‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piétéChapitre 110 sur 224 · Ce sera la grâce de Dieu , parles 25. oiaiia · texte numérisé non relu

Ce sera la grâce de Dieu , parles 25. oiaiia

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mentes de noire seigneur Jesus-Lhrist. christum Do- Moi donc, Paul, serviteur et apôtre de "''"""i . "°s- Jésus-Christ, je suis soumis a la loi de go ipse menis

■g^. 1 •. , ] .' servie le"i Dei :

Dieu selon mon esprit et ma volonté , carne autem.ieparce que je ne veux ni convoiter , ni S' peccau. consentir aux mouvemens de la convoitise ; mais , selon la cbair et Tappétit charnel , je suis encore sujet aux mouvemens de la concupiscence que je ressens , mais auxquels je résiste et ne consens pas.

Admirons ici l'hamilité de saint Paul, qui fait à tons les hommes qui seront jusqu'à la (în du monde, une confession publique de ses misères.

Mais adniirons-y sa charité, puisque c'est pour notre consolation et pour notre instruction qu'il nous explique , en sa personne , ce qu'il aurait fait bien plus justement en la nôtre.

Et cela pour notre consolation , afin que quand nous nous trouvons dans l'état on il se dépeint lui-même, nous ne nous croyions pas penlus Si un saint Paul , si un saint élevé jusq\t'au troisième Ciel, a ressenti de telles misères, pourquoi des pécheurs en Si-raientils exempts ?

iSa ÉPÎTRE AUX ROMAINS,

Cela aussi p Air notre instruction ; pou, nous apprendre premièrement ce que noua devons faire en cet état; savoir, de résister en la partie supérieure à toutes les rébellions de la partie inférieure, et de n'y donner jamais aucun consentement.

En second lieu, pour nous apprendre le remède à nos misèi'es , savoir la grâce de Jésus- Christ, que nous devons humblement et ardemment implorer.

COROLLAIRE DE MÉTÉ.

Apprenons à nous connaître nousmêmes clans la peinture que saint Paul , comme un excellent peintre , nous fait du chrétien rn sa personne , depuis le verset l/^. jusqu'à la fin du chapitre.

Sachez donc que , dans le chrétien , il y a comme deux hommes : un homme intérieur , un homme extérieiu' ; un homme spirituel , un homme charnel ; un vieil homme , Adam ; un nouvel homme , Jésus-Christ.

Jésus- Christ y demeure par la foi , et y opère le bien par sa grâce.

Adam , le vieil homme , Thomme de péché , y demeure par la concupiscence , et y opère le mal par la volonté de la chair , toujours portée au péché.

Réellement et en effet le chrétien est un même homme, mois qui est appelé a

rnAMTBE vu. i55

inlcrieur, spirituel, nouveau, esprit y partie siipc'rieure, quanti, agissant selon les lumières de la droite raison et les inspirations de la grâce , il se porte aux choses spirituelles et divines ; il est , an contraire , appelé homme extérieur , charnel , animal , vieil homme , homme de péché , lorscju'en suivant les inclinations de la nature et de l'appélit animal , il cherche ce qui plaît à la chair et au sang , comme il sera dit au chapitre 8 , verset 5.

Dans cet homme un et double , de la manière cjue je viens d'expliquer , il y a deux différcns principes d'actions , un principe de vie, un principe de mort, l'esprit et la chair , la griice et la con cupiscence.

Cet homme sent deux lois en luimême , la loi de l'esprit, la loi de la chair : la loi de l'esprit , qui consent à la loi de Dieu ; la loi de la chair , qui incline au péché.

De là naît ce combat perpétuel , ce schisme continuel que nous ressentons en nous-mêmes , et cjui ne finira cjue dans la paix de Télernité : la chair con- Cal.^ voite conire l'esprit, et l'esprit contre '* la chair.

iZù iPÎTRE AUX ROMAINS.

Saint Paul , nous représentant ce combat en sa propre personne , semble sonner de la trompette pour exciter tous les chrétiens à limiter , c"'est-àdire , à veiller, à combattre , à vaincre comme lui.

Il nous faut veiller , l'ennemi est au milieu de nous , il est dans notre cœur.

II faut combaltre contre la concupiscence ; il en faut tellement répiimer tous les mouvemens déréglés , c[ue nonseulement nous n'en suivions aucun dans la pratique, mais de plus que notre volonté ne leur donne pas le moindre consentement.

Il faut vaincre : il y va de la vie , du salut et du royaume éternel.

C'est Teffet de votre grâce , ô mon divin Sauveur ! et c'est votre gloire de faire qu'un homme faible soit victorieux de lui-même. Donnez-moi cette grâce, par votre miséricorde; donnez-moi les forces , le courage et la persévérance , afin que ^ ayant vaincu la chair et la concupiscence , je sois parfaitement soumis à votre loi selon mon esprit et ma volonté. Amen.

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