‹ Experiences sur les roues hydrauliques a axe vertical appelees turbinesChapitre 3 sur 19 · CR · texte numérisé non relu

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1 . Parmi les tentatives faites depuis quelques années pour améliorer les moteurs hydrauliques, l'une des plus remarquables par son succès est celle qui est due à M. Fourneyron, ingénieur civil, qui, avec cette constance et cette ténacité, qui conduisent au but, est parvenu à donner aux roues à axe vertical, qu'on nomme turbines, des formes et des proportions qui en font un moteur précieux, sous beaucoup de rapports pour l'industrie.

Depuis long -temps on employait dans les Pyrénées les roues à axe vertical , et les moulins de Toulouse , décrits par Bélidor , offrent un exemple remarquable de leur application immédiate à la mouture des farines. Riais ces roues, où l'eau entre et sort par la circonférence extérieure, après y avoir agi par le choc seulement , n'utilisent, dans les circonstances les plus favorables, que o ,35 du travail dépensé par le moteur. C’est ce que constatent des expériences faites en 1821 , par MM. Tardy et Piobert, officiers d'artillerie, et dont plusieurs seront rapportées plus loin. D’autres roues du même genre, établies à Metz , depuis trois siècles

environ, et dont quelques-unes existent encore, sont loin de rendre autant que celles de Toulouse, et d'après les observations faites en 1825 par M. Poncelet , sur leur produit en mouture , elles n’utiliseraient que vj- du travail absolu dépensé par le moteur.

M. Navier, dans ses- notes sur l’architecture hydraulique de Bélidor, avait donné la théorie de ces rSues, ainsi que celle d’une sorte de roue à aubes courbes, recevant l'eau sans choc et la laissant échapper sans vitesse, après qu'elle était descendue d'une certaine hauteur sur la roue, en suivant la surface des aubes , et il avait aussi traité le cas où l'eau entrerait plus près ou plus loin de l'axe qu'elle n'en sortirait. Cette dernière théorie , qui se rapportait alors aux diverses roues à réaction , connues ou proposées, s'applique aussi à la turbine de M. Fourneyron , en égalant à zéro la hauteur que l'eau parcourt sur la roue.

M. Poncelet , dans ses leçons à l’école d'application de l’artillerie et du génie à Metz, avait donné en 1826 la description et la théorie d’une roue à aubes courbes à axe vertical , analogue à sa roue du même genre dont l’axe est horizontal , et qui devait recevoir l’eau sans choc par divers points de sa circonférence extérieure , en la laissant échapper sans vitesse par l'intérieur.

En i 833 , M. Burdin, ingénieur des mines, a proposé et fait exécuter un autre genre de roues à axe vertical , décrit dans les annales des mines , troisième série , tome III , et leur a donné le nom de turbines , que l’on a, depuis lui, appliqué à toutes les roues à axe vertical, susceptibles de marcher noyées dans l’eau du bief intérieur.

Mais il était réservé à la persévérance de M. Fourneyron , qui depuis 1823 s'occupe de cette question, d'atteindre le degré de perfection auquel il a amené ces roues. Dans un mémoire inséré dans le bulletin de la société d’encouragement, année i 833 , cet ingénieur a donné la description de la roue qu’il construit , et pour laquelle il a prb un brevet d'invention.

Le respect pour des droits si justement acquis, par un long et consciencieux travail , nous empêchera de donner sur les formes et proportions des roues que nous avons soumises à l’expérience tous les renscignemens que nous avons été à même de recueillir et dont nous devons une partie à l’ingénieur, et par conséquent nous ne pourrons comparer les résultats de l'expérience à ceux des formules théoriques dans lesquelles ces pro-

portions entrent comme élémcns du calcul. Mais ce qu'il importe le plus à l'industrie de connaître , c'est le parti qu'elle peut tirer de ce moteur dans diverses circonstances , et sous ce rapport , les résultats que nous allons faire connaître et ceux que nous espérons observer par la suite, paraîtront sans doute assez complets pour fixer l'opinion d'une manière positive.

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