‹ Expéditions autour de ma tente [microforme]Chapitre 11 sur 24 · LE REVOLVER · texte numérisé non relu

LE REVOLVER

Dix fois sur dix, ils éclatent, et, ma foi, ce n'est pas si drôle que d'être si près.

On a bien encore quelques Européens arriérés qui dédaignent les améliorations modernes et tiennent ferme au pistolet d'arçon.

Il y a aussi les armes de précision à un seul coup. Mais elles ne servent généralement qu'à orner les panoplies, ou à entrer en scène dans un petit duel pas trop sérieux.

Parlez-moi du grave revolver, du gaillard qui crache ses six projectiles à deux cents mètres et tue infailliblement à trente.

Voilà le genre. Aussi l'humanité bien pensante l'at-elle accepté comme protecteur personnel dans nos armées modernes.

Un homme qui sait bien se servir du revolver est à craindre.

Faut-il affirmer aussi qu'il est très-difficile de tirer juste? Et moi qui vous parle, malgré mes quinze années d'étude, je ne puis encore faire mouche à chaque coup.

J'abats bien un perdreau à vingt pas (?), et la vie d'un homme ne serait parbleu pas en sûreté dans un rayon de quarante mètres du canon de mon arme; mais cela est infime.

Donnez-moi, par exemple, un cow-boy américain qui tire des deux mains à la fois, et croit avoir fait une chose extraordinaire quand il manque un coup sur vingt.

Après tout, attachez l'importance qu'il vous plaira à ce que je viens d'avancer. Je ne le donne pas pour dogme religieux.

Certains tireurs sont fiers de toucher une fois sur vingt, et je ve puis faire autrement que de les en féliciter.

D'ailleurs, cette vanité peut valoir l'autre : question de tempérament.

Mais n'engendrons pas une mauvaise querelle làdessus , et, pour mettre un terme à cet intéressant chapitre, je vous propose une digression sur le sabre.

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