‹ Explication des maximes des saints sur la vie intérieureChapitre 30 sur 59 · IX. Faix · texte numérisé non relu

IX. Faix

Dans ces épreuves extrêmes, une ame. sans avoir été auparavant iufidelle à la grâce, perd le vrai et plein

[32]... François de Sales a nommé la pointe de l'esprit, ou la cime Je l'a:ue < 'et iHat...

pouvoir de persévérer dans son état : elle tombe dans une impuissance réelle d'accomplir les préceptes dans les cas où les préceptes pressent. Elle cesse d'avoir la Foi explicite dans les cas où la Foi doit agir explicitement ; elle cesse d'espérer, c'est a dire d'attendre et de désirer, même d'une manière désintéressée, l'ef[84]fet des promesses en elle ; elle n'a plus l'amour de Dieu ni perceptible ni imperceptible ; elle n'a plus la haine du péché ; elle en perd non seulement l'horreur sensible et réfléchie, mais encore la haine la plus directe et la plus intime. Elle n'a plus aucune certitude intime et momentanée qui puisse conserver la droiture de sa conscience au moment où elle agit. Tous les actes des vertus essentiels à la vie intérieure cessent même dans leur opération la plus directe et la moins réfléchie, qui est selon le langage des saints Mystiques, dans la pointe de l'esprit et la cime de lame. Le directeur expérimenté ne peut plus juger de l'arbre par les fruits. Il ne peut plus discerner dans cette aine les vertus convenables a son état et a son degré de perfection.

[85] Parler ainsi, c'est anéantir la pieté chrétienne sous prétexte de la perfectionner. C'est faire des épreuves destinées à purifier l'amour, un naufrage universel de la Foi et de toutes les vertus chrétiennes : C'est dire ce que les fidelles nourris des paroles de la Foi ne doivent jamais entendre sans boucher leurs oreilles.

|S4j... Mystiques, la pointe...

... ame.

Parler ainsi...

Arïiclb X. Vuai

II y a doux cas très différents ou une ame peut produire des actes d'un désintéressement formel et explicite sur leternité. Le premier est un cas ordinaire ou raine [nirfaitte ne ressent ni peine ni trouble. Le second ne regarde que les extrêmes épreuves. Dans le premier, lame désintéressée aime tellement Dieu qu'elle n'a pas besoin d'y être excitée par le motif de la recompense.

C'est cet état que saint Clément d'Alexandrie dépeint Strom ï. ■'.,

lorsqu'il dit : Celui qui est parfait pratique le bien mais

ce n'est point a cause de son utilité... étant établi dans

1 habitude constante de faire le bien non a cause de la

gloire que les philosophes appellent bonne renommée,

ni pour la récompense qui vient des hommes ou de

Dieu Celui qui est véritablement bon et établi dans

cette habitude imite la nature du bien, c'est a dire qu'il

se communique et qu'il a^it selon sa nature sans autre

pente que celle de bien faire.

L'ouvrage du gnostique (ou contemplatif) dit encore Strom r, .

que ce père ne consiste pas a s'abstenir du mal, car ce

n'est la que le fondement d'un plus grand progrez ni a

agir par l'espérance de la recompense promise suivant

qu il est écrit. Voici le Seigneur et la recompense est

devant sa face pour rendre a chacun selon ses œuvres.

Arii'-ip X. \ rai Le- promesses...

Faire le bien uniquement par amour, c'est le partage du gnostique, il ne lui faut point d'autre motif de sa contemplation que sa contemplation même. Celui qui est gnostique par cette science ne la choisit point pour vouloir être sauvé. En cet état on espère. Mais ce n'est plus l'espérance qui anime et qui soutienne la charité. C'est la charité qui prévient, qui commande et qui anime l'espérance, et on aimeroit autant quand même on n'espereroit plus. De la viennent les suppositions impossibles d'un état de fidélité a Dieu sans recompense dans l'autre vie qui sont si fréquentes dans saint Clément et dans les autre pères. De la vient que saint Grégoire de Naz., et saint Chrysostome avec toute son école suivie de saint Thomas et des plus célèbres théologiens des derniers siècles, ont assuré que saint Paul a voit voulu préférer le salut éternel de ses frères selon la chair au sien propre. Saint Grégoire de Nysse va jusqu'à dire que le juste parfait méprise la recompense même de peur de paroitre l'aimer plus que celui de qui elle vient. Saint Chrysostome dit : Les aines bonnes et généreuses regardent la beauté divine sans aucun autre motif d'être recompensées, que si quelqu'un est trop foible qu'il jette aussi les yeux sur la récompense. L. 4, de in Saint Ambroise dit : Celui qui suit Jésus-Christ n'est C il.' point mené par la recompense a la perfection, mais au contraire, c'est par la perfection qu'il est consommé pour la récompense. Les imitateurs de Jésus-Christ sont bons non par espérance mais par amour de la

L. 2 de vertu. Il dit ailleurs que les cœurs retressis soient in- Abiaham , , ,

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