‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piétéChapitre 14 sur 224 · XXX. PROLOGUE · texte numérisé non relu

XXX. PROLOGUE

Mais les savans ne conviennent pas égalem»^ot du temps où ces épîtres ont été écrites ; au contraire , ils ont sur ce sujet des sentimens si diiîé rcns, qu'il est difficile de le dire au vrai.

Je dirai , en la préface de chaque épître , ce qu'il y a de plus probable en cela : cependant je range ici les épîtres dans l'ordre que l'on croit le plus convenable.

La plus ancienne de toutes , est la première aux Thessaloniciens , écrite de Corinthe , l'an de Jésus-Christ 52.

Celle qui la suit esl la seconde aux Thessaloniciens , écrite aussi de Corinthe, l'an Sa ou 53; et tous les interprètes conviennent de l'antiquité de ces deux - là , après saint Jean Chrysostôme e-t Théodoret

La troisième , est l'épître aux Galates , l'an 55 ou 56 , à Ephèse ; mais cela es: fort incertain.

La quatrième , est la première aux Corinthiens, à Ephèse, l'an 56.

La cinquième , la seconde aux Corinthiens , à Philippes, l'an 5^.

La sixième , l'épître aux Romains , l'an 58 > à Corinthe , du port de Cenchrée.

La septième , l'épître aux Philippiens , l*an 6-i, à Rome , dans sa première prison.

La huitième, l'épître aux Colossiens , l'an tf j , 'i Rome dans la même prison

PBOLOGCE. XXX)

La neuvième , répîtie à Philémon , l'an 62 , à Rome, dans la même prison , mais d'où saint Paul espérait sortir bientôt

La dixième, l'épître awx Hébreux , l'an 63, à Rome , ou du moins dans l'Italie , peu de temps après sa prison.

La onzième , la première à Timothée , de Macédoine , l'an 64.

La douzième, l'épître à Tite, écrite de Nicopole, l'an 64. Néanmoins les auteurs disputent au sujet du temps de ces deux épîtres.

La treizième , l'épître aux Ephésiens , à Rome , dans sa seconde prison , l'an 66.

La quatorzième et dernière , à Timothée , de Rome , dans sa seconde prison , l'an 66. L'on dispute aussi sur le temps de ces deux épîtres. FoyeZ' en ies préfaces.

Chaque épître aura sa préface propre , où l'on pourra connaître le motif pour lequel elle a été écrite ; cependant on peut dire , en général , que l'Apôtre les a toutes écrites pour trois principales fins.

Premièrement , pour établir et expliquer les dogmes de la foi , pour enseigner les bonnes mœurs, et pour encourager les fidèles à la persévérance dans la foi et la pratique des bonnes œuvres : de là vient qu'elles ont pour l'ordinaire deux parties La première , qui est dogmatique ; la seconde , ^ui est morale.

\XXi} PROLOUUE.

En second lieu, pour combattre le judaïsme et les cérémonies de la loi de Moïse , comme étant abrogées par la loi de Jésus-Christ ; ce que saint Paul fait principalement dans les épîtres aux Romains, aux Galates, aux Philippieus, aux Hébreux.

En troisième lieu , pour détruire les hérésies naissantes ; ce qu'il fait dans les épîtres aux Ephésiens , aux Colossiens , à Timothée.

Toutes ces épîtres , excepté celle aux Hébreux , ont été écrites en grec, tant parce qu'elles sont adressées à des Grecs , que parce que la plupart alors parlaient grec , même à Rome

Pour donner ici une juste idée des épîtres de saint Paul , afin de nous encourager à les lire avec assiduité , à les méditer avec attention , et à nous excitermême à les expliquer, si Dieu nous en donne le talent , je ne veux que rapporter les paroles de saint Jean Chrysostôme

« Les épîtres de saint Paul sont des mines et des B sources spirituelles, dit ce saint ; des mines dont t> vous tirerez des richesses pins précieuses que tout I» l'or du monde; des sources qui ne tarissent ja- « mais , mais qui coulent d'autant plus abondani- » ment que vous y puisez plus assidûment.

» Lexpéi'ience le fait voir, continue saint Chryi sostôme. Il y a cinq cents ans que saint Paul vi- • vait; depuis ce temps-là plusieurs docteurs et sa 6 vans interprètes et comnienlateurs oui, tiré des » richesses immenses de ses écrits ; niais ils ne lt«

ROLOGOb XXXII)

» ont pas épuisées , parce que c'est un trésor „pi- » rituel qui , bien loin de diminuer par la muiti- » tude des mains qui y puisent , croît au contrai- » re, et se multiplie de plus en plus.

» Mais quedis-je , quand je ne parle que de ceux » qui nous ont précédés ? combien en viendra-t-il » après nous . jusqu'à la fin des siècles ? Ils puise- » ront toujours dans ce trésor ; mais ils ne l'épui- » seront jamais, parce qu'il en sorlira toujours des » richesses en abondance, comme les eaux coulent » toujours des sources intarissables. » ( D. Clirys in dictum aposloU ,Hab&ntes ununi spiritum. homil. 3. )

Voilà ce que saint Jean Chrysostôme a pensé et a dit des épîtres de saint Paul , il y a quatorze siècles : ce sont des mines inépuisables de richesse» spirituelles ; ce sont des sources intarissahies de lumière et de feu

Faites-en l'épreuve , mon cher lecteur , et vous reconnaîtrez par votre propre expérience ce que j'ai reconnu par la mienne, que ces paroles, comme prophétiques, de saint Chrysostôme, sont véritables à la lettre. Appliquez-vous donc à la lecture et à la méditation de ces divins écrits ; lisez-les avec assiduité , mais lisez - les avec piété : c'est l'Esprit de Dieu qui les a inspirés , c'est le même Esprit qui en donne rintelligence et qui en fait goûter les délices.

Encourez donc , avant toutes choses , au Saint-

XWllV fAOLOCVi:

Esprit Si quelque difficulté se présente et vous at rête , Inimiliez - vous devant ce même Esprit , c priez-le avec ferveur ; la prière humble et ferven te vous obtiendra ce que l'étude seule ne pourra vous donner.

Pour vous enrichir donc par ce trésor , et pour boire à ces sources célestes , il faut trois choses ■ prier , lire et méditer.

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