‹ Explication des maximes des saints sur la vie intérieureChapitre 19 sur 59 · VIII. Toutes ces propositions sont de la fey catholique · texte numérisé non relu

VIII. Toutes ces propositions sont de la fey catholique

expressément contenues dans le symbole des Apôtres et dans l'Oraison dominieale, qui est la prière commune et journalière de tous lesenfans de Dieu ; ou mesmeexpivs sèment définies par l'Eglise, comme celle de H demande de la rémission des péchez et du don de persévérance, et eelle du combat de la convoitise, dans les conciles de Carthage, d'Orange et de Trente: ainsi les propositions contraires sont formellement hérétiques.

IX. Il n'est pas permis à un chrestien d'estre indifférent pour son salut, ni pour les choses qui y ont rapport : la sainte indifférence chrestienne regarde les evenemens de cette vie (à la réserve il u péché) et la dispensation des consolations ou sécheresses spirituelles.

X. Les actes mentionnez cy dessm ur dérogent point à la plus grande perfection du Christianisme, et ne cessent

pas d'estre parfaits pour estre apperceus. pourveu qu'on en rende grâces à Dieu, et qu'on les rapporte à sa gloire.

XI. Il n'est pas permis au chrestien d'attendre que Dieu luy inspire ces actes par voye et inspiration particulière ; et il n'a besoin pour s'y exciter que de la foy qui lui fait connoistre la volonté de Dieu signifiée et déclarée par ses comraandemens. et des exemples des saints, en supposant toujours le secours de la grâce excitante et prévenante. Les trois dernières propositions sont des suites manifestes des précédentes, et les contraires sont téméraires et erronées.

XII. Par les actes d'obligation cy-dessus marque/., on ne doit pas entendre toujours des actes méthodiques et arrangez ; encore moins des actes réduits en formules et sous certaines paroles, ou des actes inquiets ou empressez : mais des actes sincèrement formez dans le cœur, avec toute la sainte douceur et tranquillité qu'inspire l'esprit de Dieu.

XIII. Dans la vie et dans l'oraison la plus parfaite, tous ces actes sont mis dans la seule charité, en tant qu'elle anime toutes les vertus, et en commande l'exercice, f-elon ce que dit saint Paul : La Chatité souffre tout, elle croit tout, elle espère tout, elle soutient tout. On en peut dire autant des autres actes du chrestien, dont elle règle et prescrit les exercices distincts, quoyqu'il ne soient pas toujours sensiblement et distinctement apperceus.

XIV. Le désir qu'on voit dans les Saints, comme dans saint Paul et dans les autrei de leur salut éternel et parfaite rédemption, n'est pas seulement un désir ou appétit indélibéré, mais comme l'appelle le mesme saint Paul, une bonne volonté que nous devons former et opérer librement en nous avec le secours de la grâce, comme

parfaitement conforme à la volonté de Dieu. Cette proposition est clairement révélée, et la contraire est hérétique.

XV. C'est pareillement une volonté conforme à celle de Dieu, et absolument nécessaire en tout estât, quoyque non à tout moment, de vouloir ne pécher pas ; et non seulement de condamner le péché, mais encore de regretter de l'avoir commis, et de vouloir qu'il soit détruit en nous par le pardon.

XVI. Les réflexions sur soy-mesme, sur sesacteset sur le dons qu'on areceus, qu'on voit par tout pratiquées par les Prophètes et parles Apostres, pour rendre grâces à Dieu de ses bienfaits, et pour autresfins semblables, sont proposées pour exemples à tous les fidèles, mesme aux plus parfaits ; et la doctrine qui les en éloigne et erronée et approche de 1 hérésie.

XVII. Il n'y a de réflexions mauvaises et dangereuses que celles où l'on fait des retours sur ses actions et sur les dons qu'on a receus. pour repaistre son amourpropre, se chercher un appuy humain, ou s'occuper trop de soy-mesme.

XVIII. Les mortifications conviennent à tout estât du christianisme, et y sont souvent nécessaires ; et en éloiguer les fidelles sous prétexte de perfection c'est condamner ouvertement saint Paul, et présupposer une doctrine erronée et hérétique.

XIX. L'oraison perpétuelle ne consiste pas dans un acte perpétuel et unique qu'on suppose sans interruption, et qui aussi ne doive jamais se réitérer ; mais dans une disposition et préparation habituelle et perpétuelle à ne rien faire qui déplaise à Dieu, et à faire tout pour luy plaire : la proposition contraire, qui exclurait en quelque estât que ce fust, mesme parfait, toute pluralité et suc-

cession d'actes, seroit erronée et opposée à la tradition de tous les Saints.

XX. Il n'y a point de traditions apostoliques que celles qui sont reconnues par toute l'Eglise et dont l'autorité est décidée par le Concile de I rente : la proposition contraire est erronée, et le prétendues traditions apostoliques secrètes seroient un piège pour les fidèles, et un moyen d'introduire toute sorte de mauvaises doctrines.

XXI. L'oraison de simple présence de Dieu, ou de remise et de quiétude, et les autres oraisons ordinaires, mesmes passives, approuvées par saint François de Sales, et les autres spirituels receus dans toute l'Eglise, ne peuvent estre rejettées ni tenues pour suspectes sans une insigne témérité, et elles n'empeschent pas qu'on ne demeure toujours disposé à produire en temps convenable tous les actes cy-dessus marquez : les réduire en actes implicits ou éminents en faveur des plus parfaits, sous prétexte que l'amour de Dieu les renferme tous d'unecertaine manière, c'est en éluder l'obligation, et en détruire la distinction qui est révélée !e Dieu.

XXII. Sans ces oraisons extraordinaires on peut devenir un très grand saint, et atteindre à la perfection du Gbristianisme.

XXIII. Réduire Testât intérieur et la purification de lame a ces oraisons extraordinaires, c'est une erreur

manifeste.

XXIV. C'en est une également dangereux d'exclure de Testât de contemplation, les attributs, les trois personnes divines et les mystères du Fils de Dieu incarné, surtout celuy de la croix et celuy de la résurrection ; et toutes les choses qui ne sont veuës que par la foy sont l'objet du chrestien contemplatif.

XXV. Il n'est pas permis à un chrestien, sous prétexte d'oraison passive ou autre extraordinaire, d'attendre dans la conduite de la vie. tant au spirituel qu'au temporel, que Dieu Le détermine à chaque action par voye et inspiration particulière : et le contraire induit à tenter Dieu, à illusion et à nonchalance.

XXVI. Mois le cas et les inomens d'inspiration prophétique et extraordinaire, la véritahle soumission que toute àme chrestienne, mesme parfaite, doit à Dieu, est de se servir des lumières naturelles qu'elle en reçoit, et des règles de la prudence chrestienn<\ en pr- supposant toujours que Dieu dirige tout par sa providence, et qu'il est auteur de tout hon conseil.

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