‹ Explication des douze derniers livres prophétiques de l'Ancien Testament [microform]Chapitre 44 sur 49 · L'ingratitude d'hraeL · texte numérisé non relu

L'ingratitude d'hraeL

Nous observons les commandemens de Dieu , et nous 1'adorons lui seul; pour le servir, nous avons quitle la Babylonie, et nous confessons son nom au milieu des pa'iens qui nous persecutent. Nous gardens 1'alliance, et Dieu la

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viole! II ne nous accorde point les graces qu'il nous avail promises par Esaie; nous vivons dans la souffrance et ef sont les pa'iens qui prosperent. Le peu de bien que nous a fait 1'Eternel n'est qu'un juste du. Telles sont les secretes pensees A' Israel qu'attaque le prophete.

Je vous ai dimes et je vous aime, dit I'EterneL En quo\ nous as-tu dimes, repond avec aigreur Israel. Avant quc Jacob votre pere et Esau fussent nes> j'aimais deja le premier et ha'issdis son frere. Certes la preference accordee a Jacob eta sa poslerite etait toute gratuite, et c'est sur cetl grace et non sur vos meriles que repose 1'alliance. Vous devriez etre reconnaissans des moindres benedictions qu'elle vous a values. Or, ne suis-je plus aujourd'hui pour vous ce que j'etais aux siecles passes pour vos peres. Gomparez I'L dumee a la Judee. Edom a etc de'vaste (sans doute par les Moabites, les Ammonites, les Egyptiens auxquels les Chaldeens, dont les Idumeens etaient les allies , firent la guerre cinq ans apres la ruine de Jerusalem, Jos. Arch. 10. 9. 7), Edom a ele devaste en me'me temps que Juda : s'est-il releve de sa ruine? Non , tandis que vous, je vous ai ramenes dans votre patrie. Edom tentera de rebdtir ses villes de'trmtes; mais ce sera la une entreprise humaine qui ne subsistera pas long-temps : le pays sera definitivement nomme les confins demechancete, la demeure des mechans, etl'Eternelsero irrite a toujours centre ce peuple. Vous, au contraire, vous verrez de vos yeux ce que 1'Eternel fera centre vos ennemis et pour vous , et vous direz : L'Eternel est mdgnifie dans h pays d'Isra'el qu'il a comble de ses benedictions.

L'irreligion de Levi.

L'etat d'abaissement dans lequel Dieu retient Israel , et les afflictions qu'il lui envoie, n'ouvrent pas mme aux Levites les yeux'sur 1'impenitence generate qui attire sur le peuple tous ces chaiimens. Les pretres, au lieu de s'accuser, accusent Dieu : Dieu recompense mal leur zele et leur piete, ils le traiteront comme il les traite , il leur donne peu et ils lui rendront peu ; les plus chetives victimes sont deja trop bonnes pour lui. Le service du temple n'est plus pour eux qu'un travail ennuyeux, et ils y vaquent en soufflant de tous leurs poumons avec insolence et dedain.

Vous ne m'honorez point comme un pere , vous ne me craignez point comme un maitre, 6 sacrificateurs qui meprisez mon nom. En quoi meprisons-nous ton nom , nous qui t'offrons chaque jour les sacrifices presents par la loi. En offrant sur mon autel des victimes souillees (pain pour nourriture, pour nourrilure de Dieu, Nomb. xxvni, 2, et des pretres, Levit. in, 11, etc. , pour viande des victimes). En quoi te souillons-nous ? repliquent froidement les pretres. En disant : La table, 1'aulel de I'Eternel (Ez. XLI, 22; XLIV, 16) est chose vile, qui ne merite pas de meilleures victimes. Tant que Dieu laissera le peuple dans la misere, nous ne serons point severes dans 1'admission des yictimes, sans lesquelles d'ailleurs nous ne saurions vivre. > Car lorsque on vous presente un animal aveugle ou boiteux (Deut. xv, 21; Lev. xxn, 20), vous le condiiisez a

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1'aulel en disant : 11 n'y a point de mal, la viclime est bonne. Essaie done d'en faire present a yotre gouverneur (Agg. i, 1; Neh. v, 14. 18). Ten saura-t-il gre? T'honorera-t-il d'un regard? Et apres cela , 6 prelres insenses, venez, suppliez le Dieu fort qu'il detourne de nous les maux dont il nous chatie ! G'est par votre faule que nous sommes malheureux, c'est de vos mains que tout cela nous arrive; car vous dcviez vous placer entre Dieu et nous , detourner sa colere, nous enseigner a le servir. Vous recevra-t-il favorablement ? N'y a-t-il done parmi vous personne qui comprenne tout ce qu'un semblable culte a d'odieux, et qui, dans une sainte indignation, ferme lesportes du temple, afin que nul de vous ne s'approche plus de I'autel des holocaustes, et que vous n'y allumiez plus le feu en vain? (Les Remains ont non seulement ferme les portes, mais detruit le temple.) Je vous le repete, dit VEternel des arme'es, je neprends aucun plaisir en vous. Vous imaginez peut-elre que j'ai besoin de votre culte et que hors de votre bergerie je ne possede point de brebis. Mais le temps viendra ou vous ne serez plus mon peuple, et ou du levant au couchant mon nom sera grand parmi les nations, ou la terre entiere sera mon temple, et ou, sous une nouvelle economic toute spirituelle, on offrira en lout lieu (Jean vi, 21-24) a mon nom que vous profanez (6), de I'encens et une oblation pure (in, 4). Seduit par ses conducteurs, le peuple entier ne se fait pas de scrupule de frauder son Dieu : on laisse a 1'etable I'animal sain el inlacf, el 1'on sacrifie celui qui a quelque defaut. i, 6-15.

Telle est 1'indigne conduile des sacrificateurs ; leur chatiment sera terrible, car leur responsabilite est immense. II y a sans doute encore pour vous possibilite de repentance. Mais si vous n'ecoutezpas I'exhortation divine, la loi du talion vous atteindra, et vous serez punis par votre avarice et par votre formalisme. Les biens dont vous 6tes presentement be'nis seront mandifs, meme Us le sont deja. Void, je frapperai

les recoltes dont les premices vous sont apportees et qui font votre richesse , et je repandfai sur votre face la fiente des viclimes egorgees dans vos fetes (qui ne sont plus les miennes), et Von vous emporterd dvec elle hors du temple. II ne restera plus de votre culte denue de loiite foi et de toute vie , que les actes exterieurs ct ignobles , vous rie serez plus en quelque sorle que des bouchers* et cela vous sera une honte, et le jour viendra que les Romains mettront un terme a ce culte et vous emmenerorit vous-memes en esclavage. Alors vous reconnaltrez, mais trop tard, que je vous avals envoye la presente exhortation par Malachie , dfin que mon alliance avec Levi subsistat et que je ne dusse jpas la rompre. Vous etes Levi, la race sacerdotale, et c'est la ce qui rend si graves vos fautes. Mon alliance avec Levi etait vie et paix (Nomb. xxv, 12), el je lui avais donne la vie et la paix afin qu'il me craignlt, et il me craignait et il etait plein d'une sainte terreur devant mon nom, en ma presence; la loi de verite etait dans sa bouche... Levi alors etait fidele a sa vocation : car c'est aux levres du pretre a garder la connaissance, la saine doctrine, puisque c'est de sa bouche que Von vient chercher {'interpretation de la loi (Agg\ ir, li; Lev. x, 11; Deut. xxxiii, 10), et aussi est-il I'ange, le ministre de I'Eternel des armees. Mais vous, vous ave.z quitte le droit chemin, et par votre exemple et vos pernicieux discours vous en avez fait broncher plusieurs dans la loi; par la voiis avez annule V alliance de Levi. Et aussi ne conserverez-vous pas toujours votre credit, et vous rendrai-je meprisables et abjects devant tout le peuple, selon la mesure en laquelle vous nobservez pas mes voies et avez egard aux personnes quand il s'agit de juger selon la loi; ainsi que c'est tout specialement le cas pour les manages. H, 1-9.

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