‹ Expériences Sur L'absorption De L'eau Par Les Feuilles, Au ContactChapitre 2 sur 2 · SÉANCE DU 11 AVRIL · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 11 AVRIL

en excès de 20 centigrammes sur la déperdition. Uue feuille toute semblable, du poids de 3§ r ,65, ayant été mise sur l’eau par sa face supérieure, n’a plus pesé que 18 r ,90 après le même espace de temps.

3. Une feuille de Pyrus Aria, du poids de 2s r ,50, ayant été mise en contact avec l’eau par sa face inférieure, avait élevé son poids à 2& r ,90 au bout de trois jours ; elle était alors parfaitement fraîche dans toute son étendue. Elle avait donc gagné environ 1/6 de son poids initial. Une autre feuille peu différente, puisqu’elle pesait 28 r ,20, ayant été posée sur le liquide par sa face supérieure, s’est montrée flétrie et en partie sèche au bout du même espace de temps; son poids était descendu à l§ r ,35.

U. Une grande feuille radicale de Doronicum Pardaliànches , qui pesait 3§ r ,25, a été posée sur l’eau par sa face inférieure; au bout de vingt-quatre heures, elle ne pesait pins que 3§ r ,15. Pendant le même temps, une autre feuille un peu plus petite, qui pesait 2s 1 ’,75, ayant eu le contact du liquide par sa face supérieure, a élevé son poids à 3s r ,45, et a dés lors gagué presque exactement 1/7. Dans cette espèce herbacée, l’absorption a eu lieu par la face supérieure de la feuille.

5. Les deux moitiés d’une grande feuille de Nardosmia fragrans ont été mises simultanément sur l’eau, après avoir été. séparées par la division de la côte dans sa longueur. Celle qui touchait le liquide par sa face inférieure pesait 58V20 au commencement de l’observation. Comme elle débordait fortement le vase en avant et en arrière, au bout de vingt-quatre heures, elle était déjà crispée et presque sèche dans ces deux portions excentriques, ce qui montrait clairement qu’elle avait dû perdre beaucoup; cependant son poids total était alors de 5s r ,25, et il résultait de là que l’absorption avait dû être considérable, puisqu’elle avait plus que neutralisé une forte déperdition. Pendant le même temps, la secoude moitié, dont le poids était de 5S r ,85, était descendue au chiffre de ôs r ,85, et avait ainsi perdu plus de 1/6, quoique son tissu ne parût pas notablement flétri.

Ces observations, prises au hasard parmi celles que j’ai faites, suffisent, je crois, pour établir que, contrairement à l’opinion des physiologistes cités plus haut, les feuilles ont la faculté d’absorber par une de leurs faces, généralement l’inférieure pour les végétaux ligneux, souvent la supérieure pour les herbes, beau avec laquelle elles sont en contact. Il en résulte aussi que lorsque Bonnet, voyant ses feuilles se conserver longtemps fraîches, supposait qu’elles prenaient une certaine quantité de liquide, grâce à laquelle elles s’entretenaient en bon état, son explication du fait avait pour elle à la fois la simplicité et l’exactitude. J’ajouterai, mais sans entrer ici dans les détails, qu’en opérant d’une autre manière et en plongeant pendant quelque temps dans l’eau des branches feuillées, dont la section avait été d’abord mastiquée avec soin, j’ai reconnu encore une absorption d’eau entièrement analogue à celle qui a fait le sujet de cette note.

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