A PHILÉMON
PhiléMON était un homme de qualité, phrygien de nation , et citoyen de la ville de Colosse , très-considéré pour sa puissance et pour ses richesses, mais beaucoup plus pour sa foi , pour sa piété et pour sa charité.
Entre un grand nombre d'esclaves qu'il avait , un nommé Onésime , aussi phrygien , et natif de Colosse, Payant volé, s'enfuit à Rome.
Saint Paul , qui y était pour lors en prison pour la première fois , Payant instruit , converti et baptisé , le renvoya avec cette lettre de recommandation à Philémon , son ami , le priant
avec un merveilleux artifice de charité', de pardonner à Onésime , et de le recevoir en ses bonnes grâces.
Cette lettre a donc été écrite à Rome , dans la première prison de saint Paul , 'H même temps tpie iépitre aux Colossien?, portée par Onésime Tan de Jésus-Christ 62.
Saint Paul n^ traite proprement d''aucun dogme de la religion ; mais il donne un admirable exemple de charité , car si Tapôlre des nations, et le maître du monde , y fait paraître tant de bonté pour un esclave, voleur et fugitif, qui est le chrétien qui puisse négliger les devoirs de charité envers qui que ce soit, sous prétexte de bassesse de condition , ou de corruption de mœurs ?
De plus cette épitre nous apprend à ne désespérer jamais du salut d'aucun pécheur, quelque perdu qu'il paraisse; pyisquc Onésime , qui était un voleur et un fugitif, est devenu un homme si illustre par la grâce de Dieu , qu'il ^ succédé à samt Timothée en l'évéché d'Ephcse , et qu'enfin il a été couronné de la gloiic du martyre à Rome ,
sous l'cnipcreur Trajan. Voyez le Mar l^rologe romain , le i6 février.
Saint Jean Clirysostôme remarque irautrcs utilités tle cette épilre , que nous obscrve»'ons dans lev.v lieu.
178 iPÎTRE A PHILÉMON.
ANALYSE
Cette épître est trop courte pour être divisée en plusieurs chapitres; mais ou la peut fort bien diviser en quatre parties qui la composent, savoir: la salutation, lexorde, la proposition et la conclusion.
Or, tontes ces parties ont une telle liaison entre elles , et une si grande subordination à la même fin, qui est d'obtenir grâce pour Onésime, qu'à peine y trouverez-vous un pe- ;it mot qui n'ait dû déterminer Philémon à faire miséricorde.
C'est à quoi le préparent tous les mots de la salutation contenus dans les trois premiers versets
C'est à quoi tend l'exorde, où on loue la Vers. 4-7. charité de Philémon , afin de le porter à la ^'9- charité pour Onésime.
C'est à quoi tendent la manière de propo- ^^ ser la proposition mémo, et toutes les raisons
apportées depuis !e verset 11 jusqu'au 16 17. C'est à quoi tend la conclusion ; la répara-
18-19 tion du tort dont saint Paul se fait le garant, les caresses dans le verset 20 , la confiance dans le verset 21, l'agréable nouvelle qu'il lui apprend dans le verset 22.
Salutation.
I. Pauius , 1 .Paul, prisonnier pour Jésus-Christ, jesu.et Tiino- Gt 1 Hiiotliee, mon irerc cn Jcsus-Lhnst,
iheus fraler
ÉPITRE A rUlLÈMON, 1^9
notre très-cher Pliilémoii, notre coo- Ph.iemoni d.iec peraleur pour ravancement de TE van- '°' ^' aJjuior gile.
COMMENTAIllE.
Par sou hospitalité, par ses aumônes, par tous ses soins et ses bons offices.
2. Et à Appie, notre très-chère sœur 2. i^t Appiœ en Jésus-Christ , et à Archippe , notre *°'°" f^'j"'-
' . . '^ ^ . '"2i, et Aixaip-
compagnon dans la milice apostolique, po conmiiiiioni et à rassemblée des fidèles qui sont en j.ie,iaj.'quœ lâ votre maison. domo tuà est.