‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piétéChapitre 2 sur 224 · CLÉMENT XI · texte numérisé non relu

CLÉMENT XI

Très-saint Père

Je n''aurais jamais osé porter mes regards jusqu''à votre siège apostolique si , par une bonté vraiment paternelle , votre Sainteté ne m''en avait donné la confiance. J'ai pour garans de ma hardiesse la lettre dont elle m^a honoré au sujet de mon ouvrage sur saint Paul , et le présent dont elle Ta accompagnée, présent que je conserve comme une clef du Paradis pour moi, dont j'espère que l'en ti'ée me sera plus promptement ouverte

Viîj ÉPÎTBE.

à îa faveur des indulgences que j'ai reçues de votre Sainteté, tant pour le cours de ma vie que pour Tinstant de ma mort.

Combien de fois, depuis ce temps-là, me suis-je écrié, dans le transport de ma Joie et dans le vif sentiment de ma reconnaissance : Que nous sommes heureux d''avoir un souverain pontife, toujours tellement attentif à toutes les grandes affaires de lEglise de Dieu, que néanmoins il ne néglige pas la plus petite de ses ouailles! Semblable en cela, comme en tant d'autres choses , à celui dont il tient la place , qui , occupé de la conduite de Tunivers , ne laisse pas toutefois de penser et de pourvoir aux moindres des créatures qu'il a bien voulu produire.

Heureux donc , mille fois heureux le jour auquel , par le mouvement du Saint-Esprit, le sacré conclave, forçant l'humilité du cardinal Albani , a proclamé CLÉMENT XI pour souverain pontife ! Jamais personne ne fut plus digne de la tiare ; jamais personne ne l'accepta avec plus de répugnance ; jamais personne n'en soutint l'éclat et le poids ^vec plus de dignité.

ÉPÏTRE. ÎX

Père commun des rois , des royaumes , des Eglises et de lous les fidèles, de quelque nation riu'ils soient , toujours appliqué au bien ae l Eglise universelle , à soutenir la vérité , à détruire l'erreur, à procurer la paix aux chrétiens , et à faire porter les lumières de la foi aux pays infidèles les plus éloignés.

Pontife donc véritablement selon le cœur de Dieu , et tel qu'il était convenable que nous l'eussions de nos jours, pleins de troubles et de misères ; c'est-à-dire, pontife tout à Dieu par sa piété, priant, sacrifiant, préchant , confessant , remplissant toutes les fonctions d'un véritable pasteur, pour apaiser la colère du Ciel sur nous ; pontife aussi tout aux hommes par sa charité, vigilant sur tous leurs besoins, attentif à tous leurs avantages , sensible à toutes leurs misères, rece vant et écoutant favorablement les grands et les petits , aimant les pauvres avec tendresse , écoutant leurs demandes avec douceur, pourvoyant à leurs besoins avec amour , et n'ayant pas d'autre plaisir dans la vie que celui de contribuer au bonheur et au salui' des fidèles.

\ EPÎTEE.

II n'est donc pas surprenant, TRÈS-SAINT PÈRE , qu'étant ainsi orné de toutes les vertus les plus édifiantes et les plus dignes du vicaire de Jésus-Christ , tout l'univers , par un juste retour, vous admire, vous révère et vous chérisse.

Mais n'y aurait-il pas de témérité dans mon entreprise, lorsqu'en me détachant de la fou le , j'ose m'avancer jusqu'au pied de votre trône , pour assurer votre Sainteté de ma profonde vénération , en lui présentant un ouvrage qui n'est cligne d'elle que par le sujet dont il y est traité ?

C'est, TRÈS-SAINT PÈRE, Tabrégé en français de la Triple Exposition latine des épîtres de saint Paul , siu* laquelle vous avez daigné jeter les yeux , et que vous n'avez pas jugée indigne de vous occuper pendant quelques heures que le soin de toute l'Eglise peut vous laisser libres.

J'ai fait cet abrégé pour l'édification des fidèles de mon pays , qui n'entendent pas le latin, et que votre Sainteté voudra peut-être bien lire aussi dans une langue qui ne lui

est pas plus étrangère que plusieurs autres qu elle sait.

Regardez donc , s''il vous plaît , TRÈS- SAINT PÈRE , ce qui vous est présenté , et non pas la main qui vous l'offre. Cest saint Paul que vous portez imprimé dans votre esprit et gravé dans votre cœur, que vous exprimez par vos discours , et que vous représentez par vos actions , c'est ce grand apôtre dont la doctrine céleste éclate aux yeux de tout le monde , par la sublimité de votre science , dont Péminente sainteté paraît dans la grandeur de votre piété, dont Téloquence divine se fait senlir par la force et la douceur de la vôtre , dont enfin vous nous faites voir le zèle apostolique et le soin continuel de toutes les Eglises , par votre application sans relâche au gouvernement que Dieu vous en a confié.

Recevez donc , SAINT PÈRE , ce qui est à vous beaucoup plus qu'à moi ; aussi-bien tel est mon état et telle est ma dépendance de votre siège apostolique , que je n'ai rien au monde qui n'appartienne à votre Sainteté.

A.près plus de cinquante ans passés dans

%i\ ÈPiTBE.

cette sainte protession, je fais gloire et je m'estime heureux de la renouveler aux pieds de votre Sainteté , et, en les baisant de nou- /eau avec le plus profond respect dont je suis capable , de me dévouer pour le reste de mes jours , et pour le peu que je puis , tant au service de Dieu qu'à celui de FEglise universelle dont votre Sainteté est le chef et le conducteur visible.

Je suis

De votre Sainteté

Le Irès-liiimble , le très-obéissant, tout dévoué fils et serviteur

¥. JBEKWAIIDIN DE PICQUIGIW,

Cdjnicin iiidigtie.

vu.

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