Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piété
TiMOTHÉE était Lycaonicien, de h ville de Lyslrcs , fils d'un père gentil et d'une mère juive de nation , mais chrétienne de religion ; cette bonne mère , appelée Eunice, eut soin que son fils fût élevé dans la foi , et , dès son enfance, instruit dans les Saintes tcrilnres. Timothée, de sa part, profita si bien de cette éducation que , par sa piété et par ses bonnes mœurs, il acquit Testime et Taffection de tous les fidèles nonseulement de Lystres , mais aussi des villes voisines ; de sorte que , saint Paul étant venu à Lystres , il affectionna Timothée sur I2 bon témoignage que tous rendirent de lui ; et, quelque jeune qu'il
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2 I. Èl'ÎTUli A TlMOTIIjiE.
fut , il le choisit pour être le conipagnon de ses voyages et son coadjuteur dans le ministère de la prédication de TE-
^<-i rap. 14. vangile.
Pour savoir combien un si bon disciple profita sous un si excellent maître , et quel progrès il fit dans la foi , dans la sainteté , dans la sacrée doctrine , dans le zèle apostolique du salut des âmes , je n'en veux pas d''autre témoignage que celui de saint Paul même, qui, dans cette épitre , chapilre i.^^, verset 2 , appelle Timothée son trèscher fils , ou , selon le grec, son fils véritable et légitime dans la foi , qui par conséquent ne dégénère en rien de son père , mais qui lui ressemble en tout ; et dans Pépître aux Philippiens , chapilre 2, verset 20 : Je ii' ai personne qui me soit si uni d'esprit et de cœur que Timothée. Ce qui a fait dire à saint Jean Chrysostômc que Timothée était un nouveau saint Paul , dont il avait Pesprit , le cœur et tous les sentimens.
On ne doit pas s'étonner , vu cette grande union spirituelle du disciple et du maître, que saint Paul joigne si souvent en ses épîtres son nom avec celui
de Tiinotlice, qu^il envoie souvent Timollicc oîi il ne peut aller lui-même , et que , ayant été :ontraint de sortir d'Eplièse , il y ait laissé Timotliée en qualité d'évêque pour gouverner cette grande Eglise comme un autre Paul.
Cest donc à cet admirable Timothée, cvêquo et archevêque dEphèse, exprimât de toutes les Eglises de TAsie mineure , que saint Paul écrit deux lettres pour l'instruire de tous les devoirs d'un bon évêque : i .« en ce qui regarde la doctrine; 2." en ce qui regarde le culte de Dieu; 3." en ce qui regarde l'ordination des ministres; 4«° il le munit contre les hérétiques ; 5." il lui apprend la manière dont il doit se comporter à i'égard de tous les fidèles , selon leurs elals difFérens ; 6." il Fexhorte à fuir tous les vices , à la pratique de toutes les vertus , et surtout à conserver fidèlement le dépôt de la foi et à éviter toute nouveauté.
Ces deux épîtres à Timothée , et celle que saint Paul adresse à Tile , évêque de Candie, sont appelées hiérarchiques, parce qu'elles enseignent ce qui regarde la hiérarchie ; c''est-à-dirc , l'ordre ,
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les fonctions et les vertus des évêquos, des prêtres et des diacres : enseignemens que TApôtre 'lonne tellement à Timothée et à Tite , qii^en leurs personnes il les adresse à tous les évêques et à tous les ministres de l'Eglise qui seront jusqu'à la fin du monde. C'est poiu'qMoi saint Augustin les exhorte tous à avoir toujours cesépîtres devantles yeuA, à les lire et méditer continuellement, afin d'y apprendre quels ilsdoivent être, et comment ils doivent gouverner le peuple de Dieu.
Communément on croit , comme le tient Baronius , que cette épîlre a été écrite de Macédoine, Tan 67; néanmoins quelques auteurs modernes, ayant examiné toutes choses , la croient ou de Tau 64 ou de Tan 66; j'en laisse Taxa rut a aux savaas.