RÉSULTATS DES EXPÉRIBSTCES SUR LA ROUE
Résultats des expériences faites sur la roue pour déterminer sa quantité d^action maximum.
82. Nous avons déjà dit précédemment que , lors des premières expériences sur la roue de M. de Nicéville , il n^existait dans le coursier qu^un ressaut de 8^ de hauteur, et qu^il en était résulté Pinconvénient fort grave que Feau ne pouvait dégorger à temps des aubes , ce qui équivalait réellement à une diminution de la chute totale \ aussi le rapport de FefFet utile à Fefiet dépensé fut-il sensiblement au-dessous de celui quWaient donné les expériences en petit du modèle. Pavouerai que , tout en insistant dès rétablissement de la roue et du coursier, pour obtenir Tapprofbndissement du canal de décharge , conformément aux principes que j'avais suivis pour le modèle , je ne m^attendais pas à rencontrer d'aussi fortes différences entre les produits fournis par les deux appareils, et que le désappointement que j^en éprouvai me fit réitérer, d'autant plus vivement, mes premières instances pour Pagrandissement du ressaut^ agrandissement qui eut lieu sans aucun inconvénient, attendu que le fond de Pancien coursier était composé de dalles de pierres extrêmement épaisses ; seulement la pente de ce coursier qui était de -^ , fut réduite à -^ environ , en arrière de la roue, ce qui est plus que suffisant dans le cas actuel (*)•
Comme nos premières expériences avec le re&aut de 8^, ont été assez multipliées et qu^elles peuvent donner lieu à des rapprdchemens utiles, je n^ai pas cru devoir les passer sous silence , et je les ai réunies dans un tableau à part , que Pon trouvera ci-dessous avec celui qui contient les résultats des expériences faites avec le ressaut de 3o*^x Dans toutes ces expériences d^ailleurs , on a mis à profit les changemens de niveau éprouvés par les eaux de la Moselle , d^un }Our à Pautre ou dans le même jour, afin de varier le plus possible le nombre des
{*) A la rigueur y et sHl se fût agi de dOnstructiona entièrement neuTes, on eik pu augmenter de beaucoup la hauteur de la chute disponible y et par conséquent PefTet utile de la roue 9 en mettant le fond du coursier de fuite dans le prolongement de celui du grand canal de décharge de la riyièrey et abaissant^ comme cela est prescrit N^. 1 1, l'arête supérieure du ressaut jusqu'au niveau que prennent ordinairement les eaux de ce canal pendant le travail des usines : la hauteur du ressaut eAt été d'au moins 3o à 40^ et égal à la profondeur d'eau $ d'ailleurs le coursier de décharge aurait dû être élargi le plus possible à partir de la roue ^ ont eût ainsi gagné presque toute la hauteur de pente de l'ancien coursier, c'est-à-dire , près de 50^, sans qu^il pût résulter de cette disposition , aucun inconvé« nient bien grave lorS des hautes eaux de ht rivière (87 ).
résultats ^ mais , comme il arrivait souvent que le niveau baissait ou haussait de plusieurs centimètres pendant la durée d^une même expérience , il devenait difficile d'obtenir la vitesse précise de la roue qui répondait au maximum d'effet, pour chaque ouverture de vanne déterminée j nous n'y sommes parvenus qu'en chargeant le crochet du frein de manière à faire varier la vitesse de la roue par degrés à peu près réguliers, et observant à des intervalles rapprochés, la cote de l'eau dans le réservoir, puis calculant , lorsque les expériences étaient terminées , la quantité d'action dépensée , dans chaque cas , par l'eau et celle qui avait été transmise à la roue , pour les comparer entre elles : le rapport de ces quantités ne pouvant varier beaucoup, aux environs du maximum d'effet, pour des hauteurs d'eau peu différentes, il ne restait qu'à choisir le plus grand de ces rapports parmi tous ceux qui avaient été calculés. On avait soin d'ailleurs d'observer si la loi de continuité se trouvait maintenue entre ce résultat et ceux qui en étaient les plus voisins , afin de s'assurer que ce rapport était un maximum véritable.
83. Je craindrais d'alonger par trop en insistant davantage sur ces opérations préliminaires , et en rapportant , comme je l'ai fait dans le précédent Mémoire, quelques-unes des séries de résultats obtenus, sur la grande roue, pour une même ouverture de vanne et une même charge d'eau ^ il me suffira d'affirmer que , dans les cas fort rares où la charge d'eau a été constante pendant toute la durée d'une même expérience , le rapport entre les différentes vi^ tesses prises par la roue et les charges correspondantes du frein , ont suivi , comme dans les expériences en petit (22 et suiv.) , une loi peu différente de celle qui est indiquée par la théorie , du moins quand la vitesse n'était pas trop au-dessous de celle qui convient au maximum d'effet : lorsque le mouvement de la roue se ralentit de beaucoup , par exemple , lorsque la vitesse de la circonférence extérieure se réduit aux 7 ou même à la moitié de celle du fluide , les causes d'irrégularités ^ parmi lesquelles on doit compter les résistances étrangères et les causes de pertes de toute espèce , comme le peu d'élévation des courbes, etc. j acquièrent une influence très-grande et empêchent que la foi ne soit maintenue rigoureusement.
84* Voici maintenant les tableaux des principaux résultats obtenus, dans le cas du maximum d'effet, en procédant, comme il a été indiqué ci-dessus, avec le frein de M. de Prorgr.