XIX8 SÉANCE
12 novembre.
11 est neuf heures vingt-neuf minutes. La Dlle Samson tousse , se frotte les yeux , s’impatiente, se plaint , regrette d’être venue ; elle est endormie a neuf heures trente-une minutes.
D. Quel temps voulez-vous dormir ?
Ri Trois quarts d’heure.
D. Tous savez que vous devez aujourd’hui nous donner des détails sur votre mal?N
R. Oui ; j’en suis occupée beaucoup dans ce moment. Mais j’éprouve une pesanteur à l’estomac que je n’avais pas en entrant; cela vient du lait que j’ai pris ce matin ; il me bout comme un pot au feu.
D. Dites donc votre état et le remède? M. Husson va s’en aller ; voilà vos trois quartsd’heure qui s’écoulent rapidement.
R. Oh bien! ne me tourmentez donc pas. Les boutons sont toujours rouges, et mon lait me pèse sur l’estomac , parceque la poche de sang n’a plus la même direction. 11 me faut, pour guérir, beaucoup d’adoucissans ; de la tisane de guimauve , préférable à celle de tilleulorange, du looch, comme on en a donné au n° 27.
D. Voyez-vous plus clair aujourd’hui ?
R. 3Non, parceque j’ai été contrariée.
D. Qui vous a contrariée ?
R. C’est vous.
Le temps de la réveiller arrive ; M. Husson essaie de le faire ; elle se réveille à moitié , et tombe en convulsions ; la toux revient. Enfin le
SUR LE MAGNÉTISME. 5c)
sommeil ne la quitte tout -à -fait qu’après que je l’ai magnétisée, d’abord pour la rendormir, puis pour la réveiller ensuite moi-même.
XXe SÉANCE.
i3 novembre.
Les mêmes difficultés de la part de la malade qu’aux deux séances précédentes; les accidens habituels ont lieu; elle incline sa tête dans la main gauche , pendant que je la magnétise , et s’endort en deux minutes.
D . Comment vous trouvez-vous aujour- » d’hui , mademoiselle ?
R. Bien.
D. Pourquoi avez-vous vomi hier ?
R. Ce sont les élancemens que j’ai éprouvés dans le côté et l’estomac qui en sont cause.
D. D’où viennent ces élancemens ?
R. Je me suis levée pour faire ma semoule ; j’ai eu des grattemens au cœur, et j’ai vomi de la bile.
D . Croyez-vous que cela retarde votre guérison?
R. Non , monsieur.
D. Voyez -vous toujours vos boutons dans l’estomac ?
R. Il y en a un qui est plus gros que les autres, les petits sont toujours de même : oh! je ne guérirai jamais.
D. Etes -vous assez lucide pour qu’on s’en rapporte à vous ?
R. Certainement ! Je vois joliment clair aujourd’hui !
D. Que faut-il vous donner aujourd’hui ?
R , Ma tisane de guimauve, ma semoule et mon îooch; on ne me l’a pas donné hier.
Je la réveille : retour de la toux, soupirs et bâillemens.