Athatiat
S. Jov.
{*) La loi de Dieu ordonnait expressément qae le culte se célébrât dans un seul lieu déiermjué; elle considérait comme un
tktè comme son Boa génie protectenr, il prAta l'oreîHe aux inanuations da parti idoUtre, qui te relera et qui comptait des adh^ens panni les grands de la nation, et il alla jo»qu'à &ire lap^ler le fils de cet ami (*j qni loi avait tenu lieade père ; pais il finit misérablement victime de la traliison. BemarqnMU, toutefois, qoe les jofemens qae Dtea avait exercés sar la maison de David par la tyrannie Mngainaire d' Alhalie , avairat porté d« bons frnils et donné comme un a«avel essor à cette famille rojale et, par elle, i tout lo royaume de Joda. On vit se succéder sur le trône (mite une série de princes vertueux ; et l'époque la plus heureuse pour Jnda , i en jug«r du moins d'après les circonstances extérieures, paiatt avtHr été celle de Joas h Eaédiiaa.
pas vers lldoUtrie, et mime comme un acte idolâtre, tonte of- ^andc de viciimes faites dans quelque liea que les hommes auraient eux-mêmes choisi (Oeut. xii). Il parait, en cITet, que le culte célébré sur les hauts lieux et sur les collines s'est de plus en plus éloig;né du culte lévitique célébré dans le temple , et qu'il s'en distinguait d'une manière plus ou moins tranchée , Uint en conservant l'apparence et le nom de l'oribodoxie ifraélite ; car i) est parlé de • sacrificateurs des hauts - lieux, • non seulement dans le royaume d'Ephraïm (1 Rois iiii, 33; 3 Rois xviT , 32) , mais aussi dans celui de Juda ( 2 Rois xxiii , 9, 20). Sur ces hauts lieux se trouvaient des temples ou des chapelles, et, d'après Ezéch. xvt, 16, des tentes sacrées, imi> tant probablement le tabernacle. Dans ce dernier passage, il est question ■ de hauts lieux de diverses couleurs. > L'expression «hauts lieux* doit s'eolendre ici, comme souvent, dans un sens étendu pour les hauts lieux et tout ce qni s'y passait, et la bigarrure des eoaleurs doit se rapporter à ces tentes ou tabernacles qui étaient élevés pour ces cultes particuliers.
(<) Zacharie , fils de Jéhojadah (2 Cbroo. xxiv, 20 et sniv.). C'est peut-être cet événement auquel il est fait allusion dans Matth. xxiii, 3S, quoique le Zacharie qui y est nommé, soit appelé fils de Barcchja ou Barachie ; il est à observer que la signification de ce dernier nom se rapproche bcanconp de celle de Jéhojadah.
- Amatiaê (858-809) fik et succcsàeur Ae Joas, pois son fils Hotùu (') (809-7S8) et mq petiufib Jolham (758-741} travaillèrent, »oit à l'estérietir, stnt à l'intérieur, à l'aCTra^ misSement du royaume ; c'est sous le dernier surtout que Juda parvînt à son plus haut degré de prospérité , s'il peut être ré^ement question de grandeur au milieu de tons les maux intérieurs et exténeors qui affligeaient cet état. Depuis cette époque le royaume de Juda pencha vers sa ruine ; î'id^^trie, qui n'avait jamais été enlisement détruite, se développa avec toujours plus de force, comme de l'ivraie dans un diamp fertile , et étoutTa la bonne semence. Les rois bien disposés qui parurent encore, ne purent pa» opérer la régénération du peuple moralement dédiu , ils ne firent que relarder sa chute ; leur conduite vertueuse donna aux prophètes et aux gens pieux du pays un a]^ui dont l'effet fiit que la ruine politique, qui était inévitable, n'enlratna pas arec elle dans la tombe la Hà et la vie spirituelle, ainsi que cela eut lieu pour le royaume d'Ephra'im , qui a si complètement disparu de la face de la terre , que c'est en Tain que l'on a cherché jusqu'à présent , dans toutes les parties du monde, les dix tribus dispersées d'Israël.
Sous Jotham , les prophètes occupent dans l'histoire une place 'de plus en plus grande, et c'est sous son successeur Achaz que commencent les malheureuses relations d'Israël avec les pwssances politiques des rives du Tigre et de l'Euphratc. Mais avant que de nous occuper et des prophètes et de ces royaumes païens, revenons au royaume d'Ephraïm, on Jéhu avait fondé une nouvelle dynastie, et détruit le culte de Babal.
(') Ce roi porte les deux noms à'Hoiiai et d'Hazarias, ce qui s'explique cDcore parce que la signiGcation de ces deux noms a beaucoup de rapport. Hazarias fait allusion au iccotirs » et Hozias à la puiiiance du Seigneur.
Le fib de JAn, Joachaz [8S6-840) , et Jtms (840-82S) suivirait les mêmes priecipes de ^QTernemenl , et eurent à essuyer les mêmes mg^urs poUliqaei qoe Ini. L'inimitié àea Sjniens contre ï^ihnlm fat , entre les mains de Dien , une Terge et tm moj'eD de dtàtîment pour arracher le penpie au culte de Bahal, et pOor lui faire sentir que sa força □'était qu'en son Dieu, .et qu'il ne gagnerait rim à partager la foi et à imiter les mœurs des nations voinnes. Ce n'est que sous Joas qu'Ephraïm conunença à se relerer et à se fortifier contre les Syriens, cwnme le prophète Elisée l'avait promis , an nom du Seigoeor, sur son lit de mtn-tt au roi qui se lamentait (3 Rois xin, 14 et suit.}. Mais l'idolâtrie n'était pMnt entièrem«it extirpée, die subsistait en séœt, et Jéhn et ses successeurs n'avaient aboli que le culte public de Babal. D'ailleurs , le culte du vrai Dieu dent on faisait profession , n'était institué ni d'après la parole écrite dans la loi, ni d'après la parole orale des prophètes. J^u crut avoir fait assez, en abolissant l'adoraUon de Bahal , et eu rétablissant la confession publique du vrai Dieu ; mais il laissa subsister les veaux d'or à Daa et à BélheL ('), parce que c'était nne mesure de prudence politique, de ne pas laisser le peaple se rendre à on sanctuaire national qui était situé en dehors des frontières du royaume et au centre d'un pays voisin et rival.
Sons le règne long et heureux du troisième successeur de Jébu, Jéroboam //(82S-784), Ephraïm parvint à uo état de prospérité et de puissance supérie|ir, peut-être, à celui dont il avait joui jusqu'alors. Ce roi utilisa et poursuivit la victoire que son père Joas avait remportée sur les Syriens. Mais ces
(') Comme ce fut Jéroboam, le fondateur du royaume d'Ephraïm, qui introduisit cette adoration de Dieu sous l'image d'au veau , empruntée vraÎMmblabtement à l'Egyple , l'Ecriture désigne ordinairement ce culte comme étant • le péché de Jéroboam , fils de Kebat, par lequel il a fait pécher Israël. ■
— M — temps m^Uesn ne firent que fournir de l'^idiment à la disaohition et à la cormplîon des mœurs , et prépar» aitui la mine do rojanme, qni dés lors s'avança à grands pas (*). IJ parait qn' après la mort de iéroboam , il s'^era des troa— blés inlérienrs qui ne permirent à son âls Zacturie [77â-. 771) de s'asseoir sur le trdne que onze ans plus tard [*] , et encore ce ne fut qne pour as mob. Les troubles dont il était devenu maître avec peine, édatèrent de nouveau, et lui enlevèrent le Irdne et la vie. Avec lui tomba la mttson de Jéhu, qui, selon la pwole du Seigneur (2 Rois X, 30), avait subsisté jusqu'à la quatrième génération, et l'Iusloire sabséquoite d'Ephraïm, pendant les dnquante années quis'éeoulèrent encore jusqu'à son entière destruction, présente le triste tableau d'un royaume qui conrt à sa ruine ; les rois SB succèdent rapidemmt, et l'nsurpatear heureux qui s'est frayé une voie à la rojaulé par des armes sanglantes , reçint bientôt un salaire tout pareil de la main d'un autre ambitieux. SsUum (771), qui fit tomber Zacharie, succomba lui-même , six mois après , à une conspiration conduite par Sfenahem (771-760). Ce dernier se maintint , il est vrai, siule trftae d'Ephraïm pendant dix ans; mais sous son règne commencèrent les invasions des Assyriens, qui amenèrent , bientôt après, la rnine et la destruction totale de cet état.
■ (') Les prophètes ^mot et Otit, dont aous parleroas plus bas , s'élevèrent contre cette ruiae qui venait du dedans , et signalèrent les dang;er3 extérieurs.
(*) Les livres sacrés ne font pas mention, il est vrai, de cet interrègne d'une manière expresse; mais le rapprochement des dates qu'ils fournissent, a conduit les chronologislcs à placer entre Jéroboam II, et Zacharie une période d'anarchie qui cadra fort bien avec l'étal de déchiromeat dans lequel était alors le royaume.
La premi^ époque de la pMode prophétique est écoo-^ lèe : pendant cea trois premien aîècks et decai, Israël est snr l'afant-scène , et U a attiré seul notre attention. Hais tout ' ^ange avec la seconde époqne : JToda depais la mort de iotbam, EphraTm depuis le r^e de Menahem , s'aTancent, mais d'nn pas inégal , vers une mine ^j^alement inéritable,' et ne M montrent plus k nons qu'ai luttes eonstamitient malhenrenses avec ia puissance aityrienne et la babylo" nignne (<),
La première de ces puissances qui parait dans Tbistoire' biblique est Assitr {*) . La capitale de VAssjrie , Nirâve, était* ntuée prés do lien qu'occupe la moderne Mésul, sur la rive orientale dn Tigre; nuis on n'en cefroure, pour ainsi dire, pas Testige aujourd'hui. Les (W)ntières de ce royaume sont difficiles à déterminer, et peuvent aussi avoir changé à di~ verses époques. On peut &e d'une manière générale, que l'Assjrie était bornée, an nord, par les montagnes d'Arménie; à l'est, par les montagnes Médiques; à l'ouest, par l'Eupbrate; et au sud, par les plaines de la Babjlonie. Au temps de sa prospérité , Assnr étendit sa domination à l'occident sur toute la Mésopotamie ('] , jusqu'à la S^e et la Pate^ tine, et an sud sur Babjlone. L'bistoire d'Assjrie est environ-
(*) Savoir, depuis le moment de la décadeoce des royaumes Israélites jusqu'à l'aa S36, où, après la destruction de I empira babjflouieo, Cyrua rétablit Israël : ce qui fait SOS ans depuis la mort de Jotham ou le commencement du règne d'Achat , et 233 ans depuis le règne de Menahem.
(*) u4uur est le nom ancien el original. C'est ainsi que s'ap— pel]e(Gen. x, 22) le fils de Sem, qui (Gen. x, U) soriil de Babel, fonda le royaume d'Assyrie et eu éleva la eapitale Ni-' nive.
(*) On entend par Méiopolamte , le lerritoire qui s'étend entre les fleuves du Tigre et de l'Euphrale. C'est un nom purement géographique , et nullement polilique.
née d'une profonde crfiecorilé. Il est impossible de délemûoer à S(urdampak, avec leqdel est tombé, d'après les historiens grecs et antres, un royaume d'Assjrîe, doit être placé antérieurement à Phol, eosorte qne la puissance assjrienue qui a subsisté depuis Phul à Assarhaddon , et qu'a détruit le roi de Babylone Nabopolassar, serait une puissance nouvelle née des trouUes qui finirent avec Sardanap^e , ou bien d Sardauapale doit être placé après Assarhaddon (') , fdternative d'après laquelle le royaume tombé arec Sardanapale, serait précisément celui que nous connaissons par la Bible (*] .
Le premie^;.;oi d'Assur meodonné dans la Bible (S Rois IV, 19) estf^ n attaqua, enriron l'an 770, le roi d'Ephraïm, Ménahem, qui ne put acheter de lui son indépendance qu'au moyen d'une forte somme d'arguit. Tlàglath Piléser continua les agressions contre le royaume d'Ephraï'm. A Menabem avait succédé, mais pour deux: ans seulement, son fils Pekaciga (760-758), qui mourut victime d'une conspiration militaire, et céda le trdne à Péktuh (738- 758). Ce dernier s'élant lié avec Retm, roi de Syrie (*), tous
(') Sardanapale serait ainsi peut-être te Saosdacltim , qui est mentioaiié ailleurs.
(*} On admet le plus cominuDément deux roj'aumes d'Ass}'- He : l'an ancien qui remante à Assur, Ninus, Scmiramis, et qui finit à Sardanapale par la révolte de la Médîe et de la Babylonie, et l'autre moderne qui serait celui de Pbul et d' Assarhaddon, et qui se serait formé des ruines du premier, en même temps que ceux de Médie et de Babylooie. Telle est aussi l'opinion de M. Preiswerk, comme on le verra bientôt. (Trad.)
(') II est ici question de la partie de la Syrie dont la capitale était Damas. Le rapprochement entre Rets in et Pékach, ces princes dont les royaumes s'étaient si loug-tcmps fait une guère opiniâtre, n'aura rien d'étonnaot, si l'on considère que le danger commun dont les menaçait la puissance croissante des Assyriens, les poussait bien naturellement à s'unir pour leur commune défense.
deux menacèrent le royaume de Jada, dont te trAne èl« occapé par Achax, fils de Jolham , tgé sealement de ringt ans (741-725).
Ce roi idoUtre trembla devant l'alliance d'Ephralm aree la Syrie. Il diercba à te fortifier en s'associant avec Thiglath PUëser, et i attirer sur Relsin et sur Pekach les nombreuses' armées d'Assor. Il atteignit pleinement son but. Retsin perdît ses états et la vie , et le roi d'Ephraïm rit emmener en Assyrie les faabitans des proTÎnces situées h l'orient du Jourdain et aa pied da Liban. Mais celte al- Uance d'Acbaz, la première de ce genre qo'enl contractée la maison de Darid, était hautement blâmable sonA le point de vue religieux, ainsi bien que d'après les prin— dpes d'une sage politique; car l'amitié d'une puissance païenne et enTahirâanle comme Assnr, pouvait être aus^ ^ngereuse pour larad que sa haine. Anssi Esaie s'éleva-til avec éner^ contre la démarche d'Acb» (Esaïe Tii) ; mais ce fat en vain.
. Cependant les prophètes, qni , à cette époqne , sont déddémenl mêlés à tout le cours des événemens , réelament notre attention.
Les prophètes des temps antérieun , parmi lesquels Elié et Elisée sont les plos remarquables, n'ont laissé aocuii écrit. Après eux il n'en fut pins de même, les prophéties durent être écrites , et elles le furent d'une manière d'autant pins dètaiMée que la ruine s'approchait; car il était nécessaire , au milieu des troi^es et dee révolutions , que la parole sortie de la bouche des hommes de Dien , fut misé par étxit, et ainsi préservée. Les seize prophètes dont noos possédons des livres plus ou moins coDsidérab|.es , se divisent, quant à l'époque de letir apparition , en trois groupes distincts. Ekôb peut être considéré comme terminant le premier, sous le pieux roi Ezécbias. Le second commence par Sop^fiDù et /<!rAitK , .sous, le dernier roi distingué de Juda ',
-, 80 — Jonas'et reAfendc, etk ùutte, \ta proph^les Hdramc, Abdias, Ëzéchiel et Daniel, qai ont portë le flambeau de la pat rôle prophétîqne an miliea des ténèbres de la ruine nation ■aaie. Le ttoisiëme ^tfpe eomprciiâ les pn^ihèfes qui ttat paru après l'exil, Aggée, Zaeharie et Mahdtù. '
Daus DOtre tableau chronologique, nous avons placé JoS Il la t£te des prophète^ qui ont laissé leurs prophéties par Hècrit. L'époqoe précise où il a Técn est sans doute inconnue. QoelqueSHUs le placent plas tard, sons le r^ne d'£- 2écbias, mais à tort, comme le prouve l'étude attentive de son livre. Joël ; réunit brièvement et clairement les pensées capitales et les enseignemena prindpaus. de la prophétie, comme s*il avait voulu donner le thème que les autres pro* pbètes , plus impliqués dans les dive» événemens de leuf époque , ont développé, plos tard, chacun à sa manière. '
Dans le même temps environ on nous avons placé /ofil , vivait aussi JonOê, d'après le passage 3 Boit xiv, SS, qui le place, au plus tard, sous Jéroboam II (825-784). La pro-* phéde mentionnée' «n cet endroit ne nous a pas été conservée ; te livre qui porte le oom de Jonas , noos parle de la mission de ce prophète auprès des Ninivites- Nous ; trou- Tons raconté avec nne sainte droiture, aussi bien ce qu'il y a eu d'insensé dans la conduite du prophète lui-même, que ce qu'il y a eu de remarquable dsais le jeûne repentant des idolâtres Assyriens. Si , comme plusieurs historiens l'ad* mettent t il y a eu un ancien royaume d' Assyrie qni a été détruit avec son dernier roi Sardaoapale par Jes Babylo-^ niens et les Mèdes, environ Tan 800, la préiiBcation de Jo- ,nas se rapporterait à cette mine , qui n'aurait été que re^ lardée de quelque temps par la repentance temporaire des Niuivites. Le roi qui écouta Jonas serait alors Sardinapale lui-même, ou l'un de ses prédécesseurs immédiats.
Les deux prophètes qi^ suivent, Amos et Osées exercèrent spécialement leur iniaislère dans le royaume â'Epbral^<
— 'Si —
;Amof, pMpriâtflire detroopeaiù Mi pàj's dfeJuda, paroi soos le roi Jéroboam II , environ l'an 800. Le royaume iTEphralm, Ticlorieux de DovTeàa des Syriens, arail atbnnl «Ht h«ut degré de proqiérilé; mais lés pédiés (H-dioaire*, la licence, l'immoraUté. la TÏoleoce, l'idelMrie, s'étaient accrus dans la même proftortion. Amos annonça anx Ephndmitef les maUtovs qui les atleigoireot, enriron soisâDte ans plus tard , sous Pekack , par le moyen de TbiglaUi-Pil^er. Comme L'éUt dedissolution d'Ephraïm , et la coiraption , tant des mftim que de la religit», allèrent tot^oius en augmentant depuis Jéroboam' H , 0$ée fut suscité comme témuB de Dieu contre tons ces maux , et il uinonça le JQge-^ ment de condamnation qui, bientât après, mit un terme à l'existence du Toyaume d'Ephraïm.
Miebée parut aussi pour dénoncer les cb&timens divins contre les vices dominans. II prédit tant à Ephraïn qn'A Juda leur ruine; mab il put joindre anx censures les plus énergiques contre le temps présent, les perspectÏTes les plus Sublimes relativement ftnx temps mesûaniques^
L'année de la mort du roi Hozias [758] , EsaSe reçut t» eonsécratiffli à la charge prophétique (Es. vi). Sous Jotham (738-742), il attaqua fortement la corruption des moeurs de cette époque si heureuse (ch. i-v]. Et lorsque Acfaaz (741- 725] , jeune et impie , fut monté sur le trAne et eut formé son alliance irréligieuse et impolitique avec Tbigtalb-Pil^ ser, contre la Syrie et Ephralm, Esaïc s'éleva en témoignage contre cette alliance (ch. vn et suit-)-
Thiglath-Piléser arait détruit le royaume de Retsin en Syme , dépeuplé cdui d'Ephraïm. Après le meurtre de Pekach (738), Os^ (739-721) n'obtint pas immédiatement la possession paisible de ce trône qu'il avait souillé de sang; mais il y eut, à ce qu'il parait, pendant neuf ans, une période de troubles anarchiques , à la iîn desquels seulement Osée parvint à placer sur sa tète la ooflronne dumcriaotcv
n ne jouit même de cette dominatioD incertaine qae c<H»me liibataire du roi d'A§syrie, Saimanasar {*); et, s'élant révolté , il chercha secours et appui auprès de l'Egjpte. Mais il ne fit qu'attirer ainsi sur lui— même et sur son royaume le dernier coup destructeur de la part d'Assnr (721). La plus grande partie des Ephraïmites fureDl emmenés caplife dans les contrées assyriennes , et jusqu'à ce jour nous n'a- Tons aucune donnée positive sur leur sort postérieur.
Cependant Ezéchia» (725-696) était monté sur le trdne de ses pères après la niort d'Achaz, En souverain pienx , il s'eDbrça , peut-être arec le i»ncour8 d'Esaïe ^ de réparer, autant qu'il fut en lui, le mal que son père avait fait. Hais le vieux levain de l'inçTéduIité, de la corruption et de la confiance en la politique étrangère subsista encore, surtout parmi les grands du royaume. Ezéohias sut, à la vérité , se libérer des rapports de dépendance dans lesquels son père avait engagé Juda envers Assur ; mais les nouvelles relations qu'il noua avec l'Egypte , et contre lesquelles Esale s'éleva avec énet^îe ( ch. sxvi et xss) appelèrent devant Jérusalem les armées de l'Assyrie sous Sanehérib ('} , en l'an 7ii- Nulle puissance humaine n'aurait pu conjurer un dan-<
■ (•) D'après la Irndition juive (Seder Olara cap. 22) Salraanasar emmena , lors de celle première invasion , le veau d'or de Bélhel en Assyrie; celui de Daa avait déjà élé emraeiié auparavant p^r Thiglath-Piléser.
{') On ignore si Sanehérib a élé le successeur immédiat de 1 bien s'il y a eu entre eux deux un troisième aura régné que peu de temps. Cette dernière hypous probuble; car Esaïe xx, i, fait mention a'ua
thèse est le plus probable; car Esaïe xx, i, fait roi d'Aseyrie nommé Sargon, qui ne peut être placé qu'entre Salmanazar et Sanehérib, à moins qu on ne veuille admettre que ce n'était qu'un autre nom donné à l'un ou à l'antre de ces rois. An reste, nous savons si peu de chose de ce Sargon, que nous n'avons pas mis stm nom sur notre taUeaa.
ger aussi grand. Mais le pieux roi Etéchias et son p«apta firent encore une fois, par l'intermédiaire du prophète Esale, l'expérience que le peuple de Dieu , s'il se confie onique- Kt^t en Ini, peut habiter en assurance, même en présence des ennemis les plus redoutables. Une seule nuit, dans laquelle ISS.OOO cadaTres jonchèrent le camp des Assyriens, fut la cause do départ de Sanchërib , et ta nouvelle d'un monrement hostile de la part de Tbiracka , roi d'Ethiopie , décida son retour dans son pays.
Dés lors Assnr, qui était au faite de sa grandeur, courut rapidement k sa ruine , que prophétisa Nabum : c'était ta seconde fms que Ninîve était l'objet spécial de la prophétie ('). Les premiers symptômes de ta décadence se manifestèrent peu de t»nps après la destmction de l'armée de Sanchérib. Déjà en 713, nons voyons nu ambassadeur adressé à Ezéchias par Mwodac Baladan , rw de Babjtone , pour le féliciter de sa gnèrison, et vraisemblablootait aussi pour rechercher sou alliance.
Les rois de Babel, oudelafio&i/fonM, paraissent îd, pour la première fois, dans l'histcHre bibliqtie. Jusqu'alors ils avaient été dépendans des Assyriens , et nous ne connaissons que peu de chose de leur histoire antérieure ; nous savtHis sententent qu'une nouvelle ère a été fondée en 747, par le Babylonien Naixmassar. Ce n'est que sous Merodac Baladtm , que la BabylonJe , située au snd de l'Assyrie, entre l'Eupbrafe et le Tigre , paratt avoir acquis une certaine indépendance , et le pouvoir de cet état s'accrut dés lors en prf^ortion de la décadence d'Assnr.
Depuis Sanchérib, Israël n'eut plus rien à redouter de l'Assyrie. Ce monarque tomba sous le glaive parricide de ses fils; et Assariiaddon, qui lui succéda (SRoisXlx, 37), n'inquiéta pas Israël. Au contraire, il envoya dans le pays dé-
(*) Voyeï plus haut Jonas.
s/Aà A'EfbxaSta aoe pofuUtioii BouvcUe, d'où s«rtiraU ^■ Samarilaioft, qui j demearèFent vatxae apr^ le retoar À» hraélites (Uns leur pairie, et qui , comme ao«§ l'^preaoBS, «lire «Ures, du Nouveau Teslameot, forent pow le» i wîfc L'objet d'aoe baine mortelle.
SaaaSùmasU (€96-641), Sk et soccesseor dr'Ezéduas, qui ipoata BDF le tnîne i l'&ge de dooae ae», le parti a»tk-tbéo- (Tfltiqae, qui afvait été » long-temps comprimé soiu le ré-' gne précédent, releva andaciensement la tête, et rat se. rendre entièrement maître du monarque jeune et sans espérieuîe. €elui-ci so plongea en aveugie dans l'îdolUiie U.plus ouverte, profana le temple, et remplit Jérusalem du sang d'innocente» victimes qui ne voulai»i( pas se jdier à ses qlwmiuatioDS. Selon la tradition juive, Esaïe doit av<Hr été , dU' nombre de ces martyrs de la fol isin^lile. Les chroniques, rapportent (2 Ghron. xxsiD, 11 etsuiv.) que Uaoaasé^ s|amenda, plus tard, h Babjlone, où le roi d'Assur l'avait Fait emmener lié de chaînes, pmt-étre pour qu'il se jnstiâât lui-4néme de sa manière déraisonnable de goavemer ['j. Apcè» on règne de ànqnante-cinq ans, dont les d«miefs teoBps furent paisibles, il fut remplacé snr le tr✠par sea fil^ Aimn {6Al~659} . Acnoa ne régna que deux ans, pendant lestpi^ il reniBuvda toutes les impiétés de U jeunesse de son père; puis il succomba k une conspiration. Son fîU el saoces&eor, Jams (639-609) , af^aralt, dans ces deraîera feB^ du royaume chancelant de Juda , comme nne oolonne, cfHDue une lumière brillante. Par ses mesures énffigiqnes de réforme, il contribua à raffermir et & rétablir sur des
, (-') La toi qui donaa cet ardre doit avoir éié Âitarhoddon, et l'on ofi doit paa être surpeis de le voir nomioé roi de « BabyloDfl • ; car l'on sait d'ailleurs que Sancbérib avait déjà vengé la rébellion de Mérodac-BaladaD sur son successeur, et qu'avant sa fin malheureuse il avait noiuiné son propre fils Assarhaddon vice-roi de Babylone.
35 — bases nonyeHe» la ibl on la loi ie Bien , et l'obAiskiBee ^ cette loi ; et il en était temps, si la maison d'Israël ne de~ Tait pas 6tre entièreraeDl détruite par le'torrentdéTaitateur qui approchait menaçant. Sous le règne de ce roi pieux , l'esprit prophéliqne se manifesta avec une noareHe éoei^e^ et l'fm rit paraître , durant sa vie et pendant la période malheureuse qui soirit immédiatement ta mort, no oonlwa' fffoporliomieKement grand de prophètes. Nous appcnonï,' tant par les prophéti» ie Jérénàe que par celles de Sopho~ HK, à quel pdnt la rie spirituelle était perdue en loraët^ malgré tontes tes référmetreligientetextérieures. SophooisaRDonça aussi la chute imminente de la puissance amyrienne , <^ate (pie Nahnm avait déjà prédite plus de quatrfr< vingts ans auparavant. Sous le rapport politique, le règn« deJosias, qui dura plus detreateans, fat tranqaiUe etkeu»renx , comme l'avaient été ceux de son père et de son aïeuL Ea teirenr qu'inspirait la puissance assyrienne avait passé' comme un orage. Le pouvoir chancdant de la flére NînivS [ient^ût rapidement vers sa raine, et la puissance naissante des Bab^iloniens n'était pas encore dang««use pour les cou» trées occidentales.
- L'btsioire d'Assut*, dans ses derniers temps, est enriron^ née d'une grande obscurité. Aussi nous avom miens ôné^ avouer notre ignorance en laissant snr notre tableau nn espace ride, que d'y mettre des noms incertains. Dans le tàt, il importe peu ipie le dernier monarque de Niaive se soit^ appelé Sardanapalé , ou ait porté quelque autre nom. La ruine d'Assur etla conqnéte de Ninive furent opérées, l'a» 625, par Cyaxare, de Médie, et N<à>opoUKatBr, de Baby^ lone, père de Nébucadnéiar. Nabopolasiar, qui étdt pn»^ premeat ginrverneur assyrien de la Babjlonie , se constitiu^ roi indépendant, et fonda cette dynastie conquérantif et do» min^rice quiatteigmt dé}à soosNébueadnézar'sovpI^'bamli période, etqui ne fit pluS', aprèfrlQk, quêse précipiter cUi»-
lammoit Vers U raine que les Uédes el les Peines rénnis lai préparaient.
' La puissance croissante de JVabopo&usar se heurta' contre ■a nouvelle dynastie que Psammétique avait fondée en Egypte. Le fils de ce d^-nier, Tiicho, monarque enlreprenaot, qui unit la mer Ronge au Nil par un canal , et fit avec ses rîusseaux lelourdel'AEnque, mardia conlreNabopolaasar.Josias s'avança contre lui, (ut défait, et perdit la vie (609) près de Héguiddo, entre le Thabor et le golfe d'Akko (Acre). Le peuple ^va sur le trOne son fib Jéhoachaz (609) ; mais au bout de Irob mois l'Egyptien vainqueor détrôna ce jeune prince pour mettre à sa place son frère Jéhqjakim (609-399) . Trois ans après (606) , Nébacadnézar, général en dief des armées du roi son père, repoussa les Egyptiens de l'Asie ocddentale, et Jèhojakim dut prêter hommage au monarque babylonien, céder les vases précieux du temple, et livrer les fils des premières familles de son royaume pour le service du roi (2 Rois xxiT, 1 ; Dan. 1,3).
C'était la première fois que Babylone influait directement sur les destinées des Israélites, el ce premier succès annonçait la longue série de malheurs qui vinrent de l'Eaphrate frapper les deniiers restes du royaume de Juda. Tandis que l'impiété des rois de Jérusalem attirait sur ce malheureux pays les jugemens de Dieu , Nebucadnesar ne pouvait laî»sa subsister sur les bords de la Méditerranée et près de l'Egypte, un état animé de dispositions vacillantes et hoâliles.
Eu vain des prophètes, tels que Jérémie et Habacuc, annonçaient les dangers inévitables qui s'avançaient du cAté de l'Orient an travers du désert: la confiance chamelle, constant avant-coureur d'une chute imminente , poussait les Israélites aveuglés k diercfaer leur salut dans diverses com« binaisons politiques, el surtout dans une alliance avec l'E^ gypte. Ceux d'entre eux qui étaient le plus portés à attendre du Dieu de leurs pères secours et protection contre la puis-
tsDce babyloni^ine , ne sapposaient pas que cet appui pût leur manquer, et ne compreaaieBt pas qu'ils dussent d'abord se récondiier avec Dieu par l'aven de leurs péchés et par une sincère repenfauce, avant que de pouvoir se con-^ fier en sa protection immédiate. Ils étaient entretenus dans cette fausse et aveugle confiance par une foule d'hommes tout aussi confians et aveugles -qui se donnaient à enx> mêmes le nom de prophètes de l'Etemel , et contre les-^ quels Jérémie, le vrai prophète, eut h soutenir une pénible lutte.
La puissance ennemie qui s'approchait , et dont les eo-^ vahissemens inspiraient aux Israélites des inquiétudes fondées, était cet empire des ChaJdéetts, qui atteignit le faite ' de son pouvoir sous Nébucadnézar. Sa grandeur ne datait que de Nabop(d%sar, et dès la mort de Nébucadnéstar il se précipita déjà A sa mine. Appelé Ba^lonim, du nom desai capitale, il portait aussi, d'après le nom du peuple, celui d'empire des ChaMéms. Sdon quelques savans, les Ghaldèens sont un peuple distinct des Babyloniens proprement dits; ils auraient pénétré, comme soldats stipendiair» où comme conquérans, du nord dans les contrées babyloniennes, environ l'an 747, époque d'où date la nouvelle ère dé Nabonassar; ces Ghaldéens seraient parvenus, avec NaKopolassar (environ l'an 6â5], à établir leur pouvoir en Babjlonie , et auraient fondé la dynastie conquérante qui fut , sous Nébucadnézar, la terreur du monde. Mais d'autres savans font des Chaldéens les anciens habitans de la Baby— 4onie , et non des étrangers qui s'y seraient établis à une époque poslérienre. Il n'y aurait ainsi aucune différence entre les Chaldéens, qui serait le n,om du peuple, et les Babyloniens, dont le nom se rapporterait à la ville et au pays- Et, en effet , dans la Bible , le pei^le qui habitait la Baby-r lonie est toujours appelé les Chaldéens, et jamais les Baby-^ Ioniens. - ■
Nous na pouvons ici discuter ces «kux opinions , dont la diSireace, au Soad, est de peu d'intà'M.
La noarelle iptaslie de Psammètiqne s'efibrçait de soaineUre à l'Egypte la %rie qui l'avoisioe , soU par la force des armes , s<^t par des négociations. Nécho , fils d* PsHométiqne , vint se hetvier contre la jeone paissaiics des Qialdéens , qui était en progrès depais la ruine de Ni-tmT«f et ce n'est qu'à l'illusion, qui fait trooTer vraiseûi-u blaUe ce qu'Mi dé»re, qu'on doit attribuer l'idUance d» Israélites arec l'Egypte et les espérances de secours qu'ils mettaient en cette puissance contre le» attaques de Nébucadnëzar.
Le rm de Juda, JÉhojaldm (600-599), qui avait prétd hommage à Nébncadnézar, en 606, ae révolta contre lui ^n d'années après (605) , et s'allia de nouveau avec la poî»- 8ance égyptienne qui l'avait fait monter sur le tràne. Occupé alors de gu^res dans le fond de l'Orient, Nébucadnézar ne pat pas punir immédiat»nent la défection de Jéhojakim; mm, en 599, il parut avec une armée devant Jéaiisalem'^ L'in^Hudent mtmarque était mort pen de temps auparavant, et depuis (rois mois son fils Jébojachin l'avait remplacé sur le trône. Après un àége qui fiit de courte durée, ce dernier dut se rendre à Nébucadnézar, qui l'emmena h Babylone , tw il vécut , jusqu'après la mort de son vainqueur, dans jfu$ swte de captivité. Nébucadnézar mit à sa place, sur le trùm de Juda. son oncle ('), Sédéms (599-588), 6b de Josias. Et dans cette occasion il {^la le temple et ses trésors , 9t emmena de Judée à Babjlone les personnages les plus- OODHdËFables, ainsi que le» arlistos et les ouvriers ; ceux
{*) La succession régulière aa trône , du père au fîls , avait èlé Hitorrompoe , pour la première fois , dans la famille de David . apièi Joaaptfat , par l'usurpaitoii de la reine Athalie (voyea la note de la p^e 22). Une iniermplion pareille de la.enccei-
^'jl Iniimit dans le pays , agricuttevrs ^ur la ptn^àrt , Htùmt aiiui biea tr^ aBUblis pon teatcr de prendre let armés ('] . Aa reste , ob ne doit pas se représenter cetM Iranslatîoa comme ane i captivUé i proprement dite. Ce fM scokment le tiwisport d'an penple d'an pays dans on anbre^ naesore qoe les divers soaTeraîns de l'Asie ont employée ^ns d'une fois pom* dompter et mettre hors d'état de noire «Uns ane oonlrée éloignée , nn pea[^e inaccessible dans ses montagnes, et difficile à rëdoiré (*).
Ce fut U la seconde campagne de Nébacadnézar contre Jémsalem , et, de mdme qae dans ta première, en l'an 606, le projpbète Daitùt avait été emmené à Babylone, EzéeltiM accoBopagna , en 999 , oesx qm forent transportés dans la Uésepotune septeoirioaaie , sur les rives dn fleuve jSiiSbâr {(%abora^.
sion régdière eal Iïmi à l'égard dei suecesseurt de loeias. L'ex-* posé féaéaÏDffqvie saivant la fera comprendre. 1. iosias.