‹ Expériences sur le tirage des voitures et sur les effets destructeurs quChapitre 131 sur 143 · VOITURES A SIX ROUES · texte numérisé non relu

VOITURES A SIX ROUES

culés y dont les essieux de devant et de derrière mobiles autour d'une cheville ouvrière verticale sont liés l'un à l'autre par des tringles croisées , de sorte que, quand le train de devant tourne à droite y celui de derrière tourne à gauche , et que les deux essieux correspondants convergent l'un vers l'autre , ce qui augmente la £sicilité du tournant. L'essieu du milieu est fixé au corps de la voiture , et les trois essieux sont suspendus sur des ressorts dits à pincettes , simples ou doubles. Dans les premières voitures de ce genre, les six roues avaient le même diamètre; depuis, on en a construit qui ont de gi^andes roues au milieu.

14. Observations sur les voitures â six roues et à trains articulés. — Dans l'origine 9 on a attribué à ce genre de véhicules des avantages exagérés, et l'on a cru que l'augmentation du nombre des roues devait dans tous les cas diminuer considérablement le tirage. Les expériences rapportées dans la première partie y et dans lesquelles on a fait transporter un même poids de 6 ooo kil. sur un et sur deux chariots à six roues, c'est-à-dire sur six ou sur douze roues, sur une route en assez mauvais état, offrant des ornières, ont montré que dans les deux cas le rapport du tirage à la pression était le même. Le poids des véhicules étant compris dans la charge de 6 ooo kil. transportés, il résulte de ces expériences qu'il y n plus d'avantages pour l'industrie, à placer cette charge sur une seule voiture que sur deux , puisqu'on gagne ainsi, pour le poids utile transporté, celui d'un des véhicules ou tout ou moins une portion de ce poids. Les expériences faites sur la route en empierrement de Gourbevoie à Bezons, très-sèche ( 1 5* et i4* série, p. 82, l'* Partie) et sur le pavé de la rue de Colombes, dans Gourbevoie (aS* et a4* série, p. 86, I"Partie), ont aussi montré qu'avec un même véhicule à roues égales, le tirage était exactement le même, soit que la voiture eût six roues ou qu'elle n'en eût que quatre. L'ensemble des autres expériences ayant prouvé, d'ailleurs , que sur les ix>utes en empierrement solide et sur le pavé ^ la résistance au roulement est sensiblement proportionnelle à la pression , il s'ensuit , comme conséquence naturelle, que cette résistance doit être indépendante du nombre des roues.

Mais si dans l'état normal des routes en empierrement ^ lorsqu'elles sont unies ou n'offrent que des frayés, des ornières à fond ondulé et sur le pavé à l'état ordinaire, l'emploi de six roues au lieu de quatre ne diminue pas le tirage, il offre néanmoins quelques avantages, lorsque la route présente des inégalités très-prononcées, des tix>us, des ruisseaux transversaux profonds , etc. Dans tous les cas pareils , en effet , les roues

qui se trouvent au-dessus de ces cavités, peuvent y descendre plus ou moins par le débandement des ressorts du train correspondant , sans cpe les chevaux soient par conséquent obligés d'exercer un effort considérable pour les soulever. Cette disposition a donc pour effet de diminuer , dans les cas accidentels de ce genre , les eflforts considérables que la puissance motrice doit développer; mais Tamélioration graduelle et notable de l'état des routes tendra de plus en plus à atténuer l'avantage de ce genre de voiture , dont la construction compliquée présente des inconvénients.

L'un des plus graves , c'est d'obliger à employer y au moins au train de devant et à celui de derrière , des roues d'un petit diamètre, ce qui augmente le tirage. U est vrai que pour les dernières voitures de roulage de ce genre que l'on a construites , on a employé au train du milieu des roues d'un grand diamètre ; mais pour les voitures de messageries, il paraît difficile d'en faire autant sans gêner beaucoup l'entrée des voyageurs.

11 faut aussi remarquer que les deux trains extérieurs tournant en sens contraire, lorsque les roues sont engagées dans des ornières pix>fondeset qu'on veut les eu faire sortir, celles de devant tendent à monter d'un côté et celles de derrière de l'autre côté sur le bord de l'ornière, et qu'alors il en résulte des efforts de traction et de flexion considérables sur les tringles et sur les essieux , et une grande résistance à vaincre par le moteur.

En résumé , je ne pense pas que cette disposition offire pour la £icilité de la traction tous les avantages qu'on s'en est promis, et qu'on ne puisse en obtenir d'équivalents avec des voitures à quatre roues bien proportionnées.

Mais sous le rapport de la répartition de la charge totale sur la route, il est évident que l'usage de six points d'appui, nu lieu de quatre, diminuant notablement la pression sur chaque partie de la route, ce genre de véhicule doit être favorable à la conservation des routes, et que, toutes choses égales d'ailleurs, il doit produite moins de dégradations. Il f^^^^ donc rationnel de lui accorder des chargements plus forts k même largeur déjantes, qu'aux voitures à quatre roues, et alors, comme le poids des véhicules n'est pas augmenté par l'addition d'un train dans un rapport aussi grand que la charge pourrait sans doute l'être, il s'ensuit qu'en définitive , le rapport du poids utile de marchandises transportées au poids total ou brut peut être notablement plus grand avec les voitures à six roues

qu'avec celles à quatre roues, d'où peut résulter un avantage commercial très-notable. Tout dépend ici des proportions relatives des chargements , des roues, des dimensions requises par les conditions de solidité , et c'est pour reconnaître quels peuvent être, dans les proportions adoptées jusqu'ici, les chargements d'égales dégradations des chariots ordinaires et des chariots à six roues, qu'ont été entreprises les expériences suivantes. 15. Chargements d* égales dégradations des chariots de roulage à quatre roues non suspendus et des chariots à six roues suspendus , allant au pas. — On a pris pour terme de comparaison un chariot de roulage accéléré ordinaire suspendu , mais dont on a calé les ressorts pour en faire un chariot non suspendu , un chariot suspendu h six roues égales et un chariot suspendu à six roues, dont deux grandes à l'essieu du milieu. Les dimensions des roues, les poids des véhicules et leurs charges sont indiqués ci-dessous.

DESIGNATION

LA TOITURE

nOMBRE

DS

ROUES

LARGEUR

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