DIMANCHE DANS L'OCTAVE DE NOËL
Fruits de la naissance de Jésus-Christ,
Introït. Ps .88.
Le grand fruit de la fête de Noël , comme noiu? avons déjà pu le remarquer, est que nous devenions enfans adoptifs de Dieu , par la grâce de celui qui étant Fils de Dieu par nature s'est fait enfant des hommes par miséricorde, que nous devenions espiiî et vie après que le Verbe a pris pour nous une chair mortelle, et que par h: plus saint commerce et le plus heureux: échange nous participions à la divinité d<
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celui qui a participé à notre humanité. C'est ce fruit admirable de salut que l'Eglise va demander , dans l'office de ce dimanche, sous toutes les formes de ses prières et de sa liturgie. Aussi remarquons d'abord son introït : quoique les paroles du psaume qu'elle a choisi s'entendent surtout de Jésus-Christ , en qui Dieu a accompli les hautes promesses qu'il faisoit à David et à sa postérité ; toutefois , comme ce n'est pas à ce Dieu fait homme de chanter éternellement les miséricordes du Seigneur , mais bien a nous de célébrer à jamais la multitude de ses bontés, l'Eglise semble nous indiquer, par ce début du psaume, que l'antienne qu'elle en a tirée nous regarde dans une juste proportion. Maintenant donc qu'un Dieu s'est uni à notre nature , chantons éternellement ses miséricordes , car devenus les enfans de son adoption , nous pourrons , si nous sommes fidèles , l'invoquer avec confiance, surtout dans le sacrifice où nous ne l'appelons pas en vain notre Père. O mon a me , vous direz à votre Dieu qu'il est votre Père, vous le lui direz par votre conduite généreusement chrétienne , et lui , vous assimilera à son Fils aîné y vous élèvera par le titre réel de son enfant audessus des rois de la terre -, cette race des enfans de Dieu se perpétuera à jamais, la durée de ce nouveau trône d'honneur égalera celle des deux-, quedis-je? le ciel et la terre passeront, et le trône de l'adoption divine sera transporté sur une nouvelle terre et sous de nouveaux cieux qui ne périront pas. Chantons donc les miséricordes éternelles du Seigneur, estimons plus que le monde entier l'honneur et la grâce de l'avoir pour Père, et pensons que l'autel du sacrifice dont nous approchons en ce moment, est le marche-pied du trône où s'asseient les enfans de Dieu.
Collecte.
Bien tout-puissant et éternel, dont le bon plaisir est que nous soyons des hommes de bonne volonté, et que nous nous rendions dignes par notre vie de l'adoption que Jésus-Christ nous apporte en naissant , dirigez nos actions selon ce bon plaisir et cette
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bonne volonté , afin qu'au nom de votro Fils bienairnë nous ayons , avec le droit et le pouvoir de devenir les enfans de Dieu , le mérite de la correspondance et la grâce de fidélité qui produise abondamment de bonnes œuvres, des œuvres dignes de notre Père , et de l'héritage qu'il nous appelle à partager avec son Fils. Ce fruit si parfait de l'Incarnation , l'Eglise le proclame solennellement à la messe , lorsqu'elle entonne sur l'autel la même hymne qui a retenti sur le berceau de F Homme -Dieu : Paix aux hommes de bonne volonté.
Epître. Gai. 4.
L'apôtre saint Paul va nous expliquer la merveilleuse économie de la divine adoption ; rendons-nous tres-attentifs. Tant que l'héritier, dit-il aux Galates , est en bas dye , quoique maître de tous les biens , il Ht diffère pas de l'esclave, soumis au châtiment comme lui, dépendant comme lui, demeurant sous la puissance des tuteurs et des curateurs jusqu'au temps marqué par son père, ou parles lois. De même, nous autres juifs, regardés encore comme des enfans , nous étions assujétis aux cérémonies grossières de la loi , qui étoient les premiers èlèmens de la véritable piété que Dieu enseignoit au monde. Mais le temps de nous tirer de cette servitude étant accompli , Dieu a envoyé son Fils formé de la substance d'une femme , et volontairement soumis à la loi, pour en délivrer les juifs qui y étoient assujétis , et pour donner à tous, juifs et gentils, l'adop'iondes enfans de Dieu, perdue par Adam , et promise aux enfans d'Abraham. Adam a été créé enfant de Dieu ; par son péché , il a perdu pour lui et pour sa race cette divine filiation , et nous naissions enfans de colère. Dieu a promis la réparation de cette perte à Abraham et à sa postérité : En toi, dit le Seigneur au père des croyans , seront bénies toutes les nations de la terre. Jésus- Christ , Fils de Dieu et fils d'Abraham , a accompli cette promesse , et rétabli tous les fidèles dans cette adoption ; c'est ainsi que Dieu a aimé le monde. Et parce que vous aussi , gentils , êtes les enfans de
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Dieu , puisque vous participerez à cette bénédiction générale de toutes les nations ; Pieu a envoyé dans vos cœurs , par le baptême , V Esprit de son Fils , cet Esprit saint , lien de charité en Dieu , lien de charité des hommes avec Dieu , cet Esprit qui procède du Fils aussi bien que du Père, et qui unit le Père au Fils et aux enfans de l'adoption , afin qu'en lui et par lui vous puissiez invoquer le Seigneur et crier vers lui : Mon Père , mon Père; c'est ce que l'Eglise nous promettait, au nom de Dieu, dans l'antienne de l'introït, et ce qu'elle va nous faire pratiquer solennellement , en récitant l'oraison dominicale avant la communion. C'est pourquoi parmi vous il n'y a plus d'esclaves du Seigneur, ruais vous êtes tous enfans de Dieu , et par conséquent héritiers de Dieu par Jésus-Christ > dont vous vous êtes revêtus , après qu'il s'est revêtu de votre nature , et dont vous avez reçu l'Esprit, après qu'il a pris votre chair. Quelle noblesse et quel bonheur tout ensemble ! Mon Dieu , éclairez les yeux de notre foi , afin que nous pénétrions la grandeur de vos miséricordes à notre égard.
Gïuduel. Zach, 6.
Voici , nations de la teire, voici l'homme en qui vous avez été adoptées et rétablies dans les droits de votre origine céleste : V Orient est son nom, il s'appelle germe renaissant; c'est sur lui , sur cette tige bénie que vous avez été entées de nouveau pour renaître à la justice primitive. Ce Fils de l'homme bâtira un temple au Seigneur, et non pas un édifice matériel, mais une demeure toute spirituelle , composée de la société de ses enfans , unie au Seigneur dans le sein de son Eglise , et appuyée sur la pierre «qu'il a choisie pour fondement. Lui-même portera au snilieu de cette société le diadème de gloire; là , il s'assiéra sur son trône et il dominera, et son règne n'aura point de fin. Pour être enfant de Dieu , il faut donc être enfant de l'Eglise, de cette épouse glorieuse et sans tache qui donne des enfans au divin •époux ; il faut reconnoître Jésus-Christ pour chef,
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et l'Eglise pour mère. Le voici également à la messe cet Homme-Dieu , qui va se lever sur l'autel, comme le soleil de justice, qui va y renouveler une naissance mystérieuse pour nous en communiquer les fruits î le voici qui va réunir ses enfans autour de sa table , s'asseoir au milieu d'eux sur le trône de sa miséricorde; mais prenons-y garde, c'est pour s'assujétir nos cœurs , et y régner à jamais avec l'autorité et la tendresse d'un père.
Alléluia. Col. 2.
Pour que notre foi en Jésus-Christ soit bien solide , et que notre confiance aux biens immenses qu'il nous apporte en naissant soit fermement établie, l'Eglise, sur le point de publier l'Evangile, qui est la bonne nouvelle de l'adoption des eufans , de l'héritage du ciel , et de la fraternité avec le Fils de Dieu , nous déclare , que la Divinité toute entière, avec ses attributs et ses perfections , demeure en lui corporellement, que le Verbe s'est uni à notre nature d'une façon aussi substantielle et personnelle que l'ame estattachée au corps ; que ce Dieu fait homme est le chef, le maître et le -Seigneur ûfe toutes les principautés , de toutes les puissa?ices , en un mot, de tous les anges. Il a donc pu nous unir à la plénitude de sa divinité , comme il s'est uni à toute notre humanité, et nous élever jusqu'à lui en s'abaissant jusqu'à nous , ayant pris notre chair sans daigner terminer ses abaissemens à la condition des intelligences célestes. En conséquence, je suis assuré que le Dieu, qui m'apporte le droit de devenir son enfant, ne sauroit me tromper, qu'il a assez de puissance pour accomplir une si haute promesse , et l'Evangile est le dépôt sacré de mes titres de grandeur. ( On dit la Prose de Noël. )
Evangile. Luc, 2.
Saint Luc rapporte ici ce qui se passa immédiatement après la présentation de Notre-Seigneur au Temple; c'est la suite naturelle du mystère de la Nativité , et le fruit précis qui doit en résulter pour lc>