AVERTISSEMENT
J'ay toujours crû qu'il falloit parler et écrire le plus sobrement qu'on pourroit sur les voyes intérieures. Quoiqu'elles ne renferment rien qui ne soit manifestement conforme à la règle immuable de la foi et des mœurs evangeliques, il me paroit néanmoins que cette matière demande une espèce de secret. [2] Le commun des lecteurs n'est point préparé pour faire avec fruit de si fortes lectures. C'est exposer ce qu'il y a de plus pur et de plus sublime dans la Religion à la dérision des esprits profanes, aux yeux desquels le mystère de J.-C. crucifié est déjà un scandale et une folie. C'est mettre entre les mains des hommes les moins recueillis et les moins expérimentez le secret ineffable de Dieu dans les cœurs, et ces hommes ne sont capables ni de s'en instruire, ni de s'en édifier. [3] D'un autre côté c'est tendre à toutes les Ames crédules et indiscrettes un piège pour les faire tomber dans l'illusion ; car elles s'imaginent bien tôt être dans tous les états qui sont
représentez dans les livres : par là elles deviennent visionnaires et indociles ; an lien que si on les tenoit dans l'ignorance de tous les états qui sont au-dessus du leur, elles ne penseroient à entrer dans les voyes d'amour désintéressé et de contemplation qu'autant qu'elles y seroient portées par le seul attrait de la grâce, sans ['i]que leur imagination échauffée par des lectures y eût au cune part. Voilà ce qui m'a persuadé qu'il falloit garder autant qu'on le pourroit le silence sur cette matière, de peur d'exciter trop la curiosité du public, qui n'a ni l'expérience ni la lumière de grâce nécessaire pour examiner les ouvrages des Saints. Car l'homme animal ne peut ni discerner ni goûter les choses de Dieu telles que sont les voyes intérieures. Mais puisque cette curiosité est devenue universelle depuis quelque [5] temps, je crois qu'il est important d'écrire pour empescher qu'elle n'aille jusqu'à des excez dangereux, et qu'il est aussi nécessaire de parler contre l'illusion, qu'il eût été à souhaiter de se taire sur les expériences mesme les plus véritables.
Je me propose dans cet Ouvrage d'expliquer les expériences et les expressions des Saints, pour empêcher qu'ils ne soient exposez à la dérision des impies. En même temps je veux éclaircir aux Mystiques le véritable sens de ces saints Auteurs, afin qu'ils connoissent la juste valeur de leurs expressions. Quand je parle des
[3] elles ne pourraient entrer...
...et de contemplation que par...
[5\... je crois qu'il est aussi nécessaire de parler, quil eut été à souhaiter de se taire...
saints Auteurs, je me borne à ceux qui son! ca[6 iiiniisi'/. OU don! I;i mémoire est en bonne odeur dans toute l'Eglise, et dont les écrits on) été solennellement approuvez après beaucoup de contradictions. Je ne parle que Saints qui ont été canonisez ou admirez de toute L'Eglise, pour avoir pratiqué et fait pratiquer au prochain le genre de spiritualité qui est répandu dans tous leurs écrits. Sans doute il n'est pas permis de rejetter de tels Auteurs, ni de les accuser d'avoir innové contre la Tradition. [7
Je veux montrer combien ces saints Auteurs sont éloignez de blesser le dogme de la foi. et de favoriser l'illusion. Je veux montrer aux Mystiques que je n'alfoiblis rien de tout ce qui est autorisé parles expériences el par les maximes de ces Auteurs qui sont nos modelles. Je veux le< engager par là à me croire quand je leur ferai voir les bornes préj ises que ces mémo Saints nous ont marqué, et au-delà desquelles il n'est jamais permis d'aller. Les Mystiques à qui je parle ne [8] sont ni d(>> fanatiques, ai >\>'> hypocrites qui tachent sous des tenues de perfection le mystère d'iniquité'. A Dieu ne plaise que j'adresse la parole de véritéà ces hommes qui ne portent point le mystère de la Foy dans une conscience pure : ils ne méritent qu'indignation et horreur. Je parle aux Mystiques -impies, ingénus et dociles. Ils doivent sça voir que l'illusion a toujours suivi de prés les yoyes les plus parfaites. Dés l'origine du Christianisme les taux Goos- Bques hommes [9] exécrables voulurent se confondre avec Les vrais Gnostiques qui étoient les Contemplatifs el les plus parfaits d'entre les Chrètieus. Les Beguards ont
imité faussement les Contemplatifs de ces derniers siècles, tels que saint Bernard, Richard et Hugues de saint Victor. Gerson ne doit pas estre suspect aux mistiques. Bellarmin en parlant de Rusbroe que Gerson avoit critiqué remarque que les expressions des Auteurs Mystiques ont été souvent blasmées sur des équivoques. Il arrive d'or ''inaire, dit-il, à ceux qui écrivent de la Théologie mystique, que leurs expressions [10] sont blâmées par les uns et louées par les autres, parce qu'elles ne sont pas prises par tout le monde dans le même sens. Le Cardinal Bona dit aussi, que ceux qui sont dans la Contemplation passive sont les moins habiles pour s exprimer , mais les plus excellens dans la pratique et dans Vexperience. En effet rien n'est si difficile que de faire bien entendre des états qui consistent en des opérations si simples, si délicates, si abstraites des sens, et de mettre toujours en chaque endroit tous les correc-
[9]... Hugues de saint Victor Bellarmin remarque que les expressions des Auteurs mystiques ont été souvent critiquées sur...
Copie mss. Gerson ne doit pas estre suspect aux mystiques : car il assure que leur theol >gie est fondée sur l'expérience : il ajoute que ceux qui sont expérimentez sur ces choses ne peuvent les faire entendre clairement à ceux qui n'en ont pas L'expérience : de même qu'on ne pourrait faire entendre ce que c'est que l'amour a un homme qui n'auroit jamais aimé ni a un aveugle ce que c'est que les couleurs. Il dit encore que la négligence de la contemplation est inexcusable, Damnabilis omisxio contempla lioni-*, pour les Religieux, pour les Ecclésiastiques et même pour plusieurs Tiommes et femmes du monde. 11 ajoute que Jes âmes simples arrivent d'une manière plus prompte et plus sublime a la theolngin mystique par la foy, l'espérance et la Charité que certains savants, et qu'on peut parler de ces choses
tifs [11] nécessaires pour prévenir l'illusion, et pour expliquer en rigueur le dogme theologique. Voilà ce qui a scandalisé une partie des Lecteurs qui ont lu les Livres des Mystiques, et qui a exposé à l'illusion plusieurs autres de ces Lecteurs. Pendant que l'Espagne étoit remplie dans le siècle passé de tant de Saints d'une grâce merveilleuse, les illuminez furent découverts dans l'Andalousie, et rendirent suspects les plus grands Saints. Alors sainte Thérèse, Balthazar Alvarez et le [12] Bienheureux- Jean de la Croix eurent besoin de se justifier. Saint François de Sales n'a pas été exernt de contradiction ; et les Critiques n'ont point scù connoitre combien il joint une Théologie exacte et précise avec une lumière de grâce qui est très eminente.Ila fallu une apolo[13]gieau saint Cardinal de Bertille. Ainsi la paille a souvent couvert le bon grain, et les plus purs Auteurs de la Vie intérieure ont eu besoin d'explication, de crainte que des expressions prises dans un mauvais sens n'altérassent la pure doctrine.
à ces personnes simples et ignorantes pendant qu'il faut s'abslenir d'en parler à des Bçavants, a des sages eta des Philosophes.
tierson qui parle suivant la maxime de saint Grégoire pape, et en des termes si favorables aux contemplatifs n'a pas laissé néanmoins d'être allarmé par quelques expressions de Kusbrok, tan! il est vrai que les contemplatifs ont a craindre de s'exprimer d'une manière qui maledifie.
Iiellarmin en parlant...
fil] .. et qui a jette dans l'illusion. .
fl2]... de se justifier. Rusbrok que Iiellarmin appelle un Grand contemplatif et Taulere cet homme apostolique si célèbre dans toute l'Allemagne ont ét§ défendus, l'un par Denis le Chartreux, et l'autre par Blosius. Saint François de Sales...
[13]... la paille a souvent obscurci le bon ^rain .. . . de la vie intérieure ont besoin...
' >s exemples doivenl rendre les Mystiques sobres et retenus surtout dans un temps ou il est certain que les Quietistes out abusé » te diverses expressions des saints pour establir i\c^ maximes 1res pernicieuses. Si les mistique* sont humbles et dociles, ils doivent laisser aux Pasteurs de l'Eglise non seulement la décision absolue sur la Doctrine, mais encore le choix de tous les termes dont il est à propos [14] de se servir. Saint Paul veut ne manger jamais de viande plùtost que de scandaliser le moindre de ses frères pour qui Jesus-Christ est mort. Comment pourrions-nous donc être attachez à quelque expresssiou dés qu'elle scandalise quelque aine infirme? Que les mystiques lèvent donc toute équivoque, puisqu'ils apprennent qu'on a abusé de leurs termes pour corrompre ce qu'il y a de plus saint : que ceux qui ont parlé sans précaution d'une manière impropre et pour exagérée s'expliquent [15] et ne laissent rien à désirer l'édification de l'Eglise : que ceux qui se sont trompez pour le fonds de la doctrine ne se contentent pas de condamner l'erreur, mais qu'ils avouent de l'avoir crue; qu'ils rendent gloire à Dieu ; qu'ils n'ayent aucune honte d'avoir erré ce qui est le partage naturel de l'homme ; et qu'ils confessent humblement leurs erreurs, puisqu'elles ne seront plus leurs erreurs dés qu'elles seront humblement confessées. C'est pour demesler le vrai [16] d'avec le faux dans une matière si délicate et si importante que deux grands Prélats ont donné au public
... sobres et retenus. S'ils sont humbles... [14]... Saint Faul ne veut jamais...
trente-quatre propositions qui contiennent eu substance Mrsl'Arch. toute la Doctrine des voyes intérieures. Je les ai arres- y^v de tirs autrefois avec eux et avec M. l'abbé Tronson avant Meauxque je fusse dans l'épiscopat. Et je ne prétends dans cet ouvrage qu'en expliquer les principes avec plus d'étendue. On les trouvera à la fin de cet avertissement. Toutes les voyes intérieures tendent à l'amour pur ou désintéressé ; parce qu'elles doivent toujours tendre vers la plus haute perfection et que cet amour pur est le plus haut degré de la perfection chrétienne. Il est le terme de toutes les voyes que les [17] Saints ont connu. Quiconque n'admet rien au delà est dans les bornes de la tradition. Quiconque passe cette borne est déjà égaré. Si quelqu'un doute de la vérité et de la perfection de cet amour, j'offre de lui en montrer une tradition si claire et si constante depuis les Apôtres jusqu'à saint François de Sales qu'aucun théologien persuadé du sentiment contraire ne pourra traitter cette doctrine de nouveauté, et je donnerai là-dessus au public quand on le désirera un recueil de tous les passages des Perea, des Docteurs de l'Ecole, et des saints M\ sti[18]ques qui parlent unanimement. On verra dans ce recueil que les anciens l'eres ont parlé aussi fortement que saint François de Sales,
flt'i] (l'indication île la marge ne figure pas dans la lr(i éd.)
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... plus d'étendue.
Toutes les voyes...
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[17]... montrer une tradition universelle el évidente depuis \tt< Ipôtrea jusque* ;i suint François de Sales sans aucune interruption, et je donnerai...
et qu'ils ont fait pour le désintéressement de l'amour les mêmes suppositions sur le salut, dont les critiques dédaigneux se moquent tant quand ils les trouvent dans les Saints des derniers siècles. Saint Augustin même »e civ. Dei que quelques personnes ont crû opposé à cette doctrine ne l'enseigne pas moins que les autres. Il est vrai qu'il est capital de bien expliquer ce [19] pur amour, et de marquer précisément les bornes au delà desquelles son désintéressement ne peut jamais aller. Son désintéressement ne peut jamais exclure la volonté d'aimer Dieu sans bornes ni pour le degré, ni pour la durée de l'amour ; il ne peut jamais exclure la conformité au bon plaisir de Dieu qui veut notre salut, et qui veut que nous le voulions avec lui pour sa gloire. Cet amour désintéressé toujours inviolablement attaché a toutes les volontez de Dieu, et particulièrement a sa volonté ecritte fait tous les mêmes actes [20] et exerce toutes les mêmes vertus distinctes que l'amour intéressé, avec cette unique différence qu'il les exerce d'ordinaire d'une manière simple, paisible, et dégagée de tout motif de propre interest.
La sainte Indifférence si louée par saint François de Sales n'est que le désintéressement de cet amour qui est toujours indiffèrent et sans volonté mercenaire intéressée pour soi-même, mais toujours déterminé et voulant positivement tout ce que Dieu nous fait vouloir
[18] l'indication de la marge ne figure pas dans la lre éd.) [19].. attaché à la Loi écrite fait... [20]... et exerce toutes les...
... sans volonté intéressée...
... vouloir par sa Loi écrite
par sa volonté [21] écrite et par l'attrait de sa grâce non seulement pour sa gloire mais encore pour nôtre béatitude rapportée à sa gloire.
Pour parvenir à cet état il faut purifier l'amour, et toutes les épreuves intérieures ne sont que sa purification. La Contemplation même la plus passive n'est que l'exercice paisible et uniforme de ce pur amour. On ne passe insensiblement de la méditation où l'on fait des actes méthodiques et discursifs, à la Contemplation dont les actes sont simples et directs, qu'à mesure qu'on passe de l'amour intéressé au désintéressé. L'é 22j fat passif et la transformation avec les nopces spirituelle- et l'union essentielle ou immédiate ne sont que L'entière pureté de cet amour, dont l'état est habituel en un très petit nombre dames, sans être jamais ni invariable, ni exempt de fautes vénielles. Quand je parle de tous ces différents degrez dont les noms sont si peu connus du commun des Fidelles. je ne le fais qu'à cause qu'ils sont consacrez par l'usage d'un grand nombre de Saints approuvez par l'Eglise et qui ont [ta] expliqué par ces termes leurs expériences. De plus je ne les rapporte que pour les expliquer avec la plus rigoureuse précaution. Enfin toutes les voyes intérieures aboutissent au pur amour comme à leur terme, et le plus haut de tous les degrez dans le pèlerinage de cette vie est l'état habituel de cet amour. Il est le fondement et le comble de tout l'édifice. Rien ne seroit plus téméraire que de combattre la pureté de cet amour si digne de la perfection de notre
[21]... de sa grâce.
Pour parvenir...
Dieu à qui tout est [24] dû, et de sa jalousie qui est uu feu consumant. Mais aussi rien ne seroit plus téméraire que de vouloir par un rafiuement chimérique ôter à cet amour la réalité de ses actes dans la pratique des vertus distinctes. Enfin il ne seroit ni moins téméraire ni moins dangereux de mettre la perfection des voyes intérieures dans quelque état mystérieux au delà de ce terme fixo d'un état habituel de pur amour.
C'est pour prévenir tous ces inconveniens que je me propose de traiter dans cet [26] ouvrage toute la matière par articles rangez suivant les divers degrez que les mystiques nous ont marqué dans la vie spirituelle. Chaque article aura deux parties. La première sera la vraye que j'approuverai, et qui renfermera tout ce qui est autorisé par l'expérience des Saints, et réduit à la doctrine saine du pur Amour. La seconde partie sera la fausse, où j'expliquerai l'endroit précis dans lequel le danger de l'illusion commence. En rapportant ainsi dans chaque article ce [26] qui est excessif, je le qualifierai et je le condamnerai dans toute la rigueur theologique.
Ainsi mes urticles seront dans leur première partie un recueil de définitions raisonnées aussi exactes qu'il me sera possible sur les expressions des Saints pour les réduire toutes à un sens incontestable qui ne puisse plus faire aucune équivoque, ni allarmer les âmes les plus timorées. Ce sera une espèce de dictionnaire par définitions pour sçavoir la valeur précise de chaque
[26J... recueil des définitions exactes sur les...
terme. Ces définitions rassemblées 27) formeront on -yimpie et le plus complet < j m- je pouiray «le tontes) les voyes intérieures jiour lui donner une parfaite Uûité, puis que tout 8'y réduira clairement à l'exercice du [nir amour aussi fortement enseigné par tous les anciens Pères, qae par les Suints les plus récens.
D'un autre côté la seconde partie de mes articles montrera toute la suite des Taux principes qui peuvent former l'illusion la plus dangereuse contre la Foi et contre les munis sous une apparence de perfection.
28 Kn chaque article je tâcherai de marquer où commence l'équivoque, et de censurer tout ce qui est mauvais, sans aiïoiblir jamais en rien tout ce que l'expérience des Saints autorise. Les bons Mystiques s'ils veulent n'écouter sans prévention verront bien que je tâche de Dtendre, et de prendre leurs expressions dans la juste étendue de leur sens véritable. Je leur laisse même à juger si je n'explique pas leurs maximes avec [dus d'exactitude que la pluspart d'entre eux n'ont pu jus [29 qu'ici les expliquer, parce que je me suis principalement applique à réduire leurs expressions à des idées elaires, précises, et autorisées par la Tradition, sans affaiblir le fonds des choses au lieu que quelques mystyques faute il être exactement instruits des dogmes
-'7 . simple et complet fie toutes les voyes intérieures, qui aura unf...
[28]... autorise. Les mystiques
... verront bien que je les entends, et que je prends leur- ... [29|... des chose*. Tous les...
théologiques se servent d'expressions impropres et exagérées qui exposent a l'illusion. Tous les Mystiques qui n'aiment que la venté et l'édification de l'Eglise, doivent ce me semble être satisfaits de mon plan. J'aurois pu y joindre un grand nombre de Passages formels des plus anciens Pères aussi bien que des Docteurs de l'Ecole et des Saints Mystiques ; mais cette entreprise me [30] jettoit dans une longueur et dans des répétitions innombrables qui m'ont épouvanté pour le Lecteur. C'est ce qui me fait supprimer ce recueil de Passages déjà rangez dans leur ordre. Pour épargner la peine du Lecteur je suppose d'abord cette Tradition constante et je ne la propose comme décisive que pour montrer que mon sentiment loin d'être nouveau est fondé sur des autoritez de l'antiquité la plus pure, et sur les témoignages des bons auteurs dans la suitte de tous les siècles, enfin je me borne à montrer un système clair et suivi dans des définitions Theologiques. La sécheresse de cette méthode me paroit un inconvénient très fâcheux, mais moindre que celui d'une [31] longueur accablante.
11 ne me reste qu'à exécuter ce plan, que je viens d'expliquer. J'en attends la force non de moi, mais de Dieu qui se plaît à se servir du plus vil et du plus indigne instrument. Ma doctrine ne doit point être ma doctrine, mais celle de Jesus-Christ qui envoyé les Pasteurs. Malheur à moi si je disais quelque chose de moi-même. Malheur à moi si dans la fonction d'instruire
... doivent être satisfaits de ce plan ... y joindre une quantité prodigieuse de passages... 30]... constante et décisive, et je me borne...
les autres, je n'estois moi-même le plus docile et le plus soumis des enfana de l'Ef32]glise Catholique, Apostolique et Romaine.
Je commencerai l'exécution de ce plan par une exposition simple des divers sens qu'on peut donner au nom d'amour de Dieu, pour faire entendre nettement et précisément l'état des questions en cette matière; après quoi le Lecteur trouvera mes articles qui approuvent le vrai et condamnent le faux sur chaque point des voyes intérieures.
Extrait du phivilège du roy
Par Lettres Patentes du Roi données à Paris le 17 décembre 1696. Signées De S. Hilaire : Il est permis à Mcssire François de Salignac Eenelon Archevêque Duc de Cambray, Précepteur de Messeigneurs les Ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berry, de faire imprimer par tel Libraire qu'il voudra choisir, le Livre qu'il a composé, intitulé : Explication des Maximes des Saints sur la vie intérieure ; et cependant le temps et espace de huit années entières et consécutives, à commencer du jour que ledit Livre sera achevé d'imprimer pour la première fois, avec défenses à toutes persounes d'en vendre d'autre impression, à peine de confiscation des Exemplaires contrefaits, trois mille livres d'amendes, et de tous dépens, dommages et interests.
Mondit Seigneur Arcbevêque a cédé son droit de Privilège à Pierre Auboiiyn, Libraire de Messeigneurs
les Enfans de France, qui en a fait part à Pierre Emery, et Charles Clousier, pour eu jouir suivant l'accord fait entr'eux.
Registre sur le Livre de (a Communauté des Libraires et Imprimeurs de Paris, le U> janvier 1697. Signé : P. Aubouyn, Syndic.
Achevé d'imprimer pour la première l'ois le 25 janvier 1697.