LE DIMANCHE DANS L'OCTAVE DE NOËL
ames. L'épi tre ne nous a entretenus que de l'économie de l'adoption divine de la part du Seigneur, et cet ordre admirable des desseins éternels a du nous transporter de reconnoissance , comme Joseph et Marie , qui êtoient dans l'admiration des choses que l'on disoit de Jésus; mais l'évangile va plus loin dans ses instructions , il nous découvre la profondeur de l'indifférence et de l'ingratitude des hommes patrapport à la céleste adoption , et par l'organe du vieillard Siméon , il fait succéder à l'admiration cette triste prophétie : Cet enfant que vous voyez , par qui tous les hommes ont le droit d'être bénis, s'ils ont la bonne volonté de l'être , est pour la perte et pour la salut de plusieurs en Israël, pour être en butte à la contradiction des pécheurs ; cette contradiction sera telle , que votre ame , ô Marie ! en sera transpercée de douleur ; mais en même temps cette opposition révélera le secret des coeurs , et discernera ceux qui résistent aux prévenances de leur Dieu , de ceux qui s'empressent de profiter des droits qu'il vient leur rendre. O lumière incarnée , ne m'aurez-vous donc servi qu'à marcher dans les ténèbres ? O vie éternelle descendue parmi nous , ne pourrez-vous donc obtenir de moi que la contradiction d'un esclave ? Qu'il n'en soit pas ainsi, ô mon Dieu ! que je ne tourne jamais à ma perte un salut si abondant ; vous êtes pour moi un père tendre , que je sois pour vous l'enfant le plus docile ! Enfin l'Eglise , par la bouche de la prophétesse Anne , parle de cet enfant divin à tous ceux qui attendent la rédemption d'Israël , elle parle des prérogatives qu'il apporte , et des conditions que nous devons observer pour en jouir 5 de la consolation de ceux qui participent au mystère , et du malheur de ceux qui repousseroient use si belle adoption ; mais elle n'en parle qu'à ceux qui désirent la rédemption de leurs âmes , et non à ces demi-chrétiens pour qui les plus grandes solennités delà religion ne sont qu'un vain spectacle , qu'un froid usage , qu'une cérémonie toute extérieure, dont ils ne cherchent jamais à pénétrer le sens et à recueillir le fruit.
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Offertoire. Ps. b8.
Que vous offrira i -j c , ô mon Dieu! à vous qui n'avez pas besoin de mes biens? Les deux et la terre vous appartiennent j vous avez créé l'univers et fout ce qu'il contient-, toute ma substance , consacrée à votre gloire , ne seroit qu'une très-foible partie des immenses possessions du souverain maître de toutes choses. Mais il est une ressource à ma misère , et puisque la justice et l'équité sont les hases de votre trône y je viens déposer mon cœur sur les degrés de votre sanctuaire 5 n'oubliez pas , Seigneur, que c'est le cœur de votre enfant, et surtout que je n'oublie pas moi-même de le conformer à votre justice et à votre sainteté, pour qu'il soit digne ici bas d'un tel père , et qu'il mérite de partager un jour son trône cl son héritage.
Secrète.
0 Dieu y qui avez jugé que la naissance de votre Fils é toit nécessaire pour notre salut, et qu'il falloit qu'il nous apprît par ce mystère à naître de vous, pour vivre et mourir en vous , regardez d'un œil propice l'oblation de votre Eglise , qui va renouveler au milieu de nous les merveilles et les fruits de cette divine naissance 5 et faites que ceux que vous avez créés à l'image de ce Fils , en leur donnant un corps et une ame semblables à ce qu'il a pris de la nature humaine , lui soient encore plus semblables par la pratique de vos commandemens. Sous le rapport de son ame spirituelle, intelligente et libre , l'homme est fait à l'image de Dieu ; sous le rapport de la réunion du corps et de l'âme dans une même personne , l'homme est plus particulièrement créé à l'image du Verbe fait chair, qui unit la nature humaine et la nature divine dans sa seule personne de Fils de Dieu ; mais cette ressemblance ne suppose aucun mérite de notre part , c'est un effet admirable dont notre volonté n'est pas la cause 3 et l'Eglise demande ici , par la vertu de son sacrifice, que nous soyons encore plus semblables à Dieu par la fidélité