CH. 1,1,2. LA SALUTATION
possèdent la foi en Jésu»-Ghrist, qui est le principe de leur sainteté; Dis n'ont pu devenir saitUs que parce qu'ils ont été /Wéle*, comme ils ne peuvent être vraiment fidèles sans devenir saints ; deux caractères in-^ séparables dont la réunion forme une définition complète de l'enfant de Dieu. Enfin, ils sont en Jiêui^ Christ, parce qu'ils sont unis à lui de telle sorte a qu'il « demeure en eux et eux en lui. > De là tout ce qui les distingue d'avec le reste des hommes. C'est fen Jésus- Christ seul qu'ils sont saints ; en Jésus<-Christ seul qu'ils sont fidèles; en Jésus-Christ seul que leur âme a € la vie, le mouvement et l'être. »
Grâce et paix vous soient. Cette salutation, que l'on retrouve, avec de légères différences presque dans toutes les épitres, tant de saint Paul que des autres apôtres, était une formule usitée généralement de leur temps, et où ils n'avaient fait d'autre changement que celui que commandait l'esprit évangélique. Les Grecs et les Romains avaient coutume de commencer ainsi leurs lettres : « Un tel à un tel, salut ; » et les Juifs se saluaient en ces termes : « Paix te soit :» (Juges XX, 20, etc.). Par ce salut, et par cette paix, on entendait la santé et des jours prospères. Les apôtres ont maintenu la forme de la salutation reçue, mais en y substituant aux souhaits que dicte l'amitié du monde, ceux qu'inspire la foi et la charité de Christ. Exemple à méditer. Le chrétien doit se séparer du siècle par l'esprit qui l'anime, et non sur des for-
6 * li. SALUTATIOIT. GH. I, 1, 2.
mes insignifiantes ; des formes vides que nous fournit lu bienveillance du monde^ ne led brisez pas; mais rempiissez'^les aveo cette « charité diM hypocrisie » <{ue vous avez apprise de votre Maître. « Séparezi^ € TOUS » (2 Cor. YI, 17)^ mais ne vous singularises pas- Ne détournez pas sur un mot» sur un geste, sur un habit) sur une convenance sociale^ l'attention qxLe réclame de la part des hommes leur salut et la gloire de Dieu. N'innovez qu'autant que l'Évangile le commande, et n'étonness le mondé que par votre sainteté.
La grâce et la paixy que l'Apôtre souhaite aux ÉphésienSf marquent sommairement toutes les bénédictions attachées à la foi évangéhque, avec cette différence que le premier de ces deux mots indique le principe de ces bénédictions, qui est en Dieu, au lieu que le second en indique le résultat, qui se &it sentir dans le cœur de l'homme. Saint Paul souhaite en premier lieu aux Éphésiens, la grâce, c'est-à-dire, cette bonne disposition de Dieu, toute libre et gratuite, qui le porte d'abord à nous pardonner nos péchés eu Jésus-Christ, et puis à nous accorder encore, en lui, avec cette délivranod capitale, toutes les autres délivrances qui en dépendent et qui en découlent; elles sont énumérées dans le Ps. XXXII, et dans le commencement du Ps» GUI, oii lé pardon est nommé avant tout le reste : < La première faveur que Dieu accorde à un pécheur, c'est de lui remettre ses pé-
Cti- î, i, 2. LÀ SALUTATION. 7
chéô > (Luthêï*). Il leur souhaite en second lieu la paix^ c'est-à-dire cette heureuse disposition d'une âme chrétienne, qui se réjouit d'abord de ce que Dieu lui a reniis ses péchés, et puis de ce qu*il la coîisoiè, la guide, la sanctifié, là fortifie, et a accomplit tout
< pour elle » (Ps. LVII, 2). Ce n'est donc pas sans dessein que l'Apôtre nomme la grâce avant la paix! Dieu commerice et Thomme répond; Tun et l^autre sont nécessaires ; mais la première place est â Dieu. L*ordre que suit saint Paul dans cette salutation est celui qu'il a également adopté en développant ces deux bénédictions évangéliques dans son épître aux Romains. Les quatre premiers chapitres de cette épître sont pour la grâce ; le cinquième s'ouvre par la paix : « étant donc
< justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu, par « notre Seigneur Jésus-Christ. j& A ces deux souhaits saint Paul en ajoute un troisième, la miséricorde^ qu'il intercale entre les deux autres, en écrivant à Timothée et à Tite. Il entend alors par la miséricorde, ce qu'il entend ici par la grâce, et par la jfrdce l'origine commune, cachée plus profondément encore en Dieu, et de sa miséricorde et de notre paix. Saint Jude, à son tour, souhaite aux chrétiens h miséricorde, la paix et l'amour. La miséricorde est pour lui ce qu'est la grâce pour notre apôtre ; et Vamour complète le tableau des bénédictions évangéliques, en joignant à la grâce, exposée dans les quatre premiers chapitres de l'Êpître aux Romains, et à la paix^ exposée dans le