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LA NOTION DE RACE PURE

Les races de volailles sont nombreuses et chaque année il s’en crée de nouvelles. Les loïs de Mendel permettent de prévoir comment des caractères peuvent se combiner pour donner de nouvelles formules. C’est la création dite par hybridation bien connue des éleveurs.

A côté de cette méthode que l’homme peut encore diriger, le hasard peut agir, et, pour des raisons que nous ne connaissons pas encore, un nouveau caractère ou une modification d’un caractère peuvent se produire sans que rien dans l’ascendance se rattache d’une manière continue au fait observé. On a donné le nom de mutation à ces transformations brusques devenant tout de suite héréditaires.

La notion de race présume donc toujours une transmission héréditaire constante à l’exception de mutations qui peuvent s'éloigner plus ou moins du type originel et être à leur tour la souche de races nouvelles.

Les éleveurs considèrent donc, comme de race pure, tous les animaux susceptibles de donner par la reproduction des descendants ressemblant à leurs

parents et se ressemblant entre eux autant que les parents pouvaient se ressembler.

Le phénotype préoccupe donc constamment l’éleveur qui, impitoyablement, sacrifie ou empêche de se reproduire les animaux s’écartant trop du standard établi par l’association des éleveurs ou club de la race en question.

Les standards sont d’ailleurs fixés tout à fait arbitrairement et les caractères exigés ne sont pas toujours capables de se transmettre d’une façon dominante.

Par exemple, il est exigé que la race Andalou d’exposition ait un plumage bleu liseré de noir. Or, Île croisement d’un Coq Andalou bleu et d’une Poule Andalou bleu donne toujours 1/4 de blanc maculé et 1/4 de noir qui, eux, sont bien fixes et seulement 1/2 de bleu. Le type standard de cette race est donc un type hybride.

Il en est de même pour le caractère de polydactylie imposé pour la race Dorking, entre autres. La mutation est infixable et toujours, dans les croisements entre Dorking, on rencontre des animaux à pattes normales.

L'animal le plus conforme au standard n’est donc pas un animal homozygote pour tous les caractères qu’il présente. Le type, dit d'exposition, n’est pas une garantie de pureté.

Si nous nous plaçons au point de vue endocrinien, nous devons être encore plus exigeant que l’éleveur.

Considérons la race Rhode Island par exemple. Le standard demande que les plumes dorso-lombaires

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de la poule soient de couleur rouge marron uniforme, de même pour les coqs. Il est évident que l’éleveur exige en outre que la descendance donne des animaux ayant les mêmes caractères. Prenons un lot de ces oiseaux, aussi purs en apparence que possible et donnant des descendants de type aussi pur. Sans avoir besoin de castrer les coqs, faisons-leur les injections de folliculine à faible dose de façon à être au seuil (5 gamma de benzoate d’oestradiol par jour, par exemple), nous verrons qu’un certain nombre d’entre eux présentera un pigment noir sur des plumes arrondies femelles. Pour les poules, faisons une ovariectomie incomplète, le pigment noir apparaîtra sur un certain nombre de sujets.

Poussons l’expérience plus loin, c’est-à-dire injectons au coq davantage de folliculine (20 gamma par jour), et ovariectomisons complètement les poules. Les coqs injectés présenteront alors un plumage femelle marron typique et les poules opérées le plumage mâle marron. Le pigment noir était donc une réaction spéciale du bourgeon vis-à-vis d’une dose faible de folliculine. On ne peut le considérer comme intermédiaire entre deux pigments marrons, aussi l’avons-nous qualifié de pigment transitoire,

Les autres animaux n’ont pas présenté ce pigment.

Nous pouvons donc conclure que, malgré les phénotypes identiques, la souche présente en réalité deux catégories d'animaux; malgré les apparences, il n’y a pas homozygotie et les animaux croisés entre eux, sans se préoccuper de la réaction à la dose minima

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de folliculine, seront presque toujours hétérozygotes vis-à-vis du caractère couleur marron du plumage.

A côté des caractères phénotypiques, une race pure doit donc présenter les mêmes propriétés physiologiques chez tous les individus. Il est évident que l’impureté dans l'exemple cité paraît peu importante tant que l’animal ne doit pas figurer dans un croisement. Si l’hybridation ultérieure est employée par l’éleveur, ce dernier aura des résultats inattendus.

Il y a tout de même un inconvénient immédiat. On sait, en effet, que l’activité endocrinienne de l'ovaire n’est pas constante. Il y a, notamment à l’époque de la mue, une forte baisse de sa sécrétion et c’est justement à ce moment que le bourgeon inscrit fidèlement l’état endocrinien. Des taches noires pourront donc apparaître. Nous avons eu des Poules Rhode Island qui présentaient ainsi des types divers de plumes suivant la date de leur poussée : certaines étaient marron pur, d’autres tigrées de noir, d’autres avec des taches noires assez grandes. Un observateur non averti penserait sans aucun doute qu’elles proviennent d'animaux différents.

Nous sommes donc ainsi obligé, pour toutes les races que nous employons, de rechercher si elles ont un pigment transitoire, étape de la féminisation, mais étape non obligatoire puisqu’elle n’apparaît pas pour une féminisation ou une masculinisation trop brusques.

Nous concluons donc qu’il est important de connaître, outre le standard de la race, sa forme neutre, sa sensibilité à l'hormone ovarienne et l’existence de pigment transitoire.

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