INTRODUCTION III
En tôle de la p. i, on lit ces mots, de la main du marquis de Fénelon :
Ouvrage que J/' de Cambray avoit fait d'abord pour les matières intérieures et qu'il changea dans l'ouvrage des Maximes qui parut.
.LTHENTICITE.
Il est question à diverses reprises, dans la correspondance de Fénelon au sujet du Quiétisme et dans ses écrits polémiques, dune Explication des Articles dlssy. Dans une lettre à Tronson du 26 février 1696, il annonce à son ancien directeur lenvoid'un ouvrage de ce genre : à vrai dire il se sert, pour désigner cetj ouvrage, du terme assez vague de a cahiers » ; mais il voudrait que ces « cahiers », examinés, critiqués par M. Tronson, puissent devenir un livre « conforme en tout aux trente-quatre propositions », et « condamnant hautement et en toute rigueur toutes les mauvaises maximes qu'on impute » à Mme Guyon. Ce livre serait (( prêt dans fort peu de temps..., à Pâques... ». Le 22 mars, M. Tronson remet au secrétaire du duc de BeauvilUers les « papiers » que Fénelon lui « avait confiés » {Correspondance, t. MI, p. 220 sq., p. 242).
En septembre 1696, Fénelon, écrivant à Mme de Maintenon les raisons qui ne lui permettent pas d'approuver l'Instruction de Bossuet sur les Etats d'Oraison, est plus précis: « Ensuite [après la signa ture des Articles] j'ai montré à M. l'archevêque de Paris une explication très ample et très exacte de tout le svstème des voies intérieures, à la marge des XXXIV Propositions » (Ibid., p. 296).
Le 9 février 1697, même indication, dans la lettre où Fénelon rend compte à Bossuet de tout ce qui a rapport à la publication du livre des Maximes : (( Je fis à la hâte une explication des XXXIV Propositions suivant mon système, et je donnai cet ouvrage à M. Tron-
son Ensuite M. larclievèque de Paris fit la même
lecture... » (Jbid., p. 36/i).
Dans les Vingt questions proposées à M. de Paris par M. de Cambrai, en présence de Mme de Main tenon et de M. le duc de Chevreuse, à la fin de février 1697, nous trouvons encore mention faite de l'Explication, à la question IX : « Est-il vrai que depuis ce temps-là je donnai à M. larclievèque de Paris, sans que personne m'en eût sollicité, une ample explication des XXXIV Articles, que j'avais déjà communiquée à M. Tronson....^* )) (^Œuvres, t. IV, p. 107).
Enfin en 1698, répondant à la Relation sur le Quiétisme, Fénelon insiste, aussi bien dans la Réponse inédite (p. 87, p. 91-92), que dans la Réponse à la Relation sur le Quiétisme qu'il publia, sur lexistence d'une (( explication des XXXIV Articles selon ses pensées », (( donnée à M. l'archevêque de Paris et à M. Tion-, son )) à l'insu de Bossuet.
Il est donc incontestable que Fénelon, avant ;a rupture avec Bossuet, composa une Explication des Articles d'Issy. Celle dont il parle est-elle celle que nous possédons ?
Mais d'abord est-il bien avéré que Fénelon soit l'auteur de ï Explication que nous possédons.»^ — Pour s'en assurer, on n'a qu'à en comparer le texte et la doctrine avec la doctrine et le texte d'un écrit fénelonien antérieur et d'un écrit fénelonien postérieur sur le