‹ Explication de ésaie xlii, 1-7 et xlix, 1-9Chapitre 2 sur 8 · NS · texte numérisé non relu

NS

Il ne brisera point le roseau froissé et il n'éteindra point le lumignon qui fume encore; c’est selon la vérité qu’il transmettra le droit.

Qu'on se représente le nombre infini de croyances et de pratiques superstitieuses, de coutumes absurdes, barbares, sanglantes même que lidolâtrie entraine presque toujours à sa suile, les vices raffinés ou grossiers par lesquels elle corrompt et finit par affaiblir,

surtout en Orient, même les nations les plus puissantes,

les plus intelligentes et les mieux douées, et l’on comprendra sans peine que notre prophète , pour dépeindre l’état moral et religieux des peuples païens, se soit servi des images de «roseau froissé» et de <lumignon prêt à s’éteindre.» C’est un fait certain que l’idolâtrie, principalement quand elle a le caractère fanatique, immoral et barbare qui distinguait le culte babylonien à l’époque de notre auteur, enlève à l’homme toute confiance, toute joie, tout véritable sentiment de bonheur; elle le rend l’esclave de craintes superstitieuses ; elle ne lui permet pas de lever un œil serein ni au-dessus ni autour de lui, et, en le retenant dans l'erreur religieuse, la plus regrettable de toutes les erreurs, puisqu’elle imprime à la vie et à la pensée une direction entièrement fausse et vicieuse, elle éteint le feu de ses aspirations les plus nobles, obscurcit la lumière de sa conscience morale et tue ce qui dans l’homme le rapproche le plus de son divin créateur.

Sur le champ de bataille, le guerrier qui a terrassé son adversaire plus faible, l’achève en lui ôtant la vie. Mais Israël théocratique n’a pas reçu la mission de porter le coup de grâce aux nations païennes gémissant sous le joug de lidolâtrie et sous le poids de l’abandon de Dieu. Sa tâche n’est pas de leur annoncer ou d’exécuter envers elles un jugement terrible et inexorable de Jéhovah offensé, mais de leur apporter la paix et le bonheur, de les retirer de leur misère spirituelle, de leur idolâtrie, de leur ignorance du vrai Dieu, de répandre au milieu d’elles la connaissance de Jéhovah et de sa loi, et cela, dit notre texte, « selon la vérité.» En effet, ce qui manquait aux nations païennes, c'était la connaissance de la vérité; leurs croyances religieuses

et les idées qu'elles s'étaient formées de la divinité, n'étaient qu’erreur et que mensonge. Ce dont elles avaient le plus besoin et le service le plus précieux à leur rendre, était de leur donner un enseignement religieux, «selon la vérité,» c’est-à-dire, basé uniquement sur la vérilé, entièrement vrai et dénué de toute erreur.

Ne

Î ne comptera aucune lassitude ni les plus grandes fatiques, qu'il n'ait établi le droit sur la terre, et les îles se soumettront avec empressement à sa loi.

Mot à mot: «Il ne s’éteindra pas, et il ne sera pas brisé jusqu’au moment où il aura établi sur la terre le droit, et les îles seront dans l'attente de sa loi. »

Nous ne croyons pas être en droit de donner au mot MA un autre sens que celui qu'il a le plus souvent et qu'il a de la façon la plus évidente v. 21. Les îles, c'est-à-dire les peuples vivant aux extrémités de la terre, sont représentées, comme empressées de se soumettre à Israël théocratique, et comparées à des serviteurs d’un grand zèle qui non-seulement remplissent ponctuellement la tâche qu’on lui impose, mais sont constamment prêts et joyeux d’obéir à de nouveaux commandements de leur maître, et pour ainsi dire dans une attente perpétuelle de nouveaux ordres à recevoir, de nouveaux services à rendre, cf. XLIX, 7: «Les rois verront et ils se lèveront; quant aux princes, 1ls se prosterneront. »

Ces quatre premiers versets traitent exclusivement de la conversion des nations païennes, qui compose un côté de la mission du serviteur, et il n’y est fait aucune

mention du peuple israélite. Les paroles qui suivent et que l'introduction (v. 5) marque presque comme un nouveau discours prophétique, contiennent des indications sur la mission entière du serviteur, en tant qu'elle s’'étendra et sur le peuple israélite et sur les nations païennes.

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