‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piétéChapitre 192 sur 224 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

gardent Dieu dans leurs supérieurs, qu'ils les considèrent comme ses ministres , et , les honorant de cette manière , ils honoreront Dieu même.

Que les sujets apprennent du verset 6 f payer les tributs et les impôts d'une manière qui soit méritoire pour le Ciel ; les payant à leurs princes , comme aux ministres de Dieu, et à ses substituts dans le gouvernement du monde.

Que les princes apprennent du verset 5 combien ils sont obligés à la religion , piu'squ'elle leur soumet non-seulement les corps, mais aussi les cœurs de leurs sujets.

Qu'ils se souviennent que les tributs leur sont payés comme aux ministres de Dieu , tout occupés au service du public , à maintenir la paix et le bon ordre ; et que c'est en reconnaissance de leurs travaux continuels que les peuples leur paient ces tributs. g N * ■

8. Gardez-vous de rien devoir à per- Sèafirnisi'^ui îonne , si ce n'est Tamour et la charité invicem diiiga-

, . . , lis : qui enim

qu on se doit toujours les uns aux au- diiigit proxitrès. Aimez-vous donc réciproquement, î^"7ev'it '^^^"^ et vous accomplirez toute la loi. g. Nam non

n. Car tout ce que la loi commande ^'^"''^''3'?'^ •

J 1 non occides :

OU défend à Tégard du prochain , par "«" furaberis:

11 ^1 -t 1 non faisum tes

exemple , de ne pas commettre d adul- timonium di. tère , de ne pas faire crhomicide , de "^•"°"^°"'^".

' r 7 pisces ; et si

ne point dérober , de ne pas rendre de q«od est aiiud

p , . 1 1 /■ • -1 mandatnm , in

taux témoignage, de ne désirer rien des hoc verbe insbiens de votre prochain, et tout au^re •^"ratur: Diii-

256 Él'ÎTRE AUX UOMAINS.

ges pioximum précepte que ce soit , est compris dans luumsicutteip-^gg paroles : Vous aimerez votre prochain comme vous-même,

10. Diieciio ïO' Q^i aime son prochain comme proximi ma.um soi-même , ne lui fait aucun mal; il lui

non operatur. . i i •

pieuitudo ergo procurc au conlrauc tout le bien qu'il ^egi, est 'ec-p^^^j. .j j^c(,Qj^p}i( clone toutc la loi.

La charité est donc véritablement la perfection de la loi.

Il est donc vrai ce qu'a dit saint Augustin :

Dcfinitio ùrevis et vera virtutis est ordc

Lib. i5 de (uj^Qj^ig^ L'aniour renferme toutes les vertus,

Lib. I de u^l^ge et fcic quocL VIS , etc. non potest de

Doct. Chr. cap. isia Tadice nisi ùonutn transîre. Aimez et

^*' faites ce qu'il vous plaît. Que l'amour soit le

principe de vos actions , et vous ne ferez que

du bien.

11. Et hoc II. Ne différez pas à remplir tous vos scieniestempus, Jevoii's , mais acquittez -VOUS- cu d'au-

quia liora est ' T.

jamnosdesom- tant plus promptcmeiit et plus fidèleno siirirere. i

Nimcenimpio- ment, quc nous savons que le temps pior est nostra pj.gsse. Car enfin rheure est venue de

ialus , quam r

cùm ciedidi- nous réveiller et de nous lever , parce que nous sommes plus proches de notre salut, que lorsque nous avons commencé à croire.

Saint Paul , comme précurseur de l'Ange qui , avec la trompette de Dieu , doit appeler tous les hommes au jugement, Surgite , mortui , venite ad judicium ; saint Paul , dis-jc sonne lui-même de la trompette pour

cii.vriTRE XIII. 267

réveiller tous les fidèles , et les exciter à se préparer à la mort et au jugement : Hora esi jani nos de somno surgere. L'heure est venue de nous réveiller du sommeil du péché et d en sortir par la pénitence ; ne différez donc plus votre parfaite et entière conversion.

Imprimons - nous fortement ces paroles dans l'esprit, afin de nous les dire souvent Hora est 3 etc.

I 2 . La nuit de celte vie est déjà fort 12.N0X pras-

„' ,. ^ a ' •• ""i" , cessil , dies an-

avancee, et va tinir; voici, voici le jour j^^, àppropinde l'éternité , qui ne finira jamais: quit- quavit. Abjicia-

1,1,1 1 , I""* ^'■go opéra

tons donc le pèche , les œuvres de te- tenebraium , et

■* 1 1 11"* induamur arma

nebres; prenons les armes de lumière, i^çj^ et revêtons-nous de bonnes œuvres.

Les bonnes et saintes œuvres sont des ar mes et des habits; des habits, pour nous couvrir et ne paraître pas nus devant Dieu , des armes , pour nous défendre contre les ennemis de notre salut.

i3. Et puisque le jour commence à i3. sicut in

A. 1 j 1 1 • ' diehonestèam-

paraître, marchons clans la bienséance buiemus : non avec laquelle on marche durant le jour: *° comessatio-

^ . ; nibus et ebrie-

ne vous laissez point aller aux débau- tatibus , non in

de ^•<• cubilibus , et

les , m aux ivrogneries ; fuyez 1 im- i^pudictiis ,

pudicité et la dissolution ; évitez Tani- "o"!'" conien-

* . , . tione et semula-

mosite et 1 envie. tione

Saint Paul marque particulièrement trois vices capitaux, et qui sont la source de plusieurs autres : la gourmandise, l'impudicifé, l'ambition. Le premier abuse des biens exté-

rieurs , le second abuse des biens du corps , le troisième des biens de l'ame

14. Sed in- 1 4» Mais revêtez - VOUS de Notrc-Seiduimiui Domi- ^^^^^, Jésiis-Chiist : imitez en si iDien

num Jesum o

christiim , ei toutcs les vei'tus , sa sobriété , sa chas-

carniscuramne , 1 • ' 1 11

feceriiisindesi- tcte , sa Chante , qu elles soient comme derus. |gg yêtemens de votre ame . Revêtus ainsi

de Jésus - Christ , pourvoyez tellement aux nécessités de votre corps, que vous ne vous laissiez pas emporter aux désirs déréglés de la concupiscence.

COROLLAIRE DE PIÉTÉ

En premier lieu.

Apprenez des premiers versets la manière sainte , chrétienne et méritoire d'honorer les rois , les princes, les magistrats , et tous ceux qui sont revêtus de l'autorité publique.

Faites réflexion au principe et à la fin de leur puissance, et par conséquent à ce qu'ils sont par rapport à Dieu.

Le prince, le roi, dit Tertullien, est établi de Dieu , et sous Dieu, élevé audessus de tous, soumis seulement àDieu, dont il est le ministre , chargé de pourvoir au bien pi?blic.

Sous tous ces rapports , on lui doit

CHAr-ITRE XIII. «59

I"honnciir , lerespectetTobéissance; et qui rhonore, honore Dieu même et mérite le Ciel : qui au contraire méprise le prince, méprise Dieu, et devient coupable tout à la fois de lèse-majesté divine et humaine. Dites de même à proportion des puissances subalternes.

En second lieu.

Apprenez du verset 8 , que la dette de la charité est perpétuelle ; on la paie toujours, sans jamais l'avoir acquittée.

En quoi cette dette diffère de toutes les autres , dont on est quitte après les avoir une fois payées. La raison de cela, c'est que nous devons toujours aimer notre prochain ; de sorte qu'après lui avoir rendu ce devoir ^n quelques rencontres , nous aurons îa même obligation dans toutes les autres qui se présenteront.

Ce qui a fait dire à saint Augustin : Je rends volontiers la charité mutuelle^ et je la reçois avec plaisir : je redc' mande celle qui ni' a été rendue , et je dois encore celle que j''ai donnée. Ne vous lasser donc jamais de payer ce que vous devez toujours; mais payez volontiers une dette qui vous enrichit en ia

a6o ÉPÎTRE AUX ROJUIKS.

payant, et qui vous enrichira d'autant plus que vous la paierez plus prompte ment, plus abondamment et plus long temps.

En troisième lieu.

Afin que vous ne vous endormiez Jamai« dans le péché, et que vous ne vous ralentissiez pas dans la voie du salut , souvenez- vous des paroles de sain t Paul . Hora estjamnos desoimiosurgere^ etc.

L'heure est venue de nous réveiller de notre assoupissement.

En quatrième lieu.

Apprenez ce que c'est qu'être chrétien, selon saint Paul. Le chrétien est un homme revêtu de Jésus-Christ , un homme intérieurement animé de l'esprit et de la grâce de Jésus-Christ ; extérieurement revêtu des vertus de Jésus-Christ , de sa sobriété , de sa chasteté , de son humilité , de sa patience , de sa charité; de sorte que Jésus-ChrisI seul et ses vertus paraissent en cet hom me. Mon Dieu ! quand serai-je vérita blement chrétien?

CUÀ1»1TRB XIV. 2Ô1

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