‹ Expériences sur les centres modérateurs de l'action refléxeChapitre 8 sur 9 · GO · texte numérisé non relu

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Résection tlu brachial droit. Un quart d'heure après:

Les chiffres sont un peu plus élevés, pareeque l'acide commence à attaquer la peau, mais malgré cela, c'est maintenant le côté gauche qui réagit plus vile.

Le lendemain :

Puis les réactions deviennent plus lentes, car la peau commence ii s'altérer.

Je crois que ces exemples peuvent nous suffire, et je passe à la revue du travail de M. Matkiewicz.

Ayant accepté d'emblée la théorie de M. Seczenow sur les « centres modérateurs » M. Matkiewicz s'est appliqué à étudier l'effet de l'opium, de la strychnine et de l'alcool sur l'action réflexe et sur les u centres modérateurs. » 11 a fait ses recherches avec un zèle et une patience tout à fait extraordinaires, car il nous cite des centaines d'expériences; il a observé tous les détails avec beaucoup de soin et très consciencieusement; par malheur ses conclusions se basent toutes sur la théorie erronnée des « centres modérateurs, » Nous pouvons d'après nos expériences expliquer les résultats obtenus par M. Matkic-

wicz d'une manière beaucoup plus simple qu il ne le fait luimême. Analysons ses conck.sions au fur et h mesure, tout en les citant.

Empoisonnement avec l'alcool.

I. Dans les grenouilles empoisonnées avec l'alcool l'action réflexe est plus régulière et légèrement augmentée. Ceci prouve que l'alcool diminue l'influence des hémisphères sur l'action réflexe de la moelle épinière.

Nous avons déjà expliqué l'action régularisante des hémisphères ; quand elles sont détruites, nous ne voyons que la réflexion immédiate de la moelle épinière ; les hémisphères rendent cette réflexion irrégulière en y ajoutant du leur ou en contrecarrant sa manifestation extérieure, suivant la « volonté » de l'animal. Or nous savons hélas! trop bien sur nous-mêmes, combien l'alcool diminue l'influence de la volonté sur nos mouvements. Un homme sobre peut se forcer pour différentes raisons combinées par des hémisphères, de résister à la réflexion immédiate qui le porte à retirer le pied qu'on lui chatouille ; — Un homme ivre le retirera sans s'en apercevoir. Il n'y a donc à ce fait rien de nouveau ; nous obtenons seulement comme dans le cas de destruction des hémisphères , l'action réflexe simple de la moelle épinière, soustraite à l'influence de la réflexion complexe des hémisphères, et pouvant s'effectuer librement.

IL Dans les grenouilles empoisonnées avec l'alcool l'impressionabilité pour les irritations mécaniques dure plus longtemps que celle pour l'irritation par l'acide sulfurique. Ceci prouve qu'il y a des voies anatomiques différentes pour la transmission des irritations mécaniques et chimiques.

D'abord ce phénomène n'a pas lieu seulement dans les grenouilles empoisonnées par l'alcool, niais bien dans toutes les

grenouilles; nous l'avons aussi observé très souvent, cl nous croyons qu'il dépend uniquement du simple fait que toute irritation qui se répète souvent avec la môme intensité' finit pas épuiser son influence; or, nous savons que l'acide sulfurique est justement une de ces irritations qui s'épuisent le plus vite, d'autant plus qu'il attaque la peau et les nerf souscutanés , quelque dilué qu'il soit. 11 est naturel qu'alors il ne produise plus de réactions, tandis qu'une irritation d'une autre espèce en produit encore ; nous avons souvent pu faire réagir les jambes des grenouilles à l'attouchement, quand elles cessaient de réagir aux immersions pourvu que l'acide n'ait pas encore complètement paralysé leurs nerfs cutanés.

III. Dans les grenouilles empoisonnées avec l'alcool l'incision des couches optiques ne donne, pas de dépression de l'action réflexe (contrairement aux grenouilles normales.) Ceci prouve que les centres modérateurs de ces parties sont altérés par l'alcool. Cependant l'application de sel à la section a le même effet que sur des grenouilles normales.

Ce résultat s'accorde parfaitement avec ce que nous avons vu nous-mêmes, d'autant plus que M. Malkiwicz nous donne les détails suivants: dans 59 cas il a eu après cette incision 1 7 cas avec une dépression assez forte et 42 cas sans dépression ou bien avec une dépression de 4 à 2 minutes seulement. Encore une fois, il nous semble que c'est bien assez d'une dépression de \ à 2 minutes; les 17 cas avec grande dépression sont évidemment ceux où les incisions étaient accompagnées d'une plus forte irritation mécanique, tandis que dans les 42 autres elles doivent avoir été faites avec une légèreté et une netteté extraordinaires. Dans tout cela, aucune raison pour admettre une altération des « centres modérateurs » par l'alcool ; et d'ailleurs comment concilier leur altération avec l'effet normal que produisait le sel ?

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