‹ Expériences hydrauliques sur les lois de l'écoulement de l'eau à travers les orifices rectangulaires verticaux à grandes dimensions (volume 2)Chapitre 4 sur 50 · ÉTABLISSEMENT DE L'APPAREIL SERVANT AUX EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENT DE L'APPAREIL SERVANT AUX EXPÉRIENCES

2 o . Ces expériences ; . devait > i se • faire ? dans i'encéfeite même des fortifications de ia ViHe de- Metz, y afin d'éviter les dépfacemens, on ne fut pas entièrement maître de choisir un local propre à; satisfaire à toutes les conditions qu'il serait convenable de s'imposer dans des expériences hydrauliques. .•/ • r; • v:\ • :"\ .-y { . . ; , ? . 0/;,

Le volume des eaux mis à notre disposition par les ba*r sins de la Seille et de la Moselle^ qui viennent se réunit au-dessous de Id ville en la traversant de i part en patt, étant très-considérable dans la majeure partie.de ia saison où l'on peut opérer, on ne rencontrait f sous ce rapport, aucun obstacle au bot qu'on vojulait atteindre ; mais il n'en était pas ainsi quant à la chute disponible. Près des diverse^ écluses r déversoirs jet retenues d'usinefc , établis sur l'une où l'autre rivière, la chute , de- l'amont i lavai, île s'élève pas au-delà de 2 m k 2iï f yw 9 quoique la hauteur /de pente générale, de l'entrée à là sortie d^s epux dans la, ville, surpasse môme 4 mètres. ' ...:"<:•.■-, • ;, :u:> ;>'*■, •*•..:

Après un examen attentif -des ressources ioâertes par là disposition naturelle des fossés de la fortification, nous pensâmes qu'un local' qui : nous {permettrait jde recevoir et dp

retenir à toute leur hauteur les eaux de la Moselle supérieure dans un. bassin suffisamment vaste pour offrir les avantages attachés à un niveau, constant , et de ies déverser immédiatement, dans la basse Moselle, trèsJoin de son entrée dans la ville; nous pensâmes , dis je , qu'un tel local pouvait présenter les chances de succès les plus favorables.

21. C'est ce locale que nous avons eu le bonheur de rencontrer, et qui nous a permis de disposer d'une chute totale de près de 4 mètres de hauteur ; mais , comme il faut un bassio, de jauge très*grand et suffisamment profond pour recueillir les eaux provenant des expériences, ainsi qu'un canal de décharge et d'arrivée de ces eaux , comme enfin les orifices nç peuvent, sahs limiter la question et sans inconvénient, être placés très-près du fond du réservoir, il a fallu sacrifier une portion notable de la chute totale, dont la partie disponible s'est trouvée réduite à enyiron 2 mètres pour ies circonstances les. plus favorables. Cette hauteur de charge a eh jeffet été obtenue dans les expériences de i&iy; paak v ; dans celles i de | 1828, la charge na jamais excédé 1^,60, soit à cause des sécheresses > soit parce que les reie* nues extrêmes des eaux dans le bassin supérieur n'étaient pas saris inconvénient, et occasiônaient des plaintes* Heureusement que les charges au-dessus de 2 mètres ne sont pas celles qui intéressent le plus la pratique, et que les expériences de Mi» cheiotti et de Bossu t , ainsi que ies nôtres , s'accordent à prouver , que i ies coefficient de correction » des formules varient extrêmement peu^ quand ies charges sur le centre de l'orifiéé excèdent huit .à dix fois lai hautçuri de l'ouverture.

L'emplacement dont nous vouions parler est situé en amont du grand pont, dit le Ponttffwy/ qui traverse le bras inférieur de, la Moselle vers sa sortie de /la ville; il est^ sur la riye droite de ce bras y>et comprend une langue de terrain d'une largeur d'environ .pc mètres; séparant la basse Moselle

des fossés de i enceinte de Saint - Vincent , fossés qui sont alimentés par les eaux de la haute Moselle, au moyen d'un canal souterrain et d'une vanne d entrée placée à côté du dé* versoir dit des Pucelles, à environ i ioo mètres au-dessus du Pontiffiroy* Les mênies fossés sont traversés , un peu audessous du point où se fait la prise d eau nécessaire aux expériences, par un Batardeau en maçonnerie portant un pertui s avec vanne qui se ferme et s ouvre à volonté v ♦ pouf le règlement des eaux dans les fossés de l'enceinte de Chambière. On peut ainsi élever les eaux des fossés rfle Saint- Vincent au t niveau de celles de la hpute Moselle, et, à l'aide de la vanne placée à la prise, supérieure, on est maître d'en régler «le» i volume, selon les besoins. On peut voir une partie de ces; fossés et du bat^rdeau inférieur (a') dans ie plan général joint à ce mémoire {planche f*> fyi r).

22. Ce dispositif > pour lequel il ny avait point de'ff-ais à faire, présente l'avantage dun basski immense^ dune superficie de plus de 25000 mètres carrés*, et qui aurait pu servir immédiatement de réservoir, pour les expériences* s'il eût été facile d'en régler le niveau- et d'opérer la manœuvre des vannes d'entrée et de sortie; mais la nécessité d'alimenter d'eau les fossés de Chambière d'une manière constante, les variations du niveau dans ia Moselle supérieure occasionées par le jeu dés usines , i£jcc. , l'impossibilité d'empêcher les énormes fuites qui se font à travers le batardeau d'aval , enfin l'élévation du fond des fossés de Saint - Vincefct au - dessus du lit de la basse { Moselle , ont fait renoncer à l'idée de leur donner une telle destination. Il a fallu créer un nouveau bassin (b 7 ) (planches i *t %, fig. 1, 2 à j et 4) entre ces fossés et la basse Moselle, . pratiquer un canal d'entrée avec une double vanne de garde en (G*) {planche i re ê $g. 1 et 2 );,poufry admettre les- eaux y ainsi qtf un canal de décharge (souterrain d'e' (pJanvlrèsrritzifîg* Fjj/fttf

et 7) avec vanne en d' pour vicier le bassin à volonté, et qui , conjointement avec la vanne en (c') # pût servir à régler parfaitement le niveau pendant la durée de chaque expérience; enfin on a dû établir au-dessous du réservoir (b'), pour recueillir et mesurer le volume des eaux écoulées par les divers orifices, un bassin' de jauge (/) (planches 1 et 2, fg. 1, 2, j, 4 et 6) % ainsi qu'un canal général de décharge (f') (planches 1 et 2, jig. 1, 2, 3 et 4) servant à verser toutes les eaux dans la basse Moselle*

Les dimensions et cotes des parties importantes ont été indiquées dans les planches / et2(fig. 1,3 et 4) et dans la légende qui précède les planches : on y trouvera aussi l'indication de débiais, digues en terre et constructions en charpente qu'il a été nécessaire d'établir, et dont les plans: et coupes détaillés sont rapportés dans la planche 2 (fig. 3, 4, j , 6 et 7). Ces planches suffisant pour donner une idée exacte de l'ensemble et des diverses parties , nous nous bornerons ici à ajouter quelques observations particulières, que nous croyons essentielie$ pour l'objet des expériences.

23. Les localités ont, comme on voit, singulièrement favorisé l'établissement du nouveau réservoir (b') : car, ce jçésçryoir étant compris entre le chemin -couvert du corps de place de Saint- Vincent, et un aVant-chemin-couvert sé+ paré du précédent par les excavations pratiquées lors du commencement d'exécution d'un ouvrage anciennement projeté par Cormontaingne sur cette partie de la place, et dont l'achèvement a été totalement abandonné; ce même réservoir se trouvant d'ailleurs naturellement limité, d'un troisième côté, par les glacis de gauche de Saint-Vincent > on n'a eu besoin que de construire la digue çn terre (K.') ( planche iT*, fg. i re : ) pour qu'il devînt possible de contenir les . eaux à la hauteur de celles de la Moselle supérieure. '

Le réservoir dont il s'agit , présentant lors des fortes

charges une superficie d'environ 1500 mètres carrés, n'é* prouverait qu'un abaissement de niveau d'un millimètre pour une dépense d'eau de i ra,c \5, en supposant mêwifr qulï^rfe reçût aucune alimentation de la part des vannes { c' ) ; mais, la dépense des orifices d'expérience pouvant s'élever beaucétfp plus haut, comme on le verra tout-à-f heure, tes variations dn niveau seraient devenues trop fortes malgré la grande étendue du bassin , et il était nécessaire de recevoir une affluence continue de liquide, pour que le niveau pût s'ertttetenk très-sensiblement constant/ D'un autre c6té, les vannés : {c) ayant dû recevoir de grandes dimensions pat le motif qui sera exposé plus loin, elles ne pouvaient dès -lors* être mancetivrées avec commodité pour régler le «veau, et c'est ce qui a fait recourir à la vanne de décharge d', placée à une certaine distance des orifices d'écoulement, laquelle offre , en outre, l'avantage de pouvoir mettre complètement le bassin à sec en très-peu de temps.

*4- Cette vanne dp décharge; n'ayant <que o m ,4o de largeur, se manœuvre aisément à l'aide d*tme tige verticale; et, comme die tire les ea&x du fond, elle a une action sensible sur l'abaissement du niveau supérieur du réservoir : l'habitude qu'acquiert l'homme charge du soin de régler ce niveau, fait qu'il atteint en assez peu de temps le but désiré. On remarquera, au surplus , que l'entrée de la vanne de décharge *»t séparée par un éperon de la partie du réservoir où est placé l'orifice , de feçon à éviter le plus' possible toute cause de trouble : on s'est assuré, en effet; par des expériences' diirectes et *Vlirfées , ^u 4 <mi «obtient, pou* les mêmes orifices et les mêmes charges, une quemtité d'eau constante, soit que lé niveau dans le bassin ait été réglé «a maintenant la vanne de décharge plus ou moins; ouverte, soit qu'il lait été en la laissant totalement fermée. Or, dèms toutes nos expériences , le t niveau a été établi de ntenièré à ne

HTDBAULIQWUS. $ J

mettre qu'une très *peti$ç quantité d eau. surabondante dans le bassin, et à lever en conséquence dé très-peu le vaiméxle décharge. . ,

Cette, faiMe influence de 1 écoulement parlâxanne de dé? charge a explique irce- bien „ noorseuiement parle dispositif d* 1 éperon qw anmiik en grande partie le mouvement latéral desre&ux, mais encore paj.l'éipignement même de cette vannée des» orifices d expiâdènc^ qui se trouvent reportes dans l'intérieur <hi bassin de rettmt ( r?). ( planches, i et 2, fig. 1, 2 h 3 , -f » f et (f), dont l'objet essentiel est de placer ces orifices dans lès circonstances les plus ordinaires' de ta pratique , et de permettre* de varier très-aisément ie9 difFérens modes, par là* quels l'eau peut y parvenir directement.

25. Pour atteindre; ce dernier but r on a. donné. au bassin dont il s'agit une forme prismatique régulière» et lW>a revêtu son fondt horizon t al £t ses faoss verticales de madriers de 54 millimètres d'épaisseur* fixés 1 contre des gîtes et poteaux en chêne! d'un fort écarrissage, au moyen de clous rt de vis à bois. La, face c daval , ; destinée à recevoir les! difft-r fens orifices, se ; trouve -appuyée contre quatre, gros montai» en chêne* qui laissent entre eux tout l'intervalle, nécessaire pour recevoir . les» plias grands orifices , sans gêner lar mat nœuvre. L'intervalle du milieu est spécialement destiné au* Wf p&KPpes -; on a. eu, soin de le fexmçr, du côté.dii: réservoi^itjfmr des, bouts de , madrier sans , rainures > et fixés avec de« cious À vds, quiipusaent étrei enlevas , au besoin, powuy substituer un châssis, monté à boulons et écrouq. ,Ci*j châsaiffj formé aussi de; madriers de o^ f o 5 4 d ? épaisseur :„ partie Korifoe fixe ou pert$tis>, t dont les bords sont taillés en; biseau etéraA&i* yers ï^ak\[pianckes\ief a, fig. ik 2,,^ 9 +*.p t . &.et i^^étt façon que taverne fluide ne puisse atteindre, à.sâ sortie du réservoir, les parois formées par l'épaissjeur du châssis, et que

P?P<ftftséqj*em oav.*wt «^4ta* r ,iquafld3Q«l f *,pst néçsss^ft, fc

placer rigoureusement les choses dans les circonstances des orifices à mince paroi.

16. Les dimensions du bassin de retenue (r'), du bassin de jauge (/), du canal de décharge (f 7 ), &c, ont été réglées de manière à permettre de varier les expériences dans une étendue raisonnable , et sur une échelle plus rapprochée des circonstances ordinaires de la pratique que] ne le comportaient les appareils mis en usage par Micheiotti et Bossut.

Nous avons pensé que des orifices qui pourraient recevoir jusqu'à un quart de mètre carré de surface , et débiter un mètre cube d'eau par seconde sous une charge de 2 mètres environ, seraient très- convenables pour servir de limite supérieure aux expériences. Un tel orifice /ayant de o^jo à i mètre de base horizontale et o m ,2 5 à o m ,50 de hauteur, se trouverait encore dans les circonstances les plus ordinaires de la pratique, quand bien même son bord inférieur ne serait élevé que de o m ,30 à o m ,4o au-dessus du fond du bassin de retenue, et que les bords verticaux ne seraient distans des faces latérales de ce dernier que de i m ,50 ou même de i m ,3o; car il arrive rarement que les radiers et les bajoyers qui accompagnent ordinairement les permis d'écluses, du côté du réservoir, soient respectivement à des distances aussi grandes des joues ou bords de ces permis.

D ailleurs , le calcul démontre que , dans ces suppositions extrêmes, l'aire des sections d'arrivée de l'eau dans le bassirt de retenue serait, pour les différentes hauteurs du niveau, tellement grande par rapport à celle de l'orifice ou plutôt de la section contractée, que la force vive du fluide , dans ces sections d'arrivée, serait à peine le 200 e de celle qu'il posséderait au sortir du réservoir , de sorte qu'on pourrait en négliger la considération dans les formules {1), et assimiler encore ce

(1) Cctonrftez, à ce su)oty te tome l«^dc la Nemulit Ârchittcturt fydnntffKcàc M. de

HYDRAULI QUES . $ *J

cas à celui sur lequel ont opéré ou raisonné la plupart des auteurs qui se sont occupés de l'hydrodynamique.

Telles sont les considérations principales qui nous ont portés à donner 3 m ,68 à la largeur horizontale du bassin de retenue (r # ). Quant à la profondeur de ce même bassin, mesurée suivant 4'axe horizontal des orifices, elle a été portée à 3 mètres seulement, dimension qui a paru suffire, et pour que feau pût y prendre, sous la faible vitesse dont il vient d'être parié, le régime constant quelle acquerrait dans un canal beaucoup plus long, et pour que le bassin pût se prêter aisément, dans la suite des expériences,, à recevoir les différens dispositifs propres à varier le mode d'arrivée de feau à i'ori* fice, conformément à ce qui a déjà été indiqué ci-dessus.

27. En terminant ces observations, nous ferons remarquer que le plancher qui constitue le fond du bassin (r), a été placé au niveau générai et naturel du fond du grand réservoir (b 7 ); on eût pu, sans de trop grandes difficultés, abaisser l'un et l'autre de ces fonds de manière à ménager un plus grand intervalle entre leur niveau et le bord inférieur des orifices , dont l'abaissement d'ailleurs est limité par celui du bassin de jauge (j'), et des canaux qui servent à recueillir le liquide à sa sortie du réservoir , parce que la trop grande proximité de ces derniers et de l'orifice peut, en effet, altérer le produit de l'écoulement dans certains cas. La crainte d'augmenter les irais de construction , jointe à là considération , déjà, mise en avant plus haut , sur la proximité ordinaire des radiers et permis d'écluses, nous a ôté ( l'idée 4c cet approfoii* dissement. •/■■■■

Au surplus, la hauteur minimum obligée de l'orifice en fixe naturellement le bord inférieur à au jmoins o m ,2j audessus du fond du bassin ; et , en sacrifiant un peu sur la

Prony, le Traité dt mécanique de M. Poisson, et les notes dont M. Navfcr a enrichi ta nouvelle édition du terne K de VArdùxmnbèradiqm de Bflidor.

hauteur de ia charge d'eau disponible, on pourra toujours, au besoin, isoler ce bord et ce fond de manière à rendre la contraction qui leur correspond à peu près complète : c'est, en effet» le parti que nous avons adopté dans les expériences de 1827 et 1828 sur l'orifice de 20 centimètres de largeur* donfe la base a été élevée à environ o m ,j4 au-dessus- du plancher du bassin de retenue. 1

28» Pour recevoir par seconde le mètre cube deau dont il a été question (26), il a fallu donner ai* bassin de jauge. ( j') une capacité d'au moins 24 mètres cubes, afin que ion pût, avec un chronomètre à repos de Bréguet, marquant lesdeQM» secondes, obtenir ia dépense à environ y^-ppès, et qu'avec le chronomètre à plume du même artiste , donnant les, -p- de seconde, on pût l'obtenir largement à ttt p*ès > lors des opérations qui demandent beaucoup d'exactitude* Dans la première année «des expériences, oà Ion se proposait principale* ment d'étudier l'appareil dans toutes ses parties et pour les orifkeside 20 centimètre$de largeur, on soit* en effet, servi du premier chronomètre i mais, dans lesannées suivantes* on» a reconnuda nécessité d'employer «l'autre r afin* de r se réserver l'avantage**!©, n'opérer que sur de médiocres volumes d'eau, *t d'éviter les caiises d'erreur qui se présentent quand on remplit la jauge jusque vers^sa partie supérieure, causes dont» il sera fak mention en son lieu.

. 2^4 La nécessité de pouvoir* admettre, dans certains cas, le* 24 mettes cubes dans lai jauge, a fait donner à celle-ci 6 mètresj dé longueur <4 mètres de largeur/ et- 1 mètre de profondeur. Cette dernière dimension a l'inconvénient de diminuer beaucoup la hauteur de. chu te disponible ptoup des expériences.^' et l'on* aurait songe à augmenter notablement vieé dimensions) horizontales de cette jauge aux dépens de sftprb*

fbndewr, sî l^ffp'swairdû craindre aussfd^ugmenteriësdîfll:cultés d'établissement ,;Ie& foitçsrfit pertes de toute .espèce* et

HYDRAULIQUES. jp

de donner; en outre, une trop grande influence aux erreurs provenant de l'appréciation dte la hauteur des eaux admises dans la jauge lors de chaque expérience.

Peut-étre aussi eut- il été à propos de partager cette jauge en un ou plusieurs compartimens, au moyen de cloisons verticales étanchtes et portant des vannes pour établir ou intercepter, à volonté, 4a communication des uns aux autres: -par là, m effet, on eut pu opérer avec les mêmes avantages pour les fortes et les faibles dépenses d'eau; mais , vu les inconvérttens inséparables d'une pareille disposition , on a préféré ise servir àç jauges à part ibrs des expériences sur les faibles dépenses , ainsi qu'il Sjerà expliqué plus loin.

3 o. &e bassin (j') f dont nous parions , a ététevêtu entière^ teent en madriers de chêne de 0^,054 d'épaissfeur, assemblés à rainures et languettes, cloués Sût des gîtes tet potelets de 1 2 centimètres sur 1 4 çeritimèttfes d'écarrisaage , et appuyés de toutes parts contre des terres bien choisies et bieft damées. Des traverses et écharpes supérieures relient entre eux les chapeaux <ïe couronnement des potelets; une vanne de 6 m ^8 et longueur, platée vers le milieu de la fece vfertfcaie d'aval, sert à évacuer les eaux après que chaque expériehcéest terminée , et cette vanne est' garnie d'une bande mince, en tuîr de baffle, dans tottte i& partie flottante. Sur l'un des côtés du btesift on a disposé un petit puits ^observation {H ê ) {planchés 1 et i; $g. /> 2 % j-, kf. et <f) dont le fond, de niveau avec celui de ce bassip, en reçoit les eaux par une communication saù* terrafoe de o m ,$<> de haiweur et autant <te largeur; ce priât* *st deatiné à mésttftr : fes hauteWs du nfre«k ij dès efcu» 4»I* rtiises dans le bassin , à f akle de TappareH V^e nous décriras à ¥axticié Jaugeage , et à difrintïer les tauses d'erreurs provenant de*i oscillations de ce niveau : tHt^eseeftd dans le puits par le rtroyen de plusieurs marches.

Âiai$*é tous tes soins' donnés à la construction dufra&frl

4o EXPÉRIENCES

de jauge, et quoiqu'on eût calfaté soigneusement tous les joints des madriers, il a été impossible, ta première année, de le rendre parfaitement étanche ; les fuites étaient très-sensibles , et d'autant plus fortes que le volume des eaux admises était plus considérable. En outre , lors de l'accident dont il sera rendu compte plus loin , des affouillemens ayant eu lieu sous la partie d amont , et le bassin ayant été en même temps rempli d'eau et de terre , sa charpente s'est un peu affaissée spus l'énorme charge qui pesait sur le plancher du fond ; et quoiqu'on ait relevé et calé le mieux possible les gîtes qui supportent ce fond » il est resté infléchi de façon à présenter vers la vanne de sortie une contre-pente qui empêche ie$ eaux de s'évacuer complètement , et oblige à balayer et à éponger cç qu'il en reste , toutes les fois qu'il s'agît dç vidçr Je bassin poyr recommencer une nouvelle expérience.

31, Pour éviter ces inconvéniens qui ont fait consumer, la première année, à l'opération du jaugeage, un temps considérable et d'autant plus précieux que la campagne était déjà fort avancée , il çût fallu asseoir la charpente du bassin sur de? gîtes plus fprts et appuyés de distance en distance sur des d$>de maçonnerie très - solides , ou, ce qui vaut mieux encore, il eût fallu de suite construire le bassin en maçonnerie d'une bonne épaisseur, avec revêtement en pierres de taille ou en ciment. Mais ces constructions auraient exigé beaucoup dp tçmps; on touchait au mois de novembre, et l'an éfàit impatient dç procéder aux expériences pour obtenir» dès 182,7, des résultats utiles à l'enseignement des élèves de lartilieriç et du génie, et qui pussçnt justifier ainsi l'aljpçation de fonds qui nous avait été faite par le G$uvergfmejtt. L'événement nous a prouvé, comme dans tputes les -occasions semblables, qu'on ne gagne rien à précipiter les choses : non-seulement on a employé, pour ainsi dire en pure pgtfe* beaucoup de temps à l'opération du jaugeage, à

la formation de tables de déchet, de correction, &c. , mais encore on n'a rien obtenu, dans le principe, qui fût parfaitement précis, ou qui répondît au degré d'exactitude qu'on voulait apporter dans les différentes expériences. Aussi avonsnous jugé à propos de classer à part tous les résultats de la première année (1827), qui ne peuvent nullement être comparés pour la précision à ceux de la seconde, comme nous aurons soin de le prouver en son lieu , quand nous en viendrons au détail des expériences.

32. Les difficultés dont il s'agit ne sont point d'ailleurs les seules qui soient venues entraver les opérations de la première campagne et mettre notre patience à l'épreuve. Une fuite d'abord très - légère s'est manifestée dans les terres qui recouvrent le canal souterrain de décharge d' e\ dès les premiers instans où l'on a voulu remplir le réservoir (b'); d'autres se sont montrées au pied extérieur même de la face du bassin de retenue (r'), destinée à recevoir les orifices d'expériences ; enfin une autre fuite a eu lieu vers les parties où la digue (k') atteint les maçonneries des anciennes constructions. On a tâché , mais vainement , de découvrir les causes de ces filtrations et de s'y opposer ; le terrain , formé d'une grève grossière, laissait suinter les eaux de toutes parts, et principalement aux environs du bassin (r'). Bientôt la première des fuites ci -dessus a occasioné, au milieu dune nuit, l'éboulement de la digue qui s'appuie contre la charpente de ce dernier bassin, et il a fallu la reconstruire sur de nouveaux frais. La digue (k' ) elle-même, dont le pied reposait sur la vase des anciens fossés , s'est affaissée du côté du réservoir (b'), et l'on a été obligé de la recharger de ce côté, &c. : mais en aucun instant on n'a été, dès cette première campagne, débarrassé des filtrations ; ce qui a rendu les opérations très-difficiles et très-pénibles.

Çès le printemps suivant , les fuites avaient presque tota-

lemént disparu; les joints s'étaient bouchés, et ie tassement des terres avait produit tout son effet. Le bassin de jaugeage (j') lui-même, qui avait donné tant d'embarras , paraissait être parfaitement étanche, du moins quand on n'y introduisait l'eau que jusqu'à une hauteur de 4o à 50 centimètres ; ce qui était bien suffisant pour les expériences sur les orifices moyens qu'on se proposait d'étudier, en premier lieu, d'une manière complète. Toujours animés du désir d'arriver le plus promptement possible à quelque solution utile des problèmes de l'hydrodynamique pratique, nous ajournâmes encore la construction en maçonnerie du bassin de jauge (j'), et d'un mur de garde ou d'encaissement sur le devant du bassin de retenue (r'); construction qui avait été proposée dans l'état estimatif des dépenses de 1828, et approuvée par ie ministre de la guerre. On se mit donc, dès avril 1828, à refaire le jaugeage du bassin (j'), et Ton recommença, au mois d'août suivant, toutes les expériences entreprises, en novembre et décembre de 1827, sur l'écoulement de l'eau à travers les orifices de 20 centimètres de base en mince paroi , et isolés , dans tous les sens , des faces du réservoir.

33. Il nous reste encore quelques mots d'explication à donner sur les dispositions d'ensemble de l'appareil , avant d'entrer dans le détail des opérations particulières.

Pour admettre par seconde le volume de 1 mètre cube d'eau que nous avons considéré ci-dessus comme la limite de toutes nos expériences et le module générai de l'appareil, on a dû, ainsi que cela a déjà été dit précédemment, donner de grandes dimensions aux vannes d'entrée (c') (planche ftfig.i et 2). Sans cette attention, on aurait été obligé de sacrifier, dans certains cas, une trop forte portion de la chute totale disponible , afin de faire écouler l'eau sous ces vannes avec la vitesse nécessaire pour fournir à la dépense des orifices mis en expérience; il en serait résulté dans le réservoir (b') un

trouble considérable qui, malgré la grande étendue de ce réservoir , se serait propagé jusqu'au bassin qui contient les orifices en question. Ces considérations, jointes à la nécessité de baisser considérablement le seuil des vannes (c') pour obtenir une charge d'eau convenable, nous ont fait donner \ m ,6o de largeur totale au pertuis qu'elles ferment, et des dimensions proportionnées aux canaux d'arrivée et de fuite qui les accompagnent.

34. On remarquera que l'eau, en descendant de la hauteur du seuil de ces mêmes vannes, vient rencontrer la bordure épaisse de saules xz ( planche 1 ) qui la force à se diviser , à se disséminer sur une grande étendue , et qui consomme ainsi la majeure partie de la force vive qu'elle possède à son entrée dans le réservoir (b'). La surface supérieure du fluide, dans ce dernier, demeure donc, toutes es fois que l'air n'est point agité, parfaitement calme, surtout dans l'intérieur du bassin de retenue (r'); ce qui est essentiel pour l'objet des expériences. Dans le cas où l'on opérerait sur de très-fortes dépenses et avec de petites charges de fluide, il deviendrait peut-être nécessaire de se garantir encore mieux des causes de trouble dans le réservoir (b'), en clayonnant le pied des saules pour forcer les eaux à s'étendre de droite et de gauche, et à se rendre dans ce réservoir par la plus grande superficie possible.

Nous nous sommes étendus sur ces détails, parce que, quand il s'agit d'expériences hydrauliques, rien n'est à négliger, et que les dispositions en apparence les plus insignifiantes peuvent, dans certains phénomènes , exercer une influence imprévue. Nous avons particulièrement insisté sur les fautes qui ont été commises et les accidens qui sont survenus lors de l'établissement des parties principales de l'appareil , parce que leur connaissance pourra donner l'éveil à ceux qui voudraient répéter ou entreprendre

de pareilles expériences, et que Faveu même de ces fautes, et les soins que nous avons pris pour mettre nos opérations à l'abri de leur fâcheuse influence, loin de nuire à la bontie opinion qu'on pourrait concevoir des résultats de notre travail, ne peuvent, au contraire, que contribuer à en augmenter la certitude aux yeux des iecteurs éclairés. Nous promettons, au surplus, d'en agir aussi consciencieusement dans tout ce qui va suivre.

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