‹ Experiences hydrauliques sur les lois de l'écoulement de l'eau à travers les orifices rectangulaires verticaux à grandes dimensionsChapitre 16 sur 130 · LORSQU'ON NE PEUT PAS LA MESURER DIRECTEMENT · texte numérisé non relu

LORSQU'ON NE PEUT PAS LA MESURER DIRECTEMENT

12 A. Les formules qui servent à calculer la dépense des déversoirs, supposent qu’on connait la charge totale de fluide, prise en amont ou sur les côtés de l’orifice, en un point où le liquide est parfaitement stagnant. Dans la pratique, la détermination directe de cette charge est souvent fort difficile et quelquefois même impossible, soit i cause des obstacles que présentent les localités, soit par suite des circonstances particulières dans lesquelles le déversoir se trouve placé, comme, par exemple, lorsque le litpiide, avant d’y arriver, est animé d’une vitesse dont la hauteur génératrice est inconnue.

125. D’après Dubuat ( Principes d'hydraulit/uc, t. I, p. aoi, SS i 44-i 45), il faut, pour avoir la charge totale dans ce dernier cas, prendre la plus grande hauteur d’eau en amont du déversoir, et y ajouter la hauteur due à la vitesse moyenne acquise en ce point, et qui s’obtient en divisant la dépense effective par faire de la section transversale du courant en ce même point. Par ce moyen, on évalue la charge lorsque la dépense effective est donnée à priori; mais, le plus souvent on ne connait â l’avance ni l’une ni l’autre de ces deux quantités, et alors il faut procéder dans un ordre inverse, c’est-à-dire qu’il faut chercher d’abord la charge et en déduire, s’il y a lieu, la dépense au moyen des formules en usage. On est donc forcé , après avoir trouvé la plus grande hauteur d’eau en amont du déversoir, de mesurer directe-

ment la vitesse moyenne du courant en ce point. Or, les instruments dont on peut se servir pour cela n’oflrent pas par euxmêmes une très-grande précision , et la détermination de la plus grande hauteur d’eau, en amont du déversoir, ne doit pas être chose facile dans la pratique, puisque, même dans ses expériences, Dulmat (S 1 45) a éprouvé, pour son appréciation, des difficultés telles, qu’il déclare ne pas pouvoir garantir la justesse de ses mesures à une ligne près , ou de è à ^ près , puisqu'il s'agissait de hauteurs d'eau sur la base du déversoir qui ont varié de 72,7 à 1 5 lignes.

126. On ne peut donc, par ce double motif, espérer d'obtenir, dans la pratique, une grande exactitude en suivant ce mode d’évaluation de la charge. Kn outre, quelque rigoureuses qu’on suppose les opérations, le résultat qu’elles fournissent est notablement plus faible que celui qu’on trouve en relevant directement la charge en un point où le liquide est parfaitement stagnant, lorsque la largeur du réservoir diffère peu de celle du déversoir, et que, par conséquent, la vitesse acquise par le fluide, à sou arrivée dans la sphère d’activité de l’orifice, est considérable et a dès lors une grande influence sur le produit de l’écoulement.

Pour mettre ce fait en évidence, nous avons réuni, dans le tableau suivant, quelques résultats de nos expériences concernant les dispositifs des figures 6 et 19 (pl. 1 et a). Dans le premier de ces dispositifs, le déversoir débouche librement dans l’air, et dans le second il est prolongé par un canal de même largeur, rectangulaire et découvert, disposé horizontalement au dehors du réservoir. Dans l’un et dans l’autre, la base du déversoir est au niveau du fond du réservoir qui est horizontal; sa largeur / est de ora,ao, et celle I. du réservoir est de o",a4. en sorte que

Pour chaque charge, nous avons déterminé avec le plus grand soin le point le plus haut des remous, en faisant, dans toute la longueur du réservoir, par les moyens que nous avons décrits (47).

SUR LES LOIS DE L’ÉCOULEMENT DE L’EAU, une section de ia surface de l’eau par un plan perpendiculaire à celui du déversoir et passant par son axe. Ces sections sont dessinées sur les planches 37 et 3a. La vitesse moyenne acquise par le liquide, au point le plus haut des remous, a été obtenue en divisant }a dépense effective par faire de la section transversale du réservoir en ce point, et cette dépense a été prise dans les tableaux XIX et XXII, qui contiennent le détail des expériences, ou a été calculée d'après la table des coefficients (tabl. XXXIX), qui est elle-même déduite des tableaux détaillés. Enfin, nous ferons remarquer que la profondeur d’eau en un point quelconque du réservoir, exprime la charge sur la base du déversoir prise en ce même point, puisque celte base est au niveau du fond du réservoir, qui est lui-même horizontal.

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