IV INTRODUCTION
la tradition constante de l'antiquité. De là les allusions réitérées de TApôtre à son état de captivité (IH, 1 ; VI,- 1 ; YI, 19, 20). — Tychique, qui porta cette lettre à Êphèse (VI, 21), fut chargé en même temps de quelques autres lettres de saint Paul, et en particulier de son épître aux Colossiens. Cette dernière circonstance est importante à connaître pour l'explication de notre épître. Car ces deux épîtres, écrites à la même époque, et à des Églises voisines l'une de l'autre, offrent entre elles une ressemblance frappante, tant pour les pensées que pour l'ordre dans lequel elles sont présentées. On peut considérer l'épître aux Colossiens comme une sorte d'extrait de l'épître aux Éphésiens , mais un extrait modifié et adapté aux besoins spirituels de la petite communauté de Colosses. Il nous arrivera donc plus d'une fois de citer l'épître aux Colossiens et de nous en servir pour l'éclaircissement de la nôtre ; bien que l'interprétation de l'épître aux Colossiens ait encore
plus de lumière à emprunter à l'épître aux Éphésiens,
« qui traite la plupart des matières avec plus d'étendue.
Il est intéressant de voir comment elles reçoivent l'une
de l'autre le même genre de secours que se prêtent
entre eux les quatre évangiles, se complétant et s'ex-
pliquant mutuellement, tantôt par leurs rapports et
tantôt par leurs différences mêmes.
liNTRODUOTlON. V
Remarquons encore que saint Paul s'adresse surtout dans notre épître aux chrétiens sortis du paganisme. Il insiste singulièrement sur la faveur que Dieu leur a faite en les choisissant du sein de la corruption universelle pour les associer à son peuple élu et pour réunir en Jésus-Christ les païens convertis et les juifs fidèles. Ce dessein général, bien compris, jette beaucoup de jour sur les diverses parties de notre épître.
Cela dit, abordons, au nom du Seigneur, le saint livre que nous nous proposons d'étudier. Voici quelle sera, dans cette étude, notre règle fondamentale : chercher, avec tous les secours que Dieu place à notre portée, la pensée de l'auteur sacré, qui est pour nous celle de Dieu même ; et puis, cette pensée trouvée, la recevoir avec la simplicité d'un enfant, et l'exposer à nos auditeurs avec la fidélité tremblante d'un interprète du Saint-Esprit. — Liberté dans l'investigation du sens des Écritures, soumission à ce sens une fois découvert, voilà la base, non-seulement de toute méditation salutaire des Écritures, mais encore de toute exégèse solide et de toute théologie digne de son nom.
Écoutons sur ce sujet l'un des plus savants théologiens contemporains de l'Allemagne, Harless, dans la .préface de son Commentaire sur l'épître aui Êphé-