XXX. PROLOGUE
Mais les savans ne conviennent pas égalem»^ot du temps où ces épîtres ont été écrites ; au contraire , ils ont sur ce sujet des sentimens si diiîé rcns, qu'il est difficile de le dire au vrai.
Je dirai , en la préface de chaque épître , ce qu'il y a de plus probable en cela : cependant je range ici les épîtres dans l'ordre que l'on croit le plus convenable.
La plus ancienne de toutes , est la première aux Thessaloniciens , écrite de Corinthe , l'an de Jésus-Christ 52.
Celle qui la suit esl la seconde aux Thessaloniciens , écrite aussi de Corinthe, l'an Sa ou 53; et tous les interprètes conviennent de l'antiquité de ces deux - là , après saint Jean Chrysostôme e-t Théodoret
La troisième , est l'épître aux Galates , l'an 55 ou 56 , à Ephèse ; mais cela es: fort incertain.
La quatrième , est la première aux Corinthiens, à Ephèse, l'an 56.
La cinquième , la seconde aux Corinthiens , à Philippes, l'an 5^.
La sixième , l'épître aux Romains , l'an 58 > à Corinthe , du port de Cenchrée.
La septième , l'épître aux Philippiens , l*an 6-i, à Rome , dans sa première prison.
La huitième, l'épître aux Colossiens , l'an tf j , 'i Rome dans la même prison
PBOLOGCE. XXX)
La neuvième , répîtie à Philémon , l'an 62 , à Rome, dans la même prison , mais d'où saint Paul espérait sortir bientôt
La dixième, l'épître awx Hébreux , l'an 63, à Rome , ou du moins dans l'Italie , peu de temps après sa prison.
La onzième , la première à Timothée , de Macédoine , l'an 64.
La douzième, l'épître à Tite, écrite de Nicopole, l'an 64. Néanmoins les auteurs disputent au sujet du temps de ces deux épîtres.
La treizième , l'épître aux Ephésiens , à Rome , dans sa seconde prison , l'an 66.
La quatorzième et dernière , à Timothée , de Rome , dans sa seconde prison , l'an 66. L'on dispute aussi sur le temps de ces deux épîtres. FoyeZ' en ies préfaces.
Chaque épître aura sa préface propre , où l'on pourra connaître le motif pour lequel elle a été écrite ; cependant on peut dire , en général , que l'Apôtre les a toutes écrites pour trois principales fins.
Premièrement , pour établir et expliquer les dogmes de la foi , pour enseigner les bonnes mœurs, et pour encourager les fidèles à la persévérance dans la foi et la pratique des bonnes œuvres : de là vient qu'elles ont pour l'ordinaire deux parties La première , qui est dogmatique ; la seconde , ^ui est morale.
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En second lieu, pour combattre le judaïsme et les cérémonies de la loi de Moïse , comme étant abrogées par la loi de Jésus-Christ ; ce que saint Paul fait principalement dans les épîtres aux Romains, aux Galates, aux Philippieus, aux Hébreux.
En troisième lieu , pour détruire les hérésies naissantes ; ce qu'il fait dans les épîtres aux Ephésiens , aux Colossiens , à Timothée.
Toutes ces épîtres , excepté celle aux Hébreux , ont été écrites en grec, tant parce qu'elles sont adressées à des Grecs , que parce que la plupart alors parlaient grec , même à Rome
Pour donner ici une juste idée des épîtres de saint Paul , afin de nous encourager à les lire avec assiduité , à les méditer avec attention , et à nous excitermême à les expliquer, si Dieu nous en donne le talent , je ne veux que rapporter les paroles de saint Jean Chrysostôme
« Les épîtres de saint Paul sont des mines et des B sources spirituelles, dit ce saint ; des mines dont t> vous tirerez des richesses pins précieuses que tout I» l'or du monde; des sources qui ne tarissent ja- « mais , mais qui coulent d'autant plus abondani- » ment que vous y puisez plus assidûment.
» Lexpéi'ience le fait voir, continue saint Chryi sostôme. Il y a cinq cents ans que saint Paul vi- • vait; depuis ce temps-là plusieurs docteurs et sa 6 vans interprètes et comnienlateurs oui, tiré des » richesses immenses de ses écrits ; niais ils ne lt«
ROLOGOb XXXII)
» ont pas épuisées , parce que c'est un trésor „pi- » rituel qui , bien loin de diminuer par la muiti- » tude des mains qui y puisent , croît au contrai- » re, et se multiplie de plus en plus.
» Mais quedis-je , quand je ne parle que de ceux » qui nous ont précédés ? combien en viendra-t-il » après nous . jusqu'à la fin des siècles ? Ils puise- » ront toujours dans ce trésor ; mais ils ne l'épui- » seront jamais, parce qu'il en sorlira toujours des » richesses en abondance, comme les eaux coulent » toujours des sources intarissables. » ( D. Clirys in dictum aposloU ,Hab&ntes ununi spiritum. homil. 3. )
Voilà ce que saint Jean Chrysostôme a pensé et a dit des épîtres de saint Paul , il y a quatorze siècles : ce sont des mines inépuisables de richesse» spirituelles ; ce sont des sources intarissahies de lumière et de feu
Faites-en l'épreuve , mon cher lecteur , et vous reconnaîtrez par votre propre expérience ce que j'ai reconnu par la mienne, que ces paroles, comme prophétiques, de saint Chrysostôme, sont véritables à la lettre. Appliquez-vous donc à la lecture et à la méditation de ces divins écrits ; lisez-les avec assiduité , mais lisez - les avec piété : c'est l'Esprit de Dieu qui les a inspirés , c'est le même Esprit qui en donne rintelligence et qui en fait goûter les délices.
Encourez donc , avant toutes choses , au Saint-
XWllV fAOLOCVi:
Esprit Si quelque difficulté se présente et vous at rête , Inimiliez - vous devant ce même Esprit , c priez-le avec ferveur ; la prière humble et ferven te vous obtiendra ce que l'étude seule ne pourra vous donner.
Pour vous enrichir donc par ce trésor , et pour boire à ces sources célestes , il faut trois choses ■ prier , lire et méditer.