VII
diflicilede trouver sur son sol des témoignages archéologiques: ajoutons que l'ancienne ville basse doit aujourd’hui être submergée , par suite des aflaissemens du sol, qui suivent chaque grand tremblement de terre sur les côtes de la Grèce; ainsi nous savons que *lors du tremblement de terre qui renversa récemment Vostitza une partie du cap fut engloutie. On remarque sur l'emplacement de la ville antique la belle fontaine mentionnée par Pausanias près du temple de la déesse Soteira; elle devra servir de point de départ pour la recherche des ruines de cette ville trop négligée par les voyageurs. M. Pouqueville* y vit encore beaucoup de débris antiques , qui depuis ont disparu sous les décombres de la ville moderne.
Phœnix et Megamias. (#' Mt?«yfau). Ce n’est qu’avec incer-
titude que nous appliquons les noms de ces deux torrens au Salmeniko- Potamos et au Gaïdaro-Pnîktis , Pausanias n’indiquant leurs positions que d'une manière très-vague.
Selinus,Jl. (• SêÂrvtî,). Ce torrent, nommé aujourd’hui rivière de Voslitza, traversait le territoire d'Ægium et non cette ville, comme l’ont écrit tous les géographes d’après Strabon ; il se jette à la mer à 5 kilomètres à l’est de Vostitza et parait avoir abandonné un lit un peu plus rapproche de la ville antique.
Hélice, urhs («’ *EAix»}. La principal* ville de l’Achaie jusqu’à l'époque de sa destruction, dans la quatrième année de la dixième olympiade (57ô ans avant J.-C.); elle était située au bord de la iner et à V) stades d’Ægium. Cette distance, quelques ruines dans une anse à la rive droite du Selinus, un affaissement circulaire du sol où convergent les torrens, ne laissent pas de doute sur sa position. Ce lieu n’a pas été étudié autant qu’il le mérite.*
Cerynia oppidum (« ttyûrM, il M. Vietti, quittant le rivage de la mer après Hélice, et remontant à droite sur le flanc de la montagne,
* Voyait an Griet, t. IV, p. 4 10.
1 Scylax ne nomme pas Hélice dans son périple, si exact, des côtes de l’Achaie et nous sommes surpris que cet argument si fort, quoique preuve négative, contre l'ancienneté qu'on attribue k l'écrit de Scylax, ait échappé à Yossius dans la vive polémique qu'il eut a soutenir a ce sujet.
route indiquée par Pausaiiias, a trouvé au-dessus de Rhizomylo une acropole et des ruines qui doivent avoir appartenu à Cerynia; leur distance de la mer, 20 à 25 stades, est si faible, qu’on pourrait peutêtre n’y voir que l’acropole de la puissante Hélice. Cependant, quoique Hérodote ne nomme pas cette ville et que Pausanias ne la désigne que sous le nom de Polisma , on ne peut douter qu'elle ne fut indépendante et contemporaine ^‘Hélice, puisqu’une partie de la population de My cènes s’y réfugia ^après la destruction de cette ville par les Argiens.
Cerymtes, ftuv. (o‘ Kyu»#njç). Rivière Bouphousia qui prend sa source aux montagnes de Kerpini. Suivant Pausanias1, le seul guide que nous ayons pour celte contrée, le Ceryniies , descendant de l’Arcadie et du mont Cerynea , traverse le territoire des Achécns*. Ce passage ne nous parait pouvoir s’appliquer qu’au torrent Bouphousia, quelque peu prolongé que soit son cours : les rivières de Vostitza et de Kalavrvta dans lesquelles on a voulu voir le Cerynites, prennent leurs sources dans le mont Eryinanlhe et ses dépendances, tandis qu’il est très-probable que le mont Cérynea devait être dans le voisinage de la ville qui portait son nom ou du moins en partie dans son territoire. On peut ajouter que le revers méridional de la montagne de Kerpini devait, en effet, appartenir au canton arcadien de Cynælha.
Burat tiré* (» ) Nommée par Hérodote, Polybe, Strabon et
Pausanias; fut renversée et non engloutie 1 par le tremblement de terre qui renversa et submergea Hélice. Elle était située sur une montagne à 40 stades de la mer suivant Strabon. Ses ruines ont été vues par Gell et M.le capitaine Pey lier sur le sommet d’un plateau élevé et rocheux, entre le torrent Bouphousia et la rivière de Kalavryta; sa distance h la mer, donnée par Strabon, est près du double de la réalité, et il veut probablement parler de la distance à Hélice , ville maritime la plus rapprochée. Au-dessous de la ville antique, en se dirigeant vers la mer,
* \ch. C. 2g.
* Clavier traduit ce paujge d'une manière trop peu littérale ; il ajoute même, tl tr jette dam la mer auprit de cette rilU, ce qui n’est pas dans le texte cl ne pourrait y être. J. IV. p. 210.)
* Strab., t. II. lib. i, p. 129. trad. de Cosselin.
on trouve la caverne du Métokhi de Troupia, dans laquelle on reconnaît la grotte d’ Hercules Buraïcus à des traces de constructions antiques et à sa distance exacte, 70 stades d'Ægiutn.' M. Blouet en donnera le dessin.
Buraïcus, fluv. (• UufaUtt) Rivière de Kalavryta; prend sa source dans les montagnes de 1* ancienne Gitorie et traverse le territoire de Cynætba. Entre le Buraïcus et le Crathis coule le torrent de Diakopto dont Pausanias ne donne pas le nom; c’est peut-être VErasinw de Strabon."
Crathis, Jluv . (• tytfa) Ce fleuve est sans aucun doute la rivière d’Akrata; elle prend ses sources en Arcadie; d’un côté, à la chute du Mavro-Nero (eaux du Styx), et de l’autre, au pied du mont Hagia-Varvara, qui est le mont Crathis de Pausanias*. Le topographe grec en parlant de cette rivière parait copier Hérodote*.
Ægœ, urbs ( «ï a iymi). Ville située à l’embouchure du Crathis; elle était ruinée à l'époque de Pausanias et même longtemps avant, puisque Polybe n’en fait pas mention; aucun voyageur n’a vu ses ruines, qui doivent être ensevelies sous les alluvions du Crathis.
Ægira (* a îyticx). Des ruines très-considérables, que l’on rencontre au lieu dit Palœo-Kastro, à l’ouest du défilé appelé Mavra-Litharia, signalent la position d 'Ægïra. D’après M. Peytier, la ville était divisée en deux parties : l’une dans la plaine , l’autre sur la montagne , à environ 1 ,200 mètres de la mer. La Table théodosienne donne entre Ægira et Sicyon XXVI M„ qui répondent parfaitement aux 38,800 mètres entre Palæo-Kastro et Vasilika, et, en outre, la distance corrigée XX M. au lieu de XII d'Ægium à Ægira correspond bien aux 29,(500 entre ces deux positions. Les nombres de Pausanias renferment ici une erreur: les 72 stades entre la caverne Buraïcus et la ville d’ Ægira sont trop faibles de 30 stades, et l’erreur appartient, non aux copistes, mais à l’auteur lui-mème, qui a omis d’ajouter aux 72 stades, qui se rappor»
1 Paus. , Ach. C. 22».
» Strab. VIII, C.6, §8, part. Il, p. 122, éd. de Coray.
• Arc. C. 18.
' Herod. Clio C. 146.
lent à la distance de la caverne au Crathis, les 30 stades qu'il compte ensuite entre ce fleuve et le Ghæum , près d’Ægira. La description top* graphique de cette ville , par-Polybe est un modèle de précision et d’exactitude ; suivant cet historien, la ville était située à T stades de la mer, nombre plus exact que les 12 stades de Pausanias et qui ne peut cependant s’entendreque de Tac repaie au pied duquel coulait un torrent, le VJogokilika dont le nom ancien nous est iuconuu Dodwell , ordinairement si exact, confond tout sur cette partie de la côte.
Phdloe oppidum l* ttXAof wVfeqpa) . Cette petite ville n’était éloignée d’Ægira qu’à une distance au dessous de 40 stades, à compter du temple de Jupiter u Ægira ; elle était riche par la culture de la vigne quoique située au milieu de montagnes rocheuses; on doit la retrouver près de Zakholi. La traduction de Clavier dans le passage relatif à ce lieu* pourrait induire en erreur ; ce n’est pas «le chemin direct du. temple de Jupiter à Ægira et à Phelloé est d’environ 40 stades, » mais comme l’a entendu le traducteur latin : « Recta ab Ægira discedentes a Jovis tempto stadiûm XL nihilo brevior Phelloen via ducit . * Le temple de Jupiter était, en effet, dans Ægira.
Aristonautœ {u 'AfiçwuSrai): On désignait ainsi le port de Pellette suivant Pa usa nias ; * d’après Xénophon, Pline, Pomponius Mêla et Étienne de Byzance son véritable nom nous parait Oluros, dont la signification peut être regardée comme analogue à celle de Panhorinus, et indiquerait un port. Cependant, tous les géographes, sans en excepter Mannert, placent Oluros dans l’intérieur des montagnes, quoique Étienne de Byzance dise positivement : OIiïtos, port des Pellénéens. On a pensé qu’il devait se trouver à l’embouchure du Sys, au-dessous du Xvlo-Castron, et en effet, la distance à Ægira, 23,000 mètres, répond assez exactement aux 120 stades de Pausanias; si en partant il se rendit au port situé plus au levant que IVllène pour revenir ensuite vers celle ville, c’est que les escarpeinens de la vallée de Mazi ne permettent pas d’aborder Pellène dans la direction du couchant. Gell a ylé des
• Lib. IV, C. 57.
1 D». t. IV, p. 223.
1 Paus. Amas., p. 683.
mines d’aqueducs près de Kamari : elles nous ont paru d'une époque
(« itjsïw ). Le Crius est, sans aucun doute , le torrent de Mazi, qui coule à l’occident de Pellèoe. Le sens littéral du passage de PausaniodTentif & ce parfaitement conforme à la topogra-
phie: «Les fleuves qui sortent des montagnes, au-dessus de*Pellène, « sont le Crius, du côté d’Ægira...; et du côté où Pellène confine à «Sicyon, le fleuve Sys. » Gavier,* en traduisant pi» Atyeiptti par «le Crius qui se rend à Ægira,» rendait le sens inintelligible, comme la carie le fait voir. A la fin du même chapitre nous voyons avec surprise que le traducteur n’a pas profité de la correction si probable de Paulmier de Grantemesnil, relativement au fleuve du même nom au lieu du fleuve Alsus , situé dans te mont Sipyte.*
Sys, Jluv. (a Rivière de Trikala. Ptolémée place son embouchure dans la Sicyonie, et Pausanias dans la mer Sicyonienne, tout en disant que c’est le dernier fleuve de l’Achaïc. En outre, en allant du port Aristonautæ à la ville, il parle d'un hennés situé sur la route ; il serait possible, d'après cela, que le territoire -de la Sicyonie s’étendit jusqu’au cours même du Sys. Scylax vient à l'appui de cette opinion, en donnant 120 stades à la côte de la Sicyonie, nombre qui répond bien à la distance de 21,200 mètres entre la rivière de Koutzomati (Xemea) et de Xylo-Caslron ou de Trikala (Sys).
Pellette (« il-àa**» ). La ville de Pellène était située sur une montagne, h (JO stades de son port et séparée en deux parties par un rocher escarpé. M. Peytier a reconnu les ruines d’une ville’ considérable et séparée de son acropole, sur le plateau rocheux entre les rivières de Mari et de Trikala. Sa distance au port de Xylo-Castron répond assez exactement, quoiqu’elle soit un peu faible, aux 60 stades qui séparaient Pellène de son port. Les murs de Pellène sont de construction hellénique irrégulière; nous ignorons si ce sont les ruines vues par M.le colonel Leake.
' Pau$. Cia». IV, p. 234 * Palm. Exercit. p. 416.
1 Pans, Ach. C. 27.
Mysœum. Hiéron consacré à Cérès, à 60 stades de Pelle no, entouré d’un bois abondant en sources et prés duquel on voyait le temple d’Esculape Cyrus. Le Mysæum doit se trouver sur le plateau salubre et bien arrosé do Trikala, au pied du mont Cyllène, dont le revers septentrional appartenait en effet à l’Achaïe.
Nous tenons de parcourir toute l'Achaïc proprement dite, en suivant un développement de côte que Scylax évalue à 700 stades , et qui , en effet, est de 67' ; l’erreur n’est donc que de 3', en supposant l’emploi par ce géographe du stade de 600 au degré. Les lieux qui réclament plus particulièrement de nouvelles recherches de la part des voyageurs sont Dyme, Ægium, Hélice et Pellène, quoique leurs emplacemens ne laissent plus d’incertitude; et Cérynia, Pharæ, Tritæa, dont les positions ne seront fixées définitivement que par des preuves archéologiques.
SICYOMA. PHUÀSIA
Le territoire de Sic y on, Sicyonia (» x »«*•»/« ) était limité à l’ouest par le llcuve Sys, à l’est par le Nemea, et au sud par la Phliasie ; il confinait, en outre, avec l’Arcadic, vers le pied du Cyllène, et avec l’Argolide, du côté de Nemea. Ce petit état indépendant n’avait pour surface que 2 myriammètres J, sur lesquels la plaine de Sicyon, renommée par sa fertilité, ne comptait que pour un myriamètre. C’est au commerce et surtout aux arts que Sicyon dut sa grande prospérité.
La Phliasia (« ♦>.<•*«■) avait encore moins d’étendue : ce n’était qu’une plaine petite, mais très-fertile, entourée de montagnes de 12 à 1,600 mètres d’élévation au-dessus de son niveau; sa superficie était de 144 kilomètres carrés, dont la plaine n’occupait que 10 à 12 kilomètres, et cependant Phlius, à l’époque de la guerre du Péloponnèse, avait 6,000 citoyens sur la place publique.*
•Sicyon (»' Socvnr) Nous n’avons d’autre distance exacte qui détermine la position de cette ville sur le littoral que celle de Sicyon à Ægira. Nous savons, en outre, qu’elle était k 100 stades de Phlius, et que
1 Xenoph. Hellen. lib. V.
l'étendue de son territoire sur le littoral était évalué par Scylax à 120 stades.
La ville ancienne était bâtie dans la plaine; Démétrius, (ils d’ Antigone, l’ayant détruite, elle fut reconstruite sur le plateau où était auparavant son acropole. Moins d’un siècle après, elle fut renversée par un tremblement de terre qui bouleversa Rhode, phénomène qui nous parait contemporain du soulèvement volcanique de Methana.'
A défaut de données géographiques pour identifier la position de cette ville antique à Vasilika, on a abondance de preuves archéologiques dans les ruines qu’on y a observées, et de preuves historiques dans les écrivains du moyen âge.* Nous croyons donc pouvoir rejeter l'opinion de Mannert, qui ne voit k Vasilika qu'une ville du moyen âge. D’après iM. Blouet, on peut partir pour l'exploration de ses ruines du théâtre de construction romaine, près duquel se voit un stade soutenu en partie par des constructions cyclopéennes qui se rattachaient à l’acropole. (Voyez section des beaux arts, art. Sicyone,)
Cette ville mérita par les arts dont elle était le séjour, par sa position forte , salubre et pittoresque , l’éloge qu’en fait Diodore : « Sicyon ,
« délices dans la paix, sécurité dans la guerre.*» M. de Vaudrimey a reconnu une route antique se dirigeant de Sicyon à Slymphale, en passant au-dessous du village de Souli et dans la plaine fermée de Kæsaro.
Asopus (• '*»»•(). Aujourd’hui rivière d’Hagios-Georgios; elle coule dans la gorge, au-dessous des remparts antiques de Sicyon. Avant d’y arriver, elle a traversé la plaine de la Phliasie, où se réunissent ses deux branches, dont la plus considérable vient de l’ouest. Malgré la prolongation de leurs vallées arides , il est très-probable que les anciens, qui n’avaient pas les mêmes idées que nous sur les sources des fleuves, plaçaient celles de l’ Asopus sur le bord de la plaine, aux beaux Kephalovrysis dumont Polyphengos (Carneates); peut-être aussi,
' Pau». Cor. 7.
1 Constat)!, l'orphvr. Dclhcmal. H; CJialcond. Dom. iSigcr; Gemisl. Plelh. 1 Diod. XX, 102.
les faisaient-ils remonter dans la même direction jusqu'à la fontaine au pied du Strongylo-Vouno. La branche occidentale du fleuve demanderait à être suivie par les voyageurs : on indique vaguement des ruines près du Palæo-Liondi , et plus loin , dans un col où Ornces pourrait avoir existée.
Titane, mom et riens («* T/rn'm).* Ce bourg était situé à 60 stades de Sicyon et à 40 de Phlius. Gell a reconnu au sommet du Sainl-Elie de Liopesi des ruines qu'il croit être le temple d’Esculape, et à 1,500 mètres au-dessous, dans la direction de Phlius, un Palæo-Kastro dont il fait le bourg de Titane.
Phlius (c La route de Sicyon à Phlius, par Titane, était de
100 stades, qui répondent assez exactement aux 19,000 mètres entre Vasilika et les grandes ruines appellécs Staphylika par Dodwell; elles s’élèvent en amphithéâtre sur le bord occidental de la plaine d’Hagios- Çcorgios. Elles ont été décrites par Fourmonl d'abord, puis par Dodwell et par M. Pouqueville.
Thyamia {» et Tricaranum castelUi (r« T fncàf ***).* Ces deux châ-
teaux-forts, construits pendant la guerre du Péloponnèse, devaient se trouver, le premier vers le col d’Hagios-Georgios, ou près de la route directe d’Argos par les fauces celosste ; et le second, dans la montagne au-dessus de l’acropole de Phlius. On ne connaît aucunes ruines qu'on puisse leur rapporter.
Celossa mont et Celossœ fauces sont pour nous le Mégalo-Vouno et la gorge qui conduit de Phlius à Mycènes. Un contrefort de cette chaîne, le nient Polyphengos tout criblé de cavernes, hermitages des laures, serait le Carneates qui n’était lui-même qu'une partie du mont Celoasa. 11 s’avance dans la plaine jusqu’à 50 stades de Phlius et c'eBt à son pied que Slrabon* paraît placer l’Araelhyrea d'Homère. M. Pcylier a signalé les ruines d’un temple surle col qui unit le Polyphengos au Megalovouno.
* l'aus. Car. U.
1 Xenopti. Hcll., VU, 2, t.
* Xenoph.Hell. VU, 2, 1 ; Drtnoslh. pi n Mrgalop. p. 20B; Luc Pvudolog (J 29. ttienne de Hjunrr, s. A. t., met le nom de ce lieu au pluriel.
* Strab.VIU, C. VI.Ç24.
Apeaurus mous (« ’a v>«vp«() \ ou suivant Tite Live' Apetaurus, est la chaîne du mont Gavrias, que traverse la route de Corinthe à la haute Arcadie, par Phlius et Stymplialc.
COR1NTHIA.
Limites. La Corinthic (■ Ki *»>■&/«) était bornée au nord-est par la Mégaride. Les limites, sur le golfe d’Êgine*, étaient situées un peu au-delà du temple (’ii/rL) d’Apollon Latoüs et en avant du défilé des roches Scironiennes.
Un petit saccllumquc l'on voit près du rivage, à $ kilomètres deKinéta peut appartenir à cet hiéron plutôt qu’à l’autel deMélicerte, comme l’a cru Fauvel. Remarquons, pour l’intelligence de l’histoire, que par la position de ces litnites, la totalité du défilé, l’une des clefs du Péloponnèse, était dans la dépendance de M égare.
Scylax donne 300 stades à la côte méridionale de la Corinthie, depuis la Mégaride jusqu’à l’Epidaurie , ce qui porterait sa limite méridionale au sud du promontoire Spiræum, qui, cependant, suivant Ptoléméc, appartenait à TArgolide.
Sur la côte septentrionale , la petite étendue de côtes donnée à la Mégaride (100 stades), elles 250 stades données, au contraire, à la côte de la Corinthie, nous engagent à placer les limites des deux états vers une petite forteresse hellénique située à 6,000 mètres à l’ouest de Pagæ, forteresse qui pourrait être le Gerania oppidum (* mentionné par Scylax. On voit dans le même lieu des murs antiques de défense qui fermaient le défilé.
A l’ouest, la rivière Nemea coulait entre la plaine de Corinthe et celle de Sicyon. *
Au sud , une ligne tirée du mont Phouca ( Apesas) au mont Skona séparait Corinthe de Clconœ, et se reportant ensuite vers le sud jusqu’à
1 Polybe, lib. IV. p. 462.
* Tic Lit. 33,14.
' Pau*. Alt., C. 44.
- TiL Lit., XXXIII, C. tSj Str*b.? VIII, C. 7.
la chaîne des montagnes de Phanéroméni, embrassait le territoire de Tenea. De là, la limite avec l’Epidaurie suivait la crête des montagnes, points de partage des eaux, et se dirigeait sur un petit cap au sud du Porto-Franco, port dans lequel nous voyons le Piræus Portus de Thucydides ou le port des Athéniens de Ploléinée.
Ainsi limitée, la surface de la Corinlhie n’était que de 6 rayriamètres f, dont près de 3 rayriainètres étaient situés en dehors de l’isthme.
Gerania, nions (» r<p*»«a). Aujourd’hui les monts Palæo-Vouni ou Makriplagi. La chaîne de montagnes, limite naturelle du Péloponnèse, du côté du continent, portait dans toute son étendue le nom de Gerania, comme il résulte de nombreux passages de Pausanias, de Thucydides', de Diodore* et de Scylax.* Strabon seul les désigne, en totalité eu en partie, sous le nom de monts Onii, et le nom de Gerania lui semble inconnu; s’il employait le nom de monts CEnoi on pourrait le faire dériver des deux villes d’GEnoë situées, l’une, dans la Gerania, l’autre, au pied du Cithæron, d’autant plus qu’il donne à ces monts la direction qui unit les deux villes, en disant : « Les monts onéîens s’étendent depuis « le point des roches scironidcs, où est le chemin qui mène à l'At- < tique, jusqu’à la Baeotie et au mont Cithæron.*» Mais on devrait encore se demander comment il désignait sous un même nom , en quelque sorte générique, des montagnes très-élevées séparées par la plaine ondulée de l’isthme de Mégare. 11 nous semble plus probable que le géographe grec, auquel ne pouvaient être inconnus, de nom, les monts Onii (r« * Ovei * •?») près de Corinthe, célèbres dans la défense du Péloponnèse, a changé leur position en les transportant à la place de la Gerania, dout il ne parle pas, comme il ne parlera pas plus tard des monts oniens près de Corinthe.
11 existait dans l’antiquité, ainsi que de nos jours, trois passages à travers les monts géraniens. Le premier, indiqué par Thucydides1, devait
' Thucyd., I, 69 et 70, et IV, 299.
’ Diod., I, 465; II. 360.
* Scvlli, p. 33, «dit. Gronor.
• Strab.. VIII, C. 7, cl IX, C. 1.
' Thucyd.. I, p. 70.
se diriger par Pagæ , Œnoë et Thermæ ; c’est le sentier actuel de Perakhora; le second * par Tripodiscus, est la route actuelle des grands Dervens ou de Makri-Plagi. Le troisième, enfin, le long du golfe d’Ægine et par le défilé des roches scironiennes, chemin restauré par Adrien, était seul praticable aux voitures; cette route abandonnée aujourd’hui, porte le nom de Kaki-Skala.
Crommyon oppidum (• lLftfifumr). Château-fort suivant Scylax, et bourg suivant Pausanias et Strabon, se présentait d’abord sur cette route, en venant de la Mégaride. Il était à 120 stades de Corinthe suivant Thucydides', et attendu que Mégare était à 30 milles romains de Corinthe ', ou 2-40 stades olympiques, Crommyon devait être à moitié chemin, si Thucydides a fait usage du stade olympique. C’est ce qui a lieu en effet; on trouve sur les bords de la mer , près de la chapelle Hagios Théodoros, et à 120 stades olympiques de Corinthe, des ruines assez considérables qu’on ne peut attribuer qu’à Crommyon.
Sidtts castel lum T»***). (Scylax). Autre château -fort sur la
même route mais plus rapproché de Corinthe ; quelques ruines de murailles élevées pour la défense du défilé de Sousaki ont fiait penser que c’était là son emplacement. Nous n’avons aucune distance qui puisse fixer d'une manière positive sa position entre le port Schœnus et Crommyon. Un passage d’ Athénée : « In ripis argillosis Siduntis parrœ, > semble faire allusion au sol argileux et crétacé des dépôts tertiaires de la Corinthie, qui aurait été remarquable dans le territoire de Sidunte.
Schœnus portus (« C’est le port Kalaniaki au-dessus duquel
M. le capitaine Dutroyat, auquel nous devons une excellente topographie de l’espace compris entre Corinthe et Mégare, a note des ruines diverses et un théâtre situé à 300 pas du port et à plus de 2,000 mètres de remplacement qu’on attribue au temple de Neptune Isthmius.
Thermæ et Pirœum (rrf n ««*&»).* On reconnaît ces lieux aux sources thermalesetau portde Loutraki. On n'y a point encore observé de ruines.
1 Thucjrd., IV, p, 203.
1 Peuting Uh.
* En adoptant l'opinion de M. Reinganum , Dot altr Mtgarù (Berlin 1825, in-8*). p. 98. nous distinguons ce llupm* d’arec le lino»** . port do la Corinthie situe sur le golfe dVEgine, et mentionné par Thucydides, VIII, C. 10.
Promontorium Junonis Acrœœ.' Ce promontoire était, suivant Tite-Live* a 7 milles romains de Corinthe et s’avançait en face de Sicyon. On y trouvait un temple et un oracle de Junon, un étang et un édifice de forme circulaire.'
M. Dutroyat a vu sur le cap Hagios Nikolaos, situé exactement à 7 milles romains de Corinthe, un lac remarquable nommé Youliastneni, des fondations d'édifice, une grande quantité de poteries antiques, des tombeaux et des citernes creusés dans le roc ; quelques gros blocs sur le bord occidental du lac, indiquent peut-être la place du bâtiment dont parle Xénophon. Au-dessous de la chapelle Hagios Nikolaos , qui occupe probablement l'emplacement du temple , est une caverne où l’on peut placer l’oracle de Junon.
QEnoë cnstellum (oîiJ« rrïjt*). Nous avions d’abord pensé qu’CEnoe était le Palæo - Kasiro de Ktena, au-dessus d’Aspro - Kambo ; mais M. Forchhammer, archéologue danois, vient de reconnaître sur un rocher au-4essus de Skino un autre Palæo- Raslro de forme carrée que l’on peut attribuer à Œuoë avec plus de probabilité ; son port était celui de Skino.
Olmiœ , promont .* Mannert elles géographes antérieurs confondent ce promontoire avec celui d eJunoAcrœa; on doit, d’après Strabon , placer le premier au cap très-prononcé où commence le golfe de Pegæ.
Diotcos (//«Axa,.-) ou portage, chemin par lequel les petits vaisseaux et les marchandises étaient transportés d’une mer à l’autre. On voit les traces d’un commencement d’excavation, particulièrement à la descente vers les deux mers. L’opinion qui attribuait plus d'élévation au golfe Corinthiaque qu’au golfe Sa roui que provient de ce. que l'on monte h partir du premier par une pente à peine sensible jusqu’au point de partage qui tombe brusquement d’une quarantaine de mètres vers la crtte orientale. On voit que le canal projeté ne fut jamais achevé. A 1,500 ou 2,000 mètres au-delà, on rencontre les traces sinueuses de la muraille construite à diverses reprises, depuis
* Til. Liv,, XXXII, p. 23.
1 Xenopb., IV, 5, 0.
1 Strab,, VIII, C. 7.
l'invasion de Xerxès (481 ans avant J.-C.) jusqu’en 1465. Ce sont les ruines des grandes constructions de celte dernière époque et de leur restauration en 1696 qui sont seules apparentes aujourd’hui. Leur longueur, à raison des sinuosités, est de près de 7,500 mètres ou V milles romains.
I*thmu* ('irty**)', lieu de célébration des jeux isthmiques, auquel appartenait déjà le théâtre que nous avons indiqué d’après M. Dutroyat, au-dessus du port Schcenus (Kalamaki) ; cependant, les ruines les plus considérables indiquent que la position du temple de Neptune était au couchant du diolcoset de la muraille. Suivant Pausanias, une avenue de pins conduisait du théâtre au temple, et son itinéraire indique qu'il s’agit du théâtre du port Schœnus. M. Bory de Saint- Vincent a reconnu dans l’isthme une entrée souterraine qui nous semble devoir être celle de l’adÿfum de PaLemon. Suivant M. Blouet, la muraille, le fort qui s’y rattache, et le théâtre lui-même, en dedans de la muraille , sont des constructions du moyen-âge. On doit faire observer que Clavier, par une traduction fautive, attribue à Corinthe tous les monumens d’Isthmus*.
Lechœum (ii A 2,500 mètres (12 stades, Strabon), au nord-nord-
est du plateau sur lequel est Corinthe , on voit encore l’enceinte du bassin creusé de main d’homme qui formait le port de Lechæum. Les
1 La moindre largcnr de l'icthme est de 5.950 mètres qui répondent eiactcment aux 4 railles de Soiinetde Mêla. Les 5 milles de Pline doivent-ils être considéré» comme résultant d'une fausse évaluation des 40 stades de Scylax, Diodore, Strabon et Agathcmérc, à raison de 0 stade» an mille , taudis qu'il aurait été question d’un stade de 10 au raille? oir s’agitil ici d’une manière différente de mesurer l’isthme? On trouve en effet, en suivant les sinuosités de la muraille, environ 7,300 mètres qui répondent bien k cinq milles romains ou h 40 stades olympiques, stades que Scylax a dû employer. Te serait la longueur de La muraille et non la plus courte distance d’une mer à l'autre qui aurait été mesurée avec exactitude et répétée par tous les géographes. La question serait toul-ù-fait résolue en ce sens, si. dans le passage de Scylax. traduit ainsi par Cronovius : Ab iethac ONfm mari nique ad norti-wm mare ut iter per iathmum quadraginta itadianun , idqi'R xincosoai.M* ces deux derniers mots n'étaient aux yeux de l’habile critique, M. Lctronne. qu'une grossière altération du texte.
1 Paus., Corinth., C. I.
* Seyclas, fértpi p u.
traces des longues murailles sont distinctes, quoique bien moins apparentes que les retranckemens des Vénitiens, construits plus au couchant. L’ancien port est depuis longtemps comblé par les rases.
Corinthus urbs (»' ko Ruines, description topographique, distances, identité de noms, tout place l’aneicnnn Corinthe dans la position de la ville moderne. La fertilité de la plaine qu’elle domine, l’abondance et la bonté des eaux , dûrent y créer , dès l’origine , un centre de population; plus tard sa position entre les deux mers en fit le boulevart du Péloponnèse et le centre du commerce. La longueur des murs de Lechæum (12 stades) annonce que la ville était bornée au nord à la terrasse de 8 à 10 mètres d’élévation qui s’étend de l’est à l’ouest , par les ruines du palais de Kiamil-Rey. L’enceinte de la ville avait 40 stades, et 85 en comptant les murs de l’Acrocorinthe. Nous ne parlons que de la Corinthe romaine, car nous n’avons aucun documens sur cette ville b l’époque de sa splendeur.
Strabon dit que Y Acrocorinthus est une montagne de 3 stades et demi de hauteur perpendiculaire. Ce nombre , ainsi que plusieurs distances dans la Corinthie, semble y indiquer l’usage du petit stade de 10 au mille. En effet, évalué comme tel, il donnerait 518 mètres; or, nous avons trouvé la hauteur du sommet de la montagne, au-dessus du niveau de la mer, égale à 575 mètres, dont les 57 mètres en excès représentent avec assez d’exactitude la hauteur du plateau de Corinthe auquel se rapportait probablement le point de départ de Strabon.
Otiii montes (t* 'Ornât !/>*). Thucydides*, Xénophon * , Polybe 1 et Plutarque \ désignent sous ce nom la chaîne très-escarpée des monts d’Hexamili qui se dirige de Cenchrcæ vers l’Acrocorinthe , formant , avec cette citadelle, la ville de Corinthe et les murs du Lechæum, une très-forte ligne de défense. Ces monts sont mentionnés si souvent dans l’histoire que Strabon devait les connaître, et nous pensons qu’ignorant leur vraie position il a donné leur nom aux montagnes de la Mégaride ,
1 Thucyd., IV, p. 282.
1 Xenoph.. VU.
» Fol) b., II, p. 192.
* Plutarch., CUomen., C. 20. vol. III. p. 348. tfd. Sclwf
trompé par la ressemblance de ce mot arec le nom de U ville d’OEnoé.
Cenchreœ (xi **>* peu')* Port et viUe à VII milles romains de Corinthe, suivant Peutinger , à 70 stades suivant Strabon qui montre encore ici l'emploi du stade de 10 au mille; la distance réelle est de 7 milles -, à 7 milles suivant le point de départ que l’on adopte. Ce port aujourd’hui Kékbriès a conservé son nom avec peu d’altérations ; Dodwell le décrit avec son exactitude habituelle.
Les sources salées que Pausanias nomme les bains d’Hélène , et que , suivant nous , Thucydides désigne sous le nom de Rheixos (ô ’p<7wj, comme celles d’Eleusis, sont situées à 1200 stades au sud-ouest du port près d’une petite presqu'île qui doit être la Chersonesus, du même auteur.
Solygin casiellum (* se>.Jyux) et Solygius Collis. Quoique le passage de Thucydides ' où il est question de ces positions soit probablement altéré, on ne peut douter qu’elles ne fussent situées au sud, et très près de la tour ruinée du cap Kekhriès, dans la vallée qui s’ouvre au midi des monts onéiens. L’intention des Athéniens en débarquant sur ce point, était de tourner la forte ligne de défense qui s’étendait de l’Acrocorinthe à Cenchreæ par cette chaîne escarpée.
Tetiea oppidum (* T*W«). La position de cette ville n’est pas indiquée d’une manière précise par les anciens. Nous croyons d’après la distance (60 stades) et les débris que nous avons trouvés dans b plaine, au-dessous de Klenia, entre autres un chapiteau de marbre blanc décorantlafontaine du Mêtokhi , que Tenea devait être situé dans b partie orientale du bassin supérieur du Longo-Polamos , et non dans sa partie occidentale qui dépendait de Qconæ.
Coniojtoria vio (■ Kù-simptU M). Plusieurs géographes et voyageurs ont supposé que ce chemin, dont ils appliquaient aussi le nom à b rivière coulant à l’est de Corinthe , était celui qui conduisait à Argos par les gorges d’Hagion-Ori et de Berbati. Nous ne voyons rien qui , dans Polybe * et Athénée *, autorise cette supposition, et nous croyons que c’est 1a route
* Tbucyd.. Loeo lauJato. Polyb., I. § 39. |*. I. ’ Polyb. , Dt vitii*. elc. Idem, Exempta, XVI.
1 Atheu.. Dttpncu. II, C. î.
qui coupe directement la montagne vers Mycènes et laisse le Tretos k main droite.
On doit recommander aux voyageurs la recherche des positions de Tenea, Sidus, Solygia, ainsi que r étude des Pakeo-Kastro d’Hagios» Vasilioset d’Hagion-Ori , et celle des ruines de la plaine de Klcnia.
ABGOL1S.
Nous donnons à cette province les limites qu’elle eut sous la domination romaine telles que Pausanias nous les fait connaître. Elle comprendra, indépendamment de l’Argolis propre, les petits états d’Epidaurus, de Trœzen, d’IIermione ainsi que la Thyréatis. Bornée au nord par la Corintliia et la Phliasia, elle franchissait la ligne de partage des eaux, et possédait sur le versant septentrional les petits territoires deNémea et de Cléonæ; elle avait l'Arcadie au couchant où dans cette direction le faite des hautes montagnes dont l'Artémisius et le Parthénius étaient les sommets les plus remarquables , formait à peu près ses limites. Cependant il parait, d’après Pausanias, que la rive gauche de rinachus jusqu’à sa sortie des hautes montagnes appartenait à l’Arcadie, et qu’en outre Tégéc possédait, sur le versant argolique, partie de la plaine d’Akhlado-kambos, au-dessous d’Hysiæ. H us au sud , les limites de la Thyréatis ou Xynuria embrassaient tout le bassin de la rivière d’Hagios Pétros (Tanus) ; les Hermès, situés à la sortie de la Thyréatide et communs à l'Argolide, à la Laconie elàTégée, se trouvaient, suivant nous , à 3 kilomètres au-dessus du village d’Hagios Pétros , au point de partage des eaux du golfe Argolique , du bassin de l’Eurotas et de celui de Tégée. Nous avons reconnu dans ce lieu qui fut nécessairement le passage de Pausanias, dans sa route d’Argos à Sparte par la Thyréatide, des tumulus en terre qui indiquent probablement la place des Hermès. Au midi, ce n’est qu’avec incertitude que nous assignons pour limite à l’Argolide, ou plutôt à la Thyréatide, la rivière de Hagios-Andréas qui descend du Malevo ( Parnon ). La surface comprise dans ces limites avait environ 54 myriamètres dont les trois quarts étaient occupés par des
tagnes stériles. Nous commencerons par examiner les principales positions de l’Argolis proprement dite, on autrement de l’Àrgia, dénomination qui prévalut dans les temps antérieurs à la conquête des Romains.
ABGIA (‘H’APrt'iA).
Cteonœ tirés («J En quittant la Corinthie, on entrait dans le
territoire de Clconæ. La position de cette ville est déterminée par Pausanias ' et Strabon Vqui montrent qu’elle se trouvait près de Ferabrancheraent des routes de Corinthe à Argos par Mycenæ, et de Corinthe à Nemea; à 80 stades de la première de ces villes, à 120 de Netnea. Toutes ces circonstances conviennent parfaitoment aux raides eyclopéennes qui couronnent une colline près du khan de Kourtésa: des murs en terrasses bien décrits par Dodwell justifient les épithètes appliquées à nette ville par Romère * et par Stace *. A 15 stades audelà de khan de Kourtésa, on voit sur le Banc de la montagne des carrières antiques qui ont servi d'habitations.
Apesas, mon» (’A*Vr«ç). Nous reconnaissons cette montagne dans Je Phouka , aussi remarquable par son sommet tronqué en forme de table que par sa hauteur (873 mètres). M. Peytier y a vu quelques ruines qui doivent avoir appartenu à Faute! de Jupiter Apésantius.
Nemea templum, regio , fîuvius (»' Pausanias se dirigea de
Cleon* vers Nemea; c’est la route que nous avons suivie. An sommet du col, on voit quelques cavernes qui n’ont rien de remarquable; on est à 15 stades environ1 du temple; en descendant on rencontre une source assez abondante et unique dans le bassin de Némée : ç’est donc la fontaine Adrastea. Rien n’annonce qu’il existât jadis une ville dans le voisinage ; Pausanias seul semble indiquer par ces mots : Ni/ju*
* P»»., Cor., C. 11.
’ Slrab-, VIII, $ 1», port. II, p. 131, «a. Corcy
* Hom„ Itiad., II , ti 670.
* Sut., Thok. IV, 47«l ICO.
* P.u»,, Cor., C. 16.
t* *'•*', qu’il y avait de son temps un bourg du nom de Nemée. Thucydides, Xénophon, Tite-Live n’appliquent ordinairement ce nom qu’à v la région, « , où le temple était situé. Stace* caractérise bien la longue et étroite vallée de Némée. La table de Peutinger indique une route de Sicyon à Ncmea; la distance, 12 milles, est parfaitement exacte.
Trctos (« TfnT«j«). On donnait ce nom à la montagne coupée par la plus occidentale des routes de Corinthe à Argos. C’est celle qui passe aujourd'hui par le kliani du Dervenaki. 11 paraît, d'après Diodore et Apollodore*, qu’un rocher percé ou un antre à deux ouverturos était l’origine de celte «h-nomination ; nous y avons vu de nombreuses' cavernes dans les rochers qui bordent le défilé , mais toutes ont peu de profondont.
Mycenœ (<*î Le village de kharvati, à un kilomètre au sud-
ouest des ruines, sert à signaler cette ancienne capitale de l’Argolide. La ville était à peu près sans défense, mais l’acropole était forte par son assiette : elle recevait par un aqueduc les eaux de la fontaine de Persée, et c’est en grande pàffîe à cet avantage très* rare que Mycènes dut sa fondation dans un lieu défavorable sous tout autre rapport. L’acropole est en partie de construction polygonale ; maïs il existe dans son enceinte des Vraces d’édifices beaucoup plus réreris; c’est en effet à Mycènes qu'eut lieu l’entrevue entre Nabis et Flaininius, 107 ans avant J.-C.'
La distance d Argos à Mycènes, en passant par flleracum, 50 stades*, est trop faible lors même qu’on la mesure en ligne droite et en stades olympiques.
flcrœntn ('Hector).* Célèbre temple de Junon commun aux Mycéniens et aux Argicns, sur la gauche de la route de Mycènes à Argos, à 40
• 1 Pau*., Cw.,C. 15.
1 Sut., T fui. II, t. 378, ri IV. t. <;i6.
* Diod., IV, H. vol. 1, arl. I, p. 324, éd. Dindorf.: Àpollod., U. 5.
* Tîl. Lit., XXXII , 39.
» Strab., VIII, C. 0,$2, part. II, p. 118, ed. Coray.
* Paus., Cor., C. 17; Strab., VIII, C. 6; Herod., I, J 31. et VI, $ 81; PluUrrli., De Flurn.j Apollod., 1.
Digiüzed-by
stades d’Argos et à 10 de Mycèucs suivant Strabon; à 45 suivant Hérodote de la première de ces villes, et à 15 de la seconde d’après Pausanias. Ces nombres placent rilcræum entre les villages de Plesia et de Vraserka. D’après les dessins inédits de M. Wordsworth, les ruines qu'il lui attribue avec toute probabilité seraient situées au pied de la montagne de Konika, peut-être Phonika, entre deux faibles ruisseaux qu’il regarde l’un , comme l’Elcuthorife , et l’autre , comme l’Astérion ; malheureusement ce voyageur a négligé de nous donner les distances à des points connus, et nous ignorons s’il s’agit ici des ruines que la carte indique à 1,500 mètres au nord de Phonika, ou ce qui est •plus probable à raison de la distance, de quelque autre ruine près de Plesia. La priorité dans la découverte de ce grand hiéron des Argiens appartient à Fourmont.
Protymna (• flperfjpr*). Suivant Pansa nias et Étienne, ce nom n’appartiendrait qu’à la plaine au sud du temple précédent. Suce' et Strabon en font une ville à laquelle aurait appartenu un temple de Junon que Slrabon regarde à tort comme différent de nieræum. La position de cette ville devait être élevée, d'après l’épithète qui lui est constamment donnée par Stace, celsa Protymne. Les ruines cyelopéennes de la plaine Berbati* au nord du mont Phonika (Aérera) , ruines et localités parfaitement décrites dans les mémoires de Fourmont , ne peuvent convenir à Prosymna, et nous ignorons quel nom on peut leur attribuer. Pausanias ne parait pas avoir visité cette plaine triangulaire et, suivant son usage en pareil cas, il n’en dit pas un mot. Les recherches archéologiques seules pourront donc nous apprendre quelle était la forteresse d’une antiquité reculée dont les ruines remarquables s’élèvent au milieu de la plaine de Berbati.
Argot (tô"ap>9ç). Cette ville, depuis plus de trente siècles, conserve avec son nom une prééminence* due à sa position. Située à la base d’une colline escarpée qui supportait la citadelle Larissa, elle commandait la partie la plus riche de la plaine. Une seconde citadelle* séparée de la première parle col appelé Dira?, protégeait la ville du côté du nord , et
* Sut., Thtb., 1, ». 383, et IV, v. 44.
* Tit. Liv., XXXIV, J5. * *
portail le nom d’Aspis 1 ou d'Athenœus mons ; ’ ce dernier nom était dû , sans doute, au temple de Minerve à la vue perçante*; au sud, Argos était défendue par le défilé de Lerne et par des marais impraticables. La topographie de celte ville ancienne est d’autant plus difficile à rétablir que Pausanias est plus obscur que jamais dans sa description et que peu de villes ont laissé moins de ruines.
Au nord-ouest, entrées deux citadelles et près du stade, dont on re» tonnait encore l’enceinte, s’ouvrait la porte de Diras qui conduisait' vers Manli née; au nord, près du Charadrus était la porte d’Uithyia elle chemin de Corinthe. Au nord-est, la porte Oarabis conduisait au gymnase , qui en était éloigné d’un demi-stade. Au sud-est , s’ouvrait la porte Diamperes, sur le chemin de Tiryns et de Nauplia.Nous ignorons le uom de b porte du midi à laquelle aboutissait le chemin Pyramia. M. Blouel a fait, ainsi que nous, des recherche* inutiles pour retrouver les souterrains dans lesquels Fourni ont prétend avoir reconnu tous les monuniens décrits par Pausanias à la fin du chapitre 23 des Corinthiaques.
Inachmct Charadrus (• ««i • x*p«/ ?«<). On a quelquefois confondu
ces deux grands torreus : le premier prend ses sources au nord du massif de l’Arlemisius (Malevo) et sur la route de Mantinea désignée par Pausanias sous le nom de Prinus. Le second naît au revers méridional de 1a même montagne, suit la route dé l'Échelle ou Clitnax et la gorge d’GEnoê; il passe ensuite sous les murs d’Argos, près la porte d'Ilithyia, contourne la ville et se jette dans l’inachus au- milieu des marais. *
Strahon* dit: «Près de Larisse passe l'Inachus, qui prend sa source au mont Lyrcéus, montagne de l’Arcadie aux environs de la Cynurie.» Doit-on voir ici une erreur du géographe qui ignorait la position de la
1 Plut., CUcm’.. cap.21 , vol. III» p. 349, éd. âc lue fer. Ce nom (Bouclier) peut provenir de la forme légèrement bombée de la colline, comparée au pic aigu de Larissa.
3 Plut., dt Flum. m
* Pau*.. Cor., C. 24.
* VIII, cap. 6, § 7. part. II. p. 121, éd. Coray.
Cynurie entre l'Argolide et l^aconie, telle que l’entendent Hérodote , Thucydides, Pausaniaset toute l’antiquité; ou, sur la foi d’un passage obscur d’Hérodote,' doit-on croire avec MM. Mannert* et MiilleV qu’il est question d’une Cynurie habitée par les Ornéates au nord d’Argos ? Cette dernière opinion me semble peu probable : les Ornéates pouvaient être Ioniens sans être Cynuriens, et d’ailleurs on trouve souvent dans Slrabou de semblables erreurs topographiques.
Artemûiuj mon s (▼• ’Apn^uVio» fp#<). Aujourd’hui le mont Malevo, sommet le plus élevé de la chaîne. Nous ne voyons pas que les anciens aient donné de nom générique à la grande chaîne de montagnes ^qui séparait l’Àrgolide de l’Arcadie; cependant, la partie septentrionale où l’Jiiachus prenait ses sources parait avoir porté le nom de Lyrcius (▼• Aup- Ktier ipcf ), * et le mont Artémisius n’en aurait été que le sommet le plus remarquable par sa hauteur et par le temple de Diane. M. Vnudrimey a trouvé au village de Karya situé non loin du sommet du Malevo une (>ortion d’enceinte cyclopéenne qui pourrait avoir appartenu h cet antique hiéron. M. Peytier n’a vu d’ailleurs aucune trace de monujnent au sommet même de la montagne.
Lycone mons (* Auxér» «p«<). Etait le contrefort étroit et élevé des monts Lyrcées qui se terjninc par la colline Larissa.
Lyrcen (* Awp*»<*). Ville à laquelle on se rendait en sortant d’Argos par les portes de Diras; elle était à ÜÜ stades cf Argos et à la même distance T * d’Orneæ. On croit la reconnaître aux ruines helléniques vues par M. Peytier à la rive gauche de l’Inachus. h 11 kilomètres d’Argos, près du hameau de Sterna; Lyncée pouvait, en effet, voir de là le flambeau allumé sur l’Acropole de Larisse.
Orncœ («<’oprt«^. Nous ne connaissons aucunes ruines qui, à défaut de documeus Drécift. nous indiauent la situation d’Orneæ. Suivant nous.
direction qu'on a indiqué vaguement à M^Peytier une acropole antique au sud-ouest du Megalo-Vouno. Quant à ce que dit Strabon : 1 « Orneæ au-dessus de la plaine de Sicyon», on doit l’entendre de la plaine de Phlius, que les anciens joignaient souvent à la Sicyonie. Il n'y eut qu’une Orneæ; l’erreur de Strabon parait venir du vers d'Homère* où cette ville est citée entre Corinthe et Sicyon. Fourinoul dit avoir vu Orneæ au lieu dit Ornika, près d’une rivière Pelraki, mais ces noms modernes, comme la plupart de ceux du manuscrit, mélange constant de faussetés et dè vérités, sont aussi inconnus aujourd’hui que ceux des villes homériques.1
ŒnoC (• oh*»). Cette ville devait se trouver dans la plaine au-dessous du Malevo (Artemisius) , et à la rive droite du torrent. Fourmont la place à un village moderne d’Œnoè, qui. malgré ses deux cents maisons et ses riches vignes, a si complètement disparu, que nous n’en avons point entendu parler.
Cenchreœ, riens («** C’est avec doute que nous assignons pour
position à ce bourg les ruines que nous avons vues à 1,500 mètres audelà de l’Erasinus, un peu à la droite du chemin d’Argos à Tegea. On y voit un monument en pyramide tronquée, qui pourrait avoir appartenu aux polyandriunu des Argiens tués à Hvsiæ. Pausanias est trèsobscur dans la description de cette roule;* mais Eschyle * nous parait désigner les sources si remarquables de l'Erasinus sous le nom de Kt>£pii«< ou p«*ç. Cette présomption, jointe à la position des
ruines sur la route de Pausanias, à la présence d’un monument sépulcral et à l'absence de toute autre ruine importante dans cette direction , nous a déterminé à adopter ce lieu pour l’emplacement de Cenchreae. Cependant nous devons dire que l’on trouve sur le même
* Strtb. VIU, C. 6, § 24 , part. 11 , p. 137. éd. Coray.
1 Hom. , lliad., 11, t. 67 1 .
' M. Reichard suppose qu'on doit lira Orchonicno* au lieu d'Orne* , dans le passage ou Pausanias place Lyrcca k égale distance. 60 stades, d'Argos et d'Orne*. Il nous semble que rien n'appuie celte hypothèse ; et d’ailleurs la distance de la première de ces villes A Orcho tnéno* dépasse de beaucoup 200 stades olympiques. «-
* Paus., Cor., C- 24.
* Æscb., Prom.t v. 679, <5d. ScliuU. * ,
SL
chemin, près du village de PaJæo-Scaphidaki , a va ntIe grand contour que fait la route pour descendre vers Aklilado-Kainbos, les ruines d’un petit édificeten grandes tailles et une fontaine. S’il existait d’autres ruines à Palæo-Scaphidaki , ce que nous ignorons, on pourrait y voir Cenchreæ avec quelque probabilité; mais il resterait à expliquer comment Pausanias aurait pu passer près du monument si remarquable, cité précédemment , sans en parler.
Erasinus (« ’Ef*r7r«c), Krphalnri. Ce llcuvc, le plus beau cours d’eau de l’Argolide, sort au-dessous de vastes cavernes qu’on est surpris de ne point voir jouer un rôle dans les fables argicmies. On trouve à la rive droite du fleuve les ruines d’un temple à quelque distance de la source, et près d’elle, en face de l’ouverture des cavernes, un petit tertre, autel antique formé de cendres, de charbons et d’ossemens ï c'est sans doute là oii l’on sacrifiait à Baeclius et à P»ik‘
L’Erasiuus sort au pied de la montagne que Pausanias nomme Chaon (x«'«r *p«<), etse joint à un très-grand volume d’eau qui sourd dans les marais, au sud d’Argos , où il est aujourd’hui divisé en canaux pour l'irrigation des rizières ; ces eaux jadis réunies formaient sans doute le Pbrixus.
Chimarrhus (xn/uappec «-arapac). Pausanias considère ici * Chiuiarrhus comme le nom propre du torrent qui passe près des ruines que nous attribuons à Cenchreæ.
Pont inus. mon» (n«rT?r#«). Cette montagne est le contrefort qui forme * le défilé des Moulins (Myli). Un chateau-fort du moyen âge, que Mclétius parait désigner sous le nom de château- d’Hélène, occupe f emplacement du temple de Minerve. A sa base, à 5 6u WX) mètres des moulins , jaillissent des sources comparables en volume à celles de Lerne; elles forment fe tioarTroc qui n’a que 2 à ÔOO mètres de
cours ; vers son embouchure on voit sous la merles ruines de «bains romains. L'emplacement occupé jadis par un bois de platanes décore de temples et de statues est aujourd’hui un marais impraticable, à l’exception de la partie li plus voisine des moulins. *
Lema, lac tu, Jluviu» ttlemplum (* A»pr«). Mélétius voulant transporter
' Pau».. Cor., Cv 2t.
1 Pau*., Cor., C. 26,
Lerne an lac Muusto, près d’Astros, il est bon de rappeler que le littoral de Lerne n’était pas à plus de 40 stades d’Argos.' Le lac n'avait qu’un tiers de stade de circuit ; la digue construite pour les moulins lui en donne beaucoup plus aujourd’hui.
Le cours de la Lema, depuis la fontaine Amymone jusqu’à la mer, est d’environ 250 mètres. A cent ou cent cinquante pas des Kephalovrysis, vers le sud du lac, on trouve une source qui peut être la fontaine d’Amphiarails. Elle sort au niveau du lac et à la base d’un tertre dont le sommet montre les ruines 'd’yn temple.
Htfsitr («» ’r *««/)• Cette ville se trouvait sur la route d’Argos à Tegea, près des frontières qui, dans cette direction, étaient tracées par le torrent de la plaine d’Akblado-Kambos. Nous avons vu à 1,500 mètres au sud du village de ce nom, près de la fontaine et du Khani de Dousa, qui domine la plaine, les ruines d’une ville qui ne peut être qu’Hysiæ.
De l’autre côté de la plaine, sur un pic rocheux qui commande le défilé du Parthénius, s'élèvent des ruines en terrasses et de diverses époques: on les nomme PalæoMoukhli. Fourmont y cite des constructions polygonales , elles nous ont échappé ; mais les ruines du moyen âge annoncent une ville importante. Nous présumons que ce doit être la position de l’hiéron de Pan ou de l’enceinte de Télèphe,
et plus tard celle de Afic/i de la Chronique de Morée ou de Moukli des autres écrivains Byzantins.
Genefium et Âpobathmi, viei. Tout ce que Pausanias nous apprend de ces deux bourgs est leur position sur le bord de la mer, au sud de Lerne. Nous avons parcouru cette côte sans voir aucunes ruines, et M. de Vaudrimey, auquel nous devons la topographie de l’Argolide, n’a pas été plus heureux.
Cependant le manuscrit de Fourmont, autant qu’on peut le comprendre , mentionne à l’embouchure de la rivière d’Akhlado-Kambos, qu’il appelle Fricsos, des ruines qu’il attribue à Temenium et qui doivent être Genesium ou Apobathmi ; le village albanais de Kivéri occupe aujourd’hui cet emplacement.
1 Paus., Cor, (1. 36. vol. I, p. 369. tfd. Siebel»*.
En remontant la vallée, M. de Vaudrimey a vu à la rive droite de la rivière et à 4,000 mètres de la mer les restes d’un monument d’une grande antiquité , et au-delà , sur la rive gauche, nous avons trouvé les ruines d’une ville, et celles d’un temple situé près d’un petit monticule. 11 est possible que ce soit l’emplacement d’Eleons : Apollodorc ' désigne un des chemins qui partent de Leme , sous le nom de chemin d’Eleous (ait ’EXisorr*), et en outre £/<nis(’£X«ii<v-) est une ville d’Argolide, suivant Étienne ; or la seule route qu’on put désigner ainsi est celle de la vallée où sc trouvent ces ruines ; on eût dit pour les autres : route de Nauplia, d’Argos, d’Ifysiæ ou de Genesium. Pausanias ne nous parle pas de ces ruines, parce qu’il prit la route du littoral.
Dine («Aur«). Lieu près de Genethlium, où de l’eau douce jaillit au sein de la mer.* Les traducteurs, et surtout Clavier,* s’éloignent ici tellement du texte , que , sans son secours , il nous aurait été impossible de deviner qu’il s’agissait d’un fleuve sous-marin qui s'élève dans la mer, entre Kivéri et Âstros, phénomène que les Grecs modernes désignent sous le nom à'anavolo , dont le sens pourrait rappeler celui de dijie (tourbillon). Pausanias dit que ses eaux provenaient, par des conduits souterrains, des gouffres de la plaine Argos, dans le territoire de Mantinée.
Une route, entre la mer et les marais, conduisait de Lerne à Nauplia, dès le temps de l’attaque d’Argos par Pyrrhus; * ce fut probablement une partie de même chemin que parcourut Qéomènes,* lorsque, revenant des bords de l’Erasinus, il s’embarqua à Thyrea, pour descendre dans l’Argolide , près de Nauplia. Le pavé vénitien est aujourd’hui affaissé au niveau de la mer en plusieurs points, et nous croyons qu’un affaissement beaucoup plus considérable a eu lieu sur ce rivage depuis une époque plus reculée.
* Riblioüt., Kb. II, C. 13.
* Il noos semble que la leçon «> 3jù«T9n «Mpxipsvoy, donnée par les manuscrits et adoptée par les premiers éditeurs de Pansantes (4re-, C. 7, § J), est préférable à i*
, comme on lit actuellement dans le texte.
* ■ Dine est un lac d’eau douce formé par la mer. • La suite de ce passage, dans le texte, explique parfaitement le phénomène que Pausanias décrit. (ClaT. T. IV. p. 379.)
4 liutarch.. Pyrrkui, C- 31.
4 Herod., VI, 7fl.
Tcmenium (ro T«/un«), Les distances, 26 stades d’Argos, et 50 de Nauplia, n’ont pu nous faire retrouver la position de cet ancien château-fort. On a peine à concevoir comment il aurait été fondé dans le marais, aujourd’hui impraticable , où les distances semblent le placer.
Nauptia (* n« «»>.*«). Les travaux des Vénitiens n’ont pas fait disparaître entièrement les constructions cyclopéennes de la citadelle, particulièrement du côté de la ville. Quoi qu'en dise M. Mannert, Nauplia n'a jamais été dans un autre emplacement : c'est la dénomination de Paiaa Nauplia donnée à Tiryns, qui a été l’origine de celte erreur. La fontaine Canathns, consacrée à Junon, doit être la belle source du monastère d’Hagwwoni, près de laquelle nous avons vu, au-dessous du jardin, les soubassemens d’un sacellum en grandes tailles. Nous croyons avoir retrouvé les entrées des labyrinthes que Strabon ' attribue aux Cyclopes; ce seraient des cavernes creusées de main d'hoinme dans la gorge qui s’élève en arrière du faubourg de Nauplie ; nous y avons recueilli desdébrisde poterie d’une grande beauté, des ossentens et quelques petits débris d’ouvrages en cuivre. Elles s'ouvraient dans des couches très tendres, qui se dirigent à travers la montagne vers le port Earatone. C’est un lieu d’exploration nouveau que nous recommandons aux voyageurs.
En se dirigeant de Nauplia vers le port Aulon, ou port Toloit, par le bassin de Spaïtsiko, on trouve des ruines aux deux côtés de la vallée, vers le point de partage des eaux : d’un côté, au sud, un petit sacellum , dit Palœo-KasttOy de construction en partie cyclopéenne et en partie hellénique ; de l’antre , vers le nord , un cbàteao-forl semble marquer les limites du territoire des Naupliens du côté des Asinécns.
Phlius Argiva? (Ptol.) On voit au part Aulon une acropole polygonale , avec restaurations de diverses époques, autour d’un rocher baigné de trois côtés par la iner. Un temple a existé sur la plate-forme où est maintenant la chapelle, la ville s'étendait sur la plage, au levant. D’après la seule autorité de Ptolémée , on met ici une ville de Phlius; et Larcher, se fondant sur ce que Phlius est citée dans Hérodote,* entre Hcrmione et Tiryns, pense que c’est là sa position, et «pic ce fut cette
' Strab., VIII, C. G , $ II. ed. Corav.
5 llcrod.. IX, 28.
Phlius inconnue qui envoya mille hommes à Platées. Ptolémée aurait-il fait la même erreur? Au surplus, n’ayant aucun nom k lui substituer avec plus de probabilité , nous le conservons.
Aùne (• ’Arfra). Nous n’avons la distance de cette ville, à aucun point connu ; et les documens sur sa position sont vagues et en petit nombre. C’est avec doute que nous la plaçons au Palœo-Kastro de Kandia, séparé de la mer par des lagunes qui devaient jadis former son port. Près de celte acropole de construction polygonale sort un des kephalovrysis les plus remarquables delà Morée. M. de Yaudrimey a noté, sur une colline au-dessus des lagunes, un temple qui pourrait être celui d’Apollon Pythaëus (n«S*i'i*c), et deux saccllum presque contigus dans la partie nord des marais. Le torrent de Kandia prend naissance dans l’enceinte même de l’hiéron d’Épidaure, non loin de laquelle Pausanias nous indique un olivier qui, selon lui, marquait peut-être la limite du territoire des Asinéens. * Si M. de Yaudrimey n’avait pas découvert l’acropole de Kandia , nous n’eussions pas hésité à placer Asine aux ruines du port Aulon, qui sont sur un rocher s'avançant dans la mer, entre deux ports. Car, s’il faut en croire Pausanias, Asine était située sur la mer, comme la ville du même nom en Mcssénic.*
L'Épidauria possédait trente stades de côtes sur le golfe Àrgolique.’ Nous présumons que c’est la belle plage d’Jri, débouché de la rivière de Bedcni, dont nous attribuons tout le bassin à l’Êpidauria; ce n’est, il est vrai, que sur de faibles probabilités, car l’antiquité nous laisse à peu près sans lumière sur tout l’intérieur de l’Àrgolide.
Si, en quittant Argos, nous prenons, avec Pausanias, la route directe (*iM$eper) d’Epidaure, passant par le village de Manolaki, nous trouvons Tiryns (» en nous détournant sur la droite , de 1,500 mètres en-
viron. Les ruines autres que celles de l’acropole doivent être profondément ensevelies sous les alluvions qui arrivent encore du nord et dn nord-est. Nous avons retrouvé au pied de la colline, à un kilomètre à l’est , les carrières qui ont fourni la plupart des blocs cyclopéens. Les
* Pau*., Cor., G. 28. § 2, vol. l,p. 325, ed. Siebelis.
s Paus.. Mer., C. 34, § 7, vol. Il, p. 2V5.
* ScvIji, § fil, vol. 1 , p. 207, ed. Gail.
traces d'exploitation sont très apparentes. Un bloc équarri de marbre rouge , laissé sur un talus , appartient peut-être à une époque plus récente que celle de la construction des murs. La leophoros de Pausanias était nécessairement dans la direction du sentier actuel d'Argos à Épidaure. Nauplio n’existait plus , et on n’aurait eu aucune raison pour venir prendre , comme le font souvent les voyageurs modernes , la route de Nauplie à Êpidaure.
Midea (« mi/i/*) est ensuite le premier lieu (pie Pausanias mentionne sur sa gauche , en reprenant la grande route, et par conséquent en remontant vers le nord. Presque tous les voyageurs ont regardé les ruines d’Adriani qui couronnent une colline au nord-est de Katsingri coinrne ■* celles de Midea. C’est une erreur suivant nous: ces ruines sont à droite et non à gauche de la route ancienne. Leur construction indique un fort destiné à protéger un grand édifice, un temple, sam» doute, dont on voit les murs au sud-ouest. Les blocs sont polygonaux , mais taillés avec une parfaite régularité*. Pausanias, d'ailleurs, dut voir ces ruines, qu'aujourd'hui encore on aperçoit de très loin , et nous ne concevons pas pourquoi il ne les a pas nommées.
Midea, pour nous, est la ville antique dont nous avons découvert les restes au nord de la plaine , sur une montagne rocheuse , au levant de Dendra. Les ruines descendent depuis le sommet, inaccessible dans trois directions, jusqu’à une fontaine qui sort d’une grotte au pied de la chapelle de la Panagia. Quatre murailles suivant la courbure de la montagne forment autant d’enceintes étagées, et la dernière n’est qu'une crête de rochers. La grossièreté et la petitesse des matériaux nous fit d'abord croire à un camp retranché fait de pierres ramassées (xilw mais une porte semblablcà la petite porte de Mycènes, et d’autres débris, nous firent reconnaître les ruines d'une ville dehaule antiquité.
En continuant à suivre la route d’Epidaurc, on laisse à droite (à gauche par la route de Nauplie), deux villes, avec acropoles de construction polygonale. La première a des tours rondes surmontées de constructions carrées du moyen-âge. Son enceinte descendait jusqu’au
* On voit X la bibliotluN|U«! Maxarinc un joli relief de ce monument, que M. I‘etit -Radcl a fait exécuter d'apré* U» dessins de l anret.
bord du sentier de Nauplie à Epidaure ; là un petit temple, avec débris d’aqueduc, a été signalé par les voyageurs modernes. La deuxième, placée dans l’embranchement des routes de Nauplie et d’Àrgos, n’est pas à plus de 2,500 mètres de la première. Son acropole commandait à une ville assez étendue dans la direction du nord-est. Nous n’avons aucuns noms à appliquer à ces deux villes de l’ancien royaume de Mycènes, quoique Pausanias ait passe près d’elles; sans doute alors elles étaient encore plus cachées par les hallicrs, et le pays était plus désert çncore que de nos jours. Les noms manquent aux ruines dans toute l'Argolide.
Lesxa victu («• AÎrrjs *4^).' Avant d’arriver à Ligourio, ou observe à gauche de la route un monument pyramidal entièrement semblable au polyandrium mentionné dans les ruines que nous attribuons à Cenchreæ; à quelques pas plus loin est une église byzantine, avec débris antiques. Ligourio est la position qui convient à Lcssa; elle pouvait n’ètre qu’un bourg au temps de Pausanias ; mais à une époque plus reculée ce fut une petite place forte, comme on peut le voir aux ruinas de murs qui couronnent la colline.
Arachnœus tnons (t« ’Af^riî«r «po« ). Le sommet des monts de Kheli, qui s’élève au-dessus de Ligourio , est le plus remarquable de la chaîne par sa hauteur (1,150 mètres) et sa forme aiguë, quoique inférieur de quelques mètres au Saint-Elic de Kheli ; les Albauais de Ligourio me l’ont nommé Arna. Gordon et quelques autres voyageurs ont entendu Arachnæa. De ce sommet ou aperçoit toutes les montagnes de la Mégaride et de l’Attiquc, ainsi que le mont Martis, qui domine Mycènes: c’est le pic qui dut être choisi pour les signaux de feu par lesquels on annonça à Uytemnestre la prise de Troie. * 11 ne peut d’ailleurs être question au commencement de ce passage du mont Prou, petite colline près d’Hermionc, est ici dans le sens de vert ex. M. de Vaudrimey a vu dans un col, entre les deux sommets principaux du mont Arachnée, uue enceinte carrée, de construction polygonale, qui pourrait être un
1 Pans., Cor., C. 2ô. § 9, vol. 1, p. 315, cJ. Sicbcln.
* Xvcbvl.. Agamemn., y. 307. ed. Schûti, Hatæ, 1327.
fort pour la défense du passage , peut-être aussi l'enceinte sacrée des autels de Jupiter et de Junon.'
EPtÜAllRIA ( h 'tniAATPi A ).
Scylax nous apprend que cette province s’étendait jusqu’au golfe Argotique, sur lequel elle possédait trente stades de côtes; Thucydides ' confirme ce fait en parlant des pâturages qu’avait Epidaurc dans le voisinage d’un temple d'Apollon Pythacus, qui doit être celui d’Asine. D’après ces autorités, nous attribuons, mais avec doute, à YÊpidauria toute la vallée de Bedeni. Vers le nord, nous lui donnons pour limites le cap Spirœum et la ligne de partage des eaux d’Angelo-Kastro à Ligourio; ces limites, qui embrassent les deux vallées fertiles de Piada et de Bedeni, aident à concevoir ce que dit l'antiquité des chevaux et des prairies d’Epidaurc.
Ternplum Æsctilapii. Cette enceinte sacrée comprenait toute la partie orientale d’une jolie plaine , défendue par une enceinte de montagnes et par des murailles à l'entrée des gorges. La distance du temple à la ville d'Epidaurc est évaluée, par Tite-Live, à 3 milles/ ce qui est exact en les mesurant en ligne droite. Hiero est le nom moderne de la plaine dont les ruines ont été décrites par Dodvrcll et plusieurs autres voyageurs.1 * * 4
Titthion (titSi.c») , mont Velonidia (838 mètres), auquel le nom de Titthion (téton) convenait à raison de sa forme arrondie, qui contraste avec les pics et les crêtes rocheuses dont il est entouré. Cette montagne, qui dominait l’hiéron d’Esculape, est renommée dans le pays par la vertu médicinale de ses plantes; nos guides de Ligourio en re» cueillirent pendant le séjour que nous y lunes.
1 Fau».. Cor., C. 25, J 9.
* Thucyd., V. 63.
' Tit. Lir. XLV.28.
' Voy. Expédition de Morte, section d'architcct., t. II.
Cynortium (KvU(t «r). Colline à laquelle est adossé le théâtre de Hiero ; on y voit les ruines du temple d’Apollon et les citernes d’Antonin.
La route directe du bois sacré (n;®* «*r®c) à Epidaure suivait, à droite, le bord d’une gorge étroite et profonde; elle avait été taillée dans le rocher en plusieurs endroits et un mur de défense fermait cette entrée, comme celle de l’Argolidc. Le monument héroïque élevé à Hyr* nelho n’a point été trouvé; on ne peut lui attribuer les ruines, soubassemens d’une chapelle byzantine, vues par M. le colonel Rory à une heure à l’est de Ligourio, attendu qu’elles sont sur la route directe de Lessa à Epidaure, route que Pausanias n’a pas suivie.
Epidaurus Le bourg Nea-Epidavros lui a succédé. La
presqu’île rocheuse , couverte de ruines dans toutes les parties planes , n’était probablement que l’acropole et la ville s’étendait à droite et à gauche sur les deux ports, de manière ji occuper 1/5 stades de côtes.* On voit beaucoup de ruines sous la mer, comme dans toutes les villes du littoral.
Le temple de Junon * devait être situé sur le cap qui forme l’entrée du port actuel dans l’emplacement de la douane. M. Blouet a remarqué des fortifications du moyen-age surmontant les murs de l’acropole. Celte ville, comme le remarque Strabon, était entourée de montagnes; on ne pouvait facilement l’approcher que par la gorge de Lessa, ce qui explique la durée du siège ou blocus fait par les Argiens.
Nous avons à signaler dans le bassin de Bedeni plusieurs villes helléniques, sur lesquelles, vu le silence de l’antiquité , nous ne devons attendre de lumières que des recherches faites dans leurs ruines. La première, en remontant la vallée, est située en face du monastère d’Avgo, et paraît plutôt un château-fort qu’une ville; la seconde, beaucoup plus importante, s’étend dans une plaine, entre Trakhia et Bedeni, et est dominée par une vaste acropole qui couronne la montagne. D’après M. de Vaudrimey , les murs d’enceinte ont une très grande étendue et sont formés d’assises irré{julières. Comment une ville aussi considérable n'est-elle mentionnée par aucun écrivain de l'antiquité?
4 Strab., VIII, C. VI , § 15, part. II, p. 127, ol. Coray. * Tbucyd., IV, 133; Pau»., Cor.. 29. $ 1.
On pourrait peut-être penser que l’enceinte du sommet est l’hiéron de Diane Coryphæa, et que la ville est le Coryphssium de Pline,' si toutefois ce nom n'est pas la suite d’une erreur de cet auteur, qui transporte le Coryphasium de Messénie près de la Mcthana ou Mcthonc d’Argolide. Dodwell * fait mention de l'enceinte vue par M. de Vaudrimey. Le même voyageur cite des ruines helléniques à la base du château de Phanari,et à 20 de ce lieu, sur la route de Kolaki, une ville avec acropole, qui a échappé à nos recherches.
M. Blouet, en outre , a vu à 25‘ du village du Karatza et sur les flancs de l’Ortholithi une enceinte de construction cyclopéenne qui lui parut appartenir à une acropole. L'histoire se tait sur toutes ces petites cités éloignées des grandes communications, et l'archéologie seule pourra nous apprendre leurs noms.
TRŒZENIA ( h tpoizhni'a).
Le passage de Scylax, relatif au périple de la Trœzénie, a été bien expliqué par les derniers éditeurs. Les 300 stades qu’H donne, doivent s’entendre non du contour de Calauria, mais du littoral entier de la Trœzénie. Nous trouvons, en effet, de la pointe Prouali, limite naturelle du côté d’Epidaure, au cap Scyllæum 221 stades, qui, ajoutées aux 80 stades,* distance de ce même cap aux frontières de l'Hertnionie, forment le nombre de Scylax.
Trœsen (» Les ruines de cette ville occupent une étendue
considérable dans la plaine, au nord-ouest de Damala. Chandler les a décrites avec son inexactitude accoutumée; il se trompe sur l'emplacement de l'acropole , que nous avons aperçue sur un petit pic au-dessus de Damala ; M. Yirlet y a vu des murs cyclopéens supportant des constructions du moyen-âge, et dans l’intérieur, divers débris d’antiquité.4 On remarque dans la plaine un pont de construction cyclopéenne.
• P*us., Cor., C. 28 , § 2 ; Plit». IV, », S 2.
9 Dodwell , t. II , p. 266.
1 Scylax, Peripi., $ 53; Pau*., Cor., C. 34 , $ 7.
* Poy tx, pour les ruine* de celte ville, Chandler, II. Dodwell, II.
Pogon portus [Tïtlfmr xifMp'v).1 Ce port, qui ne peut être qu’une partie de la rade de Poros, est pour nous son extrémité occidentale, oùPausanias place Celenderis, LaÆarte y indique quelques ruines , qui doivent avoir appartenu à ce bourg, et non au temple de Diane Saronide.
Sa rouis portus, aujourd'hui golfe de Dara ou de Methana. Pausanias * nous dit qu’il porta d’abord le nom de marais Phœbæa , parce que le temple de Diane Saronide (on sait que cette déesse était appelée aussi Phœbé) so voyait sur ses bords. L’olivier tordu,* témoin de la catastrophe d’Hippolyte, était près de là; c’est donc sur la route doTroezen à Epidaurc que nous devonschercherla mer elle marais Phoebaea (*
**/**•)» T1* nest autre chose que la * du même auteur, et
que le Scbœnitas de Mêla et de Pline, port à l’occident du port Pogon, d’après l’ordre suivi par le premier de ces auteurs. Le lac salé de Valario, qui n’est séparé de la mer que par des dunes, devait être, dans l’antiquité , le port des Trœzéniens sur le golfe Saronique. Ce dernier nom s'étendit ensuite an golfe d'Epidaure , et enfin à tout le golfe d’Egine.
Methana (« Cette presqu’île a conservé son nom sans altéra-
tion. Sur un isthme de 500 mètres de largeur qui l’unit au continent, on voit de nombreuses traces de fortifications antiques que l’on peut attribuer aux Athéniens.1 Un petit port, à l’ouest, était défendu par deux châteaux de construction hellénique , dont l’un est régulièrement elliptique. C’est aujourd’hui le fort du Diamant, qui domine l'isthme. En quittant ce fort et se dirigeant vers l’est, on trouve une grotte, désignée par les hahitans sous le nom de grotte de Thésée, puis au-dessus de Taktikopolis, ville que Fabvicr voulut fonder, un second Palæo-Kastro de construction cyclopéenne, que l’on nomme aussi fort de Thésée. Une muraille, restaurée dans le moyen-âge, fermait l'isthme, en réunissant les deux châteaux-forts.
On rencontre le port et les ruines de la ville de Methana au-dessous
1 Herod., VIII, C. 42; Strab., VIII, C. 6, $ H. part. », 126 t cd. Cor. ; Mêla, II, C. 3.
* Cor. C. 30, $ 7, I, 339.
* Pau*., Cor., 32, S 9, 1,331.
* Paus., Md.
* Thucjd., IV, 43 ; Diod-, XII, C. 65, vol. I. part. II , 668, cd. Dindorf.
du village de Megalo-Khorio ; nous y avons reconnu deux époques dans les constructions superposées de l’acropole. Un pic très-escarpé , près de Kaÿmcoo-Khori , était fortifié; on y utftive une grande quantité de cileraos d’une construction antique. Celait sans doute la dernière place de refuge de la presqu’île. M. de Vaudriiney nous fait connaître en outre, dans Methana, trois Palæo-Kaslro dont la carte indique la position : l’un d'eux, près Iîagios Théodoros, était l’acropole d’une ville située en face d’Ægiue; ou trouve daus son iutérîeur les fondations d’un temple en trackytes. Les diverses constructions de la presqu’île ne paraissent pas remonter au-delà de la guerre du Péloponnèse. Pausatiins place, à 30 stades de la ville, des bains chauds dont les èaiifefagipa rurem au milieu de phénomènes volcaniques, sous Antigone, fils de I)éinétrius.* Cet événement nous semble coïncider avec le tremblement de terre qui détruisit Rhodes et Sicyone , et que Pausanias * rapporte au règne de Démétrius , fils d’Antigone. Mais nous pensons que, d’après Polybe, il faut lire ici Antigone Doson, frère de Démétrius, dont il est également question dans le passage précédent. Ainsi l’époque serait fixée entre 233 et 221 ans avant Jésus-Christ, et très probablement en 223. C’est à ce phénomène que se rapportent les descriptions très détaillées que donnent Strabon* et Ovide,' quoique ce dernier en mette le récit dans la bouche de Pytbagoro. La presqu’ilo renferme deux sources chaudes et sulfureuses : l’une au nord, au lieu dit Vroma; l’autre au sud , près de Vrouiolirani. Toutes les deux montrent des traces de bains antiques; mais la distance ne serait que de 22 stades olympiques pour la dernière; et d’ailleurs c’est au nord que se sont manifestés les phénomènes volcaniques récens. Quant à la montagne de 7 stades élevée, suivant une leçon douteuso de Strabon, par les feux souterrains, ce ne fut sans doute qu’un cène de débris lancés par une bouche sous-marine près de la cèle septentrionale, cône qui aura disparu comme l'ile Julia, et dont les Kaÿmmenis seraient les débris.
’ Paus., Cor., C. 34 , i 2 , 1 , 355, «I. Subclis.
1 Pas»., Cor.. C. 7, 3 1 .
1 Strab., f , part. I , p. 70 , cd. Coray.
* Ovid., <Vetam., XV, v. 290.
Calaurta, insula (»' K«XeJfi<«). Otle Ile n’a pas 30 stades de circuit comme ou lit aujourd’hui dans Strabon , mais 130. Le même géographe et Pline évaluent sa distance au continent à 4 stades ou*à un demimille. Ce chiffre s’applique non au passage de Poros, qui n’a qiic 2 stades, mais à l’entrée de la rade, et montre par là que Poros formait alors une ile distincte; aujourd’hui encore, lorsque le vent souffle de l’est, les deux îles sont séparées. La grande ile est désignée de nos jours, suivant Dodwell et Chandlcr, sous le nom de Palatia. On y trouve au sommet du plateau, à 800 mètres à l’ouest de la chapelle Saint-Nicolas, une enceinte assez grande pour avoir appartenu à une ville , et qui n’est peut-être que l’enceinte sacrée du temple de Neptune, dont les ruines sont très apparentes.
Sphœria (» s+««ffe). Petit rocher de forme ronde, très près du rivage et à 300 mètres à l’ouest de Pilot sur lequel est construit le fort Ueydeck ; MM. Virlel et de Vaudrimey y ont vu les ruines d’un temple qui occupait presque toute la surface de l'ilot. C’est sans doute le temple de Minerve Âpaturia; il serait aujourd'hui impossible d’y passer à pied, comme on le faisait au temps de Pausanias.'
Scyllœum prom. (ï*uxx«î*k a«pe»).* La chaîne des monts Adères se bifurque en se terminant à l’est, de manière à former deux caps séparés par un petit port. Aussi Pausanias distingue-t-il le promontoire Scyllœum, au nord, du promontoire Bucephalu », au sud. Trois petites Iles, //aliusa, P il y usa et Aristerœ * s’avancent dans le prolongement de ce dernier. Tous les géographes, depuis Sophianus, donnent pour nom moderne au Scyllœum, Skyli; cepeudant, suivant M. le capitaine Peytier, ce nom est inconnu dans le pavs et doit être remplacé par Spathi. Ce dernier nom, suivant nous, peut appartenir au cap méridional; mais les pilotes désignent , sans aucun doute , toute la pointe sous le nom de cap Skyli.
Etoiles (’hï«V,ç). Chandler place ce bourg à un Palæo-Kastro, situé, ditil, entre le cap Skyli et Calaurie. Nous n’avons point trouvé de ruines dans cette position ; mais il existe sur la côte méridionale , près le ha-
Pau*. Cor., C. 33, $ 1.
* Paua., Cor., C. 34, 5 7.
mcau de Phourkaria , une acropole hellénique qui domine les ruines romaines en partie submergées, dont le port e9t entouré : c’est pour nous Eiones. Cependant, on peut se demander s’il est probable qu’une des villes Dryopcs ‘ eût été fondée dans un lieu qui dépendait du territoire de Trœzen?'
Un cap surbaissé, dont le sol est très fertile, porte le niétokbi d’Hydra , où nous avons remarqué des ruines qui pourraient avoir appartenu au temple de Cérès Thermesia.
Le périple de Pansanias, du Scytlœum à flertnione,1 ne nous paraît pouvoir être entendu qu’en supposant qu’il fût forcé par les vents d’ouest de contourner Hydra, et celte hypothèse n’est elle-même que peu satisfaisante. Le promontoire Acra , ou Colycrgia suivant le texte de Clavier, serait le cap oriental d 'Hydrca; Trikrana serait l’Uc Trikera. Pausanias pénétrerait ensuite dans le golfe Herinionique entre le mont Duponhmus (cap Mouzaki) et l’ilc Apcropia (Doko), et rencontrerait le Posidium sur la pointe de kastri , à laquelle il donne les dimensions exactes de 4 stades de largeur sur 7 de longueur.
Hcrmione (*"if pui**). Les ruines de cette ville occupent toute la pointe de Kastri et la pente de la montagne que les anciens désignaient par le nom de Pron ou sommet. Les ruines du temple de Neptune se voient encore à l'extrémité du promontoire. Le village de Kastri doit occuper remplacement de l’acropole. Son église est construite sur les fondations d’un temple, peut-être celui de Cérès.
Les noms de Pron et de Thomax ne doivent pas être appliqués aux chaînes de montagnes, voisines d'Hermione, comme on le fait généralement; mais seulement aux deux petites sommités opposées que coupait la route de l’Hcrmionc moderne, ou du temps de Pausanias, à la ville de 3Iasès.
' ISous ne ponrons admettre l'opinion de M. K. O. Muller sur U position des Dry opes: ■ JVam et I/ermionam , et Eionem, tt Atinem, inter Bnporlhmvm et Slmthuntem ptom. tilat vit» t jdm dudum inlelUgere deUbant geographi. » (Pc Rebus Ægin.) Il en est de même des conséquences plus ou moins ingénieuses que cet balûle critique tire des erreurs ou de l'obscurité de Strabon au sujet d'Orftée et d'Asiné.
* Strtb., VIII, C. 6, S 13. ed. Coroy ; llom. , II . B, ▼. Hf.
* Paus., Cor.. 34.
Il ci viens (eSami ). Le nom ancien de ce bourg parait conservé dans celui dn village d’Hios, mentionné par Fourmont et Gell, et dans celui d’ilia du catalogue de Nauplie. Quant à nous, il nous a été im-
possible de recueillir, sur les lieux, aucun nom moderne, tant le canton était dépeuplé. Il existe, d’après Gell, des ruines de ville dans la plaine d'Ilios, à 1 h. 20' de Kastri, route de Dainala. Nous avons ru en outre, sur un pic rocheux, à l’est de celte plaine et au-dessus du capThermisi, l’enceinte d’une forteresse hellénique, qui parait avoir été destinée à défendre le port et les salines de Thermisi. En se rendant de ce dernier lieu à Kastri, on passe près d’une chapelle , avec soubassemens antiques.
Le temple de Cérès Thermesia était situé près de la mer et sur les limites de la Trœzénie, qui n’étaient qu’à 80 stades du capScyllæum. Le nom de Thermisi , conservé? à un cap près d’Hermione , et les ruines antiques près d’une chapelle, au-dessus des salines, semblent indiquer sa position ; mais la distance, 80 stades, est beaucoup trop faible et conviendrait davantage à la position du métokhi d’Hydra.
Ilalice, urbs {» ‘AXnr»), M. de Vaudrimey a reconnu les ruines d’une forteresse hellénique à ->,000 mètres sud de Castri, sur les bords de la mer; une petite île formait son port. Go n’est qu’avec doute que nous lui attribuons le nom d’Halice. Pausanias,* Scylax,* Xénophon,* un fragment de Callimaquc,* montrent seulement que Ilalice ou Halia était située au sud d’IIermioue. On ne peut rien conclure des passages de Thucydides où il est question des Ilalicns, attendu qu’il ne suit pas d’ordre géographique. Cette ville, après avoir été plus connue que Masès au temps de la guerre du Péloponnèse, laissa plus tard à celte dernière la possession du rivage.
Mases (« m «*■»«). Nous devons au même officier la connaissance des ruines de Masès. Il a vu à la partie méridionale du beau port Kelli ou Bisati les ruines d’une ville considérable, dont une grande partie se prolonge sous les eaux. Il a remarque, en outre, sur la colline qui do-
‘ Paw., Cor., 36, $ 1.
3 ScyUc., J 51. ^
» Xcnopb., VI.
* Callitn-, f, 383-
mine la ville une perte et diverses ruines de construction cyclopccnne: c'est un lieu de recherche qui réclame toute l'attention des voyageurs.
La carte indique en outre des ruines de temple sur le promontoire le plus méridional, près le cap Mylonas, lieu où il nous a semblé apercevoir un grand tumulus.
Didytni, viens Co bourg, qui appartenait à l’Hermionis, est
remplacé par un village qui a conservé le même nom. On y voit une citerne ou un puits de construction antique et quelques fondations en grandes tailles. La montagne, à T est-quart-nord du village, porte le nom de Didyiua, à raison de ses deux sommets d’égale hauteur. Nous ignorons la position de Philanorium et de Bolél, dont le dernier n'était que Je nom d'un lieu où l'on remarquait des amas *de pierres ramassées (xilâM- r£r >.t?*l»t) il devait être très près du joli village de Phourai. — Philanoriuiu existait peut-être à l’extrémité nord de la plage du port Kiladia, où 31. de Yaudrimcy a vu divers débris antiques, et notamment une chaussée ou digue.