AVANT-PROPOS
Les douze Pétitâ Prophètes sont certainemeait ia portion de la Bible qu'on lit et ccmnait le moins, ' et c'est aussi celle qui est la plus difficile à comprendre^ et qui^ à une lecture superficielle, parait avoir le moins d'intérêt pour le chrétien. Les prédictions messianiques qu'elle contient, semblent, par leur brièveté, de peu d'importance, comparées à ces magnifiques tableaux qu'Esaïe nous trace des tmips évangéliques. Zacharie et Osée sont tellement énigmatiques que les plus habiles interprètes ne parviennent pas à eu dissiper toutes les obscurités. Abdias et Nahum parlent de peuples qui n'existent plus; et les autres prophéties sont dans un rapport trop direct avec l'état politique et religieux du peuple d'Israël auquel elles étaient adressées, pour s'appliquer facilement à ne» besoins spirituels. D'ailleurs, les traductions fran-
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çaises ajoutent par leurs inexactitudes aux difficultés que présente le teste même.
Et cependant^ à ne considérer même que le côté littéraire, ces douze livres ne le cèdent en rien aux pages les plus sublimes d'Esaïe ou d'Ezéchiel. En les étudiant, on se sent transporté 4&ns un monde de poésie auquel ne se sont jamais élevés les écrivains profanes les plus vantés, et le peu d'étendue de ces petits écrits permet d'en saisir facilement le sens général et la disposition des parties. Que 'de livres grecs et latins soiit longuement expliqués dans lee académies, doùt les be&u'tée n'approchent point de celles d'Amos oU'Ae' Michée ! et pourquoi faut-il que les (^retiens co!*sacrent si peu de temps à l'étude approfondie des livres saints, et le monde tant d'années à ccdlédes
La Bible nous a eans doute été donnée pont notre édification; màiê nous y puiserons une édification d'autaiit plus grande que nous en approfondirons mieux le sms. Ainsi l'étude et l'intellï- ■gence des Petits Prophètes y font trouver «ne source ahcmdante d'instructions utiles et pratiques, qui reste comme fermée au lecteur superficiel : le cœur de l'homme est le même au dix'neuvième siècle de l'ère chrétienne qu'au huitième et septième avant Jésus-Christ, et dans l'Europe
MAHT-nKffOa. TIf
BaoàWti& qlie dans randeàm Jénisaldm, et les prophètes qui ceosiunioit l'incrédnlité, la liœnoe; lo formalisme, i'aveàgle sécurité^ la tiédaB* de leurs con^Hitriotes, s'adressait avec tout anfant de Téiité k la chrétienté actHelle. Toute CEmtun, « ditl'apâÉce, iotis les livres sftns extefUm ai ÏAnsAàï Té^ament, est utiU pmr ttàeigwr, povr eoMa*aere> : pour corriger, pour insUiùre dani ki
Nous croyons doBC rendre service à nos frères «n rappelant leur attention sur le» donxB damier» linr» pnfpAéiiçmeê dt l'Anàm Tettamtnt, «ten lenv «u offrant xmeea^icatio» assex détaillée pour qu'arme niipâu d'attention ils en comprennent et l'én^^ fembïe6t;lâS'détails> et qu'il ne reste plus queles «baeurltée qui proviennent de l'ignorance oà l'on ^et sur divera x>c»nt8 de la géographie pu de l'fai»^ teik« des Eébreiix et des peuples voisins.
Gèàie^af^eaUimest emprunta aq journal l'Orûnt^ [qiie publie, à Bâle ,■ U.ile professeur Preàs^ ■weriLyetdont an a commenoé récemment u&e -traduotkNB firangaisé. Mais^ pour rendre à chacun oe qai lui est dû et ne paalaûser Imposer surl'au^ trait allemutd la. resptaisabiUté de choses qu'il n'a : point éeiiitee/ nous devoqs donnera nos lec* teore quelques, d^tfàls sur la i:oiBpo8ili<« de cet €«rvrag&L ;
Tin AVAHT-PEOPOS.
L'introdacticm sur le Ten^tdaprapUtes est nne simple traduction de trois articles qui ont panp dans le Morgenland, en juillet^ août et septembre i 859. Nos frères la doivent au même pasteur vaudois qui lewr a fait c<mnaitre l'écrit dé Sandér sur \^ Quatre Evangiies, et celui d'Olshausén surl'/n* terprétation Hblufw^ Il a aussi traduit l'article sur /oë/(août'l858), qui toutefois a subi divers changemens et auquel ont été ajoutées de nombreuses notes.
Les autres^ articles contenus dans ce premier cabier sont de l'an des membres de notre société. Le travail de M. Preiswerk sur Jouas (février \ 844 ) a été complété avec la dissertation que la Gazette évangéligue de Hengstmèarg a publié en \ ^4 sur le même sujet. Four l'explication ^Amos, le cadre a été emprunté à M. Preiswerk (août 4840), et les détails à Ewald [DU Propketen des alten Bundes, 4*' Bd. Stuttgard, 4840). L'article sur Michée est un extrait de celui du Morgentand (mai \ 859) ; mais tout ce qui a été omis se retrouve dans un second article qui présente, si nous ne nous trompons, ce livre prophétique sous un jour nouveau.
Nous ne publions, pour le moment, l'explication que de quatre prophètes. Nous les avons rangés selon leur ordre chronologique, et avons disposé l'impr^sion de telle sorte qu'on pourra in-
tercaler, plus tard, à sa place Osée qui vient après Amos et avant Michëe. Chaque prophète fait une disBertatioo à part, et à mesure que M. Preiswerk, selon la pmmesEe qu'il nous a foite^ publiera successivement ses artides sur les huit livres restans, nous les traduirons ( si le Seigneur le veut) et les ' publierons smt par cahiers semhlabled à celui-ci, soit un à un.
La traduction de l'Orient, dont le premi» cahier a paru, et que nous recommandons à tous nos lecteurs, nous permet de croire que nous ne nous étions pas trompés sur les besoins religieux des protestans firançais, et sur le mérite des articles de ce journal relatif aux Petits Prophètes, que nous avions traduits ou retravaillés au far et à mesure qu'ils paraissaient. Nous y avions trouvé la science solide qui caractérise rAllemagne, mise à la portée de tout lecteur qui, sans savoir l'hébreu, veut faire une étude quelque peu approfondie des livres saints.
Indiquer l'époque à laquelle le prophète a vécu, et ce que l'on sait de sa personne , donner de son livre une analyse générale, exposer en détail ses prédictions messianiques et montrer la parfaite concordance de ses vues avec celles des autres prophètes de l'ancienne alliance et avec celles des apôtres : teUe est, nous semble-t-il, l'intention
de M. Preiswerk dans ses articles , que nous reproduisons en poursuivant, plus loin qu'il ne l'a lait^ l'analyse de chaque livre, et en expliquant ainsi un plus grand nombre de passages difficiles.
Puissent ces feuilles, avec le secours de Dieu, contribuer à répandre de plus ei plus dans les églises françaises rintelligence des saintes Ecritures et la connaissance de « la vérité qui est sel<m la piété!»
NeucMtel, 54 mai4844.
Les EorrEORS.
COUP D'CffilL GÉNÉRAL
LA ^]ËMIήBI1 BMU WWÛi'^^È'ïîE'B,
La période de l'histoire sacrée qui offre sans conlredit les plos ^andes difficultés , est celle qui commence à Samuel , fondateur des écoles de prophètes, et que termine Malacfàe, le dernier des prophètes. En effet, quoique dans l'époque des Juges, en particulier, la chronologie soit difficile à établir d'une manière pleinement satbfaisante , l'histoire des Israélites avant Samnd offre néanmoins, sous le rapport de la clarté, ce double avantage : d'une part, elle est beaucoup moius entremêlée avec les destinées des peuples étrangers et idolâtres, et surtout le règne de Dieu n'y apparaît point en lutte avec de grandes puissances terrestres, telles que l'Egypte on Babjlone ; d'antre part, en Israël même, les choses se passent d'une manière plus simple, et l'on n'y Iroure pas encore, conune dans la période que nous nous
proposons maiatenant d'étadier, deux pouvoirs dilîérem , celai de la parole prophétique et celai des che& politiques , sobsistanl l'un à cdlé de l'antre, et tendant coBStammeot à empiéter l'un sur l'autre.
L'entreprise de tracer un tableau complet et régulier de la période des Prophètes depuis Samuel jusques k Malachie, d'en déterminer exactement le cours, d'en fixer la chronologie d'une manière certaine, d'établir clairement les relations du peuple d'Israél avec les nations Toiânes pendant ce laps de temps, cette entreprise présente de grares difficultés dont voici les principales.
Et d'abord il n'est pas facile de déterminer d'une manière précbe l'époqae dans laquelle chaque prophète a vécu. Plu- ■ sieurs d'entre eux (') ne rindiquenl nullement dans leurs écrits, et, fante de certitude historique, on est réduit à se contenter de probabilités.
Eu second lieu , les livres historiques de la Bible donnent bien d'une manière exacte la succession des rois, tant du royaume de Juda qne du royaume d'Ephraïm, ainsi que la durée de leurs règnes ; néanmoins ce n'est pas une chose aisée que de faire concorder tous ces nombres d'années, et d'établir entre eux une harmonie satisfaisante ; et même les chronologistes sont-ils fréquemment en désaccord. Aussi doit-on renoncer, à cet égard, à obtenir une certitude incontestable jusque dans les plus peUts détails.
Les diiEcultés sont beaucoup plus grandes encore , lorsqu'il est question des nations étrangères à Israël. Leur histoire authentique ne commence qu'avec les Perses. Les Babyloniens et les Ghaldëens, les Assyriens et les Uèdes, ne nous apparaissent, faute de notions historiques- liées et certaines, que comme dans un lointain nuageux, qui nous laisse bien voir certains détails , mais non un ensemble clair
(*) Jonaa, Joël, Nahum, Habacuc, Abdias, Halacbie.
el précis. Ces peuples antiques e( leurs noms fameux apparaissent à notre esprit avec ces formes vagues el trompeuse^ que présentent aux regards des navigateurs, des cdt« lointaines dont les montagnes sont enveloppées de nuages qui changent constamment de formes : du bord de leur navire, ik peuvent reconnaître les formes générales des contrées qu'ils observent, il est des détails qu'ib peuvent déterminer avec certitude; mais il leur serait impossible de tracer de ces c6te8 une carte qui répondit aux exigences de la géographie. Et de même que sur les meilleures cartes que noua ayons des régions polaires ou de l'intérieur de l'Afrique, la direction de certaines cdtes , ou de tel on tel cours d'eau , n'est marquée que par des points hypothétiques ; ainsi nous ne pouvons donner à certaines parties de l'histoire des Assyriens el des Mèdes que des contours ponctués.
Mais en avouant à l'avance tout ce que notre travail laisse à désirer, nous pouvons aussi atBrmer que nous avons consulté consciencieusement les meilleures sources , profité des recherches les plus récentes ; et nous osons espérer que les lecteurs de la Bible nous sauront gré de leur donner une de ces fables chronologiques qui sont aussi utiles pour 1'^ Inde d'une période historique , qne les cartes géographiques le sont pour celle des diverses contrées du globe.
Le temps des prophètes , ou les sept siècles qui séparent Samuel de JUaftK/ue, est, sous le rapport religieux, la période oii la parole vivante a complété la parole écrite, et l'a animée d'une vie nouvelle. Les prophètes donnèrent de vive Toix le commentaire pratique de la lettre de la loi. Mai» leur parole vivante a fait plus : elle a dit ce que la loi n'avait pu qu'indiquer ; elle a levé l'un après l'autre les voiles que les formes symboliques avaient jetés sur la ioi ; elle a exprimé clairement la mo^e spirituelle des révélations anté-
rienres, et a montré, dans an avenir éloigoé, mais éclairé par la foi, le grand but auquel Dieu conduisait son peuple, et dont te sens se cachait sous les symboles du culte mosaïque.
Cette période prophétique contraste d'une manière frappante arec les temps qui l'ont précédée et suivie : ta période antérieure avait eu un caractère tout légat , qui fut pareillement celui de l'époque postérieure. Après Malachie , l'esprit prophétique cesse, ta vie spirituelle languît, et l'on Toit les Juifs se rattacher à la lettre de ta toi, et entrer dans cette direclioD qui se révèle à son plus haut degré dans le pbarisaïsme du Nouveau Testament , et qui s'est conservée jusqu'à ce jour dans le judaïsme rabbiniqne.
Placée entre deux périodes obscores, comme une lampe dont ta lumière vivifiante a brillé pendant sept siècles pour les Hébreux, et resplendit encore aujourd'hui dans l'Ecriture aux yeux de l'église entière , cette suite de prophètes était en Israël une puissance spirituelle qui luttait contre le pouvoir politique ou royal. D'après la constitution mosaïque, l'autorité royale devait être réunie dans un même individu avec le pouvoir sacerdotal, et ce prétre-roi et sacrificateur-souverain devait annoncer à son peuple te conseil de Dieu par l'Urîm et le Thummim (') , et réunir aussi eu
(*), il cet difficile de dire ce qn'éuit l'Urim et le TTiummim , niolB que Luther a rendus par Lieht tind Recht (Inmière et jostice). Il est vraisemblable, d'après les passages Exod. xxviii, 30, et Lévît. VIII, 8, que l'Urîm et Thummim se trouvaient en dedans du pectoral, derrière les rangées de pierres précieuses dont le pectoral était orné. D'autres passages, lels que Nombr. XXVII , 84 , montrent que c'était par le moyen de cet Urim que le souverain sacrificateur recevait les réponses aux questions qu'il présentait à Dieu. C'est ce qu'on voit aussi par 1. Sam. xxui, 9 et 14, et xxviu, 6. Chaque nouveau pas que nous ferions dans cette recherche nous introduirait dans le champ des conjectures, et ce o'est pas ici le lieu de nous y lancer.
sa personne l'office de prophète. Le soaveïaiii sacrificaleur
Têtu du pectoral sacré , à la fois poatife , roi et prophète , possédait donc également l'aulorilé judiciaire et royale, l'autorité ecclésiastique et sacerdotale , et i'antorité prophétique. Mais il eu a èlè à cet ^ard comme de la plus grande partie de ce que Moïse a écrit dans la loi : c'était plutôt un témoignage, un tjpe de ce que, d'après le conseil de Dieu, le peuple devait être et derenir, que ce n'était ane loi qui dût être exécutée. Tonte la révélation de Dien à Moïse, toutes ses ordonnances et preecriptions n'ont été, en réalité, que très imparfaitement mises à «xécution, et c'est même dans les siècles qui ont suivi immédiatement la promulgation de la loi, que nous trouvons le moins de zèle pour l'observalioD de ces ordonnances, et que les injonctions les plus graves ont été le plus méprisées. AinH le sooverain sacrificateur n'a jamais occupé dans toute son étendue la place qui loi était destinée. La conséquence de cette inobservation .de la loi a été celle de tout oubli et de toute négligence des commandemens de Dieu , la ruine du peuple. Les bénédictions qu'Israël devùt recevoir au moyen des ordonnances transmises par Moïse, il ne les a pas obtenues, et an liea de marcher vers la prospérité, il s'est précipité à sa ruine.
Mais lorsque, sons la conduite de Samuel, qoi exerça en Israël, en vertu de la vocation immédiate de Dieu, le triple office de juge suprême , de sacrificateur et de prophète, le peuple se vit parvenu h nn degré jusqu'alors inconnu de grandeur et de puissance , son sens charnel et son orgueil lui firent substituer à rinstilatioa divine une institution humaine ; il voulut voir à sa tète , non plus le serviteur de Dieu, nais on roi terrestre. Saiit fut choisi pour répondre k ce vœu. Et ce qui, dans les desseins de rÈternel, devait être réuni sur un« seule tête , se scinda en trou directions diiFérentes. La puissance potittgue s'assit sur le trOne cl prit
le sceptre en sa main; l'autorité $acerdotale, de plus en plus privée de la lumière prophétique communiquée par l'Urim et le Tbummim , se subordonna à la prépondérance dn pou- Toir politique et à l'influence de l'esprit du temps, tandis que la puissance propAâtgtie , disséminée dans des individas isolés que Dieu appelait d'une manière immédiate el extraordinaire , luttait par interralles contre les enrahissemens de la ro^nté el la langueur indiB^renle du sacerdoce.
Le poumr riril et l'autorité prophétique, târm séparés, agirent l'un à côté de l'autre, et trop soureut l'au contre l'antre, pendant la période de sept siècles, dont nous noua proposons maintenant d'esqaéser les principaux contours. La puissance politique comment très promptemeat à s'af- &iblir, parce qu'elle était dans le règne de Dieu ane chose anormale. Le royaume d'Israël se scinda en deux royaumes, celui de Juda et celui d'Ephraïm. Et non seulement ils ne furent plus réunis, mais la division s'accrut sans cesse JDsques à la destruction totale des deux royaumes. Cependant, plus l'état politique était en proie au trouble el à la tourmente, et le danger d'nne ruine entière imminent, plus aussi brillait avec éclat le flambeau de la parole prophétique ; et lorsque les derniers coups , les coups destructeurs survinrent, on vit paraître ici un Jérémie au milieu des mines de Jérusalem , là un Daniel , sentinelle de Dieu en faveur de son peuple auprès du trdae de Bahjlone , là un Ezéchiel pour paître les brebis du Très-Haut , dispersées '. et captives auprès du fleuve Kébar. La puissance politique avait péri, mais la puissance prophétique n'était pas morte avec die.
El aus^ 7 eut-il pour Israël , en tant que peuple , comme une résnrrection ; la prophétie , qne ne pouvaient atteindre les coups des puissances leirestres ennemies, avait passé intacte à travers la fournaise de la ruine nationale. Israël n'en! plus de roi, mais il eut encore des prophètes ; le sano-
(naire détroit fut rdevA , et la parole prophétique i eooore une fois , avant que de rentrer dans le silence , le ( Se^1lenr qui allait entrer dans son temple. > Piùb cette parole cessa aaan de se faire entendre ; car son autorité ne pouTait subsister par elle seule , indépendamment de l'au-* bmté judiciaire et de l'autorité sacerdotale qui devaient lui être noies et reposer avec elle sur une seule tète.
Pendant ces temps de décadence et de ruine, l'histoire d'lH«el se mêla k celle des grandes puissances de la terre ; 6f nous devrons ainsi faire conoaissance avec les anciens n^anmes de l'Asie occidentale , qui se sont succédés dans les belles contrées de l'Enphrate et du Tigre , dans ces lieux où l'humanité naissante s'est développée, et d'où elle a envoyé aux quatre vents des deux ses nombreux essaims. A rorgneilleuse Nimve , nous verrons succéder l'arrogance de Bt^low, la dominatrice des nations, jusqu'à ce que la puissance mido-pene desœnde des montagnes de l'Orievt dans les plaines de Sinhar, et impose à l'Asie occidentale humiliée une loi nouvelle. C'est ainsi que, dans l'étude que nous allons faire, les érénemens les plus importans de l'histoire ancienne da monde s'entrelacent avec les faits les plus mémorables de l'histoire biblique de l'Ancien Testament.
Pour achever ces préliminaires, disons quelques mots de la carte synchronistique que nous avons jointeà notre écrit. La distance de droite à gauche désigne le cours des siècles, qui sont indiqués en nombres correspondans aux années avant la naissance de Christ; par le moyen de lignes verticales, vrais méridiens chrouoïogiqaes qui rendent, pour la supputation des années, le même service que les degrés de longitude sur les cartes de géographie. Notre table est divisée en plusieurs comparlimens distingués par des couleurs différentes. Dans la partie sapérieure (coloriée en vert), nous avons placé les prophètes , remarquables soit comme auteurs de livres bibliques, soit en raison de l'influence qu'ils ont exer-
cte SOT kor époqne. Il noos « paru plus oonreuable de ne pas Us iotrodoire an milieu des rois sous lesquels ils oui vécu, afin d'enter na entassement de noms qui aurait offert quelque embarras, et pour qu'on put saisir d'un coup d'«eil la suite des prophètes bibliques.
: Le compartiment soÏTant (c<doriè en jaune) est consacré au royaume d'Isratl (*), lequel, dès l'an 975, se divise en deux royaumes, Juda et Ephr<Sin. Ceux-ci perdent leur GOulcnr, lorsqu'ils passent l'un après l'autre sons la domi- Bation des Assyriens et des Babyhniem, qui occupent, sur le tableau, la troisième «Uvision (coloriée en gris). La puissance assyrienne, distincte de la puissance babylonienne, finit l'an 6^, et laisse le champ libre à cette dernière, qui s'accroît sans cesse, jusqu'à ce qu'elle troure aussi une
(') Itraâ , snmom sacré du patriarche Jacob (Geb. xixii, 38), est le Qom du jieuple entier qui est sorli de lui , du royaume dan» SOD ensemble , et de toute la terre promise et donoée aux Israélites. Après le schisme, les dix rîbas séparées de la dynastie de David se considérèrent, à ise de leur populatiou plus nombreuse, comme étant le pe«j,.e et le royaume d'Israël, et n'envisagèrent le royaume de Juda que comme une province détachée. De là l'usage d'appeler le royaume des descendang de David , royaume de Juda , et celui que formaient les dix tribus, royaume d'Israël. Les livres historiques de l'Ancien Testament, et même les prophètes, font usage de ces locutions; cepeadaiit . les derniers, pour éviter les méprises, donnent aussi souvent aux dix tribus le nom d'Ejihrrâm , parce que cette grande tribu, qui s'était dès long-temps montrée jalouse de celle de Juda, avait joue le rôle principal dans le schisme , et que les autres plus petites s'étaient rangées autourd'elle pour former le royaume d'Ephriâm. Nous nous servirons de celte dernière désignation , fournie par les prophètes, quand nous parlerons du royaume appelé ordinairement royaume d'Israël , parce que le nom d'/«rail, dans le langage historique, doit être conservé pour désigner le peuple dans son ensemble sous le point de vue théocratique, et ne doit pas servir à désigner seulement une portion des deseeudans de Jacob.
bwoe dans la puissance réunie des Mideê et des Pensif La case inférieare (coloriée en rose] est consacrée i celle d^^nière , qui , soos Cyrns , s'élève à la domination du monde connu. Gomme ce même Cjrus readit ans Israélites leur existence nationale, que le pays d'Israël, réduit en grande partie en désert sous la domination des Assyriens , recommença à fleurir, et que Jérusalem et le Saint Lieu sortirent de leurs ruines sous son règne , nous avons fait reparaître la case d'Israël avec la même couleur, jusqu'à la fin de la période dont nous nous occupons.
Quant aux dates spéciales, H aété possible, poar les rois d'Israël, de désigner la durée de chaque règne., anmojeB de lignes qui en indiquent le commencement et la 6n, et qui correspondent au siècle dans lequel ce règne a eu lieu. C'est ainsi, par exemple, que le cbiffre âS, placé k l'une des extrémités de la ligne tracée sous le nom d'Ezéchîas, à gauche de la ligne verticale du 7° siècle , indique que ce r<H est monté sur le trdne eu i'an 72S ; tandis que le chjQre 96, placé à l'autre extrémité d'''^ ligne de sou règne, montre qu'il est mort en l'aa 696.; ,
Quant aux prophètes, on ne connaît exactement, ponr la plupart d'entre eux , ni l'époque de leur vie, ni la durée de leur carrière prophétique, et nous avons dà nous contenter de placer, dans i'e^ace de lemps où ils ont exercé leur okinistère, leurs noms, le plus souvent sans aucune date , et parfois même sans lignes qui indiquassent , même approximativement, le n<Huhre des années pendant lesquelles ils ont (M^phétisé.
Nous avons suivi les mêmes principes à l'égard des rois éb-angers. Déterminer exactement la durée du règne des rots d'Assyrie, Phid ou Thiglath Piléser, est chose impossible , tandis qu'on peut le faire pour Gyrus ou Xerxès.
Enfin , les grandes époques sont aussi indiquée» par des chiffres ; on voit au premier coup d'ceil que le schisme, par
ibïGoogtc
exemple, a en lieu en l'an 975 , que le royaume d'Ephralm a été détruit en 731, que le rétablissement d'Israël tombe SOT l'an 556, la chute du royaume d'Assyrie sur l'an 625, et ainsi de suite.
Mm U est temps d'en venir à l'explication du tableau.
Les trois premiers siècles qu'il nous présente, savoir de l'an 1100 environ li l'an 800, ne mettent sous nos yeux que le peuple d'Israël, et il n'y est nullement question encore des grands royaumes de l'Asie occidentale. C'est le temps de la grandeur politique d'Israël. A la tête de cette fpoque se IrouTe Samuel.
Déjà dans Jérémie xv, 1 , Moïse et Samuel soot mis, par la bouche du Seigneur, l'un à cdté de l'autre, comme les deux fondateurs et protecteurs d'Israël. C'est à eux deux que ce peuple doit sa religion et la vie religieuse sans laquelle il ne pouvait y avoir pour lui ni nationalité, ni pro^ périté nationale. Hoïse a donoé les préceptes , Samuel en a amené la mise en pratique ; Moïse a prescrit les formes , Samuel a développé l'esprit, sans leqnel les formes, abandonnées à elles-mêmes, ne conduisent qu'à la superstition. Car, dans la période immédiatement antérieure à Samuel , le respect pour le sanctuaire était éteint chez la masse du peuple, on du moins si celle-ci montre encore quelque foi aux institutions de Moïse, ce n'est, de sa part, qu'une vénération superstitieuse pour l'arche de Talliance ; ainsi les anciens d'Israël disaient dans le camp : i Faisons venir de Scilo l'arche de l'alliance de l'Eternel ; qu'il vienne au milieu de nous, et qu'il nous délivre de la main de nos ennemis. » (1 Sam. IV, 3)
Samuel apporta des remèdes salutaires à tous les maux que l'on avait à déj^orer au temps des Juges. Les divisions intestines, la séparation des tribus en coufédérations distinctes sans lien national, l'oubli du sanctuaire commun,
onM qaî eat pour efiet de faire tomber Les trilHU èloîfnées da centre dans l'idoUtrie des païens, leurs voisins, l'ignorance à L'égard des choses dif ines , l'état encore groNier et pea civilisé de la nation en général , l'aHaiblisgement poUtiqae sons l'influence des peuples voisins ; tous ces maux di^mrent par la main de Samuel.
Il fonda les écoles de prophètes et se mit k leur léte (1 Sam. XIX, SO), et jusqu'à la fia de cette période de sept siècles que nous avons sous les yeux , l'esprit de pnvphélie une fois exdté ne s'èleiguit plus en IsraëU Les élèves de Samuel et leurs successeurs les prophètes furent , dés ce moment , pour le corps ccclé^astiqne et politique des Israélites, ce que sont, pour le corps humain, lesnerb qui conduisent l'esprit vital dans tous les membres. Ib éveillèrent et entretinrent en Israël la vie spirituelle, et cette vie fut aussi pour Israël la sonrce de sa prospérité nationale et de sa civilisation ; c'est alors seulement qu'il se présenta comme compact, fort et digne de respect, et qu'il prit sa place comme nation an milieu des peuples qui l'entooraient. Les malheurs du temps avaient évidemment atteint leur plus haut période ; et, humainement parlant, sans l'apparition de Samuel , le peuple , foulé par les puissans Philistins , se serait bientdt entièrement dissous en quelques tribus opprimées qui n'auraient plus été unies ensemble par aucun lieu national ni religieux, et ces tribns auraient diangé contre le culte idol&tre de leurs oppresseurs, la seule chose qui les distinguait, la foi en un seul Dieu. Le sort tragique de Sam-^ son est une preuve manifeste du découragement qui s'était emparé de la nation ; toujours on le laisse seid ; le temps était passé on, comme du temps des premiers Juges, an seul homme, saisi de l'Esprit de Dieu, pouvait devenir le sauvenr de son époque. Si une vie nouvelle, pénétrante, profonde , intime et embrassant le peuple tout entier, n'avait pas reparu, c'en était feit des espérances d'I»a«l. Le sa-
cerdoce lui-même, qui était comme le fojer de la vie du peuple et son sanctuaire, avait été atleiut par le mal profond qui étendait sur tous les points ses ravages, t Eu ces jours-là l'Eternel faisait rarement entendre sa voix, et les TÎnons n'étaient pas fréquentes > (1 Sam. m, i). Héli, le souverain sacrificateur, aida même à la ruine générale jusqu'au jour où il encourut , lui et sa famille , quand l'arche fut prise, le jugement qui commença par la maison de Dieu.
Ce fat alors que le Seigneur suscita Samuel ; et les événeraens qui surriurent, ainsi que les travaux et les en$«— gnemens de cet homme dé Dieu , amenèrent Israël h reconnaître que le Dieu virant qui habitait au milieu de son peuple, faisait sa demeure bien moins dans l'arche construite par la main des hommes que daos les témoins vivans de sa parole. Le point de vue extérieur et plus ou moins superstitieux, sous lequel on avait en général considéré jusqu'alors le culte symbolique de la loi , disparut et fit place à une communion vivante du peuple fidèle avec sou Dieu , fondée et entretenue par les prophètes.
Hais aussitôt que le peuple eut acquis le sentiment de la force à laquelle il était parvenu, il désira d'avoir < un roi, comme en avaient toutes les nations » (1 Sam. vm. S). Quoique ce désir lut en contradiction avec toute la constitution ihéocratique , et qu'il révél&l bien peu de piété et de reconnaissance envers l'Etemel chez un peuple qm avait été protégé d'une manière si immédiate et si merveilleuse , et qui avait fait tant de progrés sous la conduite d'un homme de Dieu, on doit cependant reconnaître que le peuple ne commença à l'exprimer que lorsque Samuel fût dcvemi vieux, et que la conduite de ses fils eût démontré ^^'ils n'étaient nullement propres à remplacer leur père. La masse de la nation n'avait point la foi que Dieu n'abandonnerait pas son œuvre et secourrait toujours son peuple ; mais
comme ane pleine et entière confiance ne se commande pas, il leur fut donné, conformément à leur d^ir, on roi dans la personne de Smi.
Quoique Saiil porUt le titre de roi et en exerçAt le pouvoir, son genre de vie était plus semblable à celui des premiers juges qu'à celni des rois ses successairs. Après win élection, nous le Tojons encore livré à ses occupations ordinaires, et le message qui l'appela à sa première campagne, le troava rerenant des champs derrière ses bœofs (1 Sam. XI , 5j . Aussi continoa-t-il , sa vie durant , à habiter sa rille natale de Gnibba , dans la tribu de Benjamin , el nous ne lisons rien qui indique qu'il ait ètaUi une cour rojale.
Hab Israël ne pouvait en même temps avoir un roi < comme les antres nations, > el continuer, en tant que peuple de Dieu, à être gouverné théocratiquement par la parole prophétique. Cette contradiction devint bientôt manifeste, et SaM ne voulut pas consentir à subordonner sa prt^re autorité royale à l'autorité divine qui loi pariait par la bouche de Samuel.
n fut rejeté ainsi que sa famille; et avec son successeur David commence la nouvelle race royale, à laquelle fut promise une durée étemelle. David connut et remplit la vocation de roi A' Israël. Il fut roi, mais, comme le prouvent ses psaumes, il iiit aussi prophète, c'est--à~dire , il avait reçu le don de comprendre et d'exprimer les inspirations de l'Esprit de Dieu. Toutefois, chez lui, le roi l'emportait sur le prophète; tandis que chez le prophète Samuel, l'autorité rojale n'était que celle d'un juge. Et comme durant toute sa vie David chercha avant tout la gloire du Seigneur et-le bien de son peuple, el qu'il écouta avec respect et soumission la parole des prophètes qui l'entouraient , il devint le tjpe du plus grand et du plus parfait des rois-prophètes, du Messie. Les siècles qui suivirent regardèrent à loi comme au vrai mod^ du roi israélite, et les prophètes déy
peignirent le Messie qui derait venir, non seidemcnt comme étant 1« Hh de David quant à sa descendance corporelle , mais aussi comme devant montrer dans nne réalité parfaite ce que David n'avait été qu'en type et dans ud sens imparfait.
David régna de l'an lOSS à l'an 1015. Sons son fils Sa~ hnwn, qui occupa le tr6ne de l'an lOlS à l'an 975, Israël jouit de la grandeur et de la puissance auxquelles David l'avait élevé. Jamais, ni avant ni après, le peuple israélile ne connut nne telle époque de paix et de prospérité , de richesses et de considération. Le nom et le souvenir de SalomoD se retrouvent encore aujourd'hui dans la bouche des Orientaux. Par les relations de commerce qu'il établit , i| mit son peuple en rapport étroit avec les Phéniciens et les Egyptiens, les nations les plus civilisées de l'époque ; il fit de grandes constructions , tant à Jérusalem et dans les environs qu'aux frontières dn royaume [vers le Liban, et même dans le désert où il fonda Tadmor}; et par sa sagesse, dont la réputation pénétra jusque dans les pays les plus éloignés, il exerça sur son peuple même une influence puissante et heureuse. Néanmoins nous ne reconnaissons point en hii le caractère israétite proprement dit. Il sut élever son peuple à un état florissant et puissant au milieu des nations voisines ; mais il ne sut nullement lui conserver sa place en tant que peuple de Dieu. David connut la grande destination d'Israël, d'être, au milieu des nations du monde, on royaume sacerdotal du Dieu vivant, et, autant qu'il fut en lui, il s'efforça d'amener son peuple à ce but; on n'en peut dire autant de Salomon. Sous son régne, et malheureusement amû par son influence ('}, Israël persévéra dans cette
(*) Il suffit de rappeler ici que Salomon « s'allia avec Pharaon, roi d'Egypte, et prit pour femme la fille de Pharaon ■ (i Aois lu, i), qu'il servit d'intermédiaire au commerce de
direction mondaine qu'il avait déjà prise aa temps de Samuel, alors qu'il désirait de s'assioùler aux autres nations, en ayant un roi semblable aux leurs. David avait retardé le développement de cette tendance , il avait montré comment le zèle pour Dieu et pour sera règne n'est point incompatible avec un intérêt réel et actif pour le bien politique d'un peuple , et que même l'un conduit à l'autre. Mais depui» Salomon , Israéi méconnut paiement et son légitime aoihreraiu et sa vocation comme nation Munfe, et nous le voyons s'avancer de plus en plus dans la vme ordinaire des autres états. Les trbtes fruits de ce manque de dispositions vraiment israélites dans le gouvernement de Salonoon se manîfestèrent immédiatement après sa mort. La majeure partie des Israélites s'était insen^blement détachée de la maison de David, et un nouveau trtoe fut élevé dans le sein de la grande tribu d'Ephraïm.
Par la construction du magnifique temple de Jérusalem, Salomon avait, il est vrai, établi un centre d'unité religieuse ; mais Diea avait déjà donné à entendre à David,
chevaux que le roi d'Ef^pte faisait avec le roi de Syrie, qn'îl ■ fit amas de charrioU, de gens et de cheval , » qu'il établit une cour brillauie et eut ua très-grand nombre de femmes, etc. Sans parler des égaremens de sa vieillesse , lorsque ses femmes t firent détourner son cœur après d'autres dieux , ensorte qu'il > fit ce qui déplaît à l'Eternel, et ne persévéra point à suivre ( l'Eternel , comme avait fait David son père > (1 Rois xi , 3 et suiv.), on voit déjà, par les entreprises qu'il fît dans la pleine vigueur de son âge pour la gloire extérieure de son royaume, et, cotre autres, par l'association qu'il forma avec les Phéniciens pour exécuter de grands voyages vers le pays ioconitu d'Ophir, on voit déjà, disons-nous, par ces entreprises, qu'il contribua sans doute à civiliser son peuple , mais aussi à le dé* tourner de la direction ihéocratiqae dans laquelle il avait marche jusqu'alors. En comparant 1 Rois x, ik et suivans avec Deuter. xvn, t et saiv., on reconnaît combien la conduite de Salomon contrasta firapptmmenl avec le type d'un roi tira«Iil«.
son père, par la bouche du prophète Nathan [3. Sam. vu), que ce n'était pas dans un temple de pierres , mais dans la succession rivante de ses descendans , qu'il se révélerait et ferait sa demeure. Dès lors les prophètes attendirent l'accomplissement de cette promesse dans la maison de David , et représentèrent les bénédictions futures comme liées, non pas au magnifique temple élevé par Salomon, mais au i fils de David. > La scission qui se fit dans l'état, après la mort de Salomon, montra déjà que le culte du temple ne pouvait ni ne devait maintenir l'unité de foi en Israël, et que ce prince aurait agi plus efficacement pour l'union spirituelle du peuple, s'il avait mieux compris ce que Dieu avait enseigné à son peuple au temps de Samuel et par ce pro- ]^ète : que c'était non à des ouvrages de pierre ou de métal précieux, mais à des cœurs portant an dedans d'eux la parole de vie, et lui rendant ainsi témoignage, que se rattachaient les révélations du Dieu d'Israël.
Après la mort de Salomon, Israël s'offre à nous divisé en deux royaumes, celui de Juda et celui d'Ephraïm. A la tête du premier, qui ne comprenait que la tribu de Juda et ses voisins les Benjamites, se trouve Roboam, le fils de Salomon , qui régna de 975 à 9S8. Tout le reste d'Israël se rattacha à un usurpateur de la tribu d'Ephraïm, nommé Jéri^ioam (de 975 à 954] , qui s'appela roi d'Israël. ('] Jéroboam établit sa demeure à Tirtsa, ville située vraisemblablement à quelques lieues à l'orient de Samarie, et où avait déjà
(*) Nous avons fait précéder d'une astérisque, sur notre tableau, les noms de ceux des rois d'Ephraïm avec lesquels une nouvelle famille est montée sur le trône. Par ce moyea, on voit, dès le premier coup d'œil, combien de boule verse mens il y eut dans ce royaume illégalement fondé; oo voit que le fondateur lui-même n'a pas pu transmettre la couronne , même à son pe-' tit-fiU , que ta maison de Jéhu est la aeule qui se soit maintenue jusqu'à la quatrième génération, etc., etc.
r^é préc^emmettt an roi cananéen (Josoé xii, 34). Sm sncceuenrB immédiats eonserrérenl cette résidence josqa'à rfi que Homri eut fait bfttîr la vitte de Samarie, qui tat, jusqu'à la destractiOB du rojaarae, le séjour décrois d'Ef phralm.
Ce sclusme polîtîqqe enl pour première conséqoence V^ faiblisi«DeDt Ae la nation ainsi divisée, et de longues guerres dviles entre ces deux pevples frères qui perdirent et la con- Mdéralion des peuples voisins et les foroes uéceesaires pour Intter contre eux avec avantage. Mab ce schisme polMiqoe devint en oab<e on schisme religieux; or, tonte division uiit à la vie relîgimise, et les conséqnencea de cette sépa-^ ration ne purent, à cet égard encore, qn'étre des pins fib' nestes pour le peuple entier. Mais elles le furent sorloal pour Ephraïm. Jéroboam éleva à Dàn et à BéAel , au nord et au sud de son ro jaume , des veaux d'or, et attacha h ces sanctuaires profanes uu sacndoce de Sa création. Ces veaux nederaîent pas, à lav^té, représenter nnelausse divinité, ils n'étaient qu'un ^mbole du vrai Dieu , comme cela avait lieu dans plusieurs ciUtes anciens, qui attribuaient auveaa, ati taureau , une ûgnification mystérieuse. Hais le peuple , une f<HS détourné du sanctuaire de Jérusalem, apprit à ré* vérer des images visibles; il n'y avait plus qu'on pas jusqu'à l'idoUtrie proprement dite , et la puissance du mauvais exemple donné par Ephraïm inOua d uns manière pernicieuse même sur Jnda. Le culte des fanx dieux s'était, au reste, déjà introduit, d'autre part, dans ce dernier pays, el il avait même pénétré dans la famille royale par les femmes étrangères de Salomon; aussi Roboàm ioi-méme, ainsi que son fils et successeur Abgam (957-933) , marchèrent dans de mauvaises voies, et ce fut s^ilemeut Asa (9S5-914'), petitfils de Roboam, qui travailla à revenir au bien. Sonfils/osaphat [914-889] persévéra dans cette ligue de conduite. II prit David et Salomoq pour modèles , et cherdia à reievei;
le pent^ par des ordomuiDces rdJgieases, par a&eineiUeittt admiaùlration , par noe nouTelle vie douôée «a commeree. Les guorea civiles cessèrent, et au lieu d'eolretemr et d'»* gnndùr encore, comme ('«Taieat fait ses prédécesBeurs , lei plaies de soq peuple par des ludes eonstantes avec Ephraïm, il s'^occapa plutdt à guérir les maux qui l'àvaieut atteint, et chercha à rapprocher par des liens étnnts les rojanmes di-' visés et même les maisons royales.
Gependast, le Bis de Jéroboam, Nadab (95-Jh-933), ne porta la couronne que l'espace de deux ans, et la céda k l'usurpateur Bahasça (935-930), qui extermina toute la famille de Jén^Mtam, mfûs qui, à son tomr, ne transmit la couronne qu'à son fib £{a (950-929), lequel, dans la se-> coude année de son règne, fut détruit par Zimri (928). Ce dénier ne conserra dans ses luams sanglantes le sceptre qu'il avait usurpé, que l'espace d'une semaine; car l'armée établit pour roi le général Homri (928-918), et Zimri, i son approche , tennina sa vie par un suicide. Un autre parti
établit, à la vérité, un autre roi nommé TbSmi (928 ),
qui ne put point se maintenir, et mourut peu de temps après. Homri fut le fondateur d'une nouvelle maison royale , qui ne subsista toutefois que jnsqn à son troisième successeur, et qui fut fatale à tout Israël. Il fonda la ville de Samarie à environ seize lieues au nord de Jérusalem, sur une montagne qui avait une belle vue sur la contrée, et il parait avoir été un h<Hume plein d'énergie , qui chercha à élever et à affermir son royaume ; c'est dans ce but qu'il maria Mm fils Achab (918-897) avec une princesse phénicienne. Jétabel (') prit un ascendant dérisif sur son mari, qui montra
(') Elle était fille d'Elkhati, prêtre d'Astarté, qui s'était emparé du pouvoir royal à Sidoo. L'alliance de l'illégale maison royale d'Ephrum avec la maison naissante d'Elhbaal , était une pradente combinaison politique. Quant à la parenté de Jésabet avec Didtn, la fondatrice de Garâki^, dont Virgile a entre-
an ctnJcIArs idntAt^faSile que méchant, et qui H serait prohiMeoient toal «lisii biea laissé coodoire an bien par une femme pieose, qa'il s'est laîsRé entratoer, hri et son Toyaume, dans l'égaremtet et dans le malhear par Jésabel. On eon-> sidérait vraisemblablemmt l'anion avec une princeise d'nii état aussi riche et puissant que la Phénieie, comme on grand honneur pour J^abel, et cette fausse estime favorisa les nesnres lïnaliqaes que prit Jésabel pour inéwalîr U f<H au Dieu d'brael, pour exterminer les écoles de prophètes qui «I étaient les soutiens , et ponr rendre général dans te payi le cuite de fiafad (').
inélé rhisloirc avec les destiaéea de son Enée , Josèphe (con r. Ap. cap. 18) donoe, d'après Uenaadre, les reoseigneaienB gè* aealogiqnes suivans :
, Eihbaal, j>retre et roi.
, Badezorus. Jéaabel. Achab.
' Hargenus.
' PjgmalioD. Didon- < On comprend pourquoi Jésabel , fille d'nn prêtre d' Asiarté, faTvrisa avec tant de lèle le culte des faux dient ; et en voyant; vingt-nn ans après Bthbaal, son arrière peiile-fille Didon, ««eu* de l'ygmalion, bâtir Cartbage et fonder un état célèbre, on peut JQger de l'esprit qni animait les femmes de cette maison ^yate. On ne s'étonnera pas , en conséquence, de voir Jésabel exercer un tel empire sur le royaume et sur te roid'E^braîm, ef de voir ensuite sa Glle Athalie s'emparer du trône dans tt royaume de Juda. » Voyez Jahn, Archaeol. II, I p. 166.
' (*) JtaAnf signifie Se/oneur, c'était le nom de la divinité suprême chez la plupart des nations idolâtres de l'Asie occidentale. Chez les Babyloniens ,, il s'appelait Bel, et c'est en son honneur qu'avait été élevée la grande tour. Il parait avoir signifié la force génératrice de la nature. Le soleil cl la planète Jupiter étaient j croit- on, ses symboles. Astarté, Astnarothi
Alors parât le prophète Ehe, avec une meinre de pnï»-* sance spiriluelle sapérienre k celle qu'a junak reçue avant ou après Itd aucun autre prophète. Lorsqu'il parle, c'est eu sentences courtes et éoergiqaes qui sont de véritables jngeinens du Trè»-Haul. Les événemens qu'il annonce, il ne les prédit pas seulemeuf , il les opère. A sa pnère le ciel se ferme, et à sa prière la pluie revient ; le feu du ciel consiune deux Ghe& mditaires avec leurs compagnies, tandb que le fils de la veuve de Sarepta rouvre ses yeux fermèi par la'mort, et ressuscite. La misère du pays, causée par une sécheresse de trois années , avait fait sur le roi et sur le peuple une telle impression, qu'à la parole d'Elie, Achab rassembla , sur le promontoire du Garmel , tous les prêtres de Bahal et des bocages (d'Asdiérah on d'Astharoth) , ainn que tout le peuple du pays ; et là , dans cette grande assem— blée nationale, qui fut unique en son genre, le' peuple, sommé par Elie de choisir entre Bahal et Jéhova, vengea le sang des prophètes du Seigneur sur tous les prêtres de Bahal, sans aucune opposition de la part du roi cousterDé. Mais cet enthousiasme fut de courte durée ; il ne se trouva personne en Israël , ni sur le ' trône , ni parmi le peu^e , pour protéger l'homme de Dieu contre la vengeance de Jésabel ; Is pieux roi de Juda , Josaphat lui-même , n'entreprit pas de le faire. Fuyant dans le désert, Elie dit à Celui qui l'avait envoyé : 'Je sois demeuré seul i (1 Rois six, 14) ; mais là même il reçut l'ordre de faire trois onctions, et d'opposer en Ëphraïm trois champions au désordre:' un nouveau prophète , EUsie , qui sera son successeur ; un nouveau roi, Jéhu, comme successeur de la maison d' Achab, et ml ennemi étranger, Hasaël, roi de Syrie. Elisée, par des
Ascherab, qui est sauvent noromée avec Baal, représentait le principe fémiom, la nature qui enfante et produit. Elle avait ponr symbole la lune et la planète Vénus.
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mbyeiis spirituels ; Jéhu , dans l'ordre poKtiqae ; Hazati ,' eaén , par la souffrance , ce grand et dernier mojen d'amendement, devaient ramener Ephralm de «on étal de perdition, et abolir le coite de Bahal (']. La snite de l'higtoirs du royaume d'Ephraïm nous montre en ^et qne le ministère p^phélique d'Elisée, les mesmva énerj^qnes de J^u, et enfin les humiliations et les soofirances infligées par les vicloires d'Hasael, ont été, entre les mains de Dien, le moyen de préserver le royaume d'Ephralm du malheur d'éèhanger la foi an Dien d'Israël contre l'adoration de Bahal.
Le contemporain d'Adiab, Josaplmt, qui saiâssait tous les moyens de guérir les blessures causées à son royaume par le schisme , rechercha l'alliance d'Ephraïm, et son fila Joram épousa Athalie, lille d'Achab. Or, cette princesse, qui avait les dispositions et le fanatisme de sa mère, introduisît la corruption d'Ephraïm dans le royaume de Jnda et dans la famille royale de David , qu'elle amena par là au bord de la raine. Elle exerça snr Joram (889-885) la même mfluence que sa mère Jésabel avait exercée sur Achab. Après la mort prématurée de Joram, elle domina d'une manière plus prononcée encore sur son fits Acharna, Agé de 22 ans { 885-884 ) ; et après la mort violente de ce jeune prince , elle s'assit , sous le nom de reine Athalie (884-878), sur le, trône de David.
Acbab avait eu pour successeur son fils Àcluxziixi (897- 896) , dont la vie malheureuse fut de coorle durée, et qui eut pour successeur son frère Jaram (896-884). Joram chei^cba, à quelques égards, à rentrer dans de meilleures
(') La gradation entre la puissance de ces trois moyens est exprimée ainsi dans le langage prophétique : 4 II arrivera que quiconque échappera de l'épée de Hazaël, Jéhu le fera mourir; et quiconque échappera de l'énée de iéhu , Elisée le fera mourjr.{fRoi3iix, 17).
— assoies, et accD^lit parfois de bons conseils dé la bouche i'ESiée le prophète. Le jngemait réservé k la maisoD de son père lOmba Dëanmoins sur sa Mte , et il péril avec toute sa race et avec (oos les prêtres de Babal , soas le glaive vengeur de Jitui (884-856) (').
Atbalie avait iait pmr, à iémsalem, tonte la race de Da-* vld , comme Jéha, en Ephraïm, la maisoD d'Achab Ma père. Mais elle ne jouit que pendant six ans des fruits de too crime ; nn jeune prince , fils d'Achazias et petit-fils d'Atbalie, que l' affection d'une parente et la prévoyance du souverain sacrificateur avaient sauvé du carnage et avaient tenu caché tmit le temps néciessûré , parut enfin , et Atbalie tamiva le salaire de ses œuvres. A peine ft^é de sept ans , Jdat (878-838) s'assit sur le tr^e de ses pères , protégé parla même fidélité et la même sagesse qui l'avaient sauvé, élevé, et aidé à reconquérir ses droits. Aussi long-temps qu'il eut à ses cdtés son ami , son sauveur, le souverain sacrificateur Jéhojadah , il marcha dans la dnutnre , et s'efforça de remédier au mal que sa grand'm^ Atbalie avait attiré sur le pays. Mais malgré tout le sèle qu'il montra pour le rétablissement du cidie du vrai Dieu, les hauts lieux ne furent pas détruits (*). Après la mort de Jéhojadah, qui l'avait as-
(') Pour faciliter l'intelligence des rapports de famille existant entre les deux maisons sonveraiocs , dous placerons ici une petite table géoéalogique, dans laquelle les successeurs de Josapbat sont indiqués en chiffres arabes, et ceux d'Achab en chiffres romains.
i. Joiaphat. I. Achab.