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CONTAGION SYPHILITIQUE

On sait depuis longtemps que la vérole est contagieuse; mais la connaissance précise des lois de cette contagion est toute récente.

L'expérimentation sur le singe et la découverte du spirille ont confirmé scientifiquement les données parfois hésitantes de la clinique; nous savons maintenant que trois éléments sont nécessaires pour qu’un individu sain devienne syphilitique :

1° Le fournisseur de virus doit être atteint d’un accident spécifique ou d’une plaie banale qui constitueront autant d'issues par lesquelles le virus viendra au contact de l’organisme sain ;

20 De son côté, l'individu sain ne sera jamais contaminé si sa peau et ses muqueuses sont intactes ;

3 Le virus syphilitique, pour produire l'infection, doit présenter certaines qualités.

Nous allons étudier, dans ce chapitre, le rôle joué, dans la contagion de la syphilis, par chacun de ces trois facteurs.

$ 4%. — Plaie du syphilisateur.

1° Données de la clinique.

Quelle que soit la modalité de la gontagion, le virus syphilitique provient toujours d’un sujet antérieurement infecté.

Pour que ce sujet devienne un instrument de contagion, il faut qu’en un point quelconque de ses téguments siège une solution de continuité.

Cette solution pourra n'être qu’une écorchure, une plaie banale laissant passage au sang; le plus souvent, ce sera un des nombreux accidents cutanés ou muqueux que l’on rencontre aux différentes périodes de la

syphilis.

Chancre. — L'observation clinique à donné une démonstration certaine de la contagion par le chancre, grâce à la méthode des confrontations.

Bassereau, Clerc et Fournier surtout ont démontré que s1 l'on confronte les sujets porteurs de chancre et ensuite d'accidents constitutionnels avec ceux qui leur ont communiqué la syphilis, on trouve toujours que ceux-ci sont également atteints de chancres et d’accidents constitutionnels. “

D'ailleurs, l'expérimentation a depuis longtemps démontré l'exactitude de cette proposition.

Rinecker, Rollet, Gibert, l’anonyme du Palatinat, Danielssen, Belhomme, Lindwurm, Puche, pour ne donner que le nom des principaux expérimentateurs du

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dernier siècle, ont tous obtenu des succès en inoculant des produits chancreux à des individus sains.

Plaques muqueuses. — Personne ne doute maintenant que la plaque muqueuse ne soit un des agents les plus fréquents de contagion.

Cette opinion a paru tout d’abord en contradiction flagrante avec les résultats obtenus expérimentalement par Hunter et par Ricord. Mais lorsqu'on lit attentivement leurs observalions, on voit que leurs conclusions étaient faussées par la notion inexacte qu'ils se faisaient de la période d’incubation.

Mais Wallace, 1835, Colles, 1844, Auzias Turenne, 1855, Langiebert, Rollet, 1856, et surtout Fournier.(l) accumulèrent les faits prouvant la transmission de la syphilis par des accidents secondaires et finirent par triompher au point que Ricord lui-même se rendit à leurs arguments (31 mai 1859). è

Accidents tertiaires. — Il n'y a pas très longtemps encore, la non-contagiosité des accidents tertiaires était considérée comme un dogme.

Quelques très rares inoculations confirmaient cette opinion : Tanturri, de Naples, en 1865, avait inoculé sans succès, à une femme saine, le produit d’une énorme gomme sous-cutanée. En 1871, Profeta fit une inoculation négative avec la sécrétion d'un tubereule syphilitique. De même, Diday avec le pus d’une gomme.

(1) Fournier. Conlagiosité tardive des accidents secondaires.

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