CHAPITRE XI
que dont il est parlé dans les versets 8, g , 10 , etc. ; et, pour lëviter , faisons souvent réflexion à la description qii nous y en est faite , et voyons si elle ne nous convient pas.
Dans cet état malheureux, dont Dieu punit enfin un chrétien rebelle à ses grâces , on voit sans voir , on entend sans entendre ; la lumière de la grâce luit en l'esprit, on n'y fait pas d'attention; Dieu parle au cœur , on ne l'écoute pas ; la sainte Ecriture devient un piège : on tire Terreur et les ténèbres d'où on devait tirer la vérité et la lumière ; la sainte Eucharistie , le Pain de vie , se convertit en poison qui donne la mort.
De là qu'arrive -t-il ? On se précipite dans des ténèbres si épaisses, qu'on est entièrement aveugle pour les choses du Ciel ; on ne goiite plus , on ne désire plus que les choses sensuelles et terrestres, on est d'esprit et de cœur courbé vers la terre, comme les brutes.
Voilà la juste punition d'un pécheur qui se détourne de Dieu pour s'attacher à la créature : Dieu le laisse enfin dans l'état où il s'est mis, dans son attache-
23o ÉPÎTRE AUX ROMAINS.
ment à la créature , dans son éloignement de Dieu.
Cest la plus terrible punition que Dieu fasse sur la terre , et après laquelle il ne reste que la punition éternelle.
Craignons-la donc , faisons souvent cette réflexion sur nous : Ne suis-je pas en cet état malheureux ?
Pour l'éviter , soyons fidèles à la grâce de Dieu , à ses lumières , à ses inspirations; accomplissons exactement sa volonté.
En quatrième lieu»
Apprenons des versets 1 6 , 17, 18, 19, 20, 21 , que FEglise est un olivier dont les patriarches , les prophètes et les apôtres sont la racine; la sève de cet arbre , c'est l'abondance de la grâce du Saint-Esprit de laquelle les apôtres ont été remplis plus avantageusement que tous les autres chrétiens. Chaque juif fidèle est une branche de cet olivier : la plupart des juifs ont rejeté Jésus-Christ, et) pour leur infidélité, ont été comme des branches rompues et détachées Ge cet arbre.
Nous autres gentils , parce que nous