‹ Experiences sur les roues hydrauliques a axe vertical appelees turbinesChapitre 6 sur 19 · EXPÉRIENCES SCR LA TURBINE BU TISSAGE »R MOUSSAV , PBÈS SKN0NES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES SCR LA TURBINE BU TISSAGE »R MOUSSAV , PBÈS SKN0NES

(département des Vosges).

S. Description sommaire. U a été établi en i836 , au village de Moussay , près de Senones, dans le département des Vosges, un tissage mécanique appartenant à MM. Ed. Laurent et compagnie , et qui a été mis en activité au printemps de t83y. Mon service m’ayant conduit à cette époque dans ces usines, j’en profitai pour demander aux propriétaires de

cet établissement la permission de faire sur ce moteur des expériences qui missent à même d’en apprécier l'effet. Ma proposition fut accueillie avec empressement par ces industriels éclairés, et ils eurent l’obligeance de faire toutes les dispositions nécessaires pour monter le frein que je leur envoyai. Leur usine et leurs ouvriers furent libéralement mis à notre disposition. M. Foumeyron se rendit de son côté à l’invitation qui lui fut faite d’assister aux expériences , et c’est avec sa coopération qu’elles ont été exécutées. Des industriels et des ingénieurs’ du voisinage s’empressèrent de venir être témoins et de nous prêter leur concours pour les observations , qui purent ainsi être faites et contrôlées par plusieurs personnes.

Le moteur de l'usine est une turbine de o”,85 de diamètre extérieur, dont l’arbre vertical transmet directement le mouvement à l’arbre de couche du tissage, au moyen d’un seul engrenage conique.

L’eau arrive à l’usine par un canal de trois mètres environ de largeur, d’une forme régulière, qui la conduit dans un réservoir prismatique de cinq mètres de largeur, dans lequel débouche un large tuyau vertical communiquant par un tuyau horizontal très-court avec le cylindre qui contient le vannage de la turbine. Ce cylindre, dans lequel se ment la vanne, est fermé à sa partie supérieure et traversé par l’arbre vertical, dont l’extrémité se trouve à. la hauteur convenable pour que l’arbre de couche de l’atelier passe un peu au-dessous du plafond du rez-de-chaussée. De la sorte , quoique la chute totale soit de 8"‘,o4 environ , la transmission du mouvement se fait de suite à la hauteur convenable , sans aucune sujétion.

6 . Dispositions adoptées pour les expériences. Le frein composé d'un collier en fonte de o", 8 o de diamètre, tourné à sa circonférence extérieure, a été placé sur l’arbre môme de la turbine et le levier disposé horizontalement était soutenu à son extrémité par une corde de 6 à 7 mètres de longueur attachée à la charpente, afin qu’il ne s’abaissât pas par son propre poids. Sur une poulie de renvoi, placée dans une direction perpendiculaire à celle que ce levier devait conserver, lorsqu’il était en équilibre , passait une courroie à laquelle était suspendue la caisse qui contenait la charge du frein. Pour s’assurer que le levier et cette courroie conserveraient pendant les expériences cette direction perpendiculaire , on suspendit à un point fixe un fil à plomb, au-dessous duquel la ligne

milieu du levier devait être constamment maintenue. La perpendiculaire abaissée de l’axe de la roue sur la direction de la courroie, ou le bras de levier de la charge , avait 2",5o5 de longueur.

Pour assurer la régularité du frottement , on arrosait continuellement d’eau le coussinet du frein , de manière à maintenir les surfaces dans le même état d'humidité. Par suite de cette précaution , le levier restait presque constamment au-dessous de la verticale du fil à plomb, sans que ses oscillations dépassassent l’étendue de o",o4 à o",o5 et sans qu'aucun accout ait occasionné des chocs violens , comme cela arrive ordinairement, quand l'état d'humidité ou d'onctuosité des surfaces varie. Il est aussi résulté de cet arrosage continuel que l’on n’a pas employé de graisse pour ces expériences et que la température des surfaces en contact ne s’est pas élevée, même aux plus grandes vitesses, au-delà des limites tolérables , et que , pour les refroidir , il a suffi de continuer à les arroser pendant les interruptions occasionnées par le passage d’une série d’expériences à une autre.

7. Jaugeage du volume d'eau dépensé. Il était indispensable de donner le plus de précision possible aux moyens employés pour jauger la dépense d’eau faite par les orifices de la turbine , et il eût été gênant et difficile d'établir un barrage dans le canal de fuite, qui est voûté et placé à une assez grande profondeur , mais le canal d'arrivée offrant pour cela toute facilité, on éleva, à son extrémité la plus rapprochée de l’usine, un barrage en déversoir de 2", 682 de largeur, dont les bords- verticaux, éloignés de o m ,25 de ceux du canal, étaient à vive arête, ainsi que le seuil , qui se trouvait à o",6o au moins du fond du canal. L’eau n’arrivait ainsi dans le réservoir ou la huche qui précède la roue , qu’après avoir passé sur ce déversoir dont le seuil n'était jamais noyé pendant les expériences. Cette disposition faisait perdre une portion de la chùte , et l'a réduite, pour les expériences, à 7",5o environ, ce qui n’avait pas d’inconvénicns pour lçs expériences en général; mais, pour pouvoir en faire quelques-unes sous la charge totale dont l’usine peut disposer, on supprima plus tard ce barrage et alors on calcula la dépense d’eau à l’aide des observations faites pendant les premières séries, «n procédant de la manière suivante.

8. Calcul du volume d'eau dépensé à T aide des dimensions des orifices. La somme des plus courtes distances entre le bord d’une courbe

directrice et le revers de la courbe voisine étant de o",689 et la levée de la vanne étant connue pour chaque expérience on en déduisait facilement la somme des aires de tous les orifices par lesquels l'eau s'échappe et par suite la dépense théorique , puisque la charge qui produisait l'écoulement était aussi connue. En comparant cette dépense théorique à la dépense calculée, d’après les données d'observations recueillies au déversoir , on en a déduit quel était , pour chaque levée de la vanne de la turbine, le coefficient de la dépense convenable à ces orifices.

Pour calculer la dépense d'eau faite par le déversoir , on a employé la formule

Q = o,4o5LH V/âp,

qui correspond à cette autre formule

Q = i,79 LH*.

Ce qui nous a déterminé à adopter cette formule , c’est que les bords de ce déversoir étaient éloignés de o",2Ü au moins de ceux du canal, que la contraction avait à peu près lieu sur trois côtés de l'orifice, et que d’ime autre part la garniture du vannage laissait échapper un peu d’eau qui n’agissait pas sur la turbine. Il nous semble , en conséquence , qu’en adoptant pour le déversoir le coefficient o, 4 o 5 , nous avons estimé la dépense plutôt au-dessus qu'au-dessous de sa valeur réelle.

Le tahleau suivant contient les résultats de la comparaison des dépenses théoriques calculées d'après les dimensions des oriGccs de la turbine et de la dépense effective calculée par la formule ci-dessus.

CûMP.auisos de. la dépense effective et de la dépense théorique faite par les orifices de la turbine.

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