JANVIEK. LA VIGILE DE L'EPIPHANIE. 1 Î
neur comme les héritiers de son royaume. Chrétiens, louez donc le Seigneur votre Dieu, et bénissez à jamais le Sauveur qui vient pour vous bénir.
Collecte.
Seigneur, que la lueur de l'astre miraculeux qui va briller dans la fête prochaine , réveille déjà nos cœurs trop portés à s'assoupir ; que le céleste éclat qui se réfléchit sur cette sainte veille nous préserve des ténèbres de ce monde de péché, et nous fasse parvenir à V éternelle clarté de la patrie. Envoyez déjà, Seigneur, votre lumière et votre vérité , qui nous conduisent, à travers les ombres de la foi et du sanctuaire , à ce plein jour de bonheur qui ne connoît ni déclin qui l'afïbiblisse , ni nuit qui lui succède.
Epître. Nombr. i\.
Ce passage du livre des Nombres renferme la prédiction de la naissance du Sauveur , et de l'étoile qui conduisit les Mages à Bethléem ; et s'il paroît surprenant qu'elle se trouve sur les lèvres de Balaam, fameux enchanteur de la gentilité , rappelons-nous que le don subit de prophétie (tel qu'il a paru encore dans Caïphe au moment de la passion de Jésus- Christ) ne suppose pas nécessairement la sainteté dans celui qui en est honoré, et que la foi ne peut que s'affermir du témoignage d'un ennemi, ajouté aux nombreux témoignages des prophètes du Seigneur. Aux jours donc de Moïse , Balaam s'étant mis à prophétiser s'écria dans un style enthousiaste : Voilà ce qu'a dit Balaam, fils de Béor, voilà ce qu'a dit l'homme qui a été aveugle , qui a entendu la vois du Seigneur, qui a connu la doctrine du Très-Haut , qui a vu les visions du Tout-Puissant ; celui qui tombe , et à qui sa chute ouvre les yeux. Ainsi Balaam exprimoit d'une manière figurée les aventures extraordinaires de son voyage pour aller trouver le roi de Moab ( Nomb. 22 ). Après ce préambule , il reprend le ton de prophète , et continue avec calnie : Je le verrai , ce maître de la terre , ce roi des nations , ce vainqueur de tous les peuples , mais non aujourd'hui;