I. HISTOIRE DU PROJET
1° Les faits
Achevée d'imprimer le2o janvier 1097, 1' « Explication des Maximes des Saints sur la vie intérieure » n'était pas encore parue, que déjà l'auteur éprouvait le besoin de lui ajouter quelques correctifs, quelques atténuations, avant de la livrer au public. UErrata 1) contiendrait
(1 Voici cet errata :
Page 13, ligne 5 de l'avertissement, ont besoin, lisez, ont eu besoin.
ainsi, en germe, l'idée d'une édition nouvelle. A côté de corrections sans importance, orthographiques ou de pure forme, il comporte certaines atténuations « précautionnées », selon le mot cher à Fénelon. Des affirmations absolues se trouvent ainsi adoucies par dos « souvent » des « ordinairement », des « quelquefois ». Ailleurs les interprétations fâcheuses sont écartées (p. 146, 1. 17, 1. 19; p. 225, 1. 20). C'est déjà l'essentiel du dessein, ou, si l'on veut, de la tactique, de la seconde édition.
Quoi qu'il en soit, ce projet d'édition nouvelle fut vite chose décidée. Mme Guyon (1) y fait allusion, dans une
Page 35, ligne 15, parler, lisez, porter
Ibidem, du, lisez, au.
Page 48, ligne 4, la perfections, lisez, la perfection.
Page 81, ligne 16, infinie, lisez, extrême.
Page 96, ligne 13, estoient assurez, lisez, estoient ordinairement assurez.
Page 128, ligne 13, est nécessaire, lisez, est souvent nécessaire,
Ibidem, ligne 18, souvent, lisez, quelquefois.
Page 146, ligne 17, dans la mortification intérieure et extérieure, lisez, dans les autres mortifications intérieures et extérieures.
Ibidem, ligne 19, qui n'ont rien appris par, lisez, qui ne se sont point réglées par.
Page 151. ligne 14, positivement, lisez, en le voulant positivement.
Page 225, ligne 20, vertueux, et, lisez, vertueux pour soy, et.
Page 232, ligne 16, s'y retrace, et, lisez, s'y retrace plus parfaitement, et.
Page 239, ligne 2, tarir leur, lisez, tarir insensiblement leur. (1; Le premier témoignage concernant ce projet de 2e édition est en effet une lettre de :M"'C Guvon, et non une lettre di
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lettre au duc de Chevreuse de mars 1697 (1 : « .V. 2) me dit encore que le livre de N. (3) etoit plein de fautes groisieres contre la doctrine, qu'il parloit de le /trouver par des passages, mais que ce serait passages renversez et mal tourne: comme disait fort bien M. d. M (4). Je lui dis que tous les passai/es esloient si formels qu'on ny pouvoit donner un autre sens. Je souhait terois extrêmement qu'il en mist de formels dans celle seconde édition, cela est ?iecessaire, priez-Ven car assurément cela est important. » Notez que Mme Guyon n'a pas encorelu les « Maximes des Saints » S) : et elle sait déjà qu'on en veut faire une édition nouvelle.
Bientôt, sans doute, ce projet s'affermit davantage dans l'esprit de Fénelon, car nous pouvons le suivre à la trace dans sa correspondance et dans ses réponses.
A la fin d'avril l'i'.'T, il le propose à l'Ëvéque de Chartres, dans sa « Première Réponse », comme un moyen de terminer les difficultés. Il expose ce qu'il appelle sa vraie doctrine, puis déclare : « J'offre de vous Vy faire
Ion. Il ne faut pas s'en étonner : nous sommes loin de posséder toute l;i correspondance de l'Archevêque deCambrai, même toute sa correspondance existante actuellement. La Revue Fénelon consacrait récemment une partie de son premier numéro ijuiu iyiO à une liste des autographes de Fénelon « a retrouver ».
1 Recueil, p. L88,
2 Le curé de Saint Sulpice, d'après les lettres précédentes. (3 fénelon.
4 M. de Meaux.
••M dans une lettre suivante du Recueil, p. 192 qu'elle écrit : J'ai/ lu le liore mec respect et satisfaction, etc.
trouver (dans mon livre), sa?ts y rien changer pour le fond, dès que f aurai levé certaines équivoques faciles à lever, et que f mirai répété pour plus grande précaution encertains endroits délicats, les correctifs qui sont déjà formellement en d'autres endroits » (1). La doctrine de cette « Première Réponse » ayant été approuvée, Fénelon chercha aussitôt auprès de Noailles un encouragement à son projet d'édition corrigée. Il le lui rappelle dans sa lettre du 8 juin (2i : « Je me chargeai, selon vos co?iseils, Monseigneur, de donner, suivant cette doctrine, des éclaircissements pour les joindre à mon livre dans une nouvelle édition. » Plus loin, il examine le cas où on ne voudrait « point me laisser réimprimer mon livre avec les éclaircissements qu'on m'a tant demandés, et que nous avions arrêtés dans notre dernière conférence. »
Il composait alors son Eclaircissement qui servira de première partie à cet ouvrage. Dans cet écrit (3), Fénelon, avouant que ses pensées nétoient pas développées avec assez de clarté, se proposait, pour lever toute équivoque, de montrer :
1° L'étendue précise de son système sur l'état habituel de pur amour.
(t) IV, 132.