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Explication des évangiles des dimanches: et de quelques-unes des principales

J Êsus dit à ses disciples : Si quelqu'un m'aime» il gardera ma parole ; et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et' nous ferons en lui notre demeure. Celui qui ne m'aime point, ne garde pas mes paroles. Et la parole que vou3 avez entendue n'est pas de moi , mais de mon Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses pendant que j'étais avec vous. Mais le Consolateur, l'Esprit saint, que mon Père enverra en mon nom , vous enseignera tout , et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix; je ne vous la ' III. 1

donne pas comme le monde la donne. Que voire - cœur soît sans trouble et sans crainte. Vous avez enlendu ce que je vous ai dit : Je m'en vais et je reviens a vous. Si vous m'aimiez^ vous vous céjouîricz de ce que je m'en vais à mon Père; car mon Pcre est plus {2;rand que moi. Je vous l'ai dit maintenant, avant que la chose arrive, afin que vous croyiez lorsqu'elle sera arrivée. Je ne m'entretiendrai pas plus longtemps avcx vous; car le Prince de ce monde va venir, et il n'a aucun droit sur moi. Mais afin que le monde connoisse que j'aime mon Père , c'est pour cela que j'agis conformément à ce que mon Père m'a ordonné. Levez-vous, sortons d'ici. {Jcan,xi\, 23 — 3i.)

Jésus dit à SCS disciples : Si quelquan m'aime, il gardera ma parole , et mon Père l'aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui 710 Ire demeure. Celui qui ne m'aime point, ne garde pfls mes paroles. L*apôtre sain*t Jude venoit de faire à Notre Seigneur une question. Pourquoi, lui avoit-il dit, vous manifestez-vous seulement à nous, et non pas à tout le monde (i) ? C'est à cette ^demande que répond )e Sauveur. Jl fait entendre à cet apôtre que ce

(i) Dicit illî Judas, non ille Iscariotes : Domine, qnidfiècimn est , qnia manifestatums es nobis teipsuni, et non muiv 4o' Jjoan, UT. ^"x.

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ne sera pas seidement à lui et à ses collègues » qu'il se fera connoîlre; et que tout ceux qui l'aimeront, et qui observeront ses préceptes, seront l'objet de ses communications les plus intimes. Mais, outre cette réponse directe, ce que dit ici Jésus-Christ a un sens bien plus profond et plus étendu; et c'est ce qu'on peut remarquer dans la généralité de ses discours. Comme il parloit non seulement pour ses apôtres, mais pour tooles les générations futures, ses paroles, outre le sens particulier relatif à la circonstance, présentent toujours une instruction universelle , applicable à tous les siècles. C'est au genre humain entier, c'est h nous qu'il parle constam ment. Nous devons donc prêter à tous ses discours une oreille attentive, y chercher les leçons qu'il nous donne, et nous en pénétrer fortement.

Jésus-Christ réunit ici les deux points essentiels de la conduite chrétienne, lesquels en effet sont par leur nature inséparables: l'amour de Dieu et l'observation de ses commandemens.

Celui qiiî aime Dieu, garde sa parole; et celui qui ne l'aime point, ne la garde pas. L'observation des préceptes est à la fois, et l'effet immanquable, et le signe certain de l'amour de Dieu. , On cherche à plaire h ce que l'on aime, on craint tout ce qui peut lui déplaire. Ainsi, nous avons toujours ce moyen de juger si la charité règne dans nos cœurs : c'est d'examiner si elle se pro-

(luit dans nos œuvres. Noire fidélilé à exécuter la loi de Dieu, voilà la mesure de noire amour pour lui. Ils o'aiuient point Dieu, tous ceux que vous voyez ou transgresser ses préceptes, ou les accomplir avec lâcheté ; ils n'aimenl point Dieu : et c'est parla que s'effectue dans eux ce que dit l'apôtre saint Jacques, que celui qui pèche en un seul point de la loi, se rend coupable contre la loi entière (i). Ils offensent la loi principale» la loi générale, la loi qui renferme la totalilë de la loi chrétienne, qui en est toute la substance , qui la fait entièrement observer, la loi de la charité.

Le» théologiens distinguent dans la charité , comme dans les autres vertus, l'acte et l'habltudc. Ils appellent charité actuelFe, le mouvement de l'àme qui se porte avec affection vers pieu; et charité habituelle, l'état de l'âme pénétrée de l'amour de Dieu : l'une est un sentiment passager, l'autre une situation permanente. Toutes les deux se servent , s'entretiennent, se reproduisent réciproquement. La charité habituelle est le foyer d'où s'élancent, comme autant de flammes , les actes d'amour de Dieu; et ces vives flammes h leur tour alimentent et raniment le brasier qui les a produites. Mais te péché venant, comme un torrent qui a renversé SCS digues, à se répandre dans l'âme , y éteint ,

(i) Qmcumque autcmtotam legem $ervavetit, offendat au» Irni in imo, factus est omnium reus. Jac. ii. lo.

el la charité actuelle, et la charité habituelle. Il y a entre la charité et les autres vertus cette diflerence qu'elle ne peut pas, comme les autres, subsister dans un cœur infecté par le péché. L'âme coupable peut encore conserver le sentiment de la foi, en produire quelques actes; il peut lui rester l'espérance de sortir de son état, et il lui est possible de l'exprimer; mais les foibles affections, les coinmencemens d'amour qu'elle éprouve encore quelquefois pour Dieu, ne sont pas des élans de charité. Toute autre vertu, opposéeà un seul genre de péché, n'est détruite que par une sorte de vice. La charité est contraire à tout péché, est anéantie par tout vice quelconque. En voici la raison : c'est que tout péché a pour principe une préférence, une prédilection accordéeà la créature sur le Créateur. La charité est par son essence un amour de Dieu prédominant; elle cesse d'exister dès qu'elle est balancée. On n'a pas la charité , quand on n^aime pas Dieu par-dessus tout. On ne Taime pas par-dessus tout, quand on lui préfère quelque créature. Il y a donc entre la charité et tout péché une incompatibilité absolue; et il y a entre l'état de charité et l'état de péché la même opposi* tion qu'entre leurs actes. Il est aussi impossible de conserver dans son cœur la charité, en vivant dans le péché, que de faire un acte de charité en counnetlant un crime. De môme que le péché en s'cmparant d'un cœur en exclut la

cbarilé; de même la charité , quand elle y rentre, en chasse le péché. Dieu ne peul pas haïr celui qui la porte dans son cœur. L'état de charité, l'état de grâce., l'état d'innocence, sont une seule et même chose ; et cet heureux état exclut essentiellement toute prévarication, toute infraction grave, soit en la prévenant, soit en y remédiant.

A celui qui l'aimera > et qui en conséi^uence gardera sa parole, Jésus-Christ fait une magnifique promesse. Dieu l'aimera , et viendra faire en lui sa demeure. Par son immensité , Dieu est présent partout. L'univers entier est son temple. Partout il reçoit nos hommages ; partout il répand sur nous ses dons. Mais il réside dans ses Eglises d'une manière plus spéciale. C'est là qu'il verse plus abondamment ses biftafaits. J'ai sanctifié cette maison , dit-il à Salomon, pour y placer continuellement mon nom; et mes yeux et mon cœur y resteront tous les jours (i). Je remplirai de gloire cette maison , dit-il par le prophète Aggée; et ce sera dans ce Jieu que je donnerai la paix (2). Or, son temple de prédilection , celui où il lui plaît davantage de résider , c'est l'âme chrétienne. Ne sa-

(i) Sanctificavi domum banc, quam xdificâsti, nt poncrem nomen menrn ibi usque in scmpitemum , et cnint oculi mei et cor meum ibi cunctis dicbns. 3. JReg. i\. 3.

(3) Implcbo domum istam gloriâ , dicit Pominus exercttuum... et in loco isto dabo-pacem. -^gg' ii> ^^^ lo*

DfeS ivOGILfeS. j

Vez-vous donc pas , nous dit le grand Apôlre, que vous êtes le temple de Dieu , et que l'Esprit saint habite en vous (i) ? Nous sommes , dit-H ailleurs, la maison du Scigùcur;^ mais seulement h cette condition , que nous conserverons inaltérables jusqu'à la fin , et notre foi , et la gloire de notre espérance (2). Sublime qualité dont est décoré le chrétien , de se trouver lui-même le temple de son Dieu, de le porter conlinuelletnent dans son cœur! Quels admirables avantages elle lui apporte ! Dieu peut-il résider en un lieu , sans y verser ce torrent de grâces , dont il est la source inépuisable? C'est Dieu sans cesse présent qui éclaire son intelligence par de saintes pensées , qui fortifie sa volonté par de vigoureuses résolutions, ({ùi échauffe son amour par d'ardens désirs. Dieu devient , si on peut s'exprimer ainsi, Tâme de l'âme chrétienne.

Mais en même temps , quelles grandes obligations ce titre auguste de temple du Seigneur ne lui impose-t-il pas ?Ma maison, dit Jésus-Christ , sera appelée une maison de priëres (3). Il devroît, s'il éloit possible, s'en élever de continuelles adorations. Mais au moins doit-on s'y tenir dans un état habituel d'oraison. Ce que

(t) NesciHs quia tcmplum Dci cstis, et Splrîtus Dei habitat ia vobis. i. Cor. m. i6.

(a) Qux domus sumus nos : si fiduciam , et gloriam spet uscjne ad finem, ûrmam rctincamus. Hebr. m. 6.

(3) Domaftmca domus oratioais Yocabitur. Matih> xxi. i3.

nous devons surtout en inférer , c'est combien les péchés d'un chrétien sont pUis énormes que ceux des infidèles. Celui qui n'a pas été consacré à Dieu par le baptême , ne profane pas le temple du Seigfieuf. Vous ne lisez jamais sans indignation le crime de cet impie Antiochus, qui, dans le temple où le nom seul du vrai Dieu devoit être invoqué, et sur l'autel où ne dévoient être portées que des viclimes pures , osa élever son idole. Vous renouvelez son attentat', lorsque vous vous livrez au péché; vous chassez le Seigneur de son sanctuaire , et vous y mettez à sa place le démon. Vous faites du démon l'idole de ce temple qui avoit été dédié à Dieu; de ce temple que Dieu chérissoit; de ce temple où il avoit reçu pendant long-temps des hommages qui lui étoient si agréables. Et à quelles terribles vengeances ne vous exposez-vous pas ? Ecoutez la suite de la doctrine du grand Apôtre : Si quelqu'un viole le temple de Dieu, Dieu l'écrasera de toute sa colère; car son temple est saint, et c'est vous qui l'êles (i).

Et la parole que vous avez entendue n'est pas de moi, mais de mon Père qui m'a envoyé. C'est au nom de celui qui l'envoie , que tout mandataire parle : il devient par sa mission l'organe de son commettant. Envoyé par son Père , c'é-

(i) Si qnis autcm templum Dei violavcrit, dispJïdçt illum Deus; templum enim Dei sanctum est, cpiod cstis vo». 1. Cor. III. 17.

toit sa parole que Jésus-Christ apportott à la terre. Envoyé» par Jésus-Christ comme il l'avoit été par son Père , c'est de même sa parole et non pas la leur, que les apôtres ont répandue , et que continuent de répandre leurs successeurs. Ministres é?angéliques , vous devez être continuellement pénétrés de cotte vérité , que ce n'est point votre parole que vous donnez aux hommes, que vous n'êlges que les porteurs de la parole de Dieu. 11 vous adresse à tous le précepte qu'il donna h son prophète : Fils de l'homme, je*t'a^élabli surveillant sur mon peuple; tu recevras donc la parole de ma bouche , et tu l'annonceras de ma part (i). Le premier devoir qu'il vous impose est de ne point vous ingérer dans ce ministère sacré, sans l'avoir reçu de ceux à qui il appartient de le donner. Comment préchera-t-on , dit saint Paul , si on n'est pas envoyé (2) ? 11 n'y a dans tout le christianisme qu'une seule mission : c'est celle que Jésus-Christ a reçue de son Père; qu'il a donnée à ses apôtres ; que les apôtres ont transmise aux évéques, leurs successeurs , et que les évoques communiquent aux ministres inférieurs.

C'est cette seule et unique mission qui , se pw>

(i) Fili homlnb, spcculatorem dedi te domui Israël , et andies de ore meo Terbum, et anntinliabis cis ex, me. Ezech. III. 17.

(2) Qoomodà T€r6 prasdicabant, ni«i juittantur ? Rom.

le respect le plus profond, l'obéissance la plus rntière.

J^ vous* ai dit ces choses pendant que /étals avec vous. Mais le Consolateur j l'Esprit saint, que mon Père enverra en mon nom, vous en^ seignera tout^ et vous rappelle7*a tout ce que Je vous ai dit. Nous trouvons dans ces paroles , d'abord la révélation formelle du mystère de la Trinité. Le Saint-Esprit envoyé par le Père, au nom du Fils , voilà les trois personnes divines clairement énoncées; et les hérésies qui ont osé nier ce dogme fondamental ^u christianisme , n'ont jamais rien pu opposer de raisonnable à cette déclaration précise.

Nous avons ensuite dans ces paroles du divin Sauveur, la promesse faite à ses apôtres du grand événement que l'Eglise célèbre aujourd'hui, de la descente du Saint-Esprit sur eux, et des admirables effets qu'il devoit produire dans leurs âmes. C'est là ce que nous devons principalement méditer; car la fête que nous solennisons n'est pas tellement propre à ce jour, qu'elle ne se renouvelle journellement. C'est un mystère continuellement subsistant dans l'Eglise de Jésus- Christ, et qui s'y perpétuera constamment, tant qu'il y aura des fidèles qui se mettront en état d'y participer. Ce n'est pas seulement aux disciples rassemblés dans le cénacle, que Jésus- Christ promet l'Esprit saint ; nous sommes tous compris dans cette magnifique promesse, si nous

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savons Dousen rendre dignes. Le Saint-Esprit descend encore Téritablement sur ceux d'entre nous qui sont préparés à le recevoir. II y de^ cend, non plus visiblement, comme il descendit en ce jour sur les apôtres pour confirmer leur foi » et i^ccréditer leur mission ; inais aifssi réellement» quoique d'une manière invisible. Il apporte avec lui , non les dons extérieurs qui étoient nécessaires alors à l'établissement de la religion, et quj ont cessé de l'être; mais les mêmes grâces de conversion et de sanctificaiioD, toujours nécessaires pour établir et maintenir dans nos cœurs l'empire (le la religion. Ces admirables effets qu'il produisit dans les âmes des apôtres, il ne tient qu'à nous qu'il les produise aussi dans les nôtres. Occupons-nous dooc ( et quelle occupation pi us convenable dans celte solennité ) de considérer les effets qu'opéra intérieurement dans les apôtres la descente du Saint-Esprit, afin de mériter qu'elle opère les mêmes dans nous.

Le prenaier de ces effets que les apôtres éprouvèrent, et celui dont Jésus-Christ leur parle plus spécialement, ce fut de se trouver tout-à-coup éclairés et instruits. Et nous avons sur cela trois choses à considérer : quels sont ceux que l'Esprit saint instruit; de quoi il les instruit; comlaent il les instruit.

Rappelons - nous ce qu'étoient les apôtres avant d'avoir reçu le Saint-Esprit : de« hommes

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ramassés dans la classe la plus basse de la société, dépourvus d'éducalîon , dénués d*inlellîgence. Trois années entières passées à l'école de leur divin Maître n'avoîenl pas suffi à leur instruction. Les choses les plus claires qu*il leur avoit enseignées éloient encore au dessus de leur portée. Us îgnoroicnt ses mystères; ils ne concevoicni pas ses maximes; ils se faisoient de fausses idées de ses promesses. De tout ce qu'il leur avoit dit, ils n'a voient rien compris; etc'étoît pour eux, comme ils le rapportent eux-mêmes, des paroles cachées (i). Mais aussitôt que le Saint-Esprit est descendu sur eux, ces hommes, à qui Jésus-Christ reprochoit d'êlre slupidcs et lents à croire (2), deviennent les appuis de la foi. Ces hommes ignorans et grossiers se trouvent être les docteurs les plus profonds; étonnent l'univers de leur érudition, et leçon vcrtîssenl par la force de leur parole. Ainsi, cet Esprit divin , lorsqu'il entre dans nos esprits , s'en rend le maître absolu. Il rend la stupidité intcllîgeuté, l'ignorance savante, l'entêtement souple et humble. Que d'autres maîtres désîi*enl des disciples dociles, doués de capacité, ornés de talons ; l'Esprit de Dieu n'a pas besoin

(t) Et ipsi ifiihil horum intellexcninf, et crat veibiim islud absconditum ab eis, et non intclligebunt qux diccbaotur. JCac. xviii. 34.

(a) Et ipso cllxjt ad cos : O stulti, et tardi corde ad çrcdcnduui ! Liic. sxiv. a5.

DBS ÉVANGILES. l5

de chercher les dispositions, il les donne. H crée les qualités qu'il veut trouyer , et » en donnant rînstruclion , il rend les sujets apte& à la rece* voir (i).

Autant les apôtres avoient été jusque-là chargés d'ignorance et remplis d'erreurs , autant , après avoir reçu le Saint-Esprit , sont-ils pénétrés des lumières de Dieu , et consommés dans la science du salut. Toutes les vérités qui avoient échappé à leur intelligence grossière , dont ils ne se doutoient pas quaiid Jésus-Christ les leur enseignoit, se développent devantiçiux. Tout ce que leur a dit ce divin Maître, et qu'ils n'a voient pas conçu , se représente aussitôt h leur mémoire. Ils en saisissent les principes, en embrassent l'ensemble, en suivent l'enchaînement, en découvrent clairement toutes les conséquences. La religion tout entière, avec tous ses dogmes ^ avec tous ses commandemens , avec tous ses rits, avec toutes ses maximes, avec toutes ses promesses, avec toutes ses menaces, est présente à leurs esprits. Ainsi , quand il descend dans les nôtres, il convainc la raison des mystères qui la révoltoient le plus ; il soumet la volonté aux préceptes les plus contrarians : il pénètre le cœur des principes les plus opposés à nos inclinations ; il nous iait sentir la nécessité de l'humilité , de l'abnégation , de la mor-

(i) Etscriptum est in prophcds : Etcrunt omncs docibile .n<â. Joan. Yi. 4^-

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iificotion. Ce qu'il enseigne , lui seul peut renseigner; lui seul a le pouvoir de persuader ce qu'il persuade.

Et considérez encore comment il le persuade t'homme n'a pour enseigner cpie des moyens bornés, et tels qu'est sa propre science. Ce n^est qu'en employant de longs discours qu^il peut faire comprendre les vérités humaines qu'rl débite. Ce n'est quli force de leçons et de raisonnemens qu'il peut faire entrer dans les esprits la persuasion. Il n'appartient qu'à l'Esprit saint de faire en un moment des apôtres, des homnaes savans; de les instruire, de les convaincre des principes les plus profonds , des vérités les plus élevées, des dogmes les plus incompréhensibles , sans leçons do sa part , sans élude de ki leur. Il descend dans eux, et aussitôt ils se trou* vent remplis de toutes les connoissances si mul* tipliées , si étendues , si relevées qu'il leur a apportées. Telle est la science du salut. C'est beaucoup moins dans les livres et dans les discours dés hommes que l'on acquiert , que dans les communications de l'Esprit divin. La prière est encore pour m^us , comme elle fut pour les apôtres dans le cénacle, le premier moyen de les obtenir. C'est aux pieds du Seigneur que l'on reçoit sa science (i). Tous les saints, tous les maîtres de la vie spirituelle déclarent qu'ils

(i) Qui appropinquant pedilms ejtiâ , accipient do àocttinà illius. Deuter, xxxiu. 3.

ont plus appris dans leurs oraisons , que par leurs veilles et leurs longs travaux. Est-ce que les lectures pieuses , le| conférences spirituelles , les prédications de l'Eglise , serolent inutiles à notre instruction ? Non , sans doute, Ge

^ «iont au contraire des moyens dont il plaît au SaiDt-Esj>rît Ae se servir pour nous donner la coanoissance , la conyfction, l'amour de ses vérités et de nos devoirs. 11 aime à cacher sous des formes humaines ses divines opérations, cl

' il ne prodigue les miracles sensibles que lorsqu'ils sont nécessaires, comme ils Tétoientpour les. apôtres. Mais en employant , comme il nous 1 ordonne , ces moyens naturels , faisons deux considérations essentielles : la première, qu'ils sont impiiissans par eux-mêmes, et qu'ils ne produiront aucun fruit , s'ils ne sont fécondés par lopération surnaturelle de l'Esprit saint; la seconde, qui est la conséquence de celle-là, que nous devons, à rexemple des disciples, qui méritèrent par leur persévérance unanime dans l'oraison (i) que le Saint-Esprit descendît sur eux, l'attirer sur nous par l'ardeur et la constance de nos vœux.

Celte instruction que l'Esprit de Dieu répandit si merveilleusement sur les apôtres, ne leur donna pas une simple spéculation, une science stérile. En les instruisantilles'sanctliia, et c'est le second

(i) Hi omnes crant persevcraotes ananimifer in oratione. -^ct. I. 14.

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effet qu'il produisit dans eux. II n'est pas seulement l'Esprit de véHlë, il est l'Esprit sanctificateur; et c'est ce que signiGe la forme de langues de feu, sous laquelle il se partagea et s'arrêta sur les têtes des disciples. Ce fcù était l'emblèinc de la charité dont il embrasoit leurs coeurs. Jusque là on lesavoitYus ambitieux,ne soupirer qu'après les dignités mondaines i jaloax^ envier ceiiX qui aspiroient comme eux aux premières places ; querelleurs^ avoirentreeuxdes disputes fréquentes. L'Esprit saint descend sur eux ; les voilà tout*h-coup devenus d'autres hommes. Toutes leurs foiblesses ont cessé, tous leurs défauts ont disparu. Ils sont désormais , non seulement des saints, mais des modèles de la plus haute sain^ teté , éloignés du inonde , étrangers k toute pas*sion, upérieurs ^ tout intérêt. Ils disent avec une audacieuse, mais sainte confiance, au genre humain qu'ils convertissent : Soyez nos imitateurs, comme nous le sommes de Jésus-Christ ( i ) . L'Esprit saint produira dans nous le même effet, si nous savons l'y attirer. Le feu sacré, descendant dans nos cœurs , y consumera tous nos dé* sirs déréglés, dissoudra comme une paille légère nos attacbemens mondains ; et détruisant par son activité tout ce qu'il y a en nous de terrestre , nous épurera , et fera de nous un or sans piélange , digne d'être offert sur l'autel céleste. C'est par le Saint-Esprit que nous avons reçu ,

(i) Imitatores mei estote, slcut et ego Ghristi. i . Cor, xi, i.

BBS ivANGILÊS. 1^

quW répandue dans nos cœurs la cliarllé (i) / la charité; la plus émincnte de toutes les vertus, qui en est le complément, qui les suppose, ou qui les produit toutes^

Un dernier effet qu'il produit aujourd'hui ^ans les apôtres , est de leur donner le coufage et la force nécessaires pour remplir leurs hautes des* tinées, Ces hommes, auparavant si pusillanimes, qui avolent lâchement abandonné leur Maître»

dont le plus zélé l'avoit honteusement renié , vont audacieusement attester sa résurrection ^ prêcher sa doctrine , proclamer sa divinité. Ils trembloient d'éprouver le sort de Jésus- Christ ; ik aspirent à le partager. Du cénacle où les tenoit renfermés la terreur des Jfuifs , ils sortent pour aller ks braver. Dans les places publiques, . dans les synagogues ^ dans le temple , devant les tribunaux, partout ils leur déclarent hautement que celui qu'ils viennent He crucifier, est leur Messie et leur Dieu. Et quel est donc le but de cette nouvelle audace ? quel est le dessein qui les meut ? C'est le projet le plus vaste , le plus hardi qui soit jamais entré dans la tête d'aucun homme. Ils tentent de changer toutes les idées du genre humain sur la religion et sur la morale. Ils tentent d'engager tous, les peuples à abjurée, leurs préjugés les plus anciens; à étouffer leurs passions les plus chères; à sacrifier leurs inté

(i) Caritas Dei diffusa est in cordibus nostris pcr Spiritam sancUun, ^i datus est nobis. Rom. t. 5.

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