à la description de celte partie du Péloponnèse.
Nous nous contenterons de hasarder les prohabilités suivantes : La ville antique située près du cap d’ H agios-Andréas est la seule dans laquelle un fort près de la mer pût être éloigné h 10 stades de la ville haute ou acropole, et à laquelle puisse s'appliquer le récit de la prise de Thvrée par Thucydides. Si Pausauias n’en parle pas, c’est qu’il la laissa sur sa gauche, ainsi que la plaine d'Astros, qu’il désigne, avec raison, comme riche en oliviers et en arbres de toute espèce. Anthana, la seconde des villes habitées par les Æginètes, nommée par Thucydides et Pausanias, doit être Ilelléniko, dont les ruines paraissant dater de cette époque , annoncent une destruction subite et une habitation peu prolongée. Le mont Parnon est le massif du Malévo de Saint-Pierre, où se trouvaient les limites naturelles, en Ire la Thyréatis, la Laconie et la Tégéatis. Le Tanus, seul fleuve qui , descendant de cette montagne, coule à travers l'Argolidc et va se jeter dans le golfe de Thgrêc (c'est ainsi que nous croyons pouvoir entendre ce passage de Pausanias,1 d'accord avec la topographie), est le grand torrent de Saint-Pierre, et très probablement le Charadrus de Stace, sur les bords duquel nous devons chercher Néris.
Dans celte contrée, les seules constructions que nous ayons vues d’une époque évidemment antérieure à l’arrivée des Æginètes, sont la forteresse dans le col du Zavitsa, véritable clé ou porte de la Thyréatis, lé mur d’Astros et une partie des ruines de la ville près d’Hagios-Andréas. Nous regrettons de n’avoir pas visité les positions d’Hagia- Triada et du Kaslron-Tis-Horieas, oi) l’un nous a indiqué des ruines.
Quelques Grecs modernes , d’après Mélétius , qui leur est mieux connu que les classiques, voient le lac de Lc-rne dans le lac Mousto, près d’Astros, placent Généthlium au monastère de Loukou, et, par suite, transportent la Thyréatis beaucoup plus au sud; il est inutile de dire que celte opinion ne mérite pas d’ètre combattue.
* Pau*.. Cor., C 38; t. 1, p. ûB9 ; traduction de Clavier.
LACONIA ( h aakonucm ).
Au temps île Pausanias, la Laconie proprement dite se réduisait à l'Éparehie de Mislra, dont il faut encore retrancher les territoires de Geraki et de Mazi, ainsi que l'iiélos. L’Êleuthero-Laeonie comprenait tout le littoral , c’est-à-dire les Ëparchies de Sparte orientale et occidentale , de Monembasia cl de Praslos. Du côté du nord , la Thyrcaiis était séparée de la Laconie par le grand torrent d'Ifagios-Andréas, qui fait encore aujourd’hui la démarcation entre l’Éparehie d’Ilagios- IVtros , l’ancienne Tliyrcalia , et celle de Prastos ; il prend son origine au Malévo (n*pr«» qe.-) , massif remarquable par sa hauteur (1938 mètres) et par son étendue.
A partir des Hermès, que nous plaçons au faite de la chaîne, entre llagios Petros et Barhitsa, la limite aurait, suivant Pausanias, abandonne les frontières naturelles , données par la ligne de partage des caua jusqu’au défilé de Klùnount, et aurait suivi le Saranda-Potamos , qu'U regarde comme YAtphée.
Les dèmes tégéates , Caryales et Phylacii, bornaient la frontière au nord jusqu’à la route de Tégée à Sparte, au-delà de laquelle étaient les Manthyrii, cl du coté de la Laconie la Scirilis. Une partie de cette région comprenant le territoire des villages appelés Kerasia, appartenait à l’Arcadie; et les limites de Sparte, comme aujourd'hui celles de Mislra, s'arrêtaient à l'entrée de la plaine d’dsea ( Francovrysi), près du village de Maniati , opinion qui ne sera au surplus qu’une simple conjecture, tant que nous ignorerons la position de la forteresse d’Ios, qui défendait cette entrée de la Laconie. Plus au couchant , sur la route de llégalopolis à Sparte, les distances données par Pausanias montrent que Yliermmtm , près de helem'ma, était situé au point de partage des eaut de l’Alphée et de l'Eurotas. 11 est à remarquer que ce sont encore aujourd'hui les limites des Ëparchics de Léondari et de Mislra.
A l'ouest, ou vers la Messénie, la chaîne du Taygclc semblait devoir être une limite invariable; cependant le* Laconiens la franchirent dès les temps les plus reculés , et. possédèrent toujours , en tout ou en
partie, son versant occidental. Ainsi on voit que, si au temps de Strabon et de Pausanias , époque à laquelle nous bornons ces recherches , la réunion, par Auguste, des villes et territoires de ThurUi, Pherœ et Abia à la Laconie propre, ne s’était pas maintenue, une partie des montagnes, jusqu’au chaînon le plus rapproché de Kalamata, en dépendait encore. Le Nedon, rivière de Kalamata , coulait dans la Laconie, et aujourd'hui la région où il prend naissance, connue sous le noin d’Opisino- Khoria, est encore une dépendance de Mistra.
Au-delà, les limites suivent le faite de la chaîne jusqu’au Tuletum (Sl-Elie), son sommet culminant, et descendent vers la mer, en suivant à peu près le cours du Sandava-Potamos , qui laisse au nord les ruines d’A6ia, et au sud celle de la ville Eleuthero-laconieune de Gercnia, et le mont Calalhius.
AiiLsi limitée, la surface entière de la Laconie avait 18 myriametres; des plaines ou des collines susceptibles de culture , en occupaient environ le quart. L*ne large bande de montagnes rocheuses presque entièrement dépourvue d’eau , de culture et de population , s'étendait de la Thyréatis à Epidaure-Liméra, et séparait complètement la vallée de Sparte du littoral de l’ouest; de là, le silence de l’antiquité sur toute « ette région, dont nous ignorons même le noin générique; de là, l’indépendance presque continuelle des colonies Ioniennes fondées sur son rivage, et leur relation plus intime avec Argos qu'avec Sparte. La chaîne du Taygète , au contraire, fraîche, bien arrosée, couverte de riches pâturages, était la nourricière des troupeaux de la Laconie , et c’est dans cette direction qu’à toutes les époques les hahitans de la vallée de l'Eurotas durent porter leur conquête. La population, de l’espace occupé par l’ancienne Laconie, est aujourd’hui de 75 à 80,000 hahitans et nous présumons que, même en la supposant réduite à ses seules ressources agricoles , elle pourrait être le double. Le partage au temps de Lycurgue , qui indique 59,000 familles ou 190,000 hahitans, indépendamment des esclaves proprement dits, n’a donc rien d’invraisemblable.
LACOMA PROPRIA.
Scotitas regio ( • x*rrrr«<). Pausanias, ' entrant dans la Laconie par le chemin de la Thvréatis, désigne sous le nom de Scotitas un lieu planté de chênes verts, qu’il rencontre après les Hermès. Polybe 1 place une localité du même nom entre Tegée et Sparte. La route de Pausanias et celle de Fhilopccmen, d'après Polybc, indiquent également la position de Barbilsa, situé à 10 stades à gauche du sentier actuel. Nous y avons aperçu quelques traces de ruines; malheureusement le temps nous a manqué, pour visiter une colline à sommet applali et couroftnê d’une chapelle , que nous croyons l’emplacement du temple de Jupiter Scotitas : nous recommandons aux voyageurs l’étude des environs île ce riche village. Nous avons remarqué, comme Pausanias, que tout le revers méridional de ces montagnes schisteuses est couvert de petits chênes verts; joints à la couleur de la roche, ils donnent au pays un aspect sombre qui contraste avec la blancheur des montagnes calcaires. De là vint peut-être la dénomination de Skotilas, bien que Pausanias en donne une étymologie différente. A la même région appartient un petit saccllum, vu par .M. Virlet sur la route de Kastnnitsa à Mislra , route qui était aussi celle de la ville antique du cap Ilagios-Àndréas (Thyrée) à Sparte. 11 est situé sur le sommet du col dans une plaine désignée sous le nom de Stavéria-ta-Marmara , à la naissance du grand torrent de Yantbakou; c’est, sans doute, la position d’un herniés de la Laconie , vers la Thyréatis.
Caryœ (*î K*pv«i). Le temple de Diane, qui resta célèbre après la ruine de la ville de Caryæ, devait occuper remplacement de la chapelle de la Panagia , à un kilomètre du village d’Arakhuva , ou celui de l’église même d’Arakhova. On trouve dans ces deux endroits une belle source et quelques traces d’antiquités. Cest le chemin que les armées
* Pau*., Lac., C. 10, $ 7, vol. il , p. 50 . cd. Siebel».
* Polyb., XVI, 21.
devaient prendre en venant de Tégée, pour éviter les défilés de Klisoura, et trouver l'eau necessaire à un campement. La distance de 25 à 2 4 kilomètres est la journée de marche d'une armée dans un pays de montagnes. Tite-Live ' indique cette route dans le mouvement dcQuintius sur Sparte par Caryœ et Sellasia , et dans celui de Philopœinen par Caryœ et le mont Barbosthenes. Polybe ne nomme pas Caryœ, mais seulement Scotitas, qui devait en être très-rapproché.
Cette région, semée de petites plaines fertiles, située a la séparation des eaux de I’CICnux et de la plaine de Tcyea , doit avoir constitué le dème des Caryates, ancienne conquête de Sparte sur Tégée, renouvelée par Archidainus II dans la guerre du Péloponnèse *. Meursius * présume que Lycophron a désigné Cary» par ces mots : K*pi*£r »orS». Rien n’est plus remarquable, en effet, que les belles sources des environs d’Arakkova.
Barbosihenes mous. Tite-Live seul * nomme cette montagne que d’après la distance de 10 milles de Sparte, et d’après la roule suivie par PhUopœmen, nous devons regarder comme la hauteur sur laquelle est située Vresthéna. La défaite de Nabis dut avoir lieu sur les bords du torrent de Vambakou, entre les villages de Barbitsa et Vresthéna, dont les noms, s’ils ne sont pas d’origine slave, offrent quelque analogie avec Barbosihenes
Sellasia urbs (» X«XXar««j cl CEnus Jluv. (« oirîç). Sellasia ou Selasûi, ville située sur la route de Sparte à Tégéc, non loin de l'embranchement de cette route avec celle d’Argos, sur les bords de la rivière OEnus , et près d’une petite plaine s’étendant sur ses deux rives. Ces circonstances, et tous les détails topographiques donnés par Polybe, * ne peuvent s’appliquer qu’à la plaine du Khan de Kravata, sur les bords
* Tite-Live, XXXIV. eap. 20 et 28; XXXV. cap. 27.
1 Polyæn. Straieg. et Xénoph. VI, cap. 6, S 27.
* Mrursius Miscell., lib. IV, 1t4. Lycophr. Alexandr., v. 149. D'après l'excellente édition de M. Ludovic Bachmaon, vol. I, p. 42, quelques manuscrits donnent la leçou Ka pitruûv, qui est peut-être la bonne.