XXXII. Faux
La liberté des âmes passives est fondée sur une innocence de desappropriation qui rend pur pour elles tout
[220]... du siècle. Ces amea...
[221 J... leur prochain. Elles parlent...
[222]... c'est oublier qu'il est dit que 6i la...
ce qu'elles ont inclination de faire, quoiqu'il lût irregulier et inexcusable en d'autres. Elles n'ont plus de loi, parce que la loi n'est pas établie pour le juste, pourvu qu'il ne s'approprie rien, et qu'il ne fasse rien pour soi même.
Parler ainsi, c'est oublier que si la loi écrite 223] n'est point pour le Juste, c'est parce qu'une loi intérieure d'amour prévient toujours le précepte extérieur, et que le grand commandement de l'amour contient tous les autres. C'est tourner le Cbristianisuie en abomination, et faire blaspliemer le nom de Dieu aux Gentils. C'est livrer les aines à un esprit de mensonge et de vertige.
Article XXXIII. Vrai Jl y a dans l'état passif une réunion de toutes les ver- 1° 2» 5.62
ait 4
t us dans l'amour qui n'exclut jamais l'exercice distinct 2° 2° a 23 de chaque vertu. C'est la cbarité, comme dit saint Tbo- art 8mas après suint Augustin, qui est la forL224]me ou le principe de toutes les vertus. Ce qui les distingue ou les spécifie, c'est l'objet particulier, ou formel auquel l'amour s'applique. L'amour qui s'abstient des plaisirs impurs est la chasteté, et ce même amour quand il souffre des maux prend le nom de patience. Cet amour sans sortir de sa simplicité devient tour a tour toutes les vertus différentes : mais il n'en veut aucune en tant que vertu
[223]... l'indication marginale n'est pas dans la tre Edit). [224J. . objet particulier auquel. .
... en tant que vertu, c'eat-à-dire
propre, e'est a dire en tant que force, grandeur, beauté, régularité, perfection recherchée pour l'interest propre et par une cupidité soumise. Le juste désintéressé n'aime plus les vertus par un motif de cupidité distingué de la charité et soumis a elle; quoique les vertus embellissent et perfectionnent ceux qui les pratiquent, qu'elles soient méritoires, et qu'elles préparent la recompense, ce juste ne les cherche plus d'ordinaire par ce motif intéressé, mais seulement parce qu'elles sont conformes a la perfection de Dieu et a sa volonté. Ces arnes, comme dit saint François de Sale9, se n< t topent, purifient et ornent le mieux qu'elles peuvent, non pour être par fait tes, non pour se satisfaire, ?ion pour le désir de leur progrès au bien, mais pour obéir a V époux pour la révérence qu'elles lui portent et pour Vexlreme désir qu'elles ont de lui donner /lu contentement. Mais riext-cepas un amour bien pur, bien net et bien simple, puisqu'elles ne se purifient pas pour être pures, elles ne se parent pas pour être belles, ai?is seulement pour plaire a leur amant, auquel si la laideur èloil aussi agréable ils iaimeroient autant que la beauté. A Dieu ne plaise néamoins que nous imputions a saint François de Sales d'avoir voulu qu'on ne cherche plus les vertus
... perfection. Came désintéressée n aime /dus, comme saint François de Sales l'a remarqué, les vprtus, ni parce tfu'éttëé sont belles et pures, ni parce quelles sont dignes d'être ai- , ni parce qu'elles embellissent et perfectionnent ceux qui le< pratiquent, ni parce quelles sont méritoires, ni parce qu'elles préparent la recompense éternelle, mais seulement parce qu'elles sont la volonté de Dieu. Lame désintéressée, comme ce grand saint disoit de la mère de Chantai, ne se lave...
a cause de leur perfection prise absolument en ellemême. Cette perfection ainsi considérée est ce qu'il y a de plus pur et de plus divin dans les vertus. C'est leur conformité a l'ordre et a la Sainteté de Dieu. C'est Dieu lui-même dont la perfection reluit dans les actions conformes a sa raison suprême. En ce sens il faut aimer les vertus a cause de ce qu'elles ont de parfait et d'aimable en elles. Les aimer ainsi c'est aimer la vérité et la beauté éternelle, la souveraine sagesse, l'ordre et la perfection de Dieu, c'est aimer Dieu même et Dieu seul dans les vertu- oa sa sainteté reluit. Mais les aimer parce qu'elles nous rendent aimables, parfaits, heureux, et dignes de la récompensé) c'est un reste d'interest spirituel que saint François de Sales vouloit exclure de l'amour désintéressé des aines parfaittes. C'est pourquoi il disoit parlant pour [223] la mère de Chantai : Elle ne se lave pas
de ses fautes [tour être pure, et ne se pure pas des ver- Vje de
Madame tUS pour être belle. maiS pour plaire à son epou.r, au- .leChantal,
quel si la laideur eut été aussi agréable^ elle Veut au- p' lunt aimé 'pie la beauté. Les Saints n'ont fait ces sortes de suppositions impossibles que pour exprimer plus précisément la pureté du motif qui fuit aimer les vertus aux âmes parfaittes. Alors on exerce toutes les vertus distinctes sans penser qu'elles sont vertus, c'est a dire orne- Biens de lame, on ne pense en chaque moment qu'à faire ce que Dieu veut, et l'amour jaloux fait tout ensemble qu'on ne peut plus être vertueux pour son propre
..la beauté. Alors on...
. . vertus, on ne pense...
... vertueux, et qu'on ne...
interest, et qu'on ne l'est jamais tant que quand on n'est plus attaché à [226] l'être de la sorte. On peut dire en ce sens que l'âme passive et désintéressée ne veut plus même l'amour à cause qu'il est sa perfection et son bonheur, mais seulement à cause qu'il est ce que Dieu veut de nous et ce qu'il doit vouloir de sa créature. De là vient que saint François de Sales dit que nous reve- N. nom en nous mêmes aimant V amour au lieu d'aimer le bien aimé. Ailleurs ce Saint dit que le désir du saluesl bon, mais qu'il est encore plus parfait île ne rien désirer. Il veut dire qu'il ne faut pas même désirer l'amour de Dieu a cause qu'il est nôtre bien, a moins que ce ne soit par un amour de charité pour nous comme pour le prochain, auquel cas il est sans interest. Mais on attribueroit a saint François de Sales une horrible impiété si on vouloit faire signifier a ses paroles qu'on doive jamais cesser de désirer l'amour de Dieu a cause qu'il est dû a Dieu infiniment parfait et aimable en lui même, et que nous devons trouver dans l'amour de Dieu le plus pur un amour de nous même pour lui qui est de la même pureté. Enfin pour donner à celte vérité toute la précision nécessaire, ce Saint dit uuil faut tâcher de ne chercher en Dieu que V amour de sa beauté, [227] elnon leplaisir qu'il y a en la beauté de sonamour. Cette distinction paroitra subtile à ceux que l'onction n'a
[220] l'être. On peut...
... même l'amour en tant qu'il...
. seulement en tant qu'il...
... de nous. De là vient...
... l'amour de Dieu en tant qu'il est nôtre bien. En in pour.
point encore enseignez : mais elle est appuyée sur une tradition de Grands saints depuis l'origine de Christianisme, et on ue peut la mépriser, sans mépriser les Saints qui ont mis la perfection dans cette jalousie si délicate de l'amour.
Parler ainsi, c'est repeter ce que les saints Mystiques ont dit après saint Clément et après les Ascètes sur la cessation des vertus, et qui a grand besoin d'être expliqué avec une précaution infinie.