INÉDITE
( Mi>k . , PI. U.)
L'erreur si accréditée parmi les musulmans, qui consiste à donner une origine fabuleusement antique aux sculptures qui se voient sur les rochers de la Perse, a longtemps été partagée par les érudits de l'Europe. Vers la fin du xvni' siècle cependant, plusieurs savants firent descendre la date de ces monuments de l'époque reculée deRoustam et de Radjab au règne d'Alexandre, ou même des Arsacides; mais c’est à l'abbé Barthélemy qu’appartient le mérite d’avoir le premier prononcé dans cette question le nom des Sassanides (1). M. de Sacy donna bientôt après les trois excellents mémoires dans lesquels il expliqua les inscriptions qui contiennent les noms de ces rois , et prouva que les bas-reliefs qu’elles accompagnent ont été faits pour représenter les mêmes princes.
En même temps que la philologie prêtait son tout-puissant secours à l'étude des antiquités de l’Orient, l'importance toute nouvelle que les artistes de notre siècle attachent à la reproduction fidèle des monuments qu’ils copient, permit enfin de juger du style particulier aux œuvres d’art
(I) Mêm. de 1‘ Acad des inscr. et belles-lettres , I. XXVI, p. 595.
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tics Sassanidcs, et grâce aux dessins de sir Robert Kcr-Porter, ce style est maintenant aussi connu que celui qui distingue les ouvrages des Grecs et des Egyptiens.
Les lignes qui précèdent ont pour but de faire comprendre comment quelques monuments qui, pour nous, appartiennent incontestablement à l’art perse et à l'époque des Sassanides,sont restés si longtemps dans des musées d’Europe, sans que leur patrie et leur âge aient été convenablement déterminés.
En 1755, un paysan du duché de Permie, à l’ouest de la Sibérie, déterra un vase d'argent qui fut communiqué par Id, le baron de Straganoff au président de Brosses. Ce dernier lut à l'Académie des Inscriptions un mémoire) 1), dans lequel il décrit fort minutieusement ce vase qui était « haut d’un . pied quatre pouces , en forme d’aiguière sans anses, d'argent « relevé en bosses par différentes figures et à fond doré ; la
■ principale figure, » continue l’académicien, ■ est celle d’une « femme debout; elle est vêtue d’une robe extrêmement juste
• au corps, qui laisse apercevoir tout le nud, serrée de même « au bras, bordée au poignet, faisant au milieu du corps une
• ceinture dentelée; le bord de la robe, près du cou, est . orné de deux fils de perles , rattachés dans le milieu par « une grosse pierrerie t] narrer. Cette robe est toute parsemée
■ de petits ronds grenus disposés avec quelque symétrie ; son
• extrémité, collée en partie sur les jambes , vole de côté et . (f autre à plis gothiques. Cette femme porte sur la main droite . un gros oiseau de proie; son cou est nud, les traits de son
• visage assez beaux; les yeux paraissent petits, un peu à la « chinoise ; elle porte aux oreilles des pendants ornes de deux „ poires parallèles; ses cheveux votent à droite et à gauche en « deux flocons ondes terminés par deux grosses papillotes ou - linges carrés. Derrière sa tête est un limbe rond , sembla-
• ble à celui qu’on met à nos saints, parsemé de petits ronds « disposés symétriquement en triangle trois à trois. Elle a sur
(I) .V » •!*. fie VAtaâ. df* inter, et btlUt-lettre* , t. XXX, p. 777.