‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piétéChapitre 186 sur 224 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

VOUS avez dessein de lui donner. Quand il aurait été un voleur, un homicide, etc., quand même il aurait dessein de vous tuer , vous ne devriez pas néanmoins Tabandonner dans sa misère, parce que vous êtes le disciple de celui qui, étant sur la croix , a dit , en faveur de ceux quiTy avaient attaché : Mon Père, pardoniiez-leur^ etc.

Secondement, Taumône, les œuvres de miséricorde, doivent être faites avec joie, dont saint Jean Chrysostôme nous donne plusieurs raisons, qu'il tire tant de la part du misérable, que de la part de celui qui le secourt.

De la part du pauvre, dont non-seulement vous soulagez la misère , mais dont aussi vous diminuerez la honte ; car ny ayant rien de plus honteux aux hommes que de recevoir des autres , si par une agréable joie vous ne lui ôtez le soupçon cju'il vous soit incommode , et si vous ne lui maïquez par là que vous croyez recevoir plutôt que donner, vous Vhumilierez plus que vous ne le consolerez.

De la part de celui qui fait Taumône : quiestPhomme cjui, acquérant un

royaume , n'est pas dans la joie? Qcu est-ce qui , recevant la rémission de ses péchés , n'en marque pas de la satisfaction? Ne regardez donc pas la dépense que vous faites , mais regardez-en le profit. Si le laboureur sème avec joie, quoiqu'il soit incertain de la moisson, aveccomljien plus de joie doit semer celui qui est assuré de moissonner le Ciel ?

C'est pour cela que le Saint-Esprit nous dit en l'Ecclésiastique : Ayez un Seci. 35, p. II. visage gai quand vous donnez.

Celte joie consiste en trois choses :

dans la satisfaction de l'esprit , dans la gaîté du visage, dans la douceur et l'affabilité des paroles.

En quatrième lieu.

Remarquez la différence des sentimens de Dieu et des sentimens du monde touchant la vengeance. Les gens du monde , les enfans du siècle , pensent faussement que ne pas se venger c'est succomber et être vamcu ; l'Esprit de Dieu, au contraire, nous enseigne que se venger c'est succomber et être vaincu.

De plus ce même Esprit nous apprend

CIIAl'ITRE XJI. 249

que la véritable victoire crun ennemi , et ia victoire cligne dune gloire éternelle, c'est de surmonter la malice de notre ennemi par notre bonté , et de l'obliger à nous aimer par nos bienfaits: Prince in boiio malum ; parce que celui qui agit de la sorte , se surmonte lui-même , triomphe de son ennemi qu'il réconcilie à soi et à Dieu.

C'est l'unique vengeance que Dieu nous permet, et même qu'il nous commande. Ego autein dico vobis : diligite inimicos vestros ^ benefacite ^ etc. ut sitisfdii Fatris vestri.

Parce que nous sommes les enfansde Dieu par la charité, c'est-à-dire , les enfans de celui qui est la charité même , Deus charitas est ; c'est pour cela qu'il veut que nous imitions sa bonté ; que comme il fait lever son soleil sur les bons et sur les méchans , ainsi nous fassions du bien à tous : et c'est pour cela qu'en ce chapitre il nous défend tant de fois la colère et la vengeance , et qu'il ne nous permet qu'une unique manière de nous venger, qui est de faire le bien pour le mal . 0 Dieu d'amour! ô Dieu de charité ! donnez-moi ce que

niallli. i,

aSo ÏU'ÎTRK AUX ROMAINS.

VOUS me commandez , donnez-moi une véritable charité , afin que je sois véritablement un de vos enfans et Timifateur de votre bonté.

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